campagne contre les célébrations officielles du Ve centenaire de la Découverte organisée à Quetzaltenango, au Guatemala avec 259 délégués représentant 49 peuples indigènes, dont des secteurs afro-américains. Des clivages apparurent
Nicaragua, Hazel Law est actuellement membre de la Commission exécutive du
Mouvement large de défense de l'autonomie de la Côte atlantique (MADA). Elle indigène et
La première réunion des organisations eut lieu en Equateur, en 1990. En 1991, une deuxième rencontre fut déjà entre des organisations indiennes, soucieuses de préserver surtout leurs caractéristiques culturelles, et les organisations populaires, plus insérées dans l'action politique ou syndicale. Ces divergences ont conduit à la prise de distances de certaines organisations indigènes vis-à-vis de cette campagne. Ancienne représentante des Indiens miskitos à l'Assemblée nationale du soutient le mouvement indien continental qui vient de quitter le cadre de la campagne "500 ans de résistance indigène, noire et populaire" et donne son avis concernant les conflits apparus durant cette campagne. Même si nous sommes loin de partager tous les arguments avancés par Hazel Law, ses explications sont éclairantes quant à la situation des organisations indigènes d'Amérique latine et à leurs faiblesses.
Bont les 500 ans indigènes qui allait préparer la
EMPRISONNEE en 1982 par le gouvernement sandiniste avec d'autres leaders miskitos, dont Steadman Fagoth et Brooklin Rivera (1), Hazel Law et restée au Nicaragua en sortant de prison pour continuer son combat avec les Indiens, dans le cadre du statut d'autonomie que le FSLN décréta pour la Côte atlantique en 1985.
Elle représentait les indigènes du Nicaragua à la coordination latino-américaine de la campagne "500 ans de résistance indigène, noire et populaire" qui connaît aujourd'hui de graves problèmes.
PENSAMIENTO PROPIO : Est-ce que l'unité indigène et populaire contre le Ve centenaire est définitivement rompue après le départ de la campagne de certaines organisations indigènes importantes ?
Hazel LAW : Cette tentative d'unité indigène, noire et populaire n'était pas le fruit d'une discussion profonde sur la problématique indigène de chaque pays entre des secteurs sociaux, politiques et syndicaux ; au contraire, on a brûlé des étapes au nom de l'unité. Historiquement, dans toute l'Amérique latine, les partis politiques de droite et de gauche n'ont jamais pris en compte les revendications indigènes dans leurs programmes. Au Nicaragua, à cause du conflit armé qui a eu lieu sur la Côte atlantique, le FSLN est peut-être parvenu à mieux
= 1492 - 1992 intégrer les revendications indigènes dans son programme politique grâce à la loi d'autonomie (2). Mais le problème n'est pas totalement résolu pour autant.
Pour vous donner un exemple, dans la représentation du Nicaragua aux rencontres continentales des 500 ans, de nombreux militants politiques sont venus à la place de représentants indigènes.
• Les problèmes auraient commencé dès la réunion de Quetzaltenango, au Guatemala, en 1991?
Le mouvement populaire voulait déjà tout mettre dans le même sac, sans traiter l'histoire et la problématique indigène à fond. Lors de cette réunion, l'intégration des secteurs noirs à la campagne avait été officialisée.
Les organisateurs de la campagne doivent comprendre pourquoi le secteur indigène organisé d'Amérique a le droit d'être l'acteur de sa résistance au nom de ses ancêtres — cela ne signifie pas que les Noirs ou le secteur populaire sont laissés de côté, nous vivons tous dans un même système d'exploitation.
Depuis 1973, le mouvement indigène, soutenu par des organisations non-gouvernementales (ONG), se bat pour avoir les mêmes prérogatives que la population noire en ce qui concerne la reconnaissance internationale. Cela ne signifie absolument pas que les Noirs soient dans une situation meilleure que la nôtre, mais ils disposent au moins d'instruments pour se battre - par exemple, la Convention internationale contre le racisme, adoptée par les Nations-Unies.
Jusqu'à présent, les indigènes ne sont pas parvenus à ce que l'ONU reconnaisse leurs particularités ni à ce qu'elles soient respectées.
Le mécontentement qui s'était manifesté lors de la réunion du Guatemala reflète la manipulation et les mensonges que nous subissons depuis toujours.
Lors de la réunion qui avait préparé la rencontre de Quetzaltenango, la commission d'organisation avait proposé une représentation équilibrée d'indigènes et de leaders politiques. En arrivant à la rencontre, nous nous sommes trouvés face à un indigène qui représentait la Bolivie, mais qui n'avait de liens avec aucune organisation indigène de son pays. En outre, nous nous sommes sentis trahis lorsqu'un représentant du Nicaragua a proposé que Cuba soit le siège de la prochaine rencontre de 1992.
