Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CUBA

Le rôle de Cuba en Afrique

· Inprecor n° 34, 21 septembre 1978 · p. 29-35 · 5 959 mots

Claude Gabriel était le pseudonyme de Claude Jacquin, membre de la direction internationale du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, très actif dans sa Commission Afrique.

Cuba URSS et Russie Afrique australe

L'intervention politique des Cubains dans les indépendance vis-à-vis de Moscou. Castro ne semble pas faire cette région. Claude GABRIEL

A en croire la presse bourgeoise, les événements majeurs de ces derniers mois ont été les tentatives répétées des soviétiques de «déstabiliser » l'Afrique. S'agirait-il pour Moscou de créer dans certains pays africains des Etats ouvriers? Les éditorialistes de la grande presse seraient bien en peine de donner une réponse positive à cette question. Leur croisade contre la «déstabilisation » du continent noir par l'URSS, Cuba et les « démocraties populaires» s'intègre à la propagande qui a pour objet de dissimuler la tyrannie impérialiste. Les journaux publient des planisphères où des coloriages subtils allant du rose au rouge montrent l'irrésistible développement des «pays marxistes». Voilà occidentaux compris que les discours socialisants et la démagogie populiste ne transforment pas un régime néo-colonial en «régime révolutionnaire ». Il n'est pas de plus grosse sottise que cette mascarade des «régimes socialistes africains». Aucun capitaliste ou politicien bourgeois sérieux ne croit à ce conte.

Aidé par cette vaste campagne d'intoxication, l'impérialisme cherche à se faire passer pour le défenseur de la « coexistence pacifique» face à «l'expansionnisme soviétique». Sa cible privilégiée reste pourtant Cuba, non seulement parce que c'est le pays qui foumit le plus important contingent militaire, mais aussi parce que cet Etat demeure le affaires intérieures d'un pays n'est pas la preuve d'une la différence entre le régime somalien et les paysans déshérités de premier Etat ouvrier d'Amérique. Il est pour des millions d'hommes dans ce continent l'espoir d'une société plus juste, sans famine, sans torture, sans dictature sanglante. L'impérialisme américain conserve donc une bonne part de son agressivité envers Cuba. Il polarise sur ce pays les attaques qu'il ne peut adresser aussi facilement à son partenaire soviétique des négociations Salt. La politique africaine de Cuba devient donc un élément important de l'actualité mondiale.

La question de savoir si la direction castriste agit indépendamment de Moscou n'est pas formelle. Elle implique de répondre aussi sur le degré d'intégration de Cuba dans la politique soviétique. LE KREMLIN ET LA CRISE DE DIRECTION IMPERIALISTE

La politique internationale de coexistence pacifique de la bureaucratie soviétique vise à empêcher toute nouvelle victoire révolutionnaire, à entraver toute perspective de révolution socialiste. Mais les rapports entre la bureaucratie du Kremlin et les Etats impérialistes demeurent des rapports conflictuels, notamment du fait de l'agressivité maintenue. des occidentaux contre les Etats ouvriers. Dans le cadre de la coexistence pacifique, les Soviétiques tentent en permanence d'accroître leurs avantages diplomatiques et mêmes économiques, en développant leurs liens avec des régimes néo-coloniaux et en allant ouvertement à l'encontre des intérêts des masses populaires. La crise de direction impérialiste leur offre des marges de manœuvre plus amples que par le passé. La guerre civile angolaise, la décomposition du régime impérial ethiopien, la remontée des luttes en Afrique du Sud, les luttes armées au Zimbabwe et en Namibie sont avant tout les fruits d'une poussée des luttes de classe dans le sud du continent africain. La conception bourgeoise de l'affrontement entre « blocs» et de «l'agressivité soviétique» cache cette vérité première.

Dans ce cadre, les Soviétiques peuvent effectivement tenter d'avancer leurs propres cartes. Cela se fait, cependant, avec l'assurance que d'une part les luttes de masse n'aboutiront pas à une révolution socialiste et à un Etat ouvrier et que, d'autre part, l'impérialisme américain ne déclenchera pas une contre-offensive d'envergure.

Dans le cas de l'Angola, les Soviétiques ont parfaitement mesuré que Washington ne pourrait intervenir aux côtés de l'Afrique du Sud de manière massive et ouverte et ils ont su aider le MPLA en renforçant l'autorité politique de sa direction petite-bourgeoise.

Dans la mesure où cette politique implique l'existence de rapports de forces avec l'impérialisme américain, les Soviétiques ne sont pas toujours sur la défensive, relégués à un rôle secondaire de brise-lame des lutte de classes. Ils ont une politique dont l'objectif, dans le cadre de la coexistence pacifique, est de faire progresser leur influence.

