Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Fondation de la Gauche alternative

· Inprecor n° 341, 22 novembre 1991 · p. 24 · 966 mots

État espagnol France

Gauche alternative prétendue "Conférence de paix" sur le Moyen-Orient, dans les premiers jours de novembre 1991, les organisations les plus représentatives de la gauche radicale,

Internationale dans l'Etat espagnol) et le Mouvement communiste (MC) tenaient leur congrès d'unification. Ce fut l'aboutissement d'un processus d'unification et

Fondation de la

Alors que Madrid était régulièrement secoué par les hurlements des sirènes annonçant le passage des représentants des différents pays participant à la la Ligue communiste révolutionnaire (LCR — ancienne section de la IVe d'action commune engagé depuis longtemps.

Allonso MORO

APRES la tenue des congrès respectifs de la

LCR et du MC, qui ont discuté et approuvé les projets de résolution sur

"Bases de l'accord les d'unification", "Sur le ty-

N pe d'organisation que nous voulons créer", "L'accord sur le régime intérieur provisoire" et "Face à la nouvelle situation", 400 délégués — élus à la parité, à raison de 200 pour chaque organisation — ont décidé, après une journée et demie, de travaux que la nouvelle organisation porterait le nom de Gauche alternative (1).

Etant données les conditions dans lesquelles interviennent les révolutionnaires en Europe et au niveau international, la constitution de la Gauche alternative représente un pas en avant important. En effet, comme le disait une des thèses du document "Bases de l'accord d'unification" : « La situation de crise actuelle peut constituer un stimulant pour rénover notre pensée et avancer dans la construction d'une conscience révolutionnaire et anticapitaliste plus solide et qui réponde mieux aux difficultés d'aujourd'hui.»

A partir de ce constat et en sachant que « les forces révolutionnaires dans l'Etat espagnol et dans les pays voisins sont peu nombreuses ; que la perspective révolutionnaire semble s'éloigner et se brouiller ; les possibilités de mener des luttes radicales sont rares ; le nombre de gens qui pensent que militer garde un sens a diminué ainsi que la recherche de solutions pour transformer ce système social par l'action collective », les militants

ETAT ESPAGNOL de la Gauche alternative se sont engagés à soutenir et à impulser « la lutte contre l'exploitation capitaliste et contre toute forme de domination et d'oppression », tout en se battant « pour une transformation révolutionnaire qui permette de changer radicalement l'ordre politique et économique injuste actuel ». Ces bases sont significatives, surtout lorsque l'on sait que bon nombre de courants dits de gauche sont tentés par une vision politique gradualiste, conciliatrice vis-à-vis de leurs gouvernements (dans un pays comme l'Etat espagnol, où le Parti socialiste ouvrier espagnol - PSOE — gouverne depuis des années) ou, tout simplement, qui s'adaptent au système social "le moins mauvais", c'est-à-dire au capitalisme.

Vingt ans d'expériences

En outre, la fusion entre la LCR et le MCE n'est pas le produit d'une crise de ces deux organisations, elle ne se fait pas dans une dernière tentative pour sauver un projet qui serait en train de couler. Au contraire, pendant leurs vingt ans d'existence, chacune de ces organisations a jeté des bases solides, profondément ancrées dans la société.

Si on peut penser qu'il s'agit encore là de forces modestes, comparées avec les objectifs qu'elles se donnent, il y a là un effort conscient pour rassembler des forces sur la base d'accords concrets, largement partagés, sur lesquels les militants de ces deux organisations ont largement eu le temps de réfléchir — dans des domaines clés comme le mouvement syndical, féministe, écologiste ; l'opposition au dogmatisme et le refus du stalinisme; sur le type d'organisation qu'il faut construire aujourd'hui (démocratique, pluraliste, centralisée) et sur le modèle de société désiré.

Evidemment, tout cela n'empêche pas que, dans la nouvelle organisation, des divergences ou des nuances puissent surgir « sur différentes questions théoriques, des conceptions sur les perspectives révolutionnaires, les analyses de la réalité, des opinions sur tel ou tel courant ou épisode historique, etc. ». Mais face à une telle éventualité, qui serait salutaire, la Gauche alternative veut répondre sur la base des éléments communs aux deux organisations, tout en se donnant des garanties par le pluralisme interne.

La LCR et le MC se sont toujours caractérisés par leur ferme engagement auprès des exploités et opprimés à l'intérieur et à l'extérieur de l'Etat espagnol, durant la longue nuit de la dictature franquiste, à la tête des mobilisations contre la prétendue "transition démocratique", par le soutien aux mobilisations des insoumis qui refusent le service militaire obligatoire, ou par leur solidarité avec la révolution centraméricaine.

Plus de 2 000 personnes ont assisté à ce congrès, dont de nombreux représentants d'autres organisations. Il faut signaler, entre autres, la présence et les messages de la Confédération générale du travail de l'Etat espagnol (CGT), de l'Union nationale révolutionnaire du Guatemala (URNG), de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), de la coalition la Gauche unie (IU) dirigée par le Parti communiste espagnol, des Commissions ouvrières (CCOO), du Parti des travailleurs du Brésil (PT), du Mouvement de libération nationale d'Uruguay (MLN-Tupamaros), du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), de Herri Batasuna (HB), ou du Parti d'unité mariatéguiste du Pérou (PUM). Il y avait aussi des représentants de différentes sections de la IVe Internationale venus de France, du Portugal, de Belgique ou encore du Mexique. Ernest Mandel représentait le secrétariat unifié de la IVe Internationale. A signaler la présence des organisations liées au MC et à la LCR dans les Canaries, de la EMK-LKI d'Euskadi (2) et la fédération des Jeunesses communistes révolutionnaires.

Comme le rappelait un camarade : ce n'est qu'en regardant en avant que nous pourrons justifier ce que nous avons fait dans le passé. *

20 novembre 1991

1) Le nouveau journal s'appellera Pagina Abierta (Page Ouverte) et la revue théorique Aldebaran (La Grande Etoile Rouge). Izquierda Alternativa, Calle Hileras n° 8 (1° der.) -

Madrid 28013.

2) Voir Inprecorn° 328 du 12 avril 1991.

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