• Finalement, c'est le Nicaragua qui va accueillir la prochaine réunion, et non un pays où les indigènes sont majoritaires.
Les indigènes ont refusé que Cuba organise la rencontre car il n'y a aucune population indigène dans l'île. Les représentations syndicales et ceux qui avaient proposé Cuba au départ ont accepté le Nicaragua parce qu'il y avait eu une révolution, mais sans prendre en compte les critères sur la présence de populations indigènes. Par de telles attitudes, les organisations populaires ont manifesté leur immaturité face au problème indigène.
C'est ainsi que lors d'une réunion de la Coordination continentale indigène, à New York, vous avez décidé de quitter la campagne 500 ans.
La réunion de New York s'est tenue en même temps qu'une discussion aux Nations-Unies concernant le sommet de Rio. Il y a eu un travail de lobby pour convaincre les représentants officiels des gouvernements de la nécessité de prendre en compte le point de vue indigène dans la défense de l'environnement, car ces populations sont directement touchées par ce problème.
On a aussi traité du problème de la représentation dans la campagne des 500 ans et des mécontentements surgis concernant la prochaine réunion de Managua.
Je n'ai pas eu d'autres nouvelles concernant le retrait de la Coordination indigène continentale de la campagne des 500 ans, mais nous avions déjà dit que si nous ne parvenions pas à nous mettre d'accord avec les syndicats et que ceux-ci ne faisaient pas preuve de plus de respect face à nos propositions, il ne nous restait plus qu'à quitter cette campagne.
Le Conseil mondial des peuples indigènes est né de l'effort d'organisations non gouvernementales et de deux non indigènes, un Canadien et un Norvégien. Tout au long de son histoire, ce Conseil a connu des luttes de pouvoir et pour s'attribuer l'argent des ONG ; certains indigènes ont violé des principes importants. Son président actuel, Donald Rojas, n'a pas accepté la décision de la Coordination régionale des peuples indiens, qui a élu un président maya. A la suite de ces conflits, est née la Coordination continentale des organisations indigènes.
• Mais que proposez-vous aujourd'hui?
1) Steadman Fagoth, Brooklin Rivera et Hazel Law avaient été à la direction de Misurasata (Miskitos, Sumus, Ramas et sandinistes unis), créée en 1979 et qui avait participe au premier Conseil d'Etat établi par la révolution sandiniste en 1979. Mais des 1980, les premiers conflits surgirent; Fagoth finit par rejoindre la légion 15 septembre, créée par les anciens gardes somozistes, et Rivera fonda le mouvement indigène armé Misura. A Partir de 1984, Misura commença à négocier avec le gouvernement sandiniste ; ce processus se conclut par l'adoption du statut
Les organisations indigènes disent que le problème indigène n'est pas conjoncturel. Le mouvement populaire qui participe à la campagne des 500 ans essaye de tirer profit de la conjoncture, il ne vise pas à contribuer réellement à des discussions, qui pourraient établir des canaux entre les indigènes et les organisations. Ce n'est pas notre cas. Pour notre part, nous disons que l'année 1992 passera, alors que les indigènes resteront.
Le problème de la terre demeure, le droit des indigènes aussi. Nous ne permettrons pas que l'on utilise l'indigène de façon clientéliste.
• A ton avis, le courant indigéniste peut-il constituer une alternative viable?
L'indigénisme, en tant que courant, a connu un certain développement, mais nous pensons qu'il se fonde sur le paternalisme. Face à l'indigénisme, et grâce aux organisations de base indiennes d'Amérique, un mouvement non indigéniste, mais composé d'Indiens, est apparu.
Ce n'est pas le nom qui compte, mais les positions, et actuellement, il y a une revitalisation des positions sur l'identité indigène en Amérique. Nous avons notre voix et nos propres organisations.
Pensamiento Propio, mai 1992 d'autonomie de la Côte atlantique, en 1985, qui mit fin à la guerre dans cette région.
2) Sur la Côte atlantique du Nicaragua, voir la brochure La longue marche vers l'autonomie, éditée par le Comité de solidarité avec le Nicaragua de Paris. Elle revient de façon détaillée sur l'histoire de cette région, sur la période sandiniste — du conflit armé avec les Indiens jusqu'à l'adoption du statut d'autonomie —. et sur la situation actuelle. Disponible auprès du CSN, 14 rue de Nanteuil - 75015 Paris (20 F.)
Inprecor n° 357 du 17 au 30 juillet 1992