Il serait donc erroné de déduire mécaniquement de l'existence de conflits entre Cuba et l'impérialisme en Afrique, que la direction castriste se situe hors des rapports de coexistence pacifique. L'intervention cubaine en Angola a bel et bien représenté une défaite de la coalition FNLAUNITA-Zaire-Afrique du Sud, du Sud, c'est-à-dire un échec de l'impérialisme. Mais cela ne suffit pas

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pour placer La Havane hors du théâtre de la coexistence. La «détente » ne signifiant pas que Moscou puisse laisser les rapports de forces en Afrique se transformer brutalement à son encontre, il n'était pas contradictoire que dans ce pays, le Kremlin bloque résolument l'offensive sud-afri-

Le Kremlin vient d'ailleurs de confirmer ce point de vue, en expliquant que la détente implique une juste répartition des influences : « La détente ne signifie pas qu'il faille contenir artificiellement les processus objectifs de l'évolution historique. Elle ne constitue pas un pour les régimes anti-populaires pourris et corrompus, pour de quelconques droits et privilèges hérités du passé colonial ou obtenus au moyen de marchés ou d'accords léonins... Si les derniers foyers de racisme et de colonialisme, le lourd et détestable héritage de la domination coloniale, qui continue à freiner le progrès des peuples africains et qui provoque une tension internationale, étaient plus rapidement éliminés, cela ne pourrait qu'être profitable à la détente.» (Le Monde, 23 juin 1978).

Cet appel du berger à la bergère exprime bien le désir des Soviétiques de contrôler la situation sociale en Afrique. Mais ils ont compris que cet objectif ne pouvait se réaliser qu'en accordant sans délais une place aux forces qui s'opposent actuellement aux aspects les plus rétrogrades du néo-colonialisme et du racisme Soucieux de ne pas laisser l'Afrique s'embraser par des luttes interminables, ils restent vigilants, expliquant en substance « que ce continent ne sera pas accaparé sans vergogne par les occiden-

Si la presse occidentale met l'accent sur les « épreuves de forces » entre l'Est et l'Ouest, il ne peut échapper aux marxistes-révolutionnaires combien l'actualité africaine est plus paradoxale. Les récents accords entre les occidentaux et la SWAPO de Namibie, pour l'accession à l'indépendance, ont d'ores et déjà été acceptés par les Sud-Africains, hormis le point sur le port de

Wallis Bay. Cet accord qui consacre le maintien des troupes racistes sur la frontière nord de la future Namibie indépendante n'a pas pu se faire sans l'avis favorable des Angolais. Au Zimbabwe, le Front patriotique soutenu par les «Etats de première ligne» et par l'URSS, accepte de discuter sur la base du projet de règle-

«anglo-américain» L'administration Carter durcit sa position vis-à-vis du régime sud-africain et le président lui-même a fait une tentative de rapprochement avec le régime du Nigéria connu pour son ouverture sans réserve aux investissements occidentaux, mais aussi pour son subtil dosage diplomatique entre «l'Est » et «l'Ouest ».

Enfin, tout demierement, l'Angola et le Zaire se sont mis d'accord pour renouer de bonnes relations (2). Ce rapprochement n'a pu se faire sans un accord sur le FNLC et sans l'entremise de Washington et de Moscou. Quelques semaines après les diatribes de Carter sur l'invasion du Shaba par les mercenaires des Cubains, on voit le Zaïre et l'Angola (où se trouve sans doute une partie des bases du FNLC) se promettre paix et courtoisie.

L'envers des coulisses est donc bien intéressant pour celui qui croirait comme le président sénégalais Senghor que la troisième guerre mondiale a « commencé en Angola». La vérité est que la politique des Soviétiques et des Cubains qui s'inscrit dans le cadre de la coexistence pacifique est tout à fait active dans le continent noir.

L'intervention soviéto-cubaine ferait-elle apparaitre une nouvel le dialectique des conquêtes partielles ? C'est du moins ce que 1) En réalité, au sein de ce Front, essentiellement la ZAPU de Nkomo. Les forces de ce dernier sont notamment entraînées en Angola par les Cubains. La récente rencontre entre Nkomo et Smith, le Premier ministre rhodésien, montre aussi comment s'opère au sein du Front une recomposition favorable à la 2) Neto aurait accepté de déplacer les réfugiés zaïrois de la frontière nord pour éviter que le FLNC y trouve appui et recrues.

laisseraient croire les récents événements du Zaïre. Il ne fait pas de doute, en effet, que l'offensive du FNLC n'a pas été soutenue, même politiquement, par les Angolais et leurs alliés cubains et soviétiques. Seuls quelques éditorialistes haineux de la grande presse continuent à affirmer une nous n'avons pas soutenu ces actions», dit le Cubain Isodoro Malmierca, « mais nous y avons été opposés et pas pour des raisons de morale ou de légalité». d'une nouvelle « étape», celle de la stabilisation de l'Etat et de l'économie angolaise avant tout développement des luttes en des luttes Afrique centrale. La guerre civile au Zaïre compromettrait tous les efforts entrepris par le MPLA angolais pour initier une période de «reconstruction nationale». Elle provoquerait une telle tension interationale que Cubains et Soviétiques ne pourraient durablement rester dans cette région ou devraient s'engager dans la confrontation. En conséquence, les luttes contre le régime Mobutu peuvent être sacrifiées sur l'autel des intérêts de la petite-bourgeoisie angolaise et de la di. plomatie du Kremlin. Le récent accord entre le Zaïre et l'Angola, ainsi que les pressions exercées par Luanda pour que la SWAPO namibienne accepte le plan des occidentaux, ont été rendus possibles par cette idée naïve des Soviétiques de créer autour de l'Angola un climat de détente.

