Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ECONOMIE

Mercosur : Trois pays à égalité ?

· Inprecor n° 364, 4 décembre 1992 · p. 20-22 · 2 931 mots

Brésil Argentine et Chili

bourgeoisies. Quels sont les points de départ de ce processus ? Quelles sont les

Mercosur: Trois pays à égalité ?

Em mars 1991, les pays du Cône sud ont amorcé un processus d'intégration économique connu sous le nom de Marché commun du Sud (Mercosur), qui impliquera l'intégration mais aussi la compétition entre différentes différences structurelles entre ces bourgeoisies ? Quelles seront les conséquences de ces différences, notamment en termes de compétitivité et l'émergence de pôles hégémoniques à l'échelle régionale ?

Luis STOLOVITCH

LE MERCOSUR (1) rassemble des pays différents d'un point de vue géographique, démographique et économique. Ce sont les deux plus grands pays, l'Argentine et le Brésil, qui en constituent l'axe principal ; le Brésil à lui seul représente 71,7 % du territoire du Cône sud, 79 % de la popuation et 76,9 % du produit brut régional. Le

Paraguay et l'Uruguay, ensemble, ne totalisent respectivement que 4,9 %, 3,9 % et

2,1 %, et ils sont relativement marginaux par rapport aux deux précédents.

L'organisation du capital, et plus particulièrement du grand capital, diffère-t-elle entre grands et petits pays, y compris d'un point de vue qualitatif ?

Au-delà des traits communs, propres aux économies dépendantes (2), les différences sont significatives. Le concept même de "grand capital" varie en fonction de l'échelle du pays. Lorsque les frontières tendent à s'effacer, qu'une unité économique se constitue — que ce soit une zone de libre- échange, une union douanière, un marché commun ou des formes plus élaborées d'intégration — ce qui relève du "grand capital" dans les petits pays de la nouvelle entité, devient un capital "moyen", voire

"petit" dans le cadre de la région intégrée.

Ainsi, pour le Mercosur, on considère comme faisant partie des "grands capitaux", les entreprises dont la facturation annuelle est supérieure à 500 millions de dollars, 62 entreprises brésiliennes, 15 entreprises argentines, et une seule uruguayenne

(ANCAP) en font partie. Si on inclut dans le

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"grand capital" celles qui facturent entre 100 et 500 millions de dollars, il y en aura 336 au Brésil, 81 en Argentine et six en Uru-

On peut aussi aborder cette question en comparant la taille des entreprises-leader sur des marchés similaires dans l'un ou l'autre pays : en moyenne, les entreprises-leader au Brésil sont 12,9 fois plus grandes que celles d'Uruguay ; les entreprises d'Argentine, à leur tour, sont 6,9 fois plus grandes. Dans certains secteurs, comme la construction, les différences varient de 1 à 178,1 fois.

Ces différences significatives dans un ensemble de branches d'activité ont des conséquences importantes au niveau de la compétitivité relative entre entreprises. En outre, de par leur taille, les grandes entreprises et les groupes économiques du Brésil disposent d'un pouvoir financier et commercial qui représente un avantage dans la concurrence.

à plusieurs vitesses

A la différence d'autres processus d'intégration, le Mercosur n'a pas tenu compte des différences de taille et de situation des pays, ce qui sera préjudiciable pour les pays les plus petits.

Par rapport à leurs voisins, le Paraguay et l'Uruguay ont des économies plus ouvertes. Le développement de ces petits pays de la région est plus dépendant des vicissitudes du commerce extérieur et, en particulier, de la bonne santé des exportations.

D'autre part, le contexte régional confère une dimension particulière au commerce extérieur de chaque pays. Tandis que le Paraguay et l'Uruguay sont extrêmement dépendants des exportations et des importations de leurs grands voisins — il leur arrive de vendre jusqu'à un tiers ou 40 % de leurs exportations totales —, l'Argentine et, surtout, le Brésil, exportent très peu, voire pas du tout dans la région.

Ainsi, l'importance du Mercosur varie en fonction des partenaires. Les petits pays de la région, dont l'avenir en termes de production est lié à la nouvelle entité, peuvent devenir vulnérables aux stratégies, à la situation politique et intérieure de leurs voisins. Pour le Brésil, la région revêt une dimension plus politique qu'économique, et l'Argentine se situe à mi-chemin.

Le développement inégal des forces productives dans les trois pays a fait pencher la balance en faveur du Brésil. L'Argentine et l'Uruguay avaient atteint un niveau de développement et un dynamisme relativement supérieurs mais, depuis une vingtaine d'années, la situation a changé.

