Depuis 1974, le remboursement de la co comme la possibilité de pratiquer une ir jusqu'à la dixième semaine de grossesse.
semble pas aller de soi : alors que près de millions en utilisent une qui n'e
Malgré les promesses du Premier ministre.
1991, sur le prochain remboursement déclarations de la secrétaire d'Etat délégué l'incurie du gouvernement et la recru réactionnaires de tout poil f sur le droit de choisir Sophie N
EN EFFET, depuis 1984, un nombre croissant de nouvelles pilules ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, tandis que certaines, plus anciennes, ne sont plus remboursées. Pourquoi ?
En fait, les laboratoires pharmaceutiques jouent sur l'ambiguité de la loi, qui prétend que « la contraception doit être remboursée », sans donner à l'Etat les moyens de les contraindre à demander son remboursement. Ainsi, les pilues de la nouvelle génération, mieux dosées en œstrogènes (responsables d'effets secondaires pour les femmes, et notamment de maladies cardio-vasculaires) et qui utilisent des nouveaux progestatifs présentées comme moins nocives pour la santé des femmes, ne sont pas remboursées. Toutefois, cet argument mis en avant par les laboratoires pour en demander un prix exorbitant est controversé; pour certains spécialistes rien ne prouve que les nouvelles pilules réduisent pour le moment ces "effets secondaires" dont la psychose a parfois conduit certaines femmes à se priver d'un moyen de contraception efficace et peu contraignant.
Pourquoi une telle politique de la part des laboratoires ? En France, le prix des médicaments non-remboursés est libre, contrairement à celui des médicaments remboursés, sont fixés et contrôlés par les pouvoirs publics. Or, depuis une dizaine d'années, il est clair que les fabricants préfèrent le déremboursement à un prix
le choisir
n cause traception est un droit prévu par la loi, tout erruption volontaire de grossesse (IVG), lix-sept ans après, l'application de la loi ne 4 millions de femmes prennent la pilule, 2 t pas ou n'est plus remboursée. Edith Cresson à la fin du mois de novembre e deux pilules supplémentaires (1) et les : aux droits des femmes, Véronique Neïertz, escence des activistes intégristes et des ont peser de graves menaces et la santé des femmes. ASSOURI qu'ils jugent trop faible. D'après leurs études, en effet, la consommation de contraceptifs ne semble pas dépendre de leur prise en charge ou non par la Sécurité sociale. Comment en serait-il autrement alors que la pilule est le premier moyen de contraception utilisé par les femmes (une femme sur trois prend la pilule) et que, face à la profusion des pilules disponibles, elles n'ont que très rarement les moyens d'imposer à leur médecin qu'il leur préscrive telle ou telle pilule, en fonction de leurs besoins et surtout du coût. Le gouvernement sur la sellette Que les laboratoires cherchent à faire un maximum de bénéfices, quoi de plus naturel et on ne comprendrait pas pourquoi il en serait autrement sur la question de la contraception. Le plus grave, en somme, dans cette situation n'est pas tant la course aux profits poursuivie par les laboratoires, sous couvert de recherche et d'amélioration médicales des moyens contraceptifs, que l'inefficacité du gouvernement à faire appliquer un droit, de facto bafoué, sans recours légal possible. Le fait est que le résultat d'un tel laisser-faire, est significatif de la voie poursuivie par la politique du gouvernement socialiste. Ainsi, dans le cas des centres d'information et de planification, qui sont souvent les seuls lieux d'information pour les jeunes et pour une majorité de femmes, la politique de décentralisation, initiée depuis 1983, en transfère la gestion aux conseils régionaux, accentuant ainsi les disparités sociales, et les mettant à la merci d'une remise en cause partielle. Alors que leur mission est qualifiée de "responsabilité nationale", le gouvernement, sous prétexte de rentabilité et de décentralisation, laisse ainsi à la merci d'un pouvoir local la responsabilité de l'existence de ces établissements d'informations et de planification, habilités, entre autres, à fournir gratuitement aux mineures et aux femmes non prises en charge par la Sécurité sociale, les moyens de contraception dont elles ont besoin. Son désengagement progressif, comme sa politique d'austérité en matière de santé, tant en ce qui concerne les médicaments que la politique hospitalière (suppression de lits dans les hôpitaux, réduction des effectifs, etc.) (2) aboutissent à une remise en cause insidieuse du droit des femmes à choisir librement leur maternité, instituant sur cette question, comme sur celle de la santé, un système à deux vitesses : d'un côté les femmes qui pourront payer, de l'autre, celles qui ne le pourront pas.