La profondeur des remous diplomatiques africains a, y compris, provoqué un début de rapprochement entre le gouvernement angolais et certains pays occidentaux comme les Etats-Unis ou le Portugal. Nous sommes arrivés à une étape de la politique angolaise où l'aide des pays du Comecon ne suffit plus, moins pour des raisons d'ampleur des investissements que pour satisfaire la nouvelle classe dirigeante dans son souci de diversification de ses partenaires. Bien avant que se développe une situation «à l'égyptienne» ou une quelconque fraction au pouvoir rompra avec Moscou, il est possible d'associer impérialistes et bureaucrates dans la reconstruction de l'économie angolaise. Coexistence pacifique

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oblige, cette collaboration peut aller très loin, à en croire le vice-premier ministre angolais, Carlos Rochas : «La technologie de pointe, elle, sera mieux contrôlée, grâce à une politique de diversification des partenaires capitalistes dont le meilleur exemple est le nouveau mode d'opération des sociétés pétrolières... Au Cabinda, des techniciens italiens remettront en marche l'usine de contreplaqué, tout en formant des Roumains à sa manutention, Roumains qui sont chargés de l'assistance technique à cette unité sophistiquée. A la raffinerie Petrangol, des Cubains sont sous contrat de la société belge Petrofina (sic). Dans le textile, des Suisses et des Belges sont attendus incessamment pour des contrôles de manutention et de formation de cadres angolais, de constitution d'entrepôts de pièces de rechange, tandis que des assistants techniques socialistes planifient la gestion. A la société Cellulose, sabotée et paralysée depuis 1975, une équipe de techniciens tchécoslovaques reprend l'usine, qui doit bientôt entrer dans une phase de production expérimentale. La technologie est suédoise.» Quelle sainte collaboration ! on note avec intérêt, à l'encontre de avec intérêt, l'avis des : inconditionnels de «l'Angola socialiste», que cette division des tâches n'est pas fortuite, et que le rôle actif financier ou technologique revient le plus généralement aux pays capitalistes. Tout ce beau monde évolue dans une atmosphère sociale qu'Alberto Bento Ribeiro, ministre de l'industrie, décrit si sobrement : «à l'intérieur de son responsable. L'abolition des de l'UNTA (syndicat unique lié au MPLA), pendant la restructuration de la centrale syndicale, et leur remplacement par des délégués syndicaux assainissent (sic) le fractionnisme revendicatif.» (Afrique-Asie du 26 juin 1978). Parti unique « marxiste-léniniste », et « centralisme démocratique» étendus à la Nation tout entière ne sont pas forcément des institutions qui déplaisent aux investisseurs étrangers !

Faut-il affirmer pour autant que les Cubains sont les marionnettes des Soviétiques, et que leur politique africaine est sans autonomie par rapport aux choix du Kremlin ? Répondre à une telle question nécessite une grande prudence, faute d'informations suffisantes. Du moins, est-il possible de procéder par élimination et de répondre aux interrogations les plus brûlantes. 1. Pouvoir populaire et comités. Certains courants politiques ont de la direction castriste une image d'Epinal qui lui confère une conception plus populiste que celle des Soviétiques dans leurs rapports avec le mouvement de masse africain. Selon cette conception, les Cubains aideraient à la mise en place de comités populaires et donneraient ainsi la preuve de leur indépendance vis-à-vis des Soviétiques. La réalité des faits infirme D'une part, tant en Angola qu'en Ethiopie, les comités sont nés hors de l'autorité des dirigeants nationalistes ou militaires. la suite, fut décrétée une politique d'intégration-répression, qui signifiait que le pouvoir ne pouvait se légitimer qu'en s'appuyant sur ce « pouvoir populaire ». Institutionalisation des comités et répression contre les militants les plus radicaux, allaient de pair, pour aboutir à la stabilisation du pouvoir. En Angola comme en Ethiopie, que ce soit par des lois, ou par la formation d'un « bureau politique» civil, les dirigeants cherchèrent à s'associer les formes d'organisation des populations, pour mieux concrétiser le caractère bonapartiste de vus du palais présidentiel, ne sont donc rien d'autre que des instruments conjoncturels. Or Soviétiques et Cubains campent sur les marches des palais présidentiels, et leur attitude ne se différencie guère de celle des tenants du pouvoir d'Etat. En Angola, les Cubains auraient été proches de la fraction de Nito Alves, qui tenta le coup d'Etat de mai 1977... Mais cette fraction, sans doute plus populiste et plus soucieuse du sort des comités, n'était nullement en rupture avec les intérêts généraux de la direction du MPLA.