En 1960, le Brésil représentait 75,8 % de la population de la région (3), 25 ans plus tard 80,1 % — avec une croissance supérieure au niveau de la population urbaine régionale —, il représentait 59,7 % du produit intérieur brut (PIB) régional en 1960, et 78,9 % en 1985 — la croissance étant encore plus accentuée dans le secteur de la production industrielle. Dans la dernière période, le Brésil a réalisé presque 90 % des investissements bruts de la région.

A l'inverse, l'Argentine et l'Uruguay ont perdu de leur poids et accusent un retard croissant. L'Argentine, qui dépassait le Brésil il y a 60 ans, produit aujourd'hui le quart de son voisin. Quant à l'Uruguay, qui ne compte que 1 % ou 2 % du total régional, il n'occupe désormais qu'une place marginale. Mais le développement inégal des forces productives régionales ne se traduit pas seulement dans des différences de niveau —

1) Sur l'histoire du Mercosur voir Inprecor n° 355 du19 juin 1992

2) Voir Inprecor n° 346 du 14 février 1992

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Graffiti dans les rues de Montevideo : « Contre la politique économique du FMI. Pour l'amnistie générale et sans condiabsolues et relatives — de la production industrielle, mais aussi dans le mode de production. En Argentine, pendant les deux dernières décennies, la production de machines et d'équipements s'est essoufflée et l'économie s'est orientée vers un style plus traditionnel.

Le "miracle" brésilien

Au Brésil, le secteur qui fabrique des moyens de production, en pleine expansion, reflète l'existence d'une structure industrielle plus évoluée, mais aussi plus équilibrée entre ce secteur et le secteur producteur de biens de consommation.

En Uruguay, où la production est dominée par celle des biens de consommation, le secteur producteur de moyens de production et de biens de consommation durables continue de s'affaiblir.

L'expansion différentielle en général, et exportatrice en particulier, de l'industrie dans les trois pays a été étroitement liée à l'application de différentes politiques économiques, qui reflétaient l'hégémonie de l'un ou l'autre secteur capitaliste. cadre d'un modèle de "développement dépendant", l'évolution vers la production, grâce à l'action de l'Etat (4), s'est faite surtout dans trois directions.

La mise en place de secteurs industriels, principalement de biens d'équipement, de biens intermédiaires et d'infrastructures (énergie et pétrole) a accentué le processus de substitution d'importations, en créant une structure industrielle plus intégrée qui différencie le Brésil des autres pays, — ceux-ci ayant une structure industrielle "tronquée".

Des stimulants directs à la modernisation de l'industrie de transformation ont encouragé les exportations.

La création de secteurs technologiques "de pointe", comme l'informatique, les télécommunications, l'aéronautique et le nucléaire, dotés d'une base technique dynamique, basée sur la science et sur d'importants investissements en matière de recherche et de développement.

Ainsi, le Brésil a mis en place un secteur industriel relativement intégré, complété lors de la seconde révolution industrielle, à la fin des années 60, au moment où les économies capitalistes avancées vivaient une troisième révolution industrielle. Face à la crise et à l'instabilité, les entreprises du Brésil ont été réduites à survivre, cherchant surtout à préserver l'intégrité de leur patrimoine, au prix d'un retard technologique croissant par rapport aux pays développés.

Les années 80 ont été critiques pour les actuels partenaires du Mercosur, quoiqu'avec des conséquences différentes : au Brésil, malgré une relative détérioration, le taux d'accumulation — excepté pendant trois ou quatre années critiques —, s'est maintenu à plus de 20 % du PIB (en termes courants), tandis qu'en Argentine ce taux est passé brusquement de 16 % à 8 %, au début des années 90. Entre 80 et 90, le produit brut est tombé à 9,4 % et le produit industriel à 23,8 % - reflétant la désindustrialisation croissante du pays (5). Au même moment, le PIB brésilien augmentait de 16,5 % et le produit industriel d'un petit 3,8 % — ce qui donne une idée de la stagnation industrielle de la décennie.

Dans les petits pays, l'évolution des années 80 a été disparate, avec une stagnation en Uruguay et un certain dynamisme au

CONTRA LA POLITiCA ECONOMICA PEL FMI !.

POR AMNISTIA GRAL E IRRESTRICTA"

POR DiSOLUCiÓN DEL APARATO REPRESiVO !:

UNIDAD DE TODOS LOS SECTORES COMBATiVOS DE ANCAP" tions. Pour la dissolution de l'appareil répressif. Unité de tous les secteurs combatifs de l'ANCAP !!» Paraguay, mais avec une industrie très faible et fortement liée aux ressources naturelles du pays.

L'évolution des processus d'accumulation du capital, le développement industriel et technologique, qui ont précédé l'intégration actuelle, engendrent des particularités qui confèrent au Brésil une hégémonie incontournable dans la concurrence.

