Les récentes déclarations du pape déclarant tour à tour que les préservatifs tuent l'amour et que l'avortement est un crime, montrent que la doctrine sociale de l'Eglise prépare le terrain d'un retour aux valeurs morales. Ainsi un peu partout en Europe, l'offensive des intégristes fait peser de graves menaces sur le libre choix des femmes — quant il
En Europe de l'Est, aux Etats-Unis, en France, dans l'Etat espagnol, etc. mais aussi en
Amérique latine, une vaste bataille s'est maintenant engagée contre les femmes, relayée et aidée en cela par les différents Etats et les politiques d'austérité des gouvernements.
En Allemagne, la réunification a bien failli achopper sur la question de l'avortement
(voir Inprecor n° 316 du 12 octobre 1990) ; le statu quo adopté pour deux ans ne constitue qu'une maigre victoire pour les femmes : deux législations pour un même territoire reconstruisant ni plus moins qu'un nouveau mur de la honte pour toutes celles qui sont obligées de "passer à I' Est" pour se faire avorter. En Hongrie et en Tchécoslovaquie, les droits des femmes sont eux aussi remis en cause (voir Inprecor n° 325 du ler mars 1991).
A l'heure où s'écroulent les régimes bureaucratiques, pourquoi la démocratie fait-elle preuve d'une telle obstination à maintenir ou à vouloir rejeter les femmes à l'âge de la terreur, terreur des grossesses non-désirées, des avortements clandestins avec le risque in fine d'en mourir — au Mexique, 780 000 femmes souffrent chaque année de complica-
Aux Etats-Unis, où les "Opérations sauvetage" ont déjà commencé depuis quelques années (voir article p. 16), la nomination d'un nouveau juge républicain à la Cour suprême ouvre la porte à une remise en cause au niveau fédéral du droit des femmes de
Ailleurs, certains pays n'ont toujours rien reconnu : en Irlande, l'avortement est déclaré anticonstitutionnel ; dans l'Etat espagnol, la loi ne le prévoit que dans certains cas
Bien sûr, il y a d'autres pays comme la France, où la lutte des femmes leur a permis de conquérir certains droits : mais qu'en est-il de leur application dans les faits ? Qui ose faire respecter la loi lorsqu'il faut défendre ces droits, y compris contre les intérêts des la-
La galère des femmes !
tions graves à la suite d'avortements clandestins (voir article en p. 18).
choisir librement leur maternité — quatre Etats l'ont déjà interdit.
dits de "force majeure" (viol, malformation du fœtus, etc.).
boratoires et contre les pressions des groupes catholiques ou fascistes ? Certainement pas le gouvernement socialiste français empêtré dans ses propres contradictions (voir article ci-contre).
En France, aux Etats-Unis, en Pologne, la mobilisation des femmes, et le soutien international que d'autres femmes leur ont apporté a permis d'éviter parfois le pire. Mais il faudra sans doute plus encore construire un vrai rapport de forces qui donne enfin aux femmes le droit de décider elles mêmes, en toute liberté. *
Sophie Massouri
En 1989, l'Eglise catholique polonaise lançait une vaste campagne, demandant l'interdiction et la pénalisation de l'avortement (voir Inprecor n° 334 du 5 juillet 1991). En 1990, le Sénat polonais adoptait un projet de loi criminalisant l'avortement, qui devait être soumis à la Diète au printemps 1990, juste avant la visite du pape Jean-Paul II. Un cadeau en quelque sorte ? Malgré les vœux du secrétaire général de l'Union des nations de l'Europe chrétienne (UNEC), en mai 1990, espérant que « la Pologne [soit] le premier pays à lancer le processus de réinstauration des valeurs chrétiennes en Europe par l'abolition de l'avortement », la Diète polonaise a repoussé le vote d'une telle loi. Mais pour combien de temps encore ?
----- photo credits and running heads -----
+