Inprecor 1974–2004

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ALLEMAGNE

Vers la fin du partenariat social ?

· Inprecor n° 351, 24 avril 1992 · p. 13-15 · 3 066 mots

Allemagne Syndicalisme Femmes Grande-Bretagne

Thatcher. Les syndicats se trouvèrent placés sur la défensive, et des lois furent travailleurs n'ont pas subi d'attaques majeures. Toutefois, cette situation est en

Vers la fin du

Quand le gouvernement de coalition "social-libéral" d'Allemagne de l'Ouest tomba, il y a plus de dix ans, on pouvait s'attendre à un tournant politique semblable à celui des Etats-Unis sous Reagan ou de la Grande-Bretagne sous votées à leur encontre. Mais elles n'ont pas encore été appliquées et les train de changer ; en 1991, le revenu réel a chuté d'au moins 1,5 % (1).

Hans-Jürgen SCHULTZ

LA RETENUE dont le gouvernement conservateur, dirigé par le chancelier Helmut Kohl, a fait preuve jusqu'à présent ne s'explique pas par un changement de mentalité de sa part, mais par l'existence de conditions économiques favorables, dont un boom prolongé : entre 1982 et 1990, le revenu réel national augmenta de plus d'un tiers, passant de 1 224 à 1 896 milliards de deutsche marks (DM). Ce fut une décennie dorée pour le capital. Les politiques fiscales et les taux d'intérêts conduisirent à une explosion des profits, qui firent plus que doubler (passant de 232 à 514 milliards de

DM). Dans le même temps, la part des salaires retrouva son niveau des années 50, passant de 69,6 à 62,1 %.

Mais tous ces profits ne furent pas destinés à un usage socialement utile, par exemple pour résoudre le problème du chômage. Le capital fut placé en Bourse (670 milliards de DM) ou exporté (910 milliards de DM) (1). Les investissements à l'étranger furent multipliés par trois dans ce court laps de temps.

Dans ces conditions, le capital pouvait se permettre d'apaiser les revendications sociales. Les salaires réels augmentèrent d'environ un dixième, et le nombre des emplois s'accrut. Alors que le chômage diminuait à peine en termes absolus, son taux chuta quelque peu, passant de 9,7 à

7,6 % de la population active. Les chômeurs se concentrent dans certains groupes : travailleurs âgés, femmes (8,2 %) et immigrés

(10,9 %).

Le nombre de syndiqués est resté pratiquement inchangé durant cette période (7,9 millions de travailleurs), alors que le taux de syndicalisation, comparé à l'augmentation du nombre de travailleurs, passait de 33,2 à 31,8 %. Ce dernier chiffre s'explique principalement par le déclin des industries traditionnelles fortement organisées, alors que les employés des services sont bien moins syndiqués.

Sous-représentation des femmes

Les deux tiers de l'augmentation de la participation syndicale dans les vingt dernières années sont dus aux femmes salariées, dont le nombre est passé de 1 à 1,9 million (soit de 15 à 24 % du total). La syndicalisation des femmes a considérablement augmenté à la base, mais leur participation aux directions syndicales reste insuffisante. Ainsi, il n'y a que 17 femmes sur 118 membres au conseil de la Confédération des syndicats allemands (DGB) (2). Même dans les secteurs où les femmes représentent la majorité des salariés, tels l'enseignement, le textile, le commerce, la banque et les assurances, on ne compte que 6 femmes parmi les 25 dirigeants. Leur participation est encore plus faible en termes de cadres syndicaux intermédiaires (8 sur 125 membres des directions régionales).

Les travailleurs immigrés sont encore plus faiblement représentés dans les syndicats. Il n'y en a pas aux plus hauts niveaux, presque aucun aux niveaux intermédiaires et, même à la base, ils sont peu nombreux.

