Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URUGUAY

Le gouvernement KO debout

· Inprecor n° 367, mars 1993 · p. 29-31 · 3 057 mots

Syndicalisme

Le 13 décembre dernier, le président Lacalle et ses alliés de l'heure ont subi un échec retentissant à l'annonce des résultats du référendum qui a vu 72 % de l'électorat se prononcer contre le schéma de privatisation appelé, et c'est un euphémisme, "Loi sur les entreprises publiques". Ce vote a sanctionné le gouvernement. Le contexte politique est analysé ici par Ernesto Herrera, membre du Parti socialiste des travailleurs (PST), section uruguayenne de la IV ème Internationale. Ernesto HERRERA

'ampleur de la défaite du gouvernement - il a perdu dans les 19 départements du pays et dans toutes les tranches d'âge de la population) — représente une victoire décisive pour le mouvement populaire et la gauche, et renverse l'ancien rapport de forces. Bien que la victoire semble partagée avec le secteur du Parti "colorado" dirigé par Sanguinetti (1), il est possible pour le Frente Amplio (FA) et les organisations sociales (2), de lancer une offensive pour un programme économique et social de solutions immédiates à

Si quelqu'un doutait encore de la signification du résultat, et de ses conséquences pour le projet conservateur, il lui suffirait de voir comment les porte-paroles du capital financier interprètent les événements du 13 décembre : « Il y a douze ans, les Uruguayens ont étonné le monde ; lors d'un plébiscite à l'initiative de la dictature impériale, ils ont dit non à une proposition de réforme constitutionnelle faite par ceux qui détenaient le pouvoir. Cette fois, en votant oui, ils ont dit non au changement, dans la mesure où celui-ci implique de réformer l'Etat, de le moderniser, de privatiser une partie de ses activités. Les Uruguayens ont choisi un chemin différent de celui par lequel passe aujourd'hui la majorité des peuples du monde (...). Il ne

URUGUAY s'agit pas d'une condamnation à l'échec. Le référendum a tout simplement empêché qu'on ne s'y engage» (3).

Mais la volonté populaire ne s'est pas contentée de refuser les privatisations proposées, elle s'est aussi clairement exprimée contre l'ensemble de la politique économique et sociale et de la gestion gouvernementales. Le résultat du vote ne peut être interprété que d'une seule façon : le gouvernement a perdu toute légitimité politique aux yeux de la population. Le néolibéralisme hors-jeu

Même l'Observateur économique affirme : « Le résultat accablant d'hier en faveur du oui a atteint de plein fouet, tel une torpille, la ligne de flottaison du gouvernement. Sans le faire couler, il lui a causé de sérieuses avaries, a affecté ses capacités à mener à bien l'administration pour le reste de la période » (4).

En d'autres termes, la question du maintien de Lacalle au pouvoir est posée. La faiblesse de Lacalle, privé de tout appui politique et parlementaire — ses alliés qui s'entre-déchiraient jusqu'à hier et se lavent aujourd'hui les mains de la catastrophe — a poussé le Forum Batilista de Sanguinetti et les secteurs majoritaires du FA à passer un accord garantissant la stabilité du gouvernement, le calendrier institutionnel (qui prévoit des élections en 1994) et un débat

BATIS sur la réforme de l'Etat et du système électoral. L'isolement du président et de son parti est tellement profond que l'opposition bourgeoise, affirme qu'il n'y a "ni vainqueurs, ni vaincus" et que la question du départ de Lacalle n'est pas posée. Garantir la "gouvernabilité" est bien le souci majeur de ceux qui veulent circonscrire l'incendie pour empêcher que le nouveau rapport de forces, au plan social et politique, ne se traduise au plan institutionnel, en un mot, par un gouvernement. La proposition d'élections anticipées est devenue pour la gauche radicale un axe central pour offrir un débouché au processus d'accumulation de forces et à la crise du gouvernement, qui est à même de créer les conditions politiques et sociales d'une issue démocratique, populaire et antiimpérialiste.

Certains pensent que le système politique du pays permet de développer "une contre-politique des institutions en place" Ils en déduisent que le recours au référen-

1) Dans le système bipartiste uruguayen, le pouvoir est disputé par deux formations bourgeoises, le parti colorado ("rouge") et le Parti blanco ("blanc") nationaliste, aujourd'hui au pouvoir.

