Inprecor 1974–2004

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FRANCE

Contre le plan Barre III ! Contre l'austérité ! Résolution du Comité central de la Ligue communiste révolutionnaire

· Inprecor n° 36, 19 octobre 1978 · p. 15-17 · 1 805 mots

France Syndicalisme

Huit mois après le scrutin de mars, la situation politique en France est marquée par : - La brutalité d'une offensive bourgeoise qui non seulement développe à la fois le chômage et l'inflation, mais menace directement une série d'avantages acquis par les travailleurs; • Le fait que la riposte ouvrière se heurte à la division politique et syndicale et à l'orientation de collaboration de classe des directions bureaucratiques qui sont l'obstacle principal au développement et à la centralisation des luttes.

Les grèves qui se sont déroulées, depuis le 19 mars, dans des secteurs importants (Santé, Moulinex, Renault, Arsenaux, SNCF, etc.) et les résultats des élections partielles confirment que la classe ouvrière reste mobilisée : malgré la division, malgré les effets de la crise économique, l'existence de 1500000 chômeurs, l'échec de nombreuses luttes et par-delà la défaite électorale de TUG, il y a maintien de la combativité ouvrière à un haut niveau et d'une opposition massive au gouverne ment. 1. Le plan Barre III, ce n'est pas seulement le million et demi de chômeurs et les 10% d'augmentation des prix dépassés. C'est la multiplication des licenciements et des fermetures d'usines qui frappent des branches et des régions entières.

C'est la remise en cause de conquêtes ouvrières et d'avantages acquis (40h, SMIC, 90%, Sécurité sociale, Santé du travail, prud'hommes), dans laquelle gouvernement s'efforce d'impliquer directement les directions syndicales au moyen de la politique contractuelle. C'est le renforcement de «l'aide au retour», autrement dit le renvoi de dizaines de milliers de travailleurs immigrés, et la généralisation du travail à temps partiel pour masquer le chômage des femmes. C'est aussi une politique d'austérité renforcée qui fait des coupes sombres dans les équipements collectifs, dégrade les conditions de travail et de sécurité dans tout le secteur public comme à la SNCF, aux PTT, dans l'Education nationale.

Mais le vrai plan Barre reste encore à venir. La bourgeoisie française qui, pour lutter contre les effets de la crise économique internationale du capitalisme, cherche à renforcer ses positions face à ses concurrents impérialistes, sait qu'elle ne peut y parvenir qu'en abaissant le niveau de vie des travailleurs. 2. Pour frapper vite et fort, Giscard et Barre entendent exploiter leur courte victoire au deuxième tour des législatives et les courbettes que sont venues faire à l'Elysée les dirigeants des organisations ouvrières. Certes il existe des dissensions au sein de la majorité parlementaire - sur l'Europe et le budget par exemple - ravivées au lendemain des élections partielles. Mais le RPR est sur la défensive. Il n'a pas de désaccord sérieux sur la politique sociale du gouvernement. Et s'il cherche à faire des éclats pour ne pas passer sous la table, il n'a pas actuellement les moyens d'une politique indépendante. Sa seule force apparente, la possibilité de mettre le gouvernement en minorité au parlement, est en fait sa principale faiblesse. Cette arme se retournerait contre lui si devaient se tenir des élections anticipées. Rien ne le pousse aujourd'hui à jouer la politique du pire. La bourgeoisie serre les rangs derrière le plan d'austérité. PS ET PC DEVANT LEUR ELECTORAT 3. Les dernières élections partielles (Saint-Denis, Gers, Pas-de-Calais, Nancy, Paris XIVe) ont d'abord une signification nationale : celle d'un désaveu spectaculaire pour le pouvoir et sa politique d'austérité. Désavouant la guerre d'usure que se livrent sur leur dos les directions du PS et du PCF, les travailleurs ont voté sans hésiter pour ces partis afin d'assurer la défaite des candidats bourgeois. Cela confirme le divorce entre la majorité en sièges de l'Assemblée et la majorité réelle des forces vives de ce pays: des travailleurs, des jeunes, de la population laborieuse.

Elle démontre aussi une évolution des rapports de forces politiques dans le mouvement ouvrier. Les reculs en voix du PCF et la progression importante du PS ne sont pas la simple prolongation d'une tendance à l'œuvre avant les élections. Elles traduisent, parmi de nombreux électeurs ouvriers traditionnellement acquis au PCF, une double réaction : • une volonté de lui faire payer la responsabilité particulière qu'il a prise dans l'échec électoral de l'UG par son chantage au désistement; - un refus de la politique sectaire qu'il mène aujourd'hui en n'attaquant plus la majorité que par PS interposé et en se refu-

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sant à toute proposition unitaire contre l'austérité patronale et gouvernementale.

La direction du PS, en faisant le gros dos face à la dénonciation du PCF, a pu se donner a peu de frais une image de marque unitaire. Elle qui discute ouvertement de la meilleure façon de gérer l'austérité et défend la politique contractuelle, elle qui prend sa part de division en s'accordant fort bien du sectarisme du PCF et du refus de toute initiative syndicale unitaire de la part d'Edmond Maire, elle a réussi à canaliser à son profit une aspiration profonde dans l'électorat ouvrier à serrer les rangs face à l'offensive bourgeoise. VERS LE «TOUS ENSEMBLE» 4. Face à une attaque générale, c'est une riposte unitaire d'ensemble de la classe ouvrière qui s'impose. La grève générale est la seule riposte à la hauteur de la situation.

Les directions des syndicats et des partis ouvriers tourent le dos à cette perspective, en cultivant la division, en morcelant les luttes, en signant des contrats qui entérinent la remise en cause des avantages acquis.

