Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COREE

Chasse aux sorcières

Inprecor n° 367, mars 1993 · p. 36 · 388 mots

Japon et Corée

NCOR COREE

Chasse aux sorcière

Le 27 octobre dernier, la police politique sud-coréenne arrêtait llbung Choe, après plusieurs mois de harcèlement. Son "crime" : être un éditeur de gauche dans un pays qui vit encore, non seulement à l'ère de la "guerre froide" mais aussi en plein McCarthysme.

Ilbung Choe, en effet, avait investi un modeste héritage familial dans la mise sur pied d'une maison d'éditions en langue coréenne, la New Review Editions. Sans même parvenir à amortir ses frais, ce qui est le lot commun de la plupart des entreprises d'édition politique de gauche non soutenues par une-organisation, Ilbung Choe avait publié dans son pays des ouvrages tels que La révolution trahie de Trotsky (préfacé par Ernest Mandel), Le dernier combat de Lénine de Moshé Lewin, le Rosa Luxemburg de Tony Cliff ou encore des Cahiers de l'Institut international de recherche et d'étude d'Amsterdam comme La révolution permanente de Michael Löwy et Plan, marché et démocratie de Catherine Samary.

Inculpé de "crimes contre l'Etat" SOuS une loi scélérate, la Loi de la Sécurité Nationale, qui permet de tout réprimer, des liens présumés avec la Corée du Nord jusqu'aux "délits d'opinion" contre l'Etat Sud-Coréen, Ilbung Choe a été condamné, le 2 janvier, à deux ans de prison.

Une campagne internationale est en cours pour exiger sa libération immédiate. Le nouveau président de la Corée du Sud, Kim Young Sam, qui a prêté serment le 25 février, a annoncé une vaste amnistie qui devrait concerner des dizaines de milliers de personnes. Lui-même ancien dissident ayant rallié le parti gouvernemental, Kim Young Sam a promis de libéraliser la vie politique du pays. Toutefois, les conditions de l'amnistie qu'il a annoncée augurent mal de la suite des évènements, puisque qu'il aurait décidé d'en exclure "les socialistes et les violeurs" (sic). Il reste néanmoins possible, sans être probable, d'obtenir que l'amnistie couvre Ilbung Choe.

Pour cela, il faut envoyer urgemment des messages exigeant sa libération au Président de la République de Corée, c/o Ministère des affaires Etrangères, à Séoul (fax n° 822 - 720 2686).

Ilbung Choe, âgé de 35 ans, est père de trois enfants, dont le dernier est né après son arrestation. Son épouse et sa mère ont été fortement éprouvées par le harcèlement policier que le foyer a subi. •

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