Elle fut d'ailleurs à l'avant-garde de la répression contre les maoïstes des comités. Les Cuintéressés à stabiliser un pouvoir durable avec le MPLA, afin d'éviter toute rupture d'alliance, ont sans doute soutenu un temps Nito Alves et ses amis. Mais ce soutien s'accompagnait d'une complicité concrète dans la répression de «l'extrême-gauche». Le jour venu, quand cette «fraction gauche» perdit pied, les Cubains soutinrent résolument le camp dominant d'Agostino Neto. Cette politique au cœur des affrontements nationalistes a-t-elle été différente de celle des Soviétiques ? Il ne semble pas. pas. Un certain nombre de témoignages vient actuellement prouver que ceux-ci ont également flirté avec Nito Alves.

En Ethiopie, une situation analogue s'est créée avec le développement des comités de village et des comités de quartier, et l'apparition de fortes organisations de gauche apportant leur «soutien critique» à la junte militaire. Là aussi, les Cubains se sont préoccupés de l'avenir du régime et de la fidélité de ses alliances. Là aussi les Cubains ont structures populaires. Mais ils ont reporté leur attention sur les rapports entre la junte qu'ils soutiennent publiquement, et les organisations politiques civiles. Ils civiles. Ils savent que le DERG ne peut survivre qu'en résolvant les problèmes d'éclatement de l'empire, qu'en redonnant vigueur à une une administration centralisée, ainsi qu'en remettant les paysans au travail. Ceci ne peut se réaliser que si les militaires trouvent un relai au niveau des comités. Cet objectif n'est lui-même réalisable qu'en reconnaissant l'autorité des organisations de gauche qui contrôlent ces comités. L'idée que se partagent donc Mengistu et ses alliés cubains, c'est la perspective d'un parti unique, sorte de mouvement «révolutionnaire » vertébrant la société. Pour Mengistu, son organisation SEDET, constituée à l'origine par des officiers «marxistes», doit en constituer

Pour les Cubains, il semble bien que l'opération ne soit fiable qu'avec le Meison, principale organisation, passée organisation, passée dans la semi-clandestinité depuis quelques mois.

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tant dans leur ambassade, Negede, le règlement de la question natioun des dirigeants du Me'ison, ils nale dans l'empire éthiopien. Il prennent un risque calculé (3). s'agit de défendre le droit à l'au-

Les voyages de Mengistu à Mos- tonomie de certaines régions, cou et La Havane laissent penser comme l'Erythrée, dans le cadre que les discussions vont bon train. d'une Ethiopie « unie et révolu-

Le Me'ison s'est d'ailleurs bien tionnaire». Une telle conception gardé de rompre définitivement ne fait pas grand cas de l'avis des conserve une analyse «subtile» luttes d'émancipation. Elle omet du régime en y distinguant les de mentionner quelle est la natuéléments patriotiques et la « bu- re sociale de l'Etat central. Enmais été totale, et les deux par-'toritaire et répressive à ceux qui pas d'une ingérence ouverte dans nationale les ponts avec les militaires. Il reaucratie». ties s'observent au détriment des masses et de la révolution éthiopienne. La politique cubaine dans cet imbroglio reste bien éloignée d'un soutien aux luttes révolutionnaires des travailleurs et paysans éthiopiens. Il ne s'agit que de sombres tractations pour stabiliser un Etat qui est, et demeure, un Etat bourgeois.

Mais cette intervention politique des Cubains dans les affaires intérieures d'un pays serait elle la preuve d'une indépendance vis-àvis de Moscou, plus soucieux de diplomatie ? Non. Les Soviétiques ne se gênent guère, de leur côté, et leur pratique est à l'unisson de celle des Cubains. Souvenons-nous qu'en 1961, leur ambassadeur en Guinée fut expulsé par Sékou Touré pour s'être trop intéressé à l'aile gauche de son parti (4). En définitive, le soutien contre-révolutionnaire des Soviétiques à des directions nationalistes bourgeoises ou petites-bourgeoises n'implique pas leur passivité. Ils peuvent, dans la mesure de leurs moyens, soutenir des fractions, dont la nature leur assurerait une alliance plus stable et plus durable. En intervenant dans la politique éthiopienne, les Cubains ne font pas œuvre d'ori3) Ce n'est pas le seul pays ou l'URSS tenterait d'établir des liens avec une organisation non «pro" soviétique» et disposant d'une audience importante à la gauche du nationalisme petit-bourgeois.

C'est notamment le C88 aujourd'hui avec le JVP. ceylanais. 4) En 1976. un diplomate soviétique en Angola fut expulsé pour avoir eu trop de liens avec la fraction de Nito Alves.