Les pôles hégémoniques dans chaque pays

Dans le cadre du marché libre, un processus d'intégration tendrait à promouvoir une division du travail de type dépendant, avec le Brésil au centre et les autres pays à la périphérie. C'est précisément ce que prétendent avoir évité les protocoles d'intégration signés entre ce pays et l'Argentine de-

La mise en place de l'appareil productif et technologique de chaque pays est issue, et a produit à son tour, des forces économiques hégémoniques, qui ont passé une série d'alliances. Quelles sont ces forces ?

Dans le secteur financier, c'est l'origine

ECONOMIE de la propriété des entreprises qui explique l'asymétrie entre les pays du Mercosur. L'Uruguay est le pays de la région qui a le plus pâti du poids du capital étranger et de l'absence de contrôle sur son système financier. Conformément aux données chiffrées des dernières années au Brésil, les groupes dont le capital est étranger ne représentaient que 15,6 %, contre 46,2 % en Uruguay, où se précise une tendance à la hausse, à cause des privatisations en cours.

Au Brésil, comme en Argentine auparavant, les principaux agents financiers sont l'Etat et les capitaux privés nationaux ; en Uruguay, une fois le capital bancaire privé national disparu, il reste l'Etat et les capitaux d'origine étrangère.

Les capitaux industriels étrangers sont répartis de façon diverse dans le Mercosur : le Brésil est le pays où les entreprises étrangères sont le moins implantées - même si elles sont hégémoniques dans l'automobile, l'industrie pharmaceutique, le caoutchouc, les boissons et le tabac ; en Argentine c'est le contraire (6), l'Uruguay étant dans une situation intermédiaire. La diversité économique Dans le Mercosur, le grand capital dominant s'est constitué à travers l'articulation contrôlée d'entreprises issues de différents secteurs de l'économie. Ces ensembles obéissent à une logique d'accumulation différente de celle de l'entreprise isolée, et constituent des formes plus évoluées de mise en valeur du capital.

Mais, au-delà de leurs similitudes formelles, et du cadre commun du capitalisme dépendant, il y a de grandes différences entre les groupes économiques de chacun des pays.

En premier lieu, les différences liées à la taille des groupes et à leur niveau d'accumulation posent des problèmes identiques à ceux évoqués plus haut. Les groupes économiques des grands pays possèdent un nombre d'entreprises significatif supérieur à celui des petits pays et atteignent des niveaux d'accumulation de capital et de facturation supérieurs. Sur les 300 plus grands groupes du Brésil — en conformité avec leur patrimoine en espèces — aucun n'a une

3) Le total régional n'inclut pas le Paraguay. 4) Voir Inprecor n° 349 du 27 mars 1992

5) Bien que dans certains secteurs — comme la sidérurgie, le ciment, l'huile, la pétrochimie et le papier — il y ait eu des investissements et un certain développement dans les années 80. 6) Voir Inprecor n° 352 du 8 mai 1992

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- ECONOMIE valeur inférieure à 170 millions de dollars et 29 seulement ont une facturation inférieure à 50 millions. En Uruguay, aucun groupe ne possède un patrimoine liquide de cette valeur, et sept seulement facturent à plus de 50 millions de dollars. On pourrait en dire autant du nombre des entreprises.

Une autre caractéristique différentielle, la diversité économique, est liée au nombre d'entreprises que possède ou que contrôle chaque groupe ; et il en est de même pour l'intégration verticale des groupes brésiliens et argentins comparée à celle des groupes de petits pays comme l'Uruguay. Généralement, il s'agit de conglomérats. Les risques sont moindres, car ils ne dépendent pas d'une seule activité, même si l'une reste dominante (industrielle, financière, commerciale, etc.)

Au Brésil, la majorité des grandes banques privées sont structurées en groupes financiers qui intègrent des entreprises relevant de différents segments de l'activité financière et économique, dont les secteurs de "pointe" comme l'informatique, l'électronique, qui sont liés au processus d'automatisation bancaire. En Argentine, ces grandes banques sont peu intégrées à des groupes économiques. En Uruguay, les groupes financiers, prématurément développés, ont disparu à la suite des crises bancaires successives et de la liquidation de la banque nationale privée.

Une vocation plus que régionale Le Brésil possède, en rapport avec son niveau d'expansion capitaliste, le système financier le plus diversifié et modernisé, et le marché de capitaux le plus développé. Le système financier brésilien, très régulé, s'impose des restrictions face au mouvement international des capitaux, et limite l'implantation d'entreprises financières, surtout bancaires, au capital étranger ; il reste de ce fait une exception au sein du Mercosur.

