Inprecor 1974–2004

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FEMMES

Encore une longue marche pour les femmes chinoises

· Inprecor n° 36, 19 octobre 1978 · p. 27 · 681 mots

Femmes Chine

Dans le contexte de son effort de «normalisation » politique et organisationnelle, le nouveau groupe dirigeant chinois a convoqué, du 8 au 17 septembre dernier, le IVe congrès de la Fédération nationale des femmes. Les trois premiers avaient eu lieu à des échéances régulières et relativement rapprochées - en 1949, en 1953 et en 1957. Ensuite, dans l'esprit d'une tradition bureaucratique qui avait impliqué, entre autres, la non convocation du congrès du parti entre 1956 et 1969, aucun autre congrès ne fut organisé. Cela n'a pas empêché Kang Keh-tsing, veuve de Chu Teh, de faire son rapport au nom d'un comité exécutif élu... il y a 21 ans ! 2000 déléguées environ ont assisté au congrès (le compte-rendu officiel précise qu'elles appartenaient à 50 nationalités différentes) et rapport, les nouveaux Statuts et la liste des 300 membres du nouveau comité exécutif à l'unanimité.

Après avoir repris tous les thèmes de l'orientation du groupe dirigeant actuel (surtout sur la base des décisions du XIe congrès et la Ve Assemblée nationale), Kang a précisé que « les quatre modernisations créeront les conditions matérielles et techniques pour socialiser et moderniser les travaux ménagers, alors que leur socialisation et leur modernisation libéreront davantage de femmes de leurs foyers et fourniront done de nouvelles forces humaines pour les quatre modernisations» (1). En même temps, en s'associant aux dénonciations rituelles contre les Quatre, elle a remercié

Femmes le Comité central et le président Hua pour leur œuvre de désintoxication de la jeunesse qui avait subi l'influence néfaste aussi bien de la fameuse bande que du traître Lin Piao. Elle a prôné une combinaison étroite de l'éducation scolaire et sociale avec celle pratiquée dans le cadre familial.

Plus intéressant encore, le rapport donne une idée des problèmes qui se posent encore au moins à une partie non négligeable des femmes chinoises : «Ces dernières années, à cause des interférences de Lin Piao et des Quatre, un marchandage concernant le mariage a eu lieu et des parents sont intervenus arbitrairement dans le mariage de leurs enfants; les idées bourgeoises, voire féodales, ont eu cours de nouveau; et des femmes ont été souvent persécutées... Il faut propager largement l'indépendance mariage, encourager le mariage tardif, recommander de célébrer les noces avec économie et combattre les marchanda-

En d'autres termes, ce sont encore des objectifs démocratiques élémentaires qui doivent être réalisés.

Ajoutons que le congres a sanctionné pour sa part la politique de planification des naissances et de contrôle démographique qui semble définitiveadoptée par les dirigeants chinois. Rappelons que l'objectif est de réduire le taux de croissance de la population à moins de 1% dans le délai de trois ans

Le texte de Kang énonce, finalement, des normes en ce qui concerne aussi bien les rapports

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entre hommes et femmes que la vie familiale. « Les jeunes gens - est-il expliqué - doivent fonder leur amour sur un même idéal révolutionnaire pour lequel ils travailleront ensemble, sur la recherche des intérêts pé cuniers et matériels». Quant aux familles, elles devront être de «type nouveau». «Il faut vi ure de manière économe, planifier les dépenses, pratiquer l'égalité entre homme et fempartager rationnellement les travaux ménagers, respecter les vieux parents et leur accorder des soins, élever ensemble les enfants, discuter ensemble des problèmes et, s'il y a des contradictions, les résoudre par des discussions démocratiques. Il faut faire table rase des tendances patriarcales du féodalisme et des idées égoistes de la

Sans contester l'utilité de ces conseils, il faut, toutefois, noter qu'aucune mention n'est faite sur l'avenir de la famille en tant qu'institution. La perspective semble être celle d'une éternisation de la cléaire, dûment réformée. En même temps, toute une série d'autres aspects de la problématique avancée internationalement par le mouvement de libération de la femme semble ignorée aussi.

La « moitié du ciel » chinoise a encore une longue marche à accomplir. NOTE 1) Voir «Pékin Information», no 39. Les quatre modernisations sont : celde l'industrie, celle de l'agriculture, celle des forces armées et celle de la science et de la technologie.

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