La force des syndicats allemands repose sur leur appareil plus que sur le militantisme de base. Leurs membres cotisent environ 1,5 % de leur salaire — ce qui signifie que les syndicats disposent d'un revenu annuel de plus de 2 milliards de DM, auquel il faut ajouter des revenus immobiliers. Tout cela sert à financer un appareil de plus de 12 000 permanents, qui, en fait, contrôle tout. Dans les entreprises, l'appareil s'appuie sur les comités d'entreprises (ou les "comités du personnel" dans le secteur public) et sur leurs représentants. Les comités d'entreprise sont élus par les salariés pour représenter leurs intérêts et sont financés par les patrons ; ils sont légalement inamovibles. Les trois quarts des membres des comités d'entreprise sont des syndiqués et plus de 30 000 ont été détachés de leur emploi pour travailler en leur sein.

Une armée de permanents syndicaux

Ce sont presque exclusivement les permanents syndicaux qui organisent et représentent le syndicat dans l'entreprise. Les représentants du personnel (il y en a environ 300 000) devraient être élus par les syndiqués, mais ils sont souvent nommés. Ils doivent travailler pour le syndicat et mobiliser les adhérents quand c'est nécessaire.

Les syndicats représentent un pouvoir important et presque institutionnel dans les entreprises. Dans les grandes firmes, ils sont aussi représentés dans les comités directeurs — dans l'industrie sidérurgique et les mines, un dirigeant syndical occupe souvent le poste de directeur du personnel.

Ces permanents dans les entreprises s'efforcent de renforcer le partenariat social, qui est l'orientation fondamentale des syndicats. Dans la mesure du possible, ils évitent les grèves, car il faudrait compenser financièrement les heures perdues. Le taux annuel de journées de grève entre 1985 et 1990 a été de moins de 100 000. Quand une action de défense sérieuse est nécessaire, les syndicats encouragent plutôt les manifestations, et parfois des grèves d'avertissement de quelques heures — les syndicats cherchent ainsi à montrer aux patrons qu'ils sont capables d'organiser des mouvements.

Avant de démarrer une grève, les syndicats doivent d'abord déclarer l'échec des négociations" et engager une semaine d'arbitrage avec un médiateur neutre, accepté par les deux parties ; ils doivent ensuite procéder à un vote où les trois quarts des adhérents se prononcent pour la grève. Un grève officielle peut alors enfin être appelée, avec l'accord de la direction nationale du syndicat.

Quand la situation est bonne, le capital a tout intérêt à préserver la paix sociale, de tels rituels et longues négociations s'achèvent souvent par des compromis.

La situation s'est cependant compliquée avec l'unification de l'Allemagne. La confé-

1) Voir Inprecor n° 326, 339 et 46 des 15 mars et 25 octobre 1991 et du 14 février 1992.

2) Tous les chiffres cités dorénavant se réfèrent à 1990.

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dération syndicale de l'ancienne République démocratique d'Allemagne (RDA), l'Association libre des syndicats allemands (FDGB) comptait 8,6 millions de membres en novembre 1989. Elle ne disposait cependant pas d'une réelle autorité dans les entreprises et, en un mois, son appareil s'est désintégré. Le Parti démocratique de gauche (PDS, ancien Parti communiste au pouvoir) est devenu totalement impuissant. Les salariés ont attendu l'arrivée des syndicats ouest-alle-

Entre octobre et décembre 1990, les syndicats constituant la FDGB se sont formellement dissous. Leurs adhérents sont entrés individuellement dans les syndicats de la DGB, à l'exception de certains transferts collectifs (dans les chemins de fer, l'industrie alimentaire et les médias). Environ 50 % de salariés sont toujours syndiqués, soit 3 à 4 millions — il n'existe pas de chiffres précis.

