Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ECOLOGIE

« Sauver la planète »

Inprecor n° 355, 19 juin 1992 · p. 23-24 · 1 224 mots

Écologie

pouvait le craindre, maigre (voir Inprecor n° 354 du 5 juin 1992) : un accord financièrement — les Etats-Unis n'ont évidemment pas souscrit à ce texte — ;

"développement durable" s'est vu réduit à un catalogue de recommandations et la plupart des Etats industrialisés refusent de consacrer 0,7 % de leur budget actuellement entre toute tentative de développement harmonieux du Sud et les

Des organisations non-gouvernementales (ONG) se sont réunies en marge de la en évidence la racine des problèmes qu'aurait dû traiter le Sommet de la terre.

« Sauvons la planète »

Le Sommet de la terre vient de se conclure à Rio. Le bilan est, comme on sans objectifs précis ni calendrier visant à réduire les émissions de gaz qui aggravent l'effet de serre ; une convention sur la diversité biologique selon laquelle les pays où se trouvent des espèces protégées doivent être aidés une déclaration d'intentions sur la forêt, qui devrait être adoptée grâce aux pressions des pays impérialistes — les pays du Sud la considèrent comme une atteinte à leur souveraineté — ; l'Agenda 21 qui prônait des mesures pour le à l'aide au développement ; enfin, une "commission de contrôle pour le développement durable" est instaurée, qui devrait veiller à l'application des accords de Rio. Le résultat de ce que la presse compare à la Conférence d'Helsinki a donc essentiellement mis en lumière la contradiction qui existe intérêts du Nord.

rencontre officielle, dans le cadre du Forum global ; elles ont élaboré un programme alternatif à celui des représentants gouvernementaux qui mettent

Nous reproduisons un résumé de leurs principales propositions.

DOCUMENT

LE NORD industrialisé a accumulé une dette écologique et sociale importante vis-à-vis des peuples du

Sud. Alors qu'ils ne regroupent que 23 % de la population mondiale, les pays industrialisés consomment 80 % de la production mondiale d'énergie commercialisée, 79 % de l'acier, 85 % du papier et 86 % des métaux non ferreux. Le Nord, qui a un niveau de consommation élevé, est responsable en grande partie des émissions de gaz responsables de l'effet de serre (voir l'article en p. 24) et de la détérioration générale de l'environnement.

La convergence Nord-Sud passe par la nécessité de réduire la consommation d'énergie et d'autres ressources dans les pays développés et par l'augmentation du niveau de vie des pays en voie développement. Le concept de développement durable passe aussi par la satisfaction des besoins du Nord sans compromettre ceux du Sud, ni ceux des générations futures du Nord et du

Pour y parvenir les ONG proposent d'adopter les mesures suivantes.

• Réduction de la dette extérieure des pays du Sud et de l'Est.

• Accès des pays du Sud aux marchés du Nord — à l'exception de produits dont l'exploitation nuirait à l'environnement — en réduisant les barrières commerciales et non commerciales, ainsi que les aides gouvernementales aux produits du Nord.

• Transfert financier du Nord vers le Sud, qui permettrait de créer des fonds supplémentaires pour le développement durable, l'éradication de la pauvreté et le respect des engagements du Sud, en vue de préserver la diversité biologique, de freiner le changement climatique, de protéger la couche d'ozone, de réduire la déforestation et la désertification.

• Transfert de technologie vers le Sud, dans des conditions avantageuses et dans de nombreux cas sans contreparties économiques ; transfert, en particulier des technologies qui pourraient améliorer l'environnement et réduire l'émission de produits polluants et de gaz qui aggravent l'effet de serre.

• Initiative contre la pauvreté pour en finir avec la faim, en augmentant l'autosuffisance alimentaire et en distribuant plus équitablement les revenus, dans les pays du Nord et surtout dans ceux du Sud.

• Initiative pour parvenir à stabiliser la population, en s'attaquant à certaines des causes de la croissance démographique, comme la pauvreté, l'accès à l'éducation, l'emploi et les soins élémentaires de la santé, surtout pour les femmes pauvres et leurs enfants, en mettant à la portée de tous les services d'une planification familiale libre et responsable.

Réchauffement et pollution

Les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) par habitant, d'au moins 20 % d'ici l'an 2 005 ; ce sera le premier pas vers un nouveau modèle énergétique moins intensif, plus efficace, et où les sources renouvelables auront plus de poids — énergie solaire ou éolienne.

A l'horizon 2 000, les émissions globales de CO2 doivent être réduites de 75 %, afin de stabiliser la concentration de CO2 dans l'atmosphère et de ralentir le réchauffement terrestre.

En ce qui concerne les pays du Sud, à court terme, on peut craindre une hausse des émissions de CO2 en provenance des combustibles fossiles, compensée partiellement ou totalement par la réduction du CO2 produite par le brûlage des forêts tropicales. Quoi qu'il en soit, étant donnée la répartition inégale des émissions, on ne peut pas sérieusement exiger un engagement ferme pour la réduction des émissions en provenance des combustibles fossiles des pays du Sud à l'horizon 2 005.

L'énergie nucléaire doit être abandonnée et les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) doivent introduire un nouvel impôt sur l'énergie pour encourager des mesures d'économie d'énergie.

• L'ozone. Le Protocole de Montréal

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sur la production de chlorofluoro-carbone (CFC) doit être modifié, afin d'interdire totalement sa production en 1993.

• Diversité biologique. L'approbation d'une convention sur la biodiversité, préservant la diversité naturelle, pourrait être la plus belle réussite du Sommet de Rio.

L'extinction de milliers d'espèces, la plupart non étudiées, est un des plus grands problèmes de l'environnement. Si on continue au rythme actuel, une espèce sur quatre, végétale ou animale, court le risque de disparaître dans les 20 prochaines années.

Deux tiers des ressources énergétiques se trouvent dans les pays en voie de développement. Les forêts tropicales, qui ne couvrent que 7 % des terres émergées, abritent la moitié des espèces actuelles.

Les droits du Sud, la propriété morale des peuples indigènes, le transfert de biotechnologie dans des conditions avantageuses, à condition qu'il améliore la santé et l'environnement, la souveraineté nationale des pays détenteurs de ressources énergétiques et le coût que représente pour le Sud la non-destruction des écosystèmes qui abritent la plus grande diversité biologique, doivent être prévus dans le protocole de Montréal et dans les réunions du GATT.

La manipulation génétique doit être soumise à un moratoire indéfini, jusqu'à ce que l'on dispose des études scientifiques nécessaires sur son utilisation et ses impacts.

Désarmement et démilitarisation

On peut réduire les dépenses militaires, dans tous les pays, de 50 % au moins d'ici l'an 2 000, et libérer de gigantesques ressources, de l'ordre de 500 milliards de dollars par an. Avec ces fonds, on pourrait rapidement régler des problèmes de pauvreté, de dégradation de l'environnement et de déve-

Il faut éliminer les armes de destruction massive, spécialement les armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, et interdire les essais nucléaires.

• Déchets. La prolifération de déchets toxiques, dangereux et radioactifs, doit être réglée, d'abord en réduisant ou en supprimant leur production, et ensuite, en interdisant leur exportation vers les pays du Sud. Il faut une politique de réduction des déchets, prévoyant leur réutilisation et leur recyclage.

• Forêts. La déforestation des forêts tropicales et des zones tempérées provoque et aggrave l'effet de serre et va à l'encontre de la diversité biologique, tout en augmentant l'érosion et en altérant l'équilibre hydrique. *

Résumé tiré de Hika Mai 1992

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