2) Le FA est partagé en trois pôles : le Parti communiste, le Parti socialiste uruguayen et le Mouvement de participation populaire (MPP) qui regroupe les Tupamaros, le Parti pour la victoire du peuple, le PST, le Mouvement révolutionnaires oriental et des indépendants.

3) Busqueda, 17 décembre 1992.

4) Ibidem.

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dum ou aux plébiscites prévu par la Constitution constitue en quelque sorte un "abus" démocratique qui empêche de gouverner de façon stable et attaque la démocratie en bloquant l'exécutif, en polarisant la société et en affaiblissant le Parlement. Pour d'autres, comme le vice-président "colorado", Enrique Tarigo, l'institution référendaire permet de décompresser les affrontements entre la société et le système politique. Mais, le fait que la Constitution soit un condensé de présidentialisme, de parlementarisme et de démocratie directe, rend décisif le rôle du peuple.

Le tenue du référendum a été une course d'obstacles, gagnée au prix d'une mobilisation populaire permanente impulsée par le FA — dont le Mouvement de participation populaire (MPP) — et les syndicats regroupés dans la Confédération nationale du travail (PIT-CNT).

Il a d'abord fallu rassembler les signatures pour que la Cour électorale convoque les électeurs. Ceux-ci devaient se prononcer pour ou contre la tenue du référendum. Il fallait 25 % des inscrits sur les listes pour l'organiser. Ce taux est très élevé. Il n'y a eu, lors du premier tour, en juillet 1992, que 430 000 voix (à peine 20 %), et au second, plus de 32 % ( près de 370 000 voix) pour autoriser un référendum mettant en jeu le maintien de la "Loi sur les entreprises publiques", votée par une petite

Deux raisons expliquent l'évolution entre juillet et octobre. D'abord une situation sociale marquée par une résistance populaire croissante englobant les retraités, les magistrats, les employés des banques et du textile, des grèves de la faim contre la fermeture d'entreprises et des occupations d'établissements secondaires par les lycéens, sans précédent depuis les années 70. Ce contexte d'affrontement avec le gouvernement a créé le terreau favorable qui devait mettre un frein au projet de pri-

Ensuite le rôle actif joué par l'ensemble du FA, qui ne s'est pas borné à remobiliser sa base, mais a aussi lancé dans la campagne le maire de Montevideo, Tabaré Vasquez (5).

Les 300 000 voix supplémentaires ont permis la tenue du référendum du 13 décembre 1992. Aussitôt le Forum Batilista et les courants qui avaient voté au Parlement les cinq articles remis en cause — qui constituent l'essentiel de la loi — se sont joints à la campagne pour le oui. A partir de là, le destin du gouvernement a été scellé. Les initiatives démagogiques de Lacalle, qui a anticipé le paiement des étrennes, baissé le prix de l'essence ou suspendu le paiement des impôts agricoles n'ont pu entraver la dynamique anti-gouvernementale et la volonté populaire d'infliger une sanction à Lacalle.

La tradition étatiste qui remonte au début du siècle, sous les gouvernements de Batile et Ordonez et leur projet d'Etat-providence, une culture de gauche influente chez les masses et qui défend le secteur public, le constat des effets néfastes des privatisations en Argentine, et le rejet d'un gouvernement "anti-national", tous ces facteurs se sont conjugués pour que la majorité du peuple uruguayen repousse le projet "modernisateur" de Lacalle.

Fiction et société réelle

Le discours des nouveaux sociologues sur le "pays paumé" ", "petit", "misérable et

", qui n'émerge pas de la "médiocrité" a été démenti par l'ampleur et le score sans appel (le "oui" n'est nulle part descendu sous la barre des 60 %) et par le niveau d'organisation et de la conscience populaires qui, à partir d'un plébiscite, a fait régresser le pôle le plus droitier et néolibéral orthodoxe de la palette politique.

Il y a quelques semaines, la Commission économique pour l'Amérique Latine des Nations Unies (CEPAL) a publié un rapport qui donnaient l'Uruguay comme le pays doté du meilleur niveau de vie parmi les pays "sous-développés". Pour classer les pays, on tenait compte de critères comme le taux de mortalité infantile, l'eau potable et les niveaux d'éducation et de

Le gouvernement a cru que la présentation d'indicateurs macro-économiques "positifs" serait un argument supplémentaire pour défendre sa gestion économique et l'impératif de "décollage économique" vers le développement, en d'autres termes, l'implantation de capitaux étrangers.