Transfert de compétences

L'appareil syndical est-allemand est, en très grande partie, géré par des permanents de l'Ouest. Ce sont les seuls qui peuvent conseiller et former les comités d'entreprise ; ils ont ainsi gagné de l'influence dans les entreprises. Petit à petit, des représentants ont été élus. Il y a tout aussi peu d'activité syndicale de base à l'Est qu'à l'Ouest, ce qui a engendré une grande déception : les gens ont l'impression que tout est contrôlé par en haut, comme avant. Mais il est ausi clair que les syndicats ont gagné du respect grâce à certaines négociations réussies.

Le très fort taux de chômage de l'Est et le fait que les salaires y soient plus bas représentent autant de menaces pour le niveau des salaires en Allemagne de l'Ouest. Les syndicats ont donc essayé de les faire augmenter de manière notable et de limiter le chômage. Du côté capitaliste, il n'y a eu qu'une faible résistance à cette politique, balayée par des grèves et des manifestations dans certains secteurs importants, tels les banques, les chemins de fer et certains secteurs publics. Les salaires ont énormément augmenté et la semaine de travail a été réduite de 42 à 40 heures.

Cependant, les salaires moyens de l'Est ne représentent que la moitié de ceux de l'Ouest (1 104 DM contre 2 277 DM), et la semaine de travail a six heures de plus (43,5 heures contre 37,7). Les salaires et la durée du temps de travail à l'Est devraient atteindre les niveaux de l'Ouest vers 1995, mais cela prendra, en fait, plus longtemps, si l'on prend en compte les primes supplémen-

Les directions syndicales ont parié sur le fait que les entreprises seraient rapidement reprises par le capital ouest-allemand et qu'il n'y avait donc besoin que de mesures temporaires. Elles ont conclu des accords stipulant que les licenciements seraient reportés dans de nombreuses entreprises jusqu'au milieu ou la fin 1991, et qu'ensuite des agences pour l'emploi seraient mises en place pour tous ceux ayant des qualifications professionnelles. Dans certains cas, des entreprises ont/été occupées par leurs travailleurs qui s'opposaient à la fermeture ; dans d'autres, il y a eu de grandes manifestations, qui ont parfois pris une tournure radicale — environ 500 000 personnes y ont participé en 1991.

La spirale infernale du chômage

Afin d'éviter toute radicalisation incontrôlée, le gouvernement a accepté des compromis. Les chômeurs ont été payés à temps partiel par les fonds publics — ils recevaient 90 % de leur salaire même quand ils ne travaillaient pas du tout.

Grâce à cette politique, les revenus réels en Allemagne de l'Est ont augmenté de 20 à 45 %, selon les secteurs, depuis la chute de l'ancien régime néo-stalinien. Les perdants ont été les couches privilégiées de ce régime, puis les nouveaux chômeurs. Cela explique pourquoi, jusqu'à présent, l'Allemagne de l'Est est restée calme, sans que la radicalisation attendue ne se produise.

La "crise de transition" vers le capitalisme est néanmoins de plus en plus aiguë. Le nombre de personnes ayant un emploi a chuté de 3 millions, passant de 9,7 à 6,7 millions, dont 1 million est au chômage technique, a émigré vers l'Ouest, ou est parti en pré-retraite. On peut craindre que ce chiffre atteigne bientôt 5 millions, car 700 000 personnes qui suivent des cours de recyclage et beaucoup de ceux qui travaillent à temps partiel vont bientôt se retrouver au chômage.

Le nombre de travailleurs à plein temps dans l'industrie s'est effondré de 3,2 à 0,8 million. Les salariés licenciés en 1991 subissent une chute de leur niveau de vie d'environ 15 %. La prochaine hausse des prix des loyers renforcera cette tendance.

