Inprecor 1974–2004

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PHILIPPINES

Du débat manqué à la crise

· Inprecor n° 364, 4 décembre 1992 · p. 17-19 · 3 041 mots

Paul Petitjean était le pseudonyme de Pierre Rousset, membre de la direction internationale depuis les années 1970 et codirecteur de l'IIRE d'Amsterdam.

Philippines et Asie du Sud-Est Stalinisme URSS et Russie

longtemps été le plus cohérent et le seul à pouvoir intervenir simultanément sur

Le débat politique interne a pris une forme aiguë. Des choix essentiels sont en

Inprecor n° 363 du 20 novembre 1992). Nous revenons dans cet article sur le

Du débat manqué à la crise

Durant des années, le Front national démocratique (National Democratic

Front, NDF) a constitué la principale force militante de la gauche philippine.

Animé par le Parti communiste des Philippines (PCP), ce courant — qui a tous les terrains de la lutte — traverse aujourd'hui une crise majeure.

jeu, qui concernent aussi bien l'orientation générale que le mode de fonctionnement et l'unité du PCP, ou même la place de ce parti au sein des forces populaires du pays.

Nous avons publié dans le dernier numéro d'Inprecor un rapport de Walden

Bello, après une enquête menée auprès de cadres du PCP et du NDF (voir processus qui a conduit à la crise actuelle.

Paul PETITJEAN

LA CRISE qui secoue le PCP est

Certains grave.

cadres de l'organisation estiment que le PCP a perdu près de 40 % de ses forces militantes au cours de ces dernières années (1). Dans un document interne, approuvé par le comité exécutif,

Armando Liwanag affirme que le mouvement « est confronté à une perte sans précédent de sa base : la survie même du parti est aujourd'hui en cause » (2). Le mouvement national démocratique serait aujourd'hui numériquement plus faible qu'en 1985, à la veille du renversement de la dictature Mar-

COS.

Au cours de l'année 1992, les divergences politiques internes ont donné naissance à une crise ouverte. Si les différences d'analyse et d'orientation se manifestaient déjà entre membres du comité central, entre directions régionales ou sectorielles, elles restaient, cependant, contenues. L'équilibre s'est rompu lorsque Liwanag et le comité exécutif ont décidé d'un "mouvement de rectification", écartant toute possibilité de compromis. Or, cette tentative de reprise en main a rencontré une "résistance" considérable. Plus qu'une simple confrontation entre majorité de direction et oppositions, il

PHILIPPINES semble qu'il s'agit d'un véritable conflit de légitimité.

L'existence de cette crise n'a rien de surprenant. Le PCP a été confronté, ces dix dernières années, aux transformations radicales de la situation nationale (chute de la dictature Marcos) et internationale (désintégration du bloc soviétique). Intervenant dans de nombreux milieux sociaux et différentes régions, il a accumulé une expérience riche mais diversifiée. Le PCP devait changer, mais ce type de changement n'est jamais facile. Surtout pour une organisation formée en 1968 au maoïsme de la Révolution culturelle chinoise, engagée dans une lutte armée prolongée, soumise à une répression sévère, et dont la majorité des cadres vit dans la clandestinité, même si un important travail de masse semi-légal s'est parallèlement développé.

L'occasion manquée

Un tel parti pouvait-il évoluer et s'adapter ? La réponse est ambiguë. Pendant des années, les directions centrales ont reporté des débats indispensables, quitte à pousser

1) A deux exceptions près, tous les cadres interviewés par Bello ont admis que leur mouvement était en crise. Plusieurs ont avancé l'estimation de 40 % de pertes, même si certains ont aussi noté l'existence d'avancées récentes.

2) Armando Liwanag. "Reaffirm Our Basic Principles and Rectify Errors*, Kasarinlan, vol. 8, n° 1, troisième trimestre 1992. Sauf indication contraire, les références à Liwanag renvoient à ce document. La rédaction de Kasarinlan note qu'Armando Liwanag • est considéré par beaucoup comme le pseudonyme de Jose Maria Sison, fondateur et premier secrétaire du PCP *.