Les Cubains ne se privent donc 2. L'Erythrée et la question

Ethiopie. affaires du DERG. En abri- sait comment La Havane a conçu masses et du développement des La rupture n'a ja- fin, elle implique une réponse auréclament le droit à l'autodétermination et se battent pour l'obtenir. Dans le cas de l'Ogaden, il est intéressant de constater combien l'implication militaire des militaire des Soviétiques et des Cubains a été

Les batailles décisives contre les Somaliens ont été menées et gagnées par les forces soviéto-cubaines. Mais au nom de cette «défense de la révolution éthiopienne» contre l'expansionisme somalien, le sort des masses somalies de l'Ogaden a bien été oublié.

LE VOLUME II

DES OEUVRES DE TROTSKY EST PARU numéros 28 et 28 a présenté l'Institut Léon Trotsky et son projet de publication de

Trotsky 1933-1940 mai des « bonnes feuilles» du to me I. Nous publierons dans notre prochain numéro un article extrait du tome 2. Ce deuxième tome qui concerne la période de juillet à octobre 1933 traite notamment des problèmes posés par la décision de quitter PIC pour s'orienter vers la construction de la IVe Internationaregroupant autour du proorganisations « socialistes che » ou « centristes » n'appartenant ni la Ile ni à la Ille Internationale.

(EDI - 29, rue Descartes,

Le fait que le régime somalien ait bénéficié d'un soutien impérialiste par l'entremise de lArabie saoudite ne supprime pas le problème de l'Ogaden. Castro, défenseur des conquêtes militaires de l'empereur Ménélik, ne semble guère faire la différence entre le régime somalien (son ancien allié) et les paysans déshérités de cette région. Les travailleurs cubains n'auront eu droit qu'à des reportages guerriers sur les victoires militaires. Le crétinisme militaire atteignit son apogée dans Granma 1978 où était publiée une «synthèse des actions militaires, qui ont abouti à la grande . victoire de la révolution éthiopienne dans l'Ogaden». Une petite anthologie militariste digne d'une revue patriotique qui donne en sept cartes et quatre photos la «géniale» tactique des forces alliées. Le travailleur cubain sortira de cette lecture, avec un point de vue tout à fait réactionnaire sur la question nationale dans POgaden (5).

La direction castriste aurait-elle changé d'attitude pour l'Erythrée ?

Castro nous donne une réponse en se laissant aller à une phrase malheureuse après la guerre en Ogaden. « Ainsi la guerre, dit-il, est pratiquement terminée sur le front (Granma du 26 mars 1978). Le front Est ! L'autre front ne serait-il pas l'Erythrée ? En fait les Cubains et les Soviétiques se sont bel et bien préparés à une offensive en thrée. Il leur importait peu d'avoir soutenu pour un temps nationalistes thréens. Là encore la dialectique des conquêtes partielles impose de tout sacrifier à la stabilité du pouvoir d'Addis Abeba. Mais, à la différence de l'Ogaden, l'Erythrée pose des problèmes plus brûlants. Une guerre en Erythrée est obligatoirement meurtrière. Il faudrait donc expliquer aux travailleurs cubains que plu5) L'état-major est composé d'officiers éthiopiens, cubains et soviétiques.

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sieurs centaines de soldats sont morts face à un mouvement de libération.

Les combattants érythréens sont très aguerris, disposant d'une grande implantation sociale. S'affronter au FLE et au FPLE signifierait s'engager dans une guerre très meurtrière. Les Cubains ont sans doute préféré servir de lignes arrières aux Ethiopiens pour tout ce qui concerne l'entretien et la mise en œuvre des armes soviél'entraînement troupes et les conseils d'état-major. La guerre ouverte entre les Erythréens serait une aventure pour eux. Les recompositions diplomatiques ne sont pas terminées dans la région et les Fronts de libération savent eux aussi maœuvrer.

