exemple, Milan et Brescia, d'importantes mobilisations ont eu lieu, notamment
La résistance à
Alfa Romeo
La défaite des ouvriers de la Fiat, pendant l'automne 1980, a marqué de manière symbolique le début d'une décennie de recul du mouvement ouvrier italien. Les conséquences de cette défaite ont surtout été ressenties à Turin — la "ville-Fiat". Dans les autres centres industriels du Nord, comme, par à l'occasion de la signature des conventions collectives nationales des métallurgistes et pour la défense de l'échelle mobile des salaires.
Gigi MALABARBA
AUJOURD'HUI, les patrons s'engagent dans une nouvelle phase de restructurations dans des rables, après avoir soumis peu à peu les syndicats et capitalistes de la compétition internationale.
Des mesures concrètes, visant à affaiblir les mécanismes de récupération salariale et à favoriser les licenciements, ont été adoptées par le gouvernement sans rencontrer d'opposition ; cela a accentué le tournant à droite qui s'est opéré sur le plan social, institutionnel et politique.
L'accélération de ce processus a été déterminée, d'un côté, par les contraintes liées aux délais de l'intégration de l'Italie au sein du marché unique européen et, de l'autre, sous la pression exercée par certaines couches bourgeoises dont les privilèges accumulés au cours d'une décennie spéculative sont aujourd'hui menacés (la dette publique, qui a atteint le plafond de 1,5 million de milliards de lires, est désormais intolérable). Ce n'est pas un hasard si ces secteurs représentent un élément important du succès électoral des Ligues (1).
Les patrons ont trouvé les moyens d'obtenir des gains financiers considérables, tout en démantelant les bastions de la classe ouvrière : il s'agit de "libérer" de vastes aires urbaines industrialisées pour la spéculation immobilière. Plusieurs groupes capitalistes parmi les plus importants (Fiat, Pirelli,
Montedison, Ansaldo, etc.) sont impliqués dans cette affaire. L'Etat est intervenu massivement pour favoriser le déplacement par-
= Inprecor n° 352 du 8 au 21 mai 1992
ITALIE tiel des activités productives vers le Sud, notamment vers des régions contrôlées par la mafia et les bastions de la Démocratie-Chrétienne. Quant au syndicat, il a accepté de nouvelles dérogations à l'application des lois et des contrats d'embauche dans les nouvelles usines méridionales. En réalité, le transfert de la production et des capitaux s'oriente souvent vers d'autres pays. Après l'échec connu par certains groupes industriels italiens dans leurs tentatives d'expansion en Europe, ce transfert s'effectue surtout vers les pays de l'Est (Fiat) ou de l'Extrême-Orient (Olivetti).
La crise syndicale
Get les COBAS
La syndicalisation ne connaît pas une chute verticale, mais l'attraction très forte des principales centrales syndicales par le mythe du marché libre sape la résistance des travailleurs à la base. Dans le principal syngénérale italienne du traParti socialiste et le Parti démocratique de étroite au niveau de la direction. Cependant, le dernier congrès de la CGIL a été marqué par la naissance d'une opposition nationale appelée Essere sindacato (Etre un syndicat), qui s'est organisée à la base et a aussi obtenu une représentation dans tous les organes de direction.
Parallèlement, pour la première fois dans l'industrie, certains secteurs de l'avant-garde ouvrière ont créé des formes embryonnaires d'auto-organisation qui ont rompu avec les bureaucraties syndicales dans quelques-unes des grandes usines de Milan, Rome ou Naples. Comme les comités de base (COBAS) de la Fonction publique et des services qui ont vu le jour ces dernières années, les COBAS de l'industrie ont des positions nettement "classistes" et, en dépit de leurs dimensions encore limitées, constituent déjà le pivot autour duquel s'organisent les luttes de défense qui ont été abandonnées par les syndicats — récemment, ces derniers ont même signé des accords prévoyant la fermeture d'entreprises qui n'étaient pas en crise. Les COBAS de l'industrie se sont mobilisés, à côté de l'opposition Essere sindacato, contre les accords de décembre 1991 pour l'annulation de l'échelle mobile des salaires.
La revendication de démocratie syndicale est un des points clé de l'initiative de ces secteurs ouvriers. A ce propos, l'expérience la plus significative est celle du COBAS d'Alfa Romeo, à Milan. Son but déclaré est la refondation d'un syndicat de classe des travailleurs — une refondation qui doit partir d'en bas, sur le modèle des conseils d'usine du début des années 70.
Le "Glaive" de Fiat
L'entreprise Alfa Romeo, avec ses 13 000 salariés, a été "achetée" 1987 sans rien débourser — le premier payement devrait être versé à l'Etat en janvier 1993. Par cet achat, Fiat voulait empêcher l'installation en Italie de Ford ou d'un groupe japonais qui aurait mis fin à son monopole national dans la production automobile. Ce contrat a scellé le destin d'Alfa Romeo, ainsi que celui de deux autres entreprises de Fiat, installées dans la région de Milan - Autobianchi et Maserati - qui seront fermées en juillet 1992.
Il reste, à Alfa Romeo, une avant-garde ouvrière influente qui liquider ce noyau, Fiat a organisé — par une méthode déjà éprouvée — une sorte de "Glaive", c'est-à-dire une structure clandestine parallèle à la direction officielle,
1) Voir Inprecor n° 351 du 24 avril 1992.