La coalition de la Gauche unie (Izquierda Unida,
IU), dirigée par le Parti communiste espagnol (PCE)
est au bord de l'éclatement, suite à la démission de son coordinateur général, Julio Anguita — qui est aussi... secrétaire général du PCE !
Les remous qui secouent IU viennent des rangs mêmes du PCE ; ils avaient commencé après le coup d'Etat manqué d'Union soviétique, en août 1991
(voir Inprecor n° 336 du 13 septembre 1991) — ce parti avait pourtant clairement condamné les putschistes. Un secteur minoritaire du PCE, derrière le dirigeant historique Nicolas Sartorius, avait profité de la situation pour lancer une campagne pour la dissolution du PCE dans IU, soutenue par le secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO), Nicolas Gutierrez, et par la direction du parti catalan, le Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC).
Les contestataires prenaient aussi leurs distances par rapport au "communisme", qu'ils considéraient comme une "erreur". Ils expliquaient, par ailleurs, que le maintien des structures du PCE faisait peser des soupçons de manipulation sur la coalition — ils jugeaient l'image du PCE négative, surtout après les événements d'Union soviétique.
En novembre 1991, la crise a éclaté au grand jour : la section de Valence d'IU a décidé de s'inscrire comme parti politique, malgré les protestations d'Anguita, battu au cours d'un vote à la direction de la coalition.
Celui-ci a alors mis sa démission dans la balance et a quitté son poste.
Anguita explique qu'IU doit être une organisation souveraine et pluraliste, une fédération de partis, et que le PCE doit reconnaître la discipline d'IU, tout en restant, pour le moment, un courant interne avec une idéologie derrière Sartorius — qui dit ne plus vouloir être traité de "communiste", mais simplement de "démocrate" —, continue la bataille pour la transformation d'IU en parti politique.
La crise d'IU ne se résoudra pas dans l'immédiat ; si Anguita et la majorité du PCE essayent d'imposer leur conception, ils risquent de porter un coup mortel à l'unité de la coalition. Mais tout ce débat cache, en fait, la discussion qui agite le PCE quant à son avenir, entre ceux qui veulent que le
Parti prenne un virage social-démocrate et abandonne toute référence à un changement social radical et ceux qui, au moins en paroles, se disent toujours attachés à ce changement (malgré les renoncements et les reniements passés, dont le tristement célèbre Pacte de la Moncloa, qui avait porté un coup mortel au mouvement social au lendemain de la mort de
Franco). * m crates"
conservatrices liées au joug colonial britannique.
et des propositions propres législatif.
(il dit ne pas exclure, à terme, une « extinction » du Parti qui se ferait de « fason naturelle»);
Anguita rejette aussi toute perspective d'entrée dans l'Internationale socialiste.
La majorité du PCE semble serrer les rangs autour de son secrétaire général ; la minorité.
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