D'autre part, la perspective unique constitue avec le Me'ison impose une tactique plus souple des Cubains sur la question de l'Erythrée, car la direction populiste de cette organisation a toujours affiché son refus d'une reconquête militaire de la province nord. Enfin, last but not least, un affrontement entre les forces soviéto-cubaines et les fronts érythréens provoquerait une tension très grave entre Moscou et certaines directions arabes, comme l'Irak ou le Sud-Yemen. Tout cela concourt à un réajustement de la politique des Cubains et des Soviétiques en Ethiopie. Les Fronts ont été reçus cou, de multiples contacts et négociations se sont déroulés, notamment au Yemen. Mais un juste équilibre est impossible à trouver. Au rassemblement de la jeunesse à Cuba, il a fallu intégrer les Erythréens dans des délégations arabes. Enfin et surtout, il a fallu préparer et aider l'infrastructure d'une offensive éthiopienne «autonome » contre le peuple érythréen. Le DERG remporte donc en juillet et août 1978 une victoire à la Pyrrhus, en faisant reculer les Fronts de libération, et en leur imposant un retour à la guérilla. Cuba sauve la face en se présentant comme le médiateur nécessaire entre les adversaires. Les Fronts acculés à la défensive, et pressés de toutes parts, mesurent leurs attaques contre les Soviétiques et les Cubains. Les marxistes-révolutionnaires, part, retiendront que les masses érythréennes ont été attaquées par une armée dont les armes, la logistique et le crédit politique provenaient des Soviétiques et des Cubains. 3. L'alignement sur l'Organisation de l'unité africaine. Y-aurait-il eu - ultime défense -une volonté tacticienne de déle «camp progressistes» des pays africains pour affaiblir le camp impérialiste? Une telle idée de la part des castristes impliquerait une très grande clarté sur la nature de l'OUA, en tant qu'institution bourgeoise. Ils devraient, dans ce cas, dénoncer clairement que les pires confusions sont ainsi créées à propos de «l'unité africaine». Mais c'est pourtant le contraire qui se produit et, depuis plusieurs mois, on assiste à un glissement de La Havane sur cette question. Autant, durant la guerre civile angolaise, on pouvait percevoir des vélléités d'indépendance vis-à-vis de ces rouages diplomatiques africains (à l'inverse des Soviétiques), autant l'actualité récente démontre le parfait opportunisme des Cubains.

La clause de la charte de l'OUA sur le respect des frontières héritées de la colonisation constitue l'un des fondements des pouvoirs réactionnaires dans ce continent. Or, à propos de l'Ogaden, Granma se lance dans une ténébreuse explication historique pourrait satisfaire un quelconque dictateur africain : « Ceux qui connaissent l'Afrique (?) savent que dans chaque pays africain, il y a des tribus qui vivent à cheval sur les frontières, dans tous les pays d'Afrique. De nombreux Etats africains n'ont pas encore dépassé le stade de l'organisation tribale (sic). Le fait qu'un pays puisse conquérir par la force un territoire qu'il revendique aurait constitué un précédent conduisant à une véritable catastrophe pour toute l'Afrique. Voilà pourquoi les Etats africains (sic) ont dit : il ne doit pas y avoir de changements de frontières, et il est hors de question de recourir à la force pour changer les frontières.» (Granma, du 26 mars 1978).

Cette perle de paternalisme et de mépris pour les masses africaines est antipodes d'une analyse léniniste de la question nationale et ethnique en Afrique noire. Il devrait être bien établi que, de toute évidence, le problème de l'oppression ethnique ne peut se résoudre par le renforcement des pouvoirs centralisateurs directions bourgeoises. que du problème des frontières, une direction ouvrière comme celle de Cuba préoccuper des droits démocratiques. Une telle démarche impliquerait une critique immédiate du DERG éthypien et du MPLA angolais. NE RIEN OUBLIER NE RIEN TAIRE

Une analyse de la politique africaine de Cuba ne peut se contenter d'une simple énumération des similitudes avec la politique soviétique. Ce qui importe principalement, c'est la direction castriste en elles-mêmes. Le premier élément qui doit nous guider, c'est l'évident soutien politique et militaire à des Etats bourgeois.

On fait grand cas de l'Angola et de l'Ethiopie. Mais ces deux exemples ne sont pas les plus éclairants. C'est ainsi que La Havane tisse des liens profonds avec d'autres régimes africains sans que l'impérialisme y voit une cause de conflit majeur. Au Congo, où l'impérialisme français est dominant, et où l'économie est la plus parfaitement néo-coloniale, le régime né du coup d'Etat de 1968 a « opté» pour le « socialisme scientifique». Une fois le président Ngouabi assassiné, pour les besoins d'un réajustement d'alliances, c'est un

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certain hombi, qui accède au pouvoir. Connu pour des amitiés plus prononcées avec Paris, ce militaire doit cependant composer avec les différentes fractions de l'armée et ne pas se départir trop vite de son verbiage marxiste. Le Congo abrite une garnison de plusieurs milliers de soldats cubains à Pointe Noire. Non contents de soutenir ainsi ce régime de répression et de misère, les Cubains s'évertuent à préparer l'avenir. C'est pourquoi ils supportent sans vergogne un certain colonel Denis Sassou-Nguesso, allant selon cerinformations, jusqu'à lui servir de garde personnelle. Ce colonel étant plus favorable à des relations avec Moscou, les Soviétiques se préoccupent des lentes évolutions diplomatiques de Brazzaville. Mais entre hombi et Sassou, les masses congolaises ne choisissent pas leur dictateur. Du Dahomey au Congo, la politique cubaine en Afrique se confirme comme n'étant pas celle d'une aide à l'indépendance du mouvement de masse et à la révolution socialiste. Castro cherche aujourd'hui à faire croire qu'il décida de son soutien au DERG après l'arrivée de Mengistu au pouvoir. Il veut ainsi accréditer l'idée que seule cette gauche militaire «authentiquement révolutionnaire » obtient l'aide de La Havane. En fait Granma avait annoncé l'arrivée des experts cubains dès décembre 1976, c'est-à-dire deux mois avant le coup de Mengistu. Cuba sans doute augmenté son intervention à partir d'une analyse particulière de la fraction Mengistu, mais c'est tout de même une aide au DERG qui fut décidée quand l'homme fort était encore un certain