3) L'histoire du PCP est ponctuée par l'émergence de débats hors du Parti des forces vives. En 1991, les conditions pour une réévaluation de fond semblaient, enfin, réunies. Malheureusement, une fois encore, la discussion a été étouffée (3). Cet enchaînement de débats manqués laisse une impression de triste gâchis : le PCP avait les moyens internes d'engager (bien qu'avec retard) une réflexion collective de mise à jour théorique et politique. Mais, profitant d'une tradition de fonctionnement centraliste bureaucratique, le comité exécutif et une fraction des cadres dirigeants ont pu bloquer ce processus, jusqu'à la crise actuelle.

En 1990-1991, des signes encourageants de maturité politique se sont succédé. En 1990, la réflexion stratégique se libère avec l'abandon de la notion de "contre-offensive stratégique" (4). Le Front national démocratique, fondé en 1973, tient son premier congrès national, adoptant un programme et un mode de fonctionnement plus formalisé qui l'aide à s'affirmer face au PCP (5). Un nouveau bilan est tiré des purges paranoïaques engagés à Mindanao en 1985-1986 et dans le Sud-Tagalog en 1988. La direction reconnaît désormais qu'il s'est agit d'un de fond et "d'ouvertures" politiques (comme en 1980-1982 ou 1986-1987), suivis d'un "durcissement" idéologique et politique. Longtemps confinés dans les milieux dirigeants, ces mouvements d'idées ont englobé un nombre croissant de militants après la chute de la dictature, en 1986.

4) Selon certains interlocuteurs de Walden Bello, voir Inprecor n° 363 du 20 novembre 1992.

5) Le Front national démocratique comprend une douzaine d'organisations clandestines, dont les Chrétiens pour la libération nationale et divers fronts de masse. Mais le PCP est le seul parti politique qui en soit membre.

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= PHILIPPINES désastre injustifiable (6). En 1991, la rédaction d'Ang Bayan, organe du comité central, ouvre une discussion quasi publique sur un large champ de problemes nationaux et internationaux (7).

Au cours de l'année 1991, l'initiative d'Ang Bayan a été désavouée par la direction centrale, qui s'est néanmoins engagée à poursuivre les débats dans une revue plus interne, Rebolusyon. Cette dernière, produite aux Pays-Bas, n'a cependant jamais publié autre chose que les thèses (formulées de façon souvent fort polémique) du comité exécutif et d' Armando Liwanag (8).

C'est dans ce contexte que, fin 1991début 1992, Armando Liwanag écrit deux documents qui vont précipiter la crise. Le premier, "Réaffirmons les principes fondamentaux", , dresse un bilan historique de la politique du PCP ; "Contre le révisionnisme moderne", le second, tire les leçons de la crise du bloc soviétique (9).

La nature de ces longs textes explique l'ampleur des réactions de protestation qu 'ils ont suscité au sein du PCP. Très polémiques, ils abordent toutes les questions controversées, mais pour clore d'autorité tout débat. Ils traitent de stratégie (réaffirmant la ligne d'encerclement des villes par les campagnes), de théorie (les Philippines restant un pays semi-colonial et semi-féodal), d'histoire (Staline étant présenté comme le grand continuateur de Lénine), de tactique (condamnant les boycotts des élecions de 1978 et 1986), du centralisme démocratique (dénonçant en particulier '"'ultra-démocratisme"), de la ligne politicoorganisationnelle (affirmant l'autorité du comité exécutif du PCP sur la direction du Front national démocratique), du programme (en rejetant, à propos de la transition socialiste, les thèses du récent congrès du Front national démocratique).

Au fil des pages, cadres et organes de direction sont sévèrement critiqués, dont la direction centrale de 1978 (après l'arrestation de Jose Maria Sison), les négociateurs du NDF en 1986-1987, le commandement général de la Nouvelle armée du peuple (NPA) dans les années 80, les commissions nationales, les directions régionales comme celle de Manila-Rizal et, surtout, de Mindanao. Les "déviations" sont dénoncées : partisans de l'insurrection urbaine, de la formation prématurée de grandes unités militaires, du "gorbatchévisme", du libéralisme petit-bourgeois, du bureaucratisme. Un vaste "movement de rectification" est annoncé, ainsi que des sanctions et l'exclusion des éléments "incorrigibles". • Tout cela avant même qu'un débat réel ait été organisé.