La CFDT demande aux travailleurs de borner leurs ambitions à des revendications « syndicalement accessibles» et refuse - au nom de la « profondeur des divergences» - toute initiative interconfédérale, en faisant l'éloge de l'action entreprise par entreprise.

La CGT accuse la CFDT de ne pas s'opposer assez fermement au gouvernement et de refuser toute initiative unitaire. Mais sa direction signe de son côté les pires contrats. Elle laisse le soin au PCF d'organiser en son nom propre le rassemblement des entreprises menacées de fermeture le 29 août ou la manifestation devant l'Assemblée nationale le 11 octobre. La seule initiative qu'elle ait annoncée en cette rentrée c'est une journée nationale CGT une semaine avant..son congrès !

5. La grève générale est pourtant la seule perspective qui s'offre à la classe ouvrière si elle veut en finir avec l'austérité.

Rien ne serait plus dangereux dans la situation actuelle qu'un faux «réalisme» qui conduirait les travailleurs à se replier sur leurs entreprises, en se contentant «d'objectifs à leur portée ». Certains militants ouvriers peuvent être tentés d'y céder en l'absence de perspectives immédiates. Mais ce serait en fait

ROUGE DOIT VIVRE ! 33 millions de centimes sont parvenus, ce 9 octobre, depuis le début de la souscription lancée en septembre. Il manque encore millions pour atteindre l'objectif de fin mois. L'échec de cette souscription signifie réellement la fin de cette expérience unique : un quotidien marxiste-révolutionnaire. Il faut évidemment récolter l'argent indispensable, mais serait pas ce qu'il doit être si le combat pour le sauver ne s'intégrait pas aux traversent le mouvement En France, la LCR militera simultanément pour conserver - et améliorer - son quotidien et face aux tâches de l'heure : lutter contre le plan d'austérité mis en avant par gouvernement et patronat, et contre la division ouvrière pratiquée par les directions réformistes PC et PS et des syndicats Dans les autres pays, les révolution naires sauront trouver en pratique les mille et une façons de faire face à cette échéance concrète de l'inter nationalisme prolétarien.

Envoyez vos chèques à l'ordre de la SPN, 2, rue Richard-Lenoir 93108 Montreuil cédex, France donner carte blanche à la politique des confédérations et laisser le champ libre à l'offensive du patronat et du gouveme ment.

Si un « tous ensemble » ne se décrète pas, il se prépare.

Et les luttes qui se sont déroulées depuis la rentrée ont montré comment il était possible d'avancer dans cette voie : • A la SNCF en préparant la grève générale reconductible de toutes les filières au lieu de fragmenter l'action par catégories.

- Dans la sidérurgie lorraine, en reconduisant la grève massivement suivie au lendemain de la défaite de Servan-Schreiber, au lieu d'arrêter la lutte à SollacSacilor quand elle partait à Solmer et Usinor. - Dans les établissements SCOlaires en poussant à la coordination des établissements en lutte pour préparer une grève générale de l'Education nationale.

Dans toutes ces luttes la démocratie ouvrière est une arme contre la division. Seules des assemblées générales souveraines, des comités de grève élus et responsables devant les assemblées peuvent assurer une prise en main unitaire de la lutte, en empêchant que les divergences ne soient un alibi pour justifier la passivité. Cette bataille pour des comités de grève ne peut se mener que combinée à la bataille pour l'unité organisations syndicales.

L'exemple de la bataille unie des travailleurs d'Elastelle, repris par un grand nombre de sections syndicales du Puy, est tout à fait significatif de ce qui peut se produire dans nombre de sections syndicales, est tout à fait significatif de ce qui peut se produire dans d'autres entreprises. Au cours de leur lutte, en adressant une « lettre ouverte » à Maire, Séguy, Bergeron et Henry pour qu'ensemble ils répondent aux exigences ouvrières et préparent la grève générale, en formulant les revendications unifiantes qui s'imposent pour un tel mouvement d'ensemble, les travailleurs d'Elastelle ont exprimé une profonde aspiration de la grande masse ouvrière. En même temps, ils combinaient cet appel national avec une bataille pour des intersyndicales locales, une coordination des sections ide toutes les entreprises en lutte (tanneries, textile), pour une assemblée générale de tous les chômeurs et licenciés de la région. 6. C'est pourquoi la LCR est convaincue de répondre l'aspiration de la masse des travailleurs en affirmant :

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- aujourd'hui l'obstacle principal au développement et à la coordination des luttes, c'est la division des rangs ouvriers entretenue par les directions du PCF et du PS et relayée par les confédérations syndicales CGT, CFDT, FO, FEN pour faire passer leur politique de collaboration de classes; - Il faut l'unité des syndicats et des partis ouvriers pour mettre en œuvre un plan d'action contre les licenciements, pour Grande Bretagne les 35 heures de salaires, le SMIC à 2500 F, les 300 F pour tous, l'échelle mobile des salaires, et pour le préparer il faut une mobilisation qui par-

Taction intersyndicale dans les entreprises et les localités, qui s'appuie sur les coordinations régionales et de bransur la centralisation des entreprises en lutte contre les licenciements, préparant une grève générale pour mettre en les plans d'austérité.

- Toute généralisation des luttes débouchera inévitablement sur une confrontation avec ce gouvernement et son Assemblée mal élue. Les travailleurs, tout en imposant la satisfaction de leurs revendications, devront alors exiger la rupture des partis ouvriers majoritaires avec la bourgeoisie et la formation d'un gouvernement du PS et du PCF.

8 octobre 1978 syndicats cherchent indubitablement un arrangement à vendre aux ouvriers de chez Ford.

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