Malgré le maintien d'une propagande sur l'intemationalisme prolétarien, la direction castriste, pour justifier sa politique, méséduque les travailleurs cubains. Le journal Granma se réduit à une réthorique où l'on ne distingue jamais les régimes et les masses des pays amis. Les conceptions des rapports internationaux ont perdu tout aspect dialectique et URSS est invariablement présentée comme pays «fidèle à sa politique traditionnelle de soutien aux peuples agressés, aux processus révolutionnaires, et aux mouvements de libération nationa-

(Granma, du 14 mars

Il y a sans doute près de 40000 Cubains en noire. Une grande partie de ce corps expéditionnaire est constituée de militaires. tien de ces troupes et leur ravitaillement nécessitent approximativement le travail de 10000 ou 15000 personnes à Cuba. Au total, c'est plus de 50000 Cubains qui participent directement à la mise en pratique de la politique africaine du PC cubain. Comment peut-on imaginer qu'une telle chose n'ait pas, à moyen terme, d'effets sur la société cubaine ? I s'agit, en effet, d'une ponction économique énorme qui ne peut que nécessiter une aide grandissante de l'URSS. Non seulement il est inimaginable que l'économie cubaine puisse supporter ces effets financiers, mais les conséquences sur la formation sociale cubaine ne sont pas non plus négligeables. Plusieurs dizaines de milliers de personnes attachées aux tâches «interationalistes» c'est-à-dire impliquées dans une politique erronée d'aide à la construction d'Etats bourgeois, représentent élément possible de différenciations au sein de la classe ouvrière et des masses. L'autoritarisme de la direction ne peut que se renforcer au gré d'une diplomatie secrète qui puise ses origines à Moscou.

Faut-il en déduire que la politique africaine de Cuba implique une modification de l'analyse de la direction castriste ? Du moins peut-on affirmer que cette politique extérieure est un élément d'aggravation du processus de bureaucratisa-

On se souvient comment, dès la guerre civile angolaise, certains dirigeants bourgeois avaient contesté la justesse de l'offensive occidentale contre le MPLA. Depuis, avec les événements du Shaba, la diplomatie occidentale cherche son point d'équilibre entre la menace et le consensus avec les Soviétiques. Lorsque le Cubain Carlos Rafael Rodrigues déclarait en février 1978 : «Cuba n'aide pas à la subversion, mais participe, au contraire, comme la admis lambassadeur américain aux Nations-Unies, à une entreprise de stabilisation, de lutte contre la subversion », le plus sot des diplomates demande à réfléchir. Carter lui-même s'interroge en constatant, le 15 avril 1977, qu'il « est vrai que l'arrivée des troupes cubaines, forces militaires disciplinées, a aidé au rétablissement de l'ordre et manifestement stabilisé la situa-

Men Angola». De quoi Les directions impérialistes sont confrontées à une évolution rapide de la situation sociale en Afrique noire. Cette région est traversée par des conflits divers, de la lutte de libération contre la domination blanche à la contestation des régimes néo-coloments sont massifs et violents, autant ils sont faiblement organisés, sans direction d'avant-garde. C'est pourquoi la clef conjoncturelle des luttes de classes en Afrique demeure les rapports entre l'impérialisme et les directions nationalistes petites-bourgeoises qui s'affirment pour le moment à la tête des mouvements de masse. L'erreur qu'avait décelée déjà pour l'Angola un certain nompoliticiens bourgeois consiste à refuser toute concession, et à se raidir, sous prétexte d'aide soviétique et cubaine, au risque de voir la situation se radicaliser et prendre un cours anticapitaliste. En réalité, l'impérialisme cherche présentement à réorganiser sa domination en Afrique. Tant au plan de ses relations avec les directions bourgeoises. indigènes au pouvoir qu'avec les mouvements de libération, on assiste à une évolution. Négociations sur le «transfert de technologie» et régulation des

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prix des matières premières, reconnaissance de la SWAPO namibienne et relations courtoises avec le Front patriotique de Rhodésie sont des formes connues de cette évolution.

Giscard d'Estaing dans une interview récente au journal

Le Monde reconnaissait que dans les rapports «nord-sud» il était favorable à ce que les pays socialistes s'associent aux pays capitalistes pour l'aide au tiers-monde. Les occidentaux commencent à comprendre que l'intervention soviéto-cubaine en Angola ou en Ethiopie ne menace pas l'ordre social. Plutôt que de se relancer dans une nouvelle guerre froide, les directions impérialistes trouvent plus rationnel de maintenir les pressions économiques sur ces Etats et de les réinsérer peu à peu dans les rouages normaux du système de domination. C'est d'ores et déjà le cas de la Guinée-Bissau à la veille de l'entrée du Mozambique et de l'Angola dans la convention de Lomé qui régit les rapports entre 49 pays néo-coloniaux et la CEE.

