domaine économique, comme le fait notre collaboratrice Catherine Verla, dans
Du plan au clan
La dissolution de l'ancienne Union soviétique et la constitution de la
Communauté d'Etats indépendants (CEI) sont des événements d'une importance historique dont on mesure encore mal la portée (1). Mais on peut d'ores et déjà analyser certaines grandes tendances qui apparaissent dans le un entretien avec la revue de l'Etat espagnol Viento Sur *.
VIENTO SUR : Comment pourrait- on caractériser les traits essentiels de la nouvelle situation de l'ancienne
Union soviétique ?
Catherine VERLA : Aujourd'hui ce ne sont pas les facteurs que l'on pourrait appeler "positifs" qui sont dominants ; au contraire, la décomposition prédomine et risque d'ailleurs de se prolonger longtemps.
Dans cette situation, il n'y a pas d'orientation homogène de la part des différents gouvernements. En outre, il faut prendre aussi en compte l'existence de différentes forces politiques, que l'on ne peut pas caractériser de "réformistes" du système, mais qui ne cherchent pas non plus à effectuer une rupture totale avec celui-ci. Ce qui se passe actuellement en Serbie (2) peut constituer un exemple pour les processus à l'œuvre dans certaines républiques de l'ancienne URSS
- l'existence d'un pouvoir détenu par une partie de l'ancien appareil stalinien, dont le programme est difficile à définir mais qui, en tout cas, s'achemine vers la restauration
CEI du capitalisme et dont l'idéologie mêle des éléments nationalistes, une forte dose de chauvinisme, des variantes populistes, et même, dans certains cas, ouvriéristes. Un syndrome du type yougoslave est totalement possible, même dans ses aspects militaires, avec des forces politiques où se combinent le stalinisme et des nationalismes réactionnaires, qui ne peuvent plus se baser sur des projets de réforme du système, mais qui seraient capables, par contre, de se saisir de Texploitation de conflits territoriaux ou du contrôle des ressources naturelles — on peut voir émerger des forces militaires dans une fuite en avant, y compris belliciste.
• C'est dans le domaine économique que semblent apparaître les problèmes les plus graves. Y a-t-il déjà une situation d'hyperinflation dans la
CEl, comme le prétendent certains observateurs occidentaux?
On assiste surtout à une véritable guerre économique qui désorganise fortement non seulement la production, mais aussi
Venez nombreux d
***** SUPER HAUSSES
DES PRIX !
*** Le pire des deux mondes : le capitalisme à visage communiste...
l'ensemble des relations économiques entre les républiques. Dans la pratique, le rouble ne fonctionne plus comme monnaie d'échange dans l'ensemble de la CEI — il n'existe donc plus d'espace économique commun, mais une forte interdépendance subsiste, qui pèse de façon inégale dans les différentes républiques, mais qui les frappe toutes.
La récente décision du gouvernement d'Ukraine de supprimer le rouble d'échange et de le remplacer provisoirement par des coupons (qui deviennent, de fait, une nouvelle monnaie, avec même déjà un marché noir !) est symptomatique de la situation de méfiance et de tension interne qui existe entre la Russie et les autres républiques de la CEI. Un développement de type autarcique de ces républiques peut être viable, mais seulement jusqu'à un certain point et pendant un certain temps, et dans les républiques qui produisent des biens de consommation ou d'exportation vers le marché international. Mais les républiques dont l'économie est basée sur la production industrielle, dont le seul débouché est le marché de la CEI — qui sont en général les plus pauvres -, connaissent une situation dramatique et seront les plus frappées par la désarticulation des circuits économiques. Dans ces cas, il ne faut pas exclure la possibilité d'explosions violentes.
• Les autorités prétendaient que les fortes hausses des prix de janvier
1992 (3) produiraient automatiquement une amélioration substantielle de l'approvisionnement en produits de première nécessité. Mais, apparemment, ce n'est pas le cas, une forte pénurie sévit toujours en ce qui concerne les produits alimentaires et dans les grandes villes.
