Plus de 100 000 personnes, dont 50 000 à Berlin, ont participé à des manifestations contre le racisme, autour du 9 novembre 1991, à l'occasion de l'anniversaire de la "nuit de cristal" de 1938 et pour
C'est à la fois beaucoup et trop peu. C'est principalement la gauche qui s'est retrouvée dans les rues. Cependant, il faut noter que de plus en plus de gens se mobilisent contre le racisme, et ils ont partiellement réussi, pendant deux ou trois jours, à freiner la chasse aux réfugiés. Dans de nombreuses villes, les manifestations ont compté un nombre élevé de jeunes, ce qui a nourri l'espoir de provo-
Dans beaucoup de cas, on a assisté à une compétition entre les manifestations "officielles" et celles de l'extrême gauche. A Hambourg et à Hanovre, les Verts ont joué un rôle dans la division du mouvement. Ainsi, à Hambourg, ils ont soutenu la manifestation appelée par les partis traditionnels, les organisations patronales, etc. Ce cortège, le 7 novembre, a rassemblé environ 1 000 personnes et le président du gouvernement local, Voscherau, y a pris la parole. Le lendemain, la manifestation des
"radicaux" a rassemblé 8 000 personnes. Cette ligne des Verts illustre un virage à droite important et elle s'explique aussi par le fait qu'ils ont perdu la plupart de leurs militants de terrain. Ces divisions ont
Ce n'est que dans la Sarre — bastion du Parti social-démocrate (SPD), où un immigré a été ré cemment assassiné par des fascistes - que les sociaux-démocrates ont organisé une manifestation.
Bien qu'un nombre significatif de réfugiés ait participé à la préparation des manifestations, la présence des étrangers dans les cortèges est restée faible, à l'exception a été Berlin, dont l'importante population immigrée est assez politisée. L'attitude d'attentisme des immigrés est assez compréhensi ble car la gauche et le mouvement ouvrier sont plus enclins à faire de belles déclarations qu'à les dé-
La préparation des manifestations a montré que l'extrême gauche ne se rendait pas compte de la nécessité de travailler surtout avec les immigrés - et principalement les jeunes immigrés - pour construire un mouvement antiraciste. Il n'existe pratiquement pas de coopération avec les principales forces politiques des immigrés et les représentants des courants islamiques modérés. Malgré une déclaration appelant à l'autodéfense contre les attaques fascistes, la fédération syndicale DGB n'a pas essayé de mobiliser dans les entreprises, où le racisme est relativement fort parmi les ouvriers. Elle
Les manifestations antiracistes ont eu un grand écho dans la presse. Mais par là, les médias voulaient surtout rassurer les pays étrangers sur le fait que, malgré tout, l'Allemagne restait démocraprotester contre les pogroms fascistes d'Hoyerswerda, de Saalouis et de Greifwald réduit l'ampleur des protestations.
n'a pas n'ont plus essayé de mobiliser les ouvriers immigrés
La mobilisation des antifascistes
Avec nos correspondante D. Müller et W. Wolf