Mais cette intervention des Cubains en Afrique aboutit à une contradiction importante, puisque, selon les Soviétiques, il s'agit de défendre la détente en soutenant des luttes engagées contre des régimes rétrogrades. La marge de manoeuvre n'est pas toujours très grande. Le MPLA a été obligé de s'appuyer sur un mouvement de masse urbain très radical. Le DERG a été obligé de donner des armes aux milices et aux comités. Le Front patriotique, pour s'affirmer doit renforcer la lutte armée... La spirale révolutionnaire n'étant pas indépendante de ces mouvements sociaux et de ces luton conçoit combien les différentes fractions impérialistes hésitent et dans leurs réactions. Le mouvement de masse est toujours prêt à s'engouffrer dans les brèches et à s'emparer des occasions qu'on lui donne. L'Angola en avait été un bon exemple. L'obligation de vaincre les troupes sud-africaines et zaïroises n'a-t-elle pas abouti à de nouvelles périodes en Afrique du Sud et au Zaïre avec les émeutes de Soweto et la crise du Shaba? Les Cubains, bien encombrés aujourd'hui, par le FNLC zaïrois, ont été pourtant des acteurs de la nouvelle situation en écrasant en 1976 les forces zaïroises dans le nord de l'Angola.

L'administration Carter est divisée sur cette question entre Breczinski qui utilise encore le récitatif de la période mac-cartiste et Young qui joue le tendre agneau, la diplomatie de trouve les intonations nécessaires. Cette évolution de la tactique impérialiste n'est envisageable qu'avec la complicité des Soviétiques.

Claude Cheysson qui est membre de la Commission de Bruxelles de la CEE montrait récemment un bel optimisme sur ces questions. «Le seul critère qui nous apparaît, c'est celui de la valeur de leur administration, socialiste ou capitaliste. Nous marchons très fort en Ethiopie et en Guinée-Conakry, probablement parce que nous sommes - et de loin -les plus grands pourvoyeurs ces deux pays»…. «Quand il s'agit de l'aide au développement, l'URSS et ses partenaires souffrent d'un handicap terrible: ils ne sont pas encore équipés pour participer vraiment au développement du tiers-monde. Financièrement, le total de leur apport est limité, dit-on, à 500 millions de dollars par an, alors que les pays pétroliers apportent 5 milliards et TOCDE, 15 milliards... Ils savent aussi apporter une réponse efficace et rapide à des problèmes militaires comme ils l'ont fait quand l'Angola était au dernier stade l'agonie... On peut dire que l'Angola a évité sa disparition en tant que pays autonome grâce (sic) à une intervention soviétique organisée d'une manière qu'aucun pays occidental n'aurait été capable d'égaler. dans ces circonstances.»

Cheysson qui estime que « Ramener tous les problèmes de l'Afrique à la déstabilisation, ou au conflit est-ouest est une contre-vérité» ajoute que, pour lui, cette peur des Soviétiques en Afrique n'est pas «seulement une simplification absurde mais une tromperie si remarquable que j'en arrive parfois à me demander • si elle n'est pas voulue». (Nouvel observateur du 5 août 78)

Le général Akuffo, chef de la junte militaire pro-occidentale qui contrôle actuellement le Ghana déclarait que «franchement nous ne pensons pas que la présence des troupes cubaines en Afrique constitue un danger. De notre point de vue, l'existence sur le continent de pays où la minorité blanche a confisqué le pouvoir fait peser beaucoup plus lourdes sur notre indépendance et notre sécurité » (Le Monde du 2 août 1978).

Seul le politicien français d'extrême-droite, Soustelle, s'inquiète de cela -mais dans des termes qui confirment les débats au sein de la bourgeoisie : «Selon des informations qui ont cessé d'être confidentielles, le brusque revirement de la politique américaine s'insérerait dans un plan d'ensemble : une sorte de Yalta africain...Certains économiques, dit-oné rêvent de réaliser de "bonnes affaires' avec les Etats africains marxistes» (Le Monde, 9 juillet 78).

Là se trouve l'enjeu véritable. La coexistence pacifique développe aussi ses effets en Afrique. La direction cubaine en respecte fondamentalement le cadre. Les marxistes-révolutionnaires se doivent d'en dénoncer les pratiques. La défense de l'Etat ouvrier cubain face à l'impérialisme en sera d'autant plus claire. 6) La CEE accorde une assistance de 200 millions de dollars à l'Ethiopie dans le cadre de la convention de Lomé et 11 milliards hors convention, à titre particulier. Claude à propos des Cubains en Ethiopie : «même si une nation n'est pas orgacomme le voudrait M.Debré, (politicien gaulliste français)..., elle peut rejeter les interventions extérieures.»

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