Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

YOUGOSLAVIE

Le "repos du guerrier"

· Inprecor n° 354, 5 juin 1992 · p. 4 · 751 mots

Europe de l'Est Femmes Ex-Yougoslavie

féminin : l'homme au front, la femme au foyer.

plus élevé d'Europe.

1991], les femmes serbes devront engendrer 100 fils de plus. » les fait descendre dans la rue pour appuyer des objectifs contraires à leurs intérêts.

permet de retourner à la maison sous la pression d'une femme devrait se suicider. » haut-commandement militaire démissionnent immédiatement afin de sauver ce pays. » de paix en un rien de temps. » pour défendre leurs enfants et refuser leur enrôlement. *

Le "repos du guerrier"

guerriers et la mise en place d'un totalitarisme politique et moral. Cela a accentué la marginalisation politique des femmes et la séparation rigide entre les rôles masculin et

Darallèlement au culte du sang et du sol, les nouveaux nationalistes serbes [sous la houlette de Slobodan Milosevic] ont redonné vie à la figure médiévale symbolique de la mère Yugovich — une femme courageuse, qui a mis neuf enfants au monde et les a offert pour la défense de la patrie jusqu'à la mort. La maternité est devenue une obligation et non un libre choix pour les femmes, leur sexualité devant être contrôlée et réduite à la

'effondrement démographique de la Serbie a été décrit comme « l'une des plus grandes tragédies du peuple serbe », surtout par rapport à la "menace" représentée par la croissance démographique des Albanais du Kosovo, dont le taux de natalité est le

Lipour permettre à la nation de se défendre en cas de conflit militaire. On critique le e pouvoir militarisé serbe insiste sur le fait que le taux de natalité doit augmente femmes si elles manquent à cette mission sacrée : « Je demande à toute femme serbe de donner le jour à un fils supplémentaire afin de faire son devoir national », a déclaré un politicien. Un autre, Rada Trajkovic, de l'Association des Serbes du Kosovo a été encore plus explicite : « Pour chaque soldat tombé dans la guerre contre la Slovénie (en juin l'occasion des rassemblements organisés par le Mouvement des femmes pour la Yougoslavie, formé en 1990. En février 1991, les femmes de ce mouvement ont déclaré publiquement leur soutien à l'Armée nationale yougoslave, prétendant que c'était la seule force capable de sauver le pays. La hiérarchie militaire manipule ces femmes à sa guise, et

Avant la vague massive de mobilisations pour la guerre civile, dans certaines régions

A du pays — comme le Monténégro, connu pour ses traditions martiales —, on insistait beaucoup sur le fait que les hommes devaient être prêts à donner leur vie pour la mère patrie et que toute désertion représenterait une atteinte à leur dignité masculine. Les hommes sont censés suivre à la lettre le vieux diction national : « Durant la guerre, aucun Monténégrin ne peut se protéger derrière une femme. » Un parlementaire monténégrin a même déclaré : « Ici, au Monténégro, nous croyons qu' un homme qui lutte sur le front et se

Cette impresion que les femmes empêchent les hommes de remplir leur devoir

-national a été renforcée par des programmes radiophoniques sur le front de Dubrovnik, où se trouvait une proportion élevée de Monténégrins : les soldats pouvaient envoyer des messages à leurs pères, leurs frères ou à leurs amis masculins, mais pas à leurs

Heureusement, le nombre des hommes qui desirent se liberer de cette culture guerrière machiste augmente, et ils sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir honte d'être protégés par leurs mères, leurs épouses ou leurs sœurs. Un comité de femmes, formé au Monténégro en octobre 1991, a publié l'appel suivant : « Nous protestons contre la guerre privée que nos gouvernants mènent depuis leurs bureaux. Ils ont envoyé leurs fils à l'étranger, sur des courts de tennis, alors que les nôtres ont été traînés de force vers le front et vers leur tombe. Nous exigeons que tous ces politiciens imbéciles et que les membres du On sent clairement que la majorité des femmes sont du côté de la paix. Elles sont convaincues qu'il existe une alternative non violente. Une vieille femme serbe, ayant été obligée de fuir son village de Croatie, m'a confié un jour : « Nous, les femmes, nous aurions dû nous unir comme eux [les militaires] — nous aurions pu établir un accord

Daradoxalement, le rôle exclusif de reproductrices assigné aux femmes — censé les éloigner des affaires publiques — en a conduit plusieurs à participer activement à la vie politique, au sein des diverses structures pacifistes qui existent aujourd'hui en Serbie,

Stasa Zajovie The Intruder, février 1992

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