La production industrielle a chuté ; elle atteint un tiers de son niveau de 1989. Le produit national brut (PNB) n'est que de 193 milliards de DM, dont 130 milliards sont des subventions de l'Ouest — cela représente un fardeau presque deux fois plus élevé que les dépenses d'armement (70,6 milliards de

Même ainsi, il n'y a aucun signe de reprise économique. Les Allemands de l'Est ont été transformés en pensionnaires d'une immense auberge pour déshérités. Un large processus de désindustrialisation est en cours depuis deux ans. La destruction est colossale et sera plus difficile à réparer que celles de la grande crise économique de 1929 et de la Seconde Guerre mondiale.

Voilà le résultat des politiques de l'agence Treuhand, chargée de la restructuration et de la privatisation de l'économie est-allemande, qui a encouragé des licenciements et même des lock-out quand les entreprises ne trouvaient pas de repreneur pour leur privatisation. D'ailleurs, les privatisations ont souvent été suivies de la suppression de la majorité des postes de travail. Dans l'ensemble, le capital ouest-allemand a très peu investi à l'Est : en 1991, les investissements ont représenté moins de 15 milliards de DM, surtout placés dans le commerce et l'infrastructure, plutôt que dans l'industrie, car il y a une capacité productive

Hésitations syndicales

Face à cela, les syndicats demandent une réforme des entreprises et non leur privatisation ; ils pensent que les entreprises existantes doivent être rendues compétitives grâce à des fonds publics, et que cela devrait être organisé par des firmes privées partageant les coûts avec la Treuhand et l'Etat. Dans la sidérurgie et les chantiers navals, des pressions en ce sens ont eu lieu par des occupations et des manifestations, et des garanties limitées ont été obtenues. Mais les syndicats et les travailleurs ont lutté pour une forme spécifique de privatisation, au lieu de défendre la propriété publique des entreprises, ce qui représente déjà une action

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défensive. La classe ouvrière est-allemande a d'abord rendu ce qui lui appartenait (au moins au sens formel) et aujourd'hui, elle est dépossédée de ses emplois, pratiquement sans bataille, alors que les travailleurs d'Allemagne de l'Ouest, apparemment épargnés, regardent cela avec indifférence. Des actions radicales désabusées et sans direction peuvent éclater, mais c'est surtout la démoralisation qui domine. Les conséquences de cette défaite viendront hanter l'ensemble de la classe ouvrière allemande dans les années à venir.

Le rapport de forces a donc déjà changé et les porte-parole du capital ont ouvertement avancé leurs plans. Pour l'instant, l'unité allemande s'est faite totalement à leur avantage : ils disposent d'un nouveau marché de 16 millions de personnes et ont été capables de récupérer les secteurs lucratifs de l'économie est-allemande, barrant la route à toute concurrence. En revanche, les coûts de l'unification ont été assumés par l'Etat et par les travailleurs.

Les retraites et les allocations-chômage de l'Est sont principalement financées par des contributions ouest-allemandes (en 1992, environ 50 milliards de DM, soit 2 000 DM pour chaque salarié, ce qui représente presque un mois de salaire), par des impôts payés exclusivement par les salariés (la part des impôts et de la sécurité sociale est passée de 41,4 à 45 % du salaire) et par l'emprunt public. Voila qui explique la chute des revenus réels en 1991.

Dans le même temps, la crise de la dette publique apparaît pour la première fois. L'exonération d'impôts sur le capital des dernières années a été payée par des emprunts — tendance renforcée par l'unification. La dette de l'Etat a fait boule de neige, doublant en une décennie : de 1985 à

1991, elle est passée de 675 à 1 458 milliards de DM, et devrait s'élever à 2 225 milliards de DM en 1995. Pendant ce temps, les taux d'intérêt sont restés élevés. Le remboursement public des intérêts est devenu incontrôlable, passant de 67,6 milliards de DM en 1986 à 101,5 milliards de DM en 1991 — on prévoit 172,5 milliards de DM pour 1995.

Pressions du capital...

