pagne a rencontré un grand succès, mais les activités centralisées et coordonnées étaient censées se terminer avec cette manifestation. Les porte-parole des syndicats à la tribune ont clos la seconde phase de la campagne et annoncé que la bataille continuerait plus tard, en 1991 et en 1992, à l'occasion des négociations annuelles des conventions collectives, pour essayer de contrer, secteur par secteur, les attaques causées par les mesures gouvernementales. Comme l'on pouvait s'y attendre, les propositions du gouvernement ont été adoptées au
Parti des travailleurs (PvdA) social-démocrate avaient déjà voté, en faveur du plan gouvernemental, en soutien au dirigeant du parti, Wim Kok, membre du cabinet de coalition. Cette décision n'a pas amélioré la position du PvdA dans les sondages - ils continuent à montrer que les sociaux-démocrates perdraient la moitié de leurs sièges si les élections se tenaient aujourd'hui. Après le congrès du PvdA, de nouveaux départs de militants se sont produits et certains anciens militants ont annoncé qu'ils voulaient être à l'initiative de la création d'un nouveau parti social-démocrate. Il existe un grand mécontentement chez de nombreux syndicalistes qui avaient voté pour le PvdA dans le passé, beau-
Mais il est très intéressant de constater que certains travailleurs ont formé des comités pour organiser des grèves sauvages — à Amsterdam, dans les transports publics, et, de façon très massive sur les docks de Rotterdam, où les grèves sauvages ont duré cinq jours, dès l'annonce par un tribunal de l'illégalité des grèves sur le port. A la lumière de cette expérience, les employés du port d'Amsterdam ont décidé de ne pas aller en justice et de faire une grève de deux possible de faire davantage de choses, mais les directions syndicales n'ont pas osé ou n'ont pas voulu continuer la campagne, qui avait débuté avec succès en septembre. Le Parlement a finalement adopté les plans initiaux du gouvernement sans que des changements importants soient apportés aux mesures promobiliser plus de travailleurs que prévu au sein d'une campagne unitaire. Certains groupes et secteurs ont participé pour la première fois à une action, d'autres, plus combatifs, se sont mobilisés dans un cadre unitaire, au-delà de leur propre branche, pour la première fois depuis de nombreuses années. Des luttes vont sans doute reprendre bientôt dans le secteur public, où les syndicats se préparent à une bataille importante pour la négociation de la nouvelle con-
PvdA ont aujourd'hui perdu toute confiance dans sa direction politique, ce qui ouvre des possibilités pour la discussion et pour des initiatives possibles allant
1991).
campagne offensive.
Parlement dans la semaine suivant la manifestation.
coup d'entre eux annonçant qu'ils ne voteront plus jamais pour ce parti.
posées : en ce sens, la campagne a échoué.
venir. D'abord, contrairement aux prévisions sceptiques, vention collective, au début 1992.
dans le sens d'une politique alternative de gauche. *
PAYS-BAS
Une manifestation sans précédent
La plus grande manifestation syndicale aux Pays-Bas depuis la Seconde Guerre mondiale a réuni 250 000 personnes, le 5 octobre 1991, à La Haye; elle marquait la clôture d'une grande campagne organisée par les trois principaux syndicats néerlandais contre les attaques du gouvernement visant à réduire les aides sociales (voir Inprecor n° 337 du 27 septembre
Personne ne s'attendait à un tel déferlement. Cette mobilisation a montré l'importance de la colère des salariés et a mis en évidence, une fois de plus, qu'il est possible de mener une
Or, telle n'était pourtant pas l'intention des directions syndicales. La cam-
Le 28 septembre, plus de 80 % des délégués d'un congrès extraordinaire du
Durant la campagne, de nombreuses grèves ont été déclarées illégales.
Finalement, au vu de l'état d'esprit des salariés, il est évident qu'il aurait été
Mais cette campagne aura des conséquences importantes pour les luttes à il a été possible de
Enfin, des fractions importantes de l'électorat et de nombreux militants du
Robert WENT
Amsterdam, 25 octobre 1991