Il faut attendre un peu avant de dresser un bilan, mais c'est vrai que, jusqu'à présent, l'approvisionnement ne s'est pas amélioré de façon significative — ce qui se comprend d'ailleurs facilement. Les partisans des mesures de janvier prétendaient d'abord que les hausses brutales des prix entraîneraient l'arrivée dans les magasins des produits stockés à des fins spéculatives ou à cause des prix antérieurs jugés trop bas. Ils espéraient que ces mesures stimuleraient la production - en 1991, le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 15 % en URSS.
* La revue Viento Sur est publiée par la nouvelle organisation, la Gauche alternative (née de la fusion entre la Ligue communiste révolutionnaire - LCR - et le Mouvement communiste - MC). Voir Inprecor n° 341 du 22 novembre 1991.
1) voir Inprecor n° 343 du 20 décembre 1991.
2) Sur l'évolution de la Serbie, voir Inprecor n° 327, 335, 336 et 337 des 29 mars, 19 juillet, 13 septembre et 27 septembre 1991.
3) Voir Inprecor n° 344 du 17 janvier 1992.
Effectivement, le manque d'approvisionnement découle, dans une large mesure, de la spéculation, mais nul ne peut prévoir quand les spéculateurs cesseront leurs activités, c'est-à-dire quand ils jugeront que les prix sont assez rentables pour mettre les produits stockés sur le marché au lieu de les garder dans l'attente de hausses encore plus élevées. Par ailleurs, la rétention de produits agricoles n'était pas seulement due aux prix, mais aussi à l'exigence des paysans et des organisations agricoles d'être payés en devises.
Eltsine avait personnellement fait des promesses dans ce domaine, mais apparemment elles n'auraient pas été respectées. De nombreux monopoles de production fonctionnent toujours selon les normes traditionnelles du système bureaucratique ; pour ceux-ci, la hausse des prix ne constitue en rien un stimulant à la production ; les nouveaux prix peuvent même leur apparaître comme un moyen d'obtenir plus de revenus en produisant aussi peu. Enfin, même s'il y avait une volonté d'accroître la production, la situation catastrophique du transport et des réseaux d'approvisionnement rend problématique d'arriver à des résultats positifs.
Quoi qu'il en soit, les prix vont tarder à baisser, il y a une énorme masse monétaire en circulation et des déficits publics colossaux. Les possibilités d'assister à un phénomène d'hyperinflation sans une amélioration de l'approvisionnement sont donc nom-
Pour comprendre la nature du phénomène en cours, on peut partir de l'expérience de la "thérapie de choc" de la Pologne, en sachant que de multiples différences existent entre ce pays et la CEI.
La Pologne connaît une inflation à deux ou trois zéros, qui reste toujours très élevée, mais est déjà en dessous de la barre de l'hyperinflation. L'approvisionnement s'est amélioré quant à la quantité de produits qui arrivent dans les magasins — il s'agit, en grande partie, de produits importés —, mais le pouvoir d'achat de la grande majorité de la population ne s'est guère amélioré. La Pologne a connu une énorme croissance de sa dette, qui ne s'accompagne d'aucune restructuration de son l'appareil économique Enfin, il faut rappeler que les gouvernants polonais pouvaient s'appuyer au départ sur un capital de confiance hérité, d'une façon ou d'une autre, de Solidarité : voilà une des raisons les plus importantes de l'absence, jusqu'à présent, d'explosions sociales (voir l'article de J. Sylwestrowicz en p. 7).
Dans le cas de la CEI, je ne crois pas que les autorités disposent d'un tel capital de confiance. En particulier, Eltsine connaît déjà de sérieux conflits avec sa propre équipe (voir l'article de P. Funder Larsen en p. 3) et d'abord avec le Vice-président
Routskoy (4). Mais surtout, dans ce cas, la "thérapie" va s'appliquer dans des conditions de guerre économique entre les républiques. En somme, on ne voit guère de perspectives de stabilisation.
