Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CUBA

Une opposition pas très "indépendante"

Inprecor n° 344, 17 janvier 1992 · p. 17 · 585 mots

Cuba

La Fondation nationale pour la démocratie (FND) des Etats-Unis a augmenté les fonds destinés aux groupes "dissidents" cubains de 61 % en 1991 (462 132 dollars). L'hebdomadaire nord-américain The Guardian apporte des précisions. DOCUMENT

En effet, l'administration des EtatsUnis redouble d'efforts, comme elle l'avait fait contre le Nicaragua sandiniste dans les années 80, pour miner le régime cubain, en essayant de tirer profit de la fin de l'aide des pays de l'Est.

Dans ce but, Washington mise essentiellement sur sept groupes.

• Le Comité cubain des droits de l'homme reçoit 44 000 dollars, pour publier une revue bimensuelle, Siglo XXI ; il est basé à Miami et dirigé par Gustavo Arcos.

• La Fondation nationale cubano-américaine, d'extrême droite, reçoit 100 000 dollars pour soutenir la Coalition internationale des droits de l'homme à Cuba. Cette Fondation dispose de plus en plus de soutien au Capitole et d'une base à Madrid pour développer son "travail" en Europe.

• l'Institut américain pour le développement du syndicalisme libre et le Bureau latino-américain de l'Institut du syndicalisme libre reçoivent 127 295 dollars, l'aide la plus importante de la FND, dans le but d' « aider les travailleurs cubains à connaître les mouvements syndicaux indépendants d'autres pays (...) et pour promouvoir et argumenter une plainte contre Cuba qui sera présentée devant l'Organisation internationale du travail. »

Philip Agee, l'ancien agent de la CIA, avait déjà présenté cet institut comme étant une instance directement contrôlée par la centrale, dans le but d' « organiser des syndicats anticommunistes en Amérique latine » et de former de nouveaux "cadres ouvriers" qui seraient placés sous contrôle direct ou indirect de la CIA.

• L'Institut démocrate d'affaires internationales et l'Institut républicain d'affaires internationales, liés respectivement aux partis démocrate et républicain, ont reçu 99 837 et 40 000 dollars. Le groupe républicain entend organiser une conférence à Miami, en 1992, sur le thème « Europe centrale et Europe de l'Est : quelles leçons pour Cuba ? », avec des dirigeants "démocratiques" venus de ces pays.

Le groupe démocrate a déjà tenu une réunion de ce genre au Venezuela, en juin 1991 ; des "militants" d'Europe de l'Est, du Chili, du Nicaragua et du Venezuela y ont donné des cours à des Cubains...

• Le Centre pour la démocratie cubaine a reçu 45 000 dollars pour ses publications dans Cuba même.

• Droits de l'homme, un petit groupe basé à Washington, a reçu 6 000 dollars pour la publication et la distribution internationale de ses rapports.

La loi du plus fort

Ariel Ricardo, chargé de presse de la Section des intérêts cubains aux Etats-Unis, a dénoncé les agissements de la NED : « Le financement de ces prétendus groupes dissidents reflète le fait qu'ils n'ont aucune légitimité à Cuba. (...) Ils ont besoin de fonds extérieurs parce qu'ils n'ont aucune base politique à l'intérieur de Cuba. »

Selon Ricardo : « Les organisations financées par la Fondation nationale pour la démocratie ne sont que des marionnettes de la politique nord-américaine vis-à-vis de Cuba. Elles entretiennent d'excellentes relations avec la Section des intérêts nord-américains à La Havane et avec d'autres diplomates occidentaux. Leur but est de montrer que les dissidents sont un mouvement d'opposition légitime. (...) Comment réagirait le peuple des Etats-Unis si, lors des prochaines élections présidentielles dans ce pays — et alors que l'économie se porte mal — des groupes japonais ou allemands commençaient à faire des contributions financières aux différents candidats ? »

Tiré de The Guardian, New-York, 25 décembre 1991

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