Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER 1492 / 1992

La voix des Indiens et des paysans

Inprecor n° 360, 9 octobre 1992 · p. 14 · 613 mots

Inde et Asie du Sud

cor n° 357 du 17 juillet 1992.).

I dans le département du Quiché, au Guatemala.

mêmes 20 centimes.

droits des paysans (...).

maux (...).

res".» rageant la paix au niveau national et régional.

nombreuses conférences.

différentes organisations de guérilla).

le monde. » *

La voix des Indiens et des paysans igoberta Menchu Tum est candidate au prix Nobel de la paix 1992 (voir Inprecor n° 353 du 22 mai 1992). L En cette année controversée de célébration des 500 ans de la Conquête de l'Amérique, Rigoberta Menchu est le symbole de la voix des Indiens, des Noirs et des forces populaires d'Amérique latine qui, ensemble, lors de la lle Rencontre continentale de la campagne "500 ans de résis tance indigène, noire et populaire" qui s'est tenue au Guatemala, en octobre 1991, ont décidé de présenter sa candidature (voir Inpre-

, igoberta est une indienne quiche, nee dans la communaute de Chimel, _ 1980, l'Argentin Adolfo Perez Esquivel, défenseur comme elle des le prix Nobel de la paix de droits de l'homme, rappelait : « L'enfance [de Rigoberta) se déroula dans sa communauté entre les montagnes (...) ; à huit ans, elle commença à travailler dans une grande propriété comme salariée (...). Elle devait cueillir 35 livres de café par jour et elle touchait 20 centimes (de dollar] de l'époque ; si elle n'arrivait pas au quota, le lendemain elle continuait de travailler pour les

» Le père de Rigoberta fut emprisonné pour avoir défendu les terres contre les grands propriétaires qui veulent exproprier les paysans — c'est toujours un problème sur tout le continent. Vicente Menchu devint un dirigeant et il se consacra entièrement aux problèmes de la communauté, à la défense des

» Alors, on chassa [les paysans] de leur communauté, et de leurs maisons. Les soldats entrèrent, volèrent les biens des indigènes et tuèrent les ani-

» Rigoberta, face au drame de son peuple, commença un travail d'organisation (...). Elle se souvient comment son frère de 16 ans fut arrêté, torturé et brûlé vif avec d'autres personnes de sa communauté. Comme de la mort de son père, brûlé vif lors de l'occupation de l'ambassade d'Espagne, en 1979. Le 19 avril 1980, la mère de Rigoberta fut séquestrée et assassinée, c'était [elle aussi] une dirigeante qui travaillait dans sa communauté.

» Rigoberta se souvient que sa mère lui disait : "Je ne t'oblige pas à cesser d'être une femme, mais tu dois participer à la lutte tout autant que tes frè-

•omme dirigeante du Comite d'unite paysanne (CUC), elle particıpa, el

1983, à la création de la Représentation unitaire de l'opposition guaté maltèque (RUOG), dénonçant les violations des droits de l'homme et encou-

-le sest aussi battue pour la paix, les droits de homme et des no

-genes au sein du Groupe de travail sur les populations indigenes et elle a participé au Conseil international des traités indiens, ainsi qu'à de

* e pacitisme radical est incompatible avec la repression qui, depuis de

/ décennies, sévit dans son pavs. Voilà pourquoi. Rigoberta a dû quitte le Guatemala à plusieurs reprises. Le 11 juillet 1992, elle y est retournée avec « l'espoir de pouvoir dialoguer, d'avancer vers le débat sur l'avenir de notre pays », avec l'ouverture des négociations entre le gouvernement et l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG, qui rassemble les

-" parlant de sa candidature, Rigoberta Menchu a déclaré : « Elle

- revient aux temmes indigenes, aux veuves, aux organisations, a nous tous (...). Nous devons demander ce prix en mémoire de nos héros, en mémoire de nos victimes, en mémoire de nos luttes et en tant que peuples qui représentent la diversité culturelle, la pluralité dans ce continent et dans

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