De Posadas, ministre de l'économie et des finances, a passé en revue tous les fleurons de l'administration "blanche" : la croissance de 7 % du PIB, une inflation de 1,9 % en novembre, le pourcentage le plus bas depuis 1983, l'augmentation de l'activité dans les secteurs de l'agriculture, du commerce, de la restauration, de l'hôtellerie, de l'industrie manufacturière, de la construction, etc. et l'importation de capitaux pour un montant d'environ 500 millions de dollars, un véritable "record historique".

Pourtant, l'économie réelle, vécue quotidiennement par les couches populaires, utilise d'autres "indicateurs" : le développement du chômage et du secteur informel, la baisse de 7 % du salaire réel l'année passée, la fermeture des entreprises à cause des reconversions imposées par l'intégration dans le Marché commun du sud (Mercosur) (6), 700 000 personnes privées d'accès à la santé, l'augmentation de la déscolarisation, dûe à la détérioration du système d'enseignement, 700 000 logements manquants,une émigration permanente de jeunes, 41 % des enfants vivant, selon l'UNICEF, dans la misère, et 29 % des foyers n'ayant pas accès aux produits de base essentiels, selon la CEPAL. Le patrimoine national est amputé quotidiennement d'un million de dollars alloués au remboursement de la dette.

La crise sociale et la dégradation du niveau de vie de la majorité de la population sont à l'origine du processus de luttes populaires qui a précédé le référendum. Aucun secteur n'est resté à l'écart. A ceux déjà mentionnés, il faut ajouter les mouvements des médecins, des enseignants, des policiers, des fonctionnaires des transports urbains et interdépartementaux, la grève de la faim des ouvriers de la Promopes (conditionnement de poisson), les occupations de terres et de logements vides et même une grève de joueurs de football. L'intérieur du pays s'est opposé aussi au projet libéral, en particulier à l'intégration au Mercosur, dont les effets désastreux touchent de larges franges urbaines et rurales. En réalité, bien peu de gens croient que cette intégration sera un facteur de progrès pour le pays.

Le fossé entre les "deux pays" s'approfondit. Dans certains départements, le vote en faveur du oui a fait des scores élevés qu'à Cette résistance populaire, intacte depuis le début de la transition à la démocratie il y a sept ans, a contribué de façon décisive à

Le référendum a dévoilé la crise du système de domination et la fragmentation des partis traditionnels bourgeois. Leur manque de cohésion interne et l'absence d'unité de programme et d'action a été rendue encore plus criant lors du débat sur la "Loi sur les entreprises publiques". Les deux grands partis, "blanc" et "colorado" se sont divisés sur la question des privatisations et la réforme de l'Etat.

Si tous les secteurs de la bourgeoisie sont d'accord pour appliquer un programme économique libéral, ils divergent sur ses rythmes, le rôle de l'Etat et les secteurs à privatiser. Tandis que le gouvernement et son allié "colorado" Jorge Batile favorisent le capital financier et les services, pour transformer le pays en paradis fiscal, dans le cadre de l'intégration avec le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, pour la fraction "colorado" de Sanguinetti, il s'agit d'appliquer des réformes graduelles, de promouvoir une politique orientée vers le

5) Tabaro Vasquez est membre du Comité central du PS, le FA a gagné la municipalité avec 35 % des voix.

6) Tous les groupes parlementaires ont voté l'intégration au Mercosur, sauf les deux députés du MPP.

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capital industriel et agricole exportateur, tout en laissant à l'Etat un rôle régulateur et de garder un regard plus critique sur le Mercosur.