Les porte-parole du capital ont donc demandé une réduction du budget de l'Etat, ce qui, dans leur bouche, signifie moins d'aides sociales et plus d'impôts (hormis pour eux). En ce domaine, le programme de Reagan et Thatcher est finalement arrivé en Allemagne ; en Grande-Bretagne les profits sont taxés à hauteur de 22 %, contre 50 % en Allemagne — cette différence est exagérée, en fait, puisqu'il existe une multitude de failles dans la législation, et que la fraude fiscale est faiblement poursuivie en justice (cela coûterait environ 50 milliards de DM annuels à l'Etat).

Le capital allemand s'inquiète aussi de sa place au niveau international, qui dépend d'un haut niveau technologique, d'une bonne organisation des ventes, d'une livraison et d'un service après-vente sérieux. Or, dans les autres pays, les conditions de travail se sont détériorées et les salaires réels ont chuté, alors que le temps de travail en Allemagne est le plus court (1 1506 heures contre 1 625 en Grande-Bretagne, 1 847 aux Etats-Unis et 2 165 au Japon) et que les coûts salariaux sont les plus élevés (14 % de plus qu'aux Etats-Unis et 23 % de plus qu'au Japon).

De tels chiffres reflètent une tendance réelle et révèlent le vrai but du capital ouest-allemand : réduire les salaires et les avantages sociaux tout en augmentant la durée du temps de travail.

Le changement de politique du capital a été accéléré par la récession internationale. Depuis le milieu de 1991, la capacité productive a augmenté, alors que la production stagnait et que les commandes diminuaient.

Les associations patronales font depuis longtemps pression sur le gouvernement et ont lancé des avertissements publics. « L'économie connaît une récession durable et la confiance politique envers le gouvernement bourgeois diminue » a déclaré Murmann, président du Syndicat fédéral des patrons allemands (BDA). Matthias Kleinert, ancien porte-parole du gouvernement du Bade-Wurtemberg, qui remplit aujourd'hui les mêmes fonctions chez le constructeur automobile Daimler-Benz, a souligné : « La politique est une question de rhétorique, alors que l'économie, c'est la réalité. » H. Kohl a demandé une prolongation du temps de travail et que l'âge de la retraite passe de 65 à 70 ans ; les membres du Parti social-démocrate (SPD) ont AA signalé leur volonté d'entrer dans un gouvernement de coalition.

L'offensive a d'abord commencé sur le terrain des salaires. Le ton a été donné par les banques, qui n'offraient pratiquement aucune hausse à leurs salariés. Les patrons ont rompu les négociations et ont augmenté unilatéralement les salaires de 5 %, ce qui représente une perte de salaire réel.

... et premiers conflits

Les syndicats, faibles dans ce secteur, n'ont pas pu répliquer par une grève générale ; ils ont dû se contenter de courtes grèves occasionnelles, de quelques heures à trois jours. Or, de telles actions ont réussi au-delà de l'attente des syndicats : vers fin mars 1992, plus de 70 000 employés des banques, soit un cinquième des salariés de ce secteur, dont la majorité étaient inorganisés et avec une faible expérience des luttes, ont participé à de telles actions, la plupart du temps suivies de manifestations. Cela montre que les employés des banques sont prêts à se battre, ce qui pourrait s'accélérer si leurs homologues est-allemands, qui sont plus organisés (50 %), décidaient de les re-

Le prochain affrontement se déroulera dans le secteur public. : avec l'appui du SPD, qui contrôle la plupart des Lander et de nombreuses communes, une augmentation salariale d'à peine 3,5 % a été proposée. Les négociations ont été rompues et une procédure de médiation a été ouverte. Cela repousse les échéances à la fin avril. Des événements similaires sont en cours dans l'industrie mécanique, le bastion du mouvement syndical.

On verra dans les prochains mois si les capitalistes allemands sont déjà assez forts pour introduire des changements fondamentaux. La position des syndicats dans les négociations est encore importante, et, dans le secteur public, ils sont vraiment prêts à se battre.

Berlin, 10 avril 1992

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