Un million de travailleurs ont participé à la grève générale d'une journée dans l'Etat de Nouvelle Calles du Sud (où vit un tiers de la population australienne), le 23 octobre 1991, à l'appel du Conseil des travailleurs, pour protester contre l'introduction d'une série de lois antisyndicales. Depuis 1917, cet Etat n'avait pas connu un mouvement d'une telle ampleur. Ken DAVIS BASTASA LES BATEAUX de
. transport, les autobus et culer ; l'industrie, les mines et les ports sont restés silencieux ; les tant religieuses que publiques, ont gardé portes closes ; les postes et les grands magasins ont été désertés par leur personnel ; les banques, les lycées, les bibliothèques, les musées et les théâtres sont restés fermés. Malgré des procès intentés à des syndicats du secteur public, les bureaux du gouvernement, tant fédéral que de l'Etat de Nouvelle Galles du Sud, ont suivi la grève. Les services sociaux étaient fermés. Les radios et les quotidiens ont été produits par leurs directeurs, à cause de la grève des journalistes.
Les médias australiens, aujourd'hui contrôlés par deux magnats de la presse de droite, Murdoch et Packer, ont tout fait pour minimiser l'importance du débrayage. Les porte-parole des employeurs ont, au départ, estimé qu'il y avait eu 800 000 grévistes, ce qui aurait entraîné une perte de 500 millions de dollars; mais ensuite ce nombre a été révisé à la baisse dans les comptes rendus suivants de la presse, qui ont donné le chiffre de 400 000 grévistes. Les responsables des journaux et de la télévision ont surtout donné la parole à des patrons et à des briseurs de grève, qui avaient marché ou fait de la bicyclette sur de longues distances
AUSTRALIE pour se rendre à leur travail, ou qui faisaient l'apologie du partage des voitures pour échapper aux embouteillages. La télévision et la radio ont diffusé des interviews interminables d'individus en colère proclamant que la grève ne servirait à rien et dénonçant les syndicats.
Mais, en vérité, la grande majorité de la population a soutenu la grève : Sydney et les autres villes de l'Etat étaient encore plus désertes qu'un dimanche ou qu'un jour férié.
A Sydney, à la surprise des adhérents des syndicats, aucun rassemblement de masse ou manifestation n'a été convoqué. Le Parti travailliste de Nouvelle Galles du Sud, dans l'opposition dans cet Etat, n'a même pas soutenu l'appel à la grève. Au lieu de regrouper des centaines de milliers de travailleurs pour demander la démission du gouvernement conservateur minoritaire, les rues sont restées désertes. Aucun piquet de grève n'avait été prévu pour empêcher les "jaunes" d'aller travailler, et les dirigeants syndicaux ont beaucoup insisté sur le fait que les employés du secteur fédéral et ceux des secteurs d"urgence" devaient se rendre à
Les directions traînent des pieds
Les dirigeants syndicaux ont été obligés d'aller à la grève générale, de façon formelle, à cause de la colère évidente de leur base, que d'importants débrayages dans de nombreux secteurs durant les semaines précédentes avaient illustrée. Le 17 septembre, 15 000 ouvriers se sont rassemblés devant le Parlement, à Sydney, durant une grève des syndicats des ports et des mines contre les nouvelles lois. Le 15 octobre, 10 000 infirmières avaient manifesté devant le Parlement, alors que 80 000 employés de la santé faisaient grève contre des fermetures d'hôpitaux et le manque de financement de ce secteur.
La grève générale a servi à exprimer la volonté d'action de plus en plus importante des salariés et la frustration des militants syndicaux de base et de la population en général, sans déboucher pour autant sur une stratégie à plus long terme pour renverser le gouvernement de Nouvelle Galles du Sud et l'offensive capitaliste.
Bien qu'il ait été réélu sans détenir une majorité absolue, en mai 1991, à la tête de l'Etat de Nouvelle Galles du Sud, le gouvernement libéral-national de coalition, dirigé par Nick Greiner, a réussi à faire passer une nouvelle législation, grâce aux voix des conservateurs "indépendants" des deux chambres du Parlement.
Déclaration de guerre contre les syndicats
Ces lois ont pour but de démanteler les tribunaux du travail qui existent actuellement dans l'industrie, et qui ont un rôle d'arbitre en matière de salaires et de conditions de travail après les discussions entre les représentants syndicaux et les fédérations patronales. Ces lois cherchent à briser le pouvoir des syndicats en interdisant l'affiliation syndicale obligatoire (closed-shop). La cour juridique de l'industrie sera remplacée par une multiplicité de "contrats d'emploi volontaires" et par des marchandages entreprise par entreprise — ce qui représente un désavantage évident pour les secteurs peu organisés et ceux qui emploient beaucoup de travailleurs à temps partiel. « Les femmes et les travailleurs immigrés seront les plus affectés », comme le stipulait l'appel
En excluant les syndicats des négociations et en encourageant les syndicats d'entreprise, ces lois laisseront les employés négocier individuellement leurs salaires et leurs conditions de travail avec les patrons. Les "juges du travail" syndicaux devront donner un préavis de sept jours avant de pénétrer sur un lieu de travail, et les grèves durant les périodes de négociation des conventions collectives d'une entreprise pourront être pénalisées par des amendes de 10 000 dollars par jour et par ouvrier. Les décisions des syndicats devront être prises après des scrutins postaux lents et coûteux, et non par des délégués élus ou par des assemblées générales.
Les nouvelles lois ouvrent une voie royale aux patrons qui pourront ainsi licencier les travailleurs syndiqués et se soustraire aux pénalités qui frappent le travail de nuit, éviter le paiement des heures supplémentaires, les 17 % de prime des congés annuels de quatre semaines, les congés de maladie et les fonds dus à la sécurité sociale.
Les lois de Nouvelle Galles du Sud veulent devenir un modèle pour la législation nationale, si les conservateurs battent le gouvernement travailliste de Hawke lors des prochaines élections fédérales (voir Inprecor n° 329 du 26 avril 1991).
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