Rectification et résistance

A partir de ce moment, deux mouvements parallèles se sont engagés au sein du PCP : la mise en place du "movement de rectification" par le comité exécutif et une "résistance" soutenue, notamment, par les directions de Mindanao au sud de l'archipel, des Visayas au centre et de Manila-Rizal, la région de la capitale.

En mars 1992, le comité exécutif, un organe très restreint, a adopté, ave quelques modifications mineures, le document de Liwanag "réaffirmant" les "principes fondamentaux". Le bureau politique semble avoir demandé la convocation d'un plénum du comité central pour discuter d'une question aussi grave. A la mi-92, une réunion a bien eu lieu, mais en l'absence de nombreux membres du comité central — il est probable que le quorum n'ait, en fait, pas été attent. Le "movement de rectification" a été lancé, chaque militant devant faire son examen de conscience pour savoir s'il avait été coupable d'"insurrectionnalisme". octobre 1992, une première exclusion du parti a été prononcée à l'encontre d'un cadre du NDF, Lucas, connu pour ses conceptions stratégiques originales défendues au sein du

6) Voir Inprecor n° 298 du 27 novembre 1992. Alors que des centaines d'innocents ont été exécutés durant ces purges, un premier bilan de direction concluait que la campagne d'epuration avait été une "grande victoire", malgré des excès regrettables. Voir Ang Bayan, "Revolution in Mindanao: Recovery and

7) Voir Ang Bayan, mai-juin 1991 et Paul Petitjean, "Chronique d'un débat attendu", Inprecor n° 335 du 19 juillet 1991. Ce numéro d'Ang Bayan n'a jamais été distribué par le Département inter-

8) Voir Inprecor n° 359 du 25 septembre 1992.

9) Armando Liwanag, "Stand for Socialism Against Modern Revisionism", Rebolusyon n° 2, series 1992, avri-juin. Signé à titre de président du CC du PCP.

10) Ce demier a violemment protesté contre son exclusion sommaire dans une lettre datée du 8 octobre 1992. Il affirme avoir été sanctionné pour s'être « confronté à la direction du parti sur

Accusé d'avoir une responsabilité directe dans la phase initiale

Cependant, un nombre croissant de militants opposent à la "rectification" l'exigence d'un débat collectif. En décembre 1991, Tales Duhaylungsod revenait sur lensemble des discussions en cours. Il tirait une leçon essentielle de la "crise du socialisme" : « Le socialisme ne peut pas l'emporter sans intégrer la démocratie au cœur de sa théorie et de sa pratique ». Soulignant la complexité des questions posées au movement révolutionnaire, il affirmait qu'il faillait savoir « prendre le risque » de la démocratie en organisant un congrès du Parti (11). Début 1992, un grand nombre de membres du réseau ouest-européen (la majorité, probablement) reprenaient cette proposition. Par ailleurs, un texte de Ka [pour camarade, ndlr] Barry appelait à « résister aux tendances autoritaires » à l'œuvre dans le parti, rejetant notamment l'amalgame réalisé par Liwanag entre l'existence de positions divergentes (comme celles des directions de Manila-Rizal et Mindanao) et son explication de la campagne paranoïaque contre les infiltrés de 1985-86 (12).