Ces divergences économiques se sont traduites crûment au plan politique, entraînant le blocage du système. L'idée d'une réforme constitutionnelle qui permette "que ceux qui ont les mêmes idées votent ensemble" et qui permette aux futurs gouvernements de compter sur des majorités parlementaires, refait son chemin. Le contexte reste la crise de crédibilité qui affecte les partis traditionnels et qui se traduit par la crise du bipartisme, depuis la création du FA en 1971. Aujourd'hui, tous les sondages donnent le FA principal concurrent national du Parti "colorado"

Si nous y ajoutons le fossé qui se creuse entre la société civile et les système partidaire, la situation est en effet complexe pour la classe dominante et son expression politique. Nous assistons aujourd'hui à une indiscutable crise de domination de la bourgeoisie, qui, sans préfigurer encore une crise de régime, permet d'envisager une stratégie de lutte pour l'hégémonie sur les terrains politique, économique et

Beaucoup estiment qu'il s'agit du premier scrutin moderne en Uruguay, puisque, à la différence des élections nationales — où on élit des partis, des candidats — le débat a porté sur des projets politiques.

Quelle était la question ?

Le bloc d'opposition englobe des secteurs bourgeois, comme le Forum batilista, le Front populaire "colorado" et le Pôle progressiste (du Parti national), le Parti pour le gouvernement du peuple (socialdémocrate), la Démocratie chrétienne et le FA. Ils ne sont d'accord que sur le fait de voter contre le gouvernement. Il serait impensable d'envisager des accords substantiels sur la réforme de l'Etat. Ceci est clair, même en tenant compte de la disposition des courants majoritaires du FA à débattre des privatisations.

Tabaré Vasquez, et donc le PS, et le courant "artiguiste" du sénateur Danilo Astori ont avancé des propositions allant dans ce sens. Vasquez, le politicien le plus populaire avec Sanguinetti, a été très clair récemment ; il a réfuté l'idée selon laquelle l'Etat serait au service d'une seule classe sociale et que la transformation de ses institutions passe en premier lieu par la conquête de l'hégémonie dans le camp des idées et des valeurs qui permettront de changer les structures économiques et sociales.

La "société civile" deviendrait le cadre adéquat pour engager le combat. La question du gouvernement — et du pouvoir réel — est déplacée sur le terrain des politiques de "concertation", des programmes de "majorité large". Il est donc abusif de parler de deux "projets pour le pays" dans le débat préalable, non seulement à cause de l'hétérogénéité du front du oui, mais parce que ses propositions, outre leurs différences, ne sont pas claires.

Le FA, par exemple, oscille entre son impérialiste) et le soi-disant programme de "gouvernement". Entre les deux, il n'y a pratiquement rien, si ce n'est une réforme de l'Etat qui ne remet pas en cause la gestion en la liant à un programme alternatif immédiat.

Bonnet blanc...

Ainsi, dans le débat, il n'y eut aucune différenciation entre la gauche et le Forum batilista. Pire, lors de débats télévisés, le té pour l'Uruguay, des pays comme la Suisse, le Danemark et la Hollande, et à prôner les investissements étrangers, "contrôlés par l'Etat" (nuance qui, dans un pays dépendant et endetté comme l'Uruguay, s'avère une plaisanterie de mauvais goût). A aucun moment, n'est apparue dans le débat la relation qui existe (ou qui devrait exister) entre le type d'Etat, le gouvernement et le projet économique et social. La discussion s'est bornée à souligner l'inefficacité, le clientélisme et la corruption, aspects importants, sans aucun doute, et n'a pas abordé la question d'une réforme radicale de l'Etat, anticompradore et démocratique, où la question du contrôle et la participation populaire (dans le cadre d'un programme économique alter natif serait essentielle. 1993 s'annonce comme l'année du débat sur la réforme de l'Etat, et de la suppression timide des aspects les plus choquants de la politique économique. C'est à tout cela qu'il faut

Le résultat du référendum est le produit des luttes, de l'affrontement avec le gouvernement et de la crise d'autorité de ce dernier.En réalité, Lacalle a perdu sur les terrains politique et social. Le gouvernement a annoncé des augmentations de salaires (en commençant par la fonction publique) et des changements ministériels mais le problème, politique et institutionnel, reste entier.

Pour la gauche révolutionnaire, l'enjeu est de poser la question des institutions, celle du gouvernement. La proposition d'élections anticipées devient un axe central pour offrir un débouché à l'accumulation populaire et engager la course à l'hégémonie, rompre la logique institutionnelle des luttes et des revendications populaires, et approfondir la crise de direction bourgeoise.

Gouvernabilité contre opposition

Telle était l'alternative