• Tous ces phénomènes sont souvent présentés comme les premiers pas dans la voie vers le capitalisme, et une "rupture économique" avec le système antérieur se serait déjà produite. A ton avis, peut-on dire que le capitalisme a déjà été restauré dans la CEI ?
Je crois qu'à ce sujet il est intéressant de connaître l'opinion des experts des organismes financiers internationaux. Il y a quelque temps, ceux-ci auraient peut-être répondu affirmativement à cette question. Mais aujourd'hui, ils avouent ne savoir pas que faire, ni vers où va la situation.
L'approche la plus claire de ces problèmes passe par la description des traits les plus significatifs du processus de privatisation. Le capital international, surtout allemand, est en train d'affluer dans certains secteurs particulièrement rentables dans des pays considérés comme très stables, tels la Tchécoslovaquie. Dans de nombreux cas, l'intérêt des multinationales se réduit au transfert de la production de leurs usines occidentales, en profitant du coût beaucoup plus bas de la main-d'œuvre ; dans d'autres, ces consortiums prétendent mettre la main sur les richesses naturelles de telle ou telle région — c'est ce que font des capitalistes japonais ou coréens dans les républiques asiatiques de la CEI. Par ailleurs, les conditions de transport, d'approvisionnement, de formation du personnel de gestion, des services financiers, etc., forment une infrastructure, en général de très mauvaise qualité au regard des besoins des grands investissements souhaités en capital étranger. Ces investissements, par ailleurs, devraient être largement majoritaires dans les privatisations — on calcule que, dans le meilleur des cas, le capital intérieur disponible n'atteint que 10 à 30 % du prix estimé des biens privatisables.
On peut donc résumer la situation en disant que ce qu'on pourrait appeler des "bourses capitalistes" ont été créées — ce sont des espèces de "zones franches" où se concentrent les investissements. Mais il n'y a pas de transformation du système dans son ensemble. Je pense que la constitution d'un système économique différent n'est pas pour demain.
• On trouve une contradiction entre l'économie et la politique : les gouvernements sont, dans la plupart des cas, des farouches partisans de la
CEI restauration du capitalisme et essayent d'appliquer des mesures allant dans cette voie aussi vite que possible. C'est vrai, mais la première conclusion que l'on peut tirer de cette contradiction est l'instabilité de ces gouvernements ; l'expérience le confirme clairement. La deuxième conclusion qui en ressort, et qui se vérifie aussi en pratique, c'est l'apparition de stratégies différentes de la part des différents secteurs politiques qui partagent pourtant les objectifs généraux de la restauration capita-
Au cours de la dernière campagne électorale polonaise, la majorité des partis en lice critiquait les privatisations réalisées, le "capitalisme sauvage" et défendaient la nécessité de l'existence d'un secteur public fort. En Hongrie, des courants s'opposent fortement à ce qu'ils appellent le "capitalisme cosmopolite" ", prôné par d'autres secteurs ultralibéraux - cependant, ces derniers peuvent être qualifiés de progressistes sur d'autres terrains, notamment en ce qui concerne les minorités nationales, ainsi que la mise en avant d'un "capitalisme national", plus "social" ; en leur sein on trouve un nationalisme fortement réactionnaire, lorsqu'il n'est pas explicitement antisémite.
A mon avis, il ne faut pas exclure, dans certains pays, la possibilité d'un retour au pouvoir de courants antilibéraux, probablement teintés de populisme, une combinaison de néostalinisme et de chauvinisme.