Des cadres de Mindanao ont, pour leur part, envoyé une lettre au comité central dans laquelle ils déclaraient être « profondément troublés » par les jugements et conclusions du document de Liwanag. Ils considéraient comme incorrecte la façon dont ce dernier condamnait sommairement des cadres individuellement sans se pencher vraiment sur les « faiblesses du parti ». Ils en appelaient à l'unité du parti, contre ce qu'ils percevaient être l'objectif de la "rectification" : une purge. Dans une série d'autres documents, l'un de ces cadres réfutait longuement le mépris que manifestait Armando Liwanag à l'égard de toute l'expérience politique de Mindanao, défendant, en particulier, les welgang bayan (grèves popu-

Ces derniers mois, un grand nombre d'autres textes auraient été mis en circulation, en provenance des Visayas, de Manila-Rizal, de divers comités, ou rédigés par des individus. C'est un fait sans précédent dans de la campagne "anti-infiltres" de Mindanao en 1985, il note quil a lui-même « accepté depuis 1989 sa part de responsabilité » et s'est déclaré prét à une « enquéte disciplinaire ». Mais, ajoute-t-il, une « purge stalinienne», en 1992, ne saurait réparer les torts causés par 'hystérie paranoiaque de 1985-86.

11) Tales Duhaylungsod, "An Open Letter to Comrades. Reform the Party ! Save the Revolution", décembre 1991.

12) Ka Barry, "Resist Authoritarian Tendencies Within the Party! Let a Thousand Schools of Thought Contend *, Kasarinlan, op. cité. Liwanag affime que la campagne anti-infiltré est le produit directe de "Timpatience" liée à une ligne de "victoire rapide insurrectionnelle".

Pour Barry, cela n'explique en rien le désastre - et notamment pas qu'il se soit aussi produit en 1988 dans le Sud Tagalog, une région qui défendait la ligne de guerre révolutionnaire prolongée.

13) "Concerned comrades in Mindanao", "Letter of Concer". Non signé, "Additional Clarifications on the Mindanao Experience*.

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l'histoire du PCP, peu familier à débattre par écrit, qui confirme à quel point la discussion est ressentie comme nécessaire. Un nombre important de membres du comité central exigent, par ailleurs, qu'un nouveau plénum soit convoqué, jugeant le précédent trop restreint pour être légitime.

Dans ces conditions, le "mouvement de rectification" semble s'enliser et c'est l'autorité même des directions qui l'ont impulsé qui est mise en cause.

Pluralisme et révolution

Le PCP peut-il aborder une vive expérience pluraliste, organiser des discussions de fond, donner le droit à ses membres de décider de l'orientation de leur propre parti, ou est-il condamné à un monolithisme intellectuel stérile ?

Il s'agit bien là de l'un des principaux enjeux de la crise actuelle. Joel Rocamora notait à ce propos, lors d'une conférence organisée à Amsterdam, que le développement du PCP s'est nourri de plusieurs sources, reflétant la variété des expériences régionales et un effort diversifié de réflexion sur l'évolution de la situation politique nationale et internationale. Mais ces sources ont toutes buté sur un grand "barrage théorique", celui de la tradition héritée des années 60, qui ne laissait s'écouler qu'un flot unique de pensée. Aujourd'hui, le barrage est en passe de céder sous la pression des événements. Des débats déjà anciens sont à leur apogée. C'est l'occasion pour ce parti d'autoriser l'expression de plusieurs courants de pensée.

Le PCP, comme toute autre organisation révolutionnaire, est confronté à des quesions de stratégie et de programme complexes, sur lesquelles nul ne peut prétendre posséder toutes les réponses. Il est parfaitement naturel que des divergences se fassent jour. Pourtant, Armando Liwanag et le comité exécutif ne reconnaissent aucune légitimité aux différences d'analyse, à la confrontation de d'orientation, à la discussion de fond. C'est l'un des aspects particulièrement frappants de leurs documents. Retenant ce qu'il y a de plus mauvais dans la tradition maoïste, tout débat politique est assimilé à une lutte de classe idéologique. Le noyau de direction central défend, bien évidemment, le juste point de vue "prolétarien", les oppositionnels des positions petites-bourgeoises, voire quasi impérialistes. Il n'y a pas place pour un débat d'ampleur entre révolutionnaires.