L'offensive des grenouilles de bénitier
L'autre aspect de cette politique, c'est qu'elle se met en place dans un contexte social et économique dégradé, alors que s'accroît l'influence des groupes intégristes et d'extrême droite — comme le Front national de Jean-Marie Le Pen, crédité pour les prochaines élections régionales de mars 1992 de 25 à 30 % des intentions de vote.
Reprenant l'offensive sur la question de l'avortement, ces groupes d'extrême droite dont, en première ligne, La Trêve de Dieu et SOS-Tout Petits, même s'ils organisent peu de monde, accroissent peu à peu leur influence : tribunes dans les médias, manipulation et infiltration de larges secteurs de la société, etc. (3).
Depuis près de deux ans maintenant, certains de ces groupes, largement inspirés par les commandos américains "Opération sauvetage", multiplient les attaques contre les centres d'interruption volontaire de grossesse (CIVG) (4). Certains préfèrent s'en tenir aux chants de cantiques à la porte des centres et des hôpitaux, et à la distribution de tracts dénonçant le crime que représente à leurs yeux l'avortement ; d'autres pénètrent dans les blocs opératoires, déstérilisent le matériel et s'enchaînent aux tables d'opérations.
Partout le même but : créer un sentiment de terreur auprès des femmes qui viennent pratiquer une interruption volontaire de grossesse, et surtout un sentiment de culpabilité.
Le gouvernement reste largement silencieux sur ces opérations. La justice, quant à elle, n'a pas jugé bon jusqu'à présent, malgré les plaintes déposées par les directeurs d'hôpitaux et les témoignages des infirmières, de poursuivre les auteurs de ces attaques. Pas de motifs d'inculpations, pas de délits ?
Ce n'est peut-être pas un hasard si le gouvernement semble encore moins prompt à dénoncer ces commandos qu'à s'engager au remboursement de deux nouvelles pilules. Sa politique de santé et de maîtrise des dépenses, la réforme hospitalière dictée par la logique de la rentabilité et la décentralisation entraînent une réduction des capacités d'accueil des centres IVG, quand il ne s'agit pas de leur fermeture pure et simple. Dénoncer les laboratoires évite aux autorités de s'expliquer sur leur politique.
Depuis fin 1990, une coordination unitaire rassemblant des groupes de femmes, des syndicats, des partis politiques et des associations, dont le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), s'est mise en place pour mobiliser l'opinion publique autour de cette question et mettre le gouvernement devant ses responsabilités : une pétition nationale a été lancée en juin 1991, et des comités se constituent dans différentes villes.
Le 30 novembre 1991 aura lieu une journée nationale d'action, en vue notamment de la préparation d'Etats généraux pour le droit de choisir, les 18 et 19 janvier 1992, et, sans doute, d'une mobilisation pour le 8 mars 1992, journée internationale des femmes.
20 novembre 1991
1) L'une de ces deux pilules, le Trinordiol qui représente à elle seule près de 17 % du marché, était encore remboursée jusqu'à il y a six mois.
2) Voir Inprecorn° 340 du 8 novembre 1991.
3) Jean-Marie Le Pen a, par exemple, demandé une minute de silence, lors de son défilé du ter mai 1990 - à la mémoire des millions d'enfants français assassinés par la loi avorteuse Veil Chirac -. Alors que le pape compare l'avortement à un véritable génocide !
4) Depuis deux ans, une trentaine d'attaques ont été répertoriées ; en décembre 1990, de nombreuses féministes préve nues des intentions d'un de ces groupes contre un hôpital parisien sont intervenues pour l'empêcher de pénétrer dans l'hôpital et pour distribuer des tracts demandant à ce que la loi soit respectée (libre accès aux CIVG pour toutes les femmes, ainsi qu'à la contraception).