• Concernant les différentes stratégies de la restauration capitaliste, beaucoup de questions demeurent encore confuses. Par exemple, le pouvoir d'Etat semble aujourd'hui le principal instrument permettant de construire, pour ainsi dire, une bourgeoisie, où se profilent déjà des composantes relativement différenciées — la mafia traditionnelle, les nouveaux hommes d'affaires surgis de la nomenklatura, etc. Pour prendre un exemple concret, Eltsine te semble-t-il avoir des projets cohérents dans ce domaine?
En Russie, comme dans les autres pays et surtout en Hongrie, il y a des débats inté ressants sur ces problèmes. Par exemple, Janos Kornai, un économiste hongrois très influent, a critiqué ceux qui voudraient faire ce qu'il appelle du "bolchevisme" dans la restauration capitaliste, ce qui reviendrait à essayer de brûler des étapes dans la construction organique d'une bourgeoisie nationale.
4) Ibidem.
- CEI
L'idée selon laquelle un tel processus de construction serait aujourd'hui possible me semble très discutable, mais en tout cas Kornai affirme que la restauration ne peut que se faire très lentement et en s'appuyant à la fois sur les nouvelles couches intermédiaires issues de l'"'économie souterraine", sur une politique d'Etat qui favoriserait les jeunes entrepreneurs "sains" et "dynamiques", tout en combattant l'ancien système, et surtout en barrant la route aux privatisations qui se feraient en faveur de l'ancienne nomenklatura. Il faut aussi, selon Kornai, développer des mesures légales et une infrastructure matérielle qui permettent de faire avancer ce
On trouve aussi un autre débat en Hongrie ; à mon avis, c'est là que ces discussions ont le plus avancé et paraissent plus claires. Selon cette deuxième hypothèse, il faut aller le plus vite possible, sous peine de ne jamais parvenir au capitalisme. Il faut briser politiquement et socialement l'ancien système économique, même si, pour ce faire, il est nécessaire de s'appuyer sur un secteur de la nomenklatura. Il faut privatiser à tout prix et vite. Voilà la position de Jeffrey Sachs, un économiste nord-américain de l'école de Chicago, qui avait été conseiller économique en Bolivie, en Pologne, en Slovénie, et qui, actuellement, sévit en Russie. Sachs va jusqu'à dire que, même si une telle privatisation n'est pas très efficace et si elle favorise des secteurs très peu fiables du point de vue économique à moyen terme, il faut en tout cas privatiser : ensuite on verra ce qu'on fait. De ce point de vue, il critique l'expérience polonaise, jugée trop "soft", timide et
Eltsine a beaucoup évolué au cours de ces derniers mois. Il avait d'abord été partisan du plan Chataline [de passage à l'économie de marché « en 500 jours »] (5) proche de l'optique de Sachs ; pour lui, il fallait que les gens achètent un maximum d'actions ou de logements le plus rapidement possible. Actuellement, Eltsine semble beaucoup plus influencé par le plan qui autrefois avait été opposé à celui de Chataline ; il serait plutôt favorable à une thérapie de choc sur les prix, à une action plus rapide sur la commercialisation des produits — même quand ces derniers sont toujours produits par des entreprises d'Etat —, plutôt que d'une transformation de la propriété des entreprises. "Commercialiser", voilà son maître mot ; cela revient à établir des relations entre les entreprises, sans subventions de l'Etat et en fonction des critères du marché. C'est sur cette base que devrait avancer la privatisation.
En somme, pour revenir à ta question, je ne suis pas sûre qu'il y ait un projet cohérent sur le thème de l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie — il y a une volonté qui va dans ce sens, mais les uns et les autres agissent à petits pas.
• La capacité de la CEl à constituer un cadre de coexistence stable entre les différentes républiques semble s'épuiser plus vite que prévu.