Parallèlement, la dimension autocritique est totalement absente. Liwanag dénonce, à juste titre, les purges paranoïaques de Mindanao en 1985-1986, et plus modérément, celles du Sud-Tagalog en 1988. Mais il reste fort discret sur ce qui a permis un tel désastre dans le fonctionnement général du Parti. Des garde-fous ont certes toujours existé dans le PCP. En particulier, ce parti n'a pas connu dans les mêmes proportions les assassinats de cadres qui ont causé tant de torts à d'autres mouvements. Mais il est aujourd'hui clair que les règlements adoptés dans les premières années de la lutte étaient insuffisants.

Ce n'est, en effet, que dans les années 1988-1990 que des directives plus précises ont été prises, interdisant notamment le recours à la torture, quelque soit la situation. Or, l'usage de la torture, pratique inhumaine s'il en est, est pour beaucoup dans la dynamique folle des purges contre les inflitrés. Elle avait été tolérée auparavant, à titre "exceptionnel", dans certaines régions au moins, dont le Centre-Luzon, au cours d'"'interrogatoires tactiques". Vingt-trois ans sans congrès

Le jugement porté par Armando Liwanag sur Staline fait, par ailleurs, perdre beaucoup de sa crédibilité à sa dénonciation de principe des violations des droits humains au sein du mouvement révolutionnaire. Il reconnaît, à la suite de Mao Zedong, que de graves "excès" ont été commis en Union soviétique en 1936-1937 et qu'une bureaucratie s'est développée dans les décennies qui ont suivi. Mais il défend le système stalinien, affirmant que c'est Brejnev qui a introduit une interprétation "perverse" de la dictature du prolétariat ! Il fait même assumer cette position au Front national démocratique qui publie de larges extraits de son document "contre le révisionnisme moderne", la photo de Staline accompagnant celle de Lénine, dans l'organe officiel de son bureau international (Liberation International de mai-août 1992).

Le PCP n'a jamais tenu de congrès depuis sa fondation, il y a 23 ans. L'explica-

Loji

PHILIPPINES tion n'est évidemment pas technique (les difficultés - bien réelles — dues à la clandestinité auraient pu être surmontées et rien n'empêchait, à défaut, l'organisation d'amples débats politiques). La direction centrale du parti n'a pas accordé beaucoup d'importance à cette question — comme Armando Liwanag dans son document de décembre 1991. Liwanag reconnaît qu'une organisation qui passe 23 ans sans congrès, est un fait assez "extraordinaire". Mais il considère ce problème très secondaire. Il va jusqu'à noter que l'absence de congrès a été, malgré les apparences, une bonne chose (il utilise la formule anglaise de « bessing in disguise ». Car, si un tel congrès s'était tenu durant les années 80, son orientation aurait pu se retrouver en minorité. Voilà un aveu de taille ! La constitution du PCP prévoit pourtant la tenue régulière de congrès et l'élection des organes dirigeants — la direction a donc violé ces règles de fonctionnement. Le problème n'est pas formel : la tenue d'un congrès, pour peu qu'il soit démocratiquement préparé, est l'unique occasion pour que l'ensemble des membres puissent déterminer l'orientation de leur propre organisation et la composition de ses organes de direction — par le libre débat, l'information complète des militants, la discipline dans l'action, c'est, en quelque sorte, la clef de voûte, du centralisme démocratique. Le libre débat n'est pas un "luxe", ou un trait petit-bourgeois d'"'ultra-démocratisme" - voire une concession au "pluralisme bourgeois" tant dénoncé par le comité exécutif. C'est un besoin vital. Et un test : Comment les révolutionnaire peuvent-ils convaincre qu'ils constituent, dans la société, une force démocratique, s'il s'étouffent la démocratie dans leurs propres rangs ? * 2 décembre 1992 Vient de paraître Al-Mitraga Dans son n° 9, la revue arabe des sections et groupes de la région arabe de la IVe Internationale publie, entre autres : • un dossier sur le Maroc, avec notamment un débat avec Abraham Serfaty ; • des articles sur le crise de la gauche au Liban et en Tunisie et sur la situation en Jordanie ; • une interview d'un dirigeant ouvrier égyptien. Pour commander Al-Mitraqa, écrire à Inprecor

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