Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER 1492 / 1992

Lève-toi Amérique !

Inprecor n° 360, 9 octobre 1992 · p. 14-15 · 932 mots

Amérique centrale

été provoqués. début du colonialisme, des occupations répétées de notre Amérique par des forces étrangères et des minorités nationales au service d'un système d'exploitation que nous subissons toujours. nous conduit à redonner toute sa valeur à la capacité de résistance, à la lutte et à la patience des anciens propriétaires de ce continent, ainsi qu'à leurs rapports respectueux, de coexistence avec la mère nature, aujourd'hui dévastée par l'utilisation irresponsable de la technique. [Le Ve centenaire] dévoile la réalité actuelle, caractérisée par le saccage, l'ambition et l'enrichissement de certains, au prix de la faim, des maladies et de l'injustice sociale pour la grande majorité. culpabilité des conquérants, il faut commencer à instaurer les fondements d'une véritable rencontre historique de toutes les cultures américaines sur la base de l'égalité, du respect mutuel, de la paix et de la coopération pour un développement indépendant. Il faut surtout qu'il y ait une obligation de respect

1492

Lève-toi A

Nous publions des extraits d'un artiele de R sur le Ve centenaire de la

AVEC la "Découverte", on a essayé d'effacer complètement le rôle historique de grands secteurs sociaux, de civilisations grandioses, les cultures millénaires de nos ancêtres ; des crimes incalculables, des sacrifices, la douleur, la faim et la mort ont

[La "Découverte"] représente aussi le

(...) [Le Ve centenaire]

(...) Plutôt que d'établir la

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| 1992 mérique!

goberta Menchu, paru dans la revue ALAI, Conquête de l'Amérique. MIENT vis-à-vis des cultures indigènes d'aujourd'hui et une prise en compte de leurs luttes. (...) L'autre découverte « Lève-toi, Amérique, voix de tant de racines » : c'était un des mots d'ordre de la Ile Rencontre continentale ; il exprime notre souhait d'une rencontre historique des cultures américaines sur la base du respect mutuel. Il faut concrétiser, approfondir et 7. Rivery = Inprecor n° 360 du 9 au 22 octobre 1992 donner force à la rencontre et à la découverte entre nos peuples, prendre conscience que notre lutte ne doit pas être seulement de faire vivre notre culture, mais une lutte intégrale. [Il faut] nous battre pour notre mère la terre, source de vie et racine de notre culture et de notre identité, mais aussi source de richesses et de biens matériels dont ont besoin les hommes et les femmes pour vivre avec dignité leur passage dans ce monde.

La rencontre et la découverte passent aussi par l'exercice de nos droits. Le droit à décider librement le type d'éducation dont ont besoin nos enfants, lire et écrire nos langues et les développer. Le droit à participer à l'élaboration des normes et des lois qui régissent notre vie en tant que peuples et en tant qu'individus. Le droit d'élire librement et pleinement les autorités de nos communautés et de nos villages, selon les critères politiques, les valeurs et la volonté de nos gens. L'opportunité de s'exprimer librement, d'utiliser et d'encourager la sagesse et les connaissances que nous ont léguées nos grands-parents, combinées avec la science et la technique qui jusqu'à présent nous ont été refusées. Le droit à un logement digne et à tous les services qui permettent de vivre humainement.

Construire un avenir plus juste signifie [avoir] aussi le droit à la libre organisation et association, à travailler et favoriser l'union entre nos communautés, ethnies et peuples, parce que c'est la même terre qui nous a donné la vie, et nous avons les mêmes racines (...).

Plus exploités que la terre

Le Guatemala est au centre de l'Amérique indienne et c'est un des peuples de notre continent les plus soumis à la fragmentation culturelle, au racisme, à la politique de répression et aux inégalités sociales et économiques. C'est un pays où « l'indigène est plus exploité que la terre », comme disait le poète Cardoza y Aragon.

Au Guatemala, nous, les indigènes, nous sommes toujours marginalisés, discriminés, exploités et quotidiennement réprimés. L'armée continue à capturer nos enfants, tout comme les jeunes métis pauvres (...), pour les obliger à faire le service militaire, ce qui revient à partir à la guerre. Des centaines de milliers d'adolescents sont obligés de participer à ce qu'on appelle les Patrouilles d'autodéfense civile (PAC), qui ont semé la terreur, la division et la méfiance entre nos peuples.

Plus de 20 000 de nos frères ont été obligés de survivre dans la forêt et la montagne pour fuir les bombardements et la répression de l'armée ; des milliers [de femmes] sont veuves, mères de cinq ou six enfants, sans aucun revenu ; les déplacés de l'intérieur et les réfugiés dans d'autres pays sont encore plus nombreux, c'est le résultat de la politique de la terre brûlée, des massacres et de la terreur (...).

Au Guatemala, on continue à nier l'histoire des peuples indigènes. On nous présente constamment comme une minorité qui a besoin de protection, ignorant notre apport et notre participation à la lutte pour la vie, la culture et les aspirations démocratiques de notre peuple, comme ceux de la majorité de la société guatémaltèque.

Nous avons été présents dans toute l'histoire du Guatemala (...). Nous avons préservé nos peuples, leurs cultures et leurs luttes dans nos communautés détruites et grâce à des efforts et des sacrifices, nous continuons [nos] luttes, grandes et petites, pour la justice sociale et la fraternité entre indigènes et métis.

(...) Il faut conquérir des espaces qui garantissent la liberté d'expression, de circulation et d'organisation des secteurs paysans et urbains, des indigènes et des métis.

Nous voulons que les indigènes soient des sujets de l'histoire de notre patrie et ce n'est possible qu'avec notre pleine participation à la construction d'un Guatemala démocratique, de justice et de paix. *

ALAI, mai 1992

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