Il semblerait que, tandis qu'en Argentine — et, dans une moindre mesure, en Uruguay — les groupes reposent sur les capitaux agricoles, provenant de l'élevage, au

Brésil, ils soient d'origine industrielle et financière, ce qui leur donne un profil moins "traditionnel", même s'ils continuent à investir dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage. Au Brésil, la modernisation de l'agriculture a attiré des capitaux provenant d'autres secteurs. De grands groupes économiques ont fait leur entrée dans la production agricole ou agro-industrielle en immobilisant d'immenses capitaux sur la terre.

A l'inverse de l'Uruguay, il y aurait en

Argentine des groupes importants investissant dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage.

Au Brésil, les groupes les plus puissants de la région, dotés du plus haut niveau l'expansion internationale — en tant qu'exportateurs de capitaux et de marchandises —, et des bases technologiques et d'organisation les plus développées, ont fait le pari de transformer le pays en une puissance internationale. Mais, malgré leur supériorité régionale, leurs prétentions ont fait ressortir des faiblesses notoires : taille insuffisante, structure peu diversifiée et concentrée dans des secteurs technologiquement insuffisants.

L'internationalisation différenciée du capital

L'internationalisation croissante des capitaux locaux — surtout des grands capitaux — concerne tous les pays du Mercosur. Bien que sous des formes différentes et avec une intensité variable, l'expansion des capitalistes locaux tend à se réaliser à l'étranger, phénomène qui concerne les exportateurs de marchandises et ceux de capitaux.

L'exportation de capitaux revêt deux formes, dont le sens et l'implication stratégiques diffèrent : l'investissement passif, rentier, sous forme de dépôts d'argent dans les banques étrangères et l'investissement d'entreprises, par la création d'entreprises à l'étranger, qui internationalise véritablement

La tendance rentière s'est accentuée pendant la crise des années 80, sous l'influence des taux d'intérêt élevés et concerne plus particulièrement l'Argentine et l'Uruguay ; les capitalistes ont profité de la libéralisation de la finance pour investir à

Le Brésil est le pays où les entreprises sont le plus internationalisées : sur les 600 plus grandes transnationales du tiers monde, 138 étaient brésiliennes en 1988. Les investissements brésiliens se répartissent en Amérique latine, dans certaines pays africains, et ailleurs, Portugal, Etats-Unis, etc.

L'expansion internationale des groupes argentins est de moindre envergure et se limite à la région. Quant aux capitalistes d'Uruguay et du Paraguay qui ont investi dans les pays du Mercosur, il ne s'agit pas en général de véritables transnationales.

L'hétérogénéité de l'expansion internationale et des expériences industrielles encourage la concurrence régionale au bénéfice des Brésiliens.

Jusqu'au milieu des années 80, les investissements directs d'entreprises argentines au Brésil et d'entreprises brésiliennes en Argentine sont restés, en dépit de leur augmentation, relativement marginaux. Le marché brésilien avait toutefois un attrait supérieur à celui de l'Argentine, surtout pendant les années du "miracle brésilien".

A partir de la seconde moitié de la décennie, les tendances à l'investissement à l'étranger se confirment, et les accords bilatéraux conduisant à des projets complémentaires ou mixtes augmentent depuis l'accord du Mercosur.

Les investissements uruguayens et paraguayens sont insignifiants au regard de l'ensemble des investissements étrangers en Argentine et au Brésil. Par contre, en Uruguay, plus du quart des investissements directs proviennent des deux géants voisins et cette tendance tend à s'accroître.

Il faut par ailleurs noter un nouveau phénomène, inscrit dans ces processus d'interpénétration de capitaux, qui consiste à repousser la "frontière agricole " brésilienne. Des agriculteurs du Brésil ont été installés dans les zones frontalières des pays limitrophes : Paraguay — zone de l'Alto

-, Argentine - Misiones →, et Uruguay. La croissance accélérée et la modernisation de l'agriculture du Brésil, depuis la fin des années 60, ont entraîné l'épuisement de la zone de la "frontière agricole" et ont poussé à investir à l'étranger.

En Uruguay, à la présence traditionnelle brésilienne dans le secteur de l'élevage, s'est ajoutée récemment la culture intensive, avec un haut degré de technologie, de type agro-business, comme le riz et le soja.

Il est probable que les bourgeoisies du Cône sud aient un destin commun, s'associent et continuent de s'interpénétrer. Mais ceci ne se fera que sous l'hégémonie de la bourgeoisie la plus dynamique et la plus puissante : celle du Brésil.

Montevideo, Brecha, septembre 1992 SEÑOR, TENEMOS PROBLEMAS... A FUERA HAY UNA MANIFESTACIÓN DE AMAS DE CASA

¿Y QUÉ

QUIEREN? LA APARICIÓN

CÓN VIDA DE LA CANASTA FAMILIARI « Nous avons des problèmes, il y a une manifestation de ménagères.

— Et que veulent-elles ? - Retrouver le panier de la ménagère vivan....»*

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