A mon avis, ce projet est dès le départ marqué par de fortes ambiguïtés. Au moment du premier regroupement des républiques slaves, la plupart des articles de la presse de Kiev qualifiaient cette "union" de coup de couteau dans le dos de l'indépendance ukrainienne — ce qui reflétait au moins un problème quant à l'interprétation de la nature de la CEI et au sens de l'indépendance. Une partie importante de la population ukrainienne considérait que l"indépendance" était compatible avec l'existence de liens confédéraux avec les autres républiques, alors qu'une autre partie pensait que l'indépendance signifiait une rupture totale
URSS SPECTALISTE NUCLEARE PRET A TRAVAILER. SION LE NOURRIT des liens passés et la recherche d'une insertion rapide dans l'Europe occidentale (6). De telles différenciations existent au sein des courants politiques et aussi du mouvement ouvrier ; elles sont renforcées par les conflits actuels entre la Russie et l'Ukraine.
En outre, l'attitude grand-russe de plus en plus accentuée du gouvernement Eltsine attise les conflits entre différentes républiques, qui manifestent une méfiance envers la CEI dominée par le "grand frère". Le conflit sur le devenir des armes stratégiques illustre ce problème. Certains membres de l'équipe d'Eltsine vont encore plus loin : Routskoy a été jusqu'à parler des "Malouines" pour illustrer l'attitude que devrait avoir la Russie concernant les territoires qu'elle revendique à d'autres républiques (7).
L'autre ambiguïté de la CEI concerne le rôle des républiques slaves et non-slaves, les liens entre riches et et pauvres — il y a toujours eu, et il y a toujours, une inégalité politique entre les unes et les autres, provoquant une situation de conflit potentiel dans les républiques musulmanes.
• Quelles sont les pressions qu'exercent l'Iran et la Turquie sur ces dernières?
Cette pression existe et elle est logique, mais elle se manifeste de façon inégale. L'Azerbaïdjan et le Kazakhstan connaissent des situations particulières (8). La population azéri a des caractéristiques culturelles assez homogènes : elle est turcophone et chiite. Les relations avec la Turquie sont tendues parce que le gouvernement turc, tout en étant prudent, garde des liens privilégiés avec l'Arménie. Au Kazakhstan, deux alternatives s'affrontent : d'une part, celle d'une alliance avec les républiques européennes, notamment la Russie, qui permettrait de préserver l'unité de la république tout en intégrant les minorités d'origine européenne ; de l'autre, celle d'une dynamique de rupture qui pourrait conduire à un éclatement de la république — certains courants slaves, par exemple, préconisent une scission pour se débarrasser des musulmans et intégrer les Slaves dans la communauté pan-slave évidemment dirigée par la Russie. C'est la position de Soljenitsine. Enfin, il y a le bloc de l'Asie centrale, qui est turcophone, à l'exception du Tadjikistan qui parle perse, et qui pourrait devenir la première république islamique de l'ancienne URSS. Si la CEI échouait, la Turquie et l'Iran pourraient constituer des pôles attractifs pour ces républiques, mais, pour le moment, les tendances centriERS-DAYTON DALLT DE fuges l'emportent. Les courants islamiques cohérents sont faibles : ainsi, le développement du Parti de la renaissance islamique est limité. Sur le problème de l'alphabet, par exemple, des décisions très différentes ont été prises : en remplacement de l'alphabet cyrillique, l'Azerbaïdjan a adopté l'alphabet latin, et l'Ouzbékistan l'arabe. *
15 janvier 1992 Propos recueillis par Miguel Romero Viento Sur n° 1, janvier-février 1992
5) Voir Inprecor n° 323, 327 et 333 des 1er mars, 29 mars et 21 juin 1991.
6) Voir Inprecor n° 343 du 20 décembre 1991.
7) En 1982, la dictature argentine lançait une offensive militaire pour récupérer les iles Malouines (situées au large de sa côte atlantique), qui étaient - et sont d'ailleurs toujours - sous contrôle colonial britannique (l'impérialisme britannique a "anglicisé" le nom de ces iles, il les appelle les Falkland Islands).
8) Voir Inprecor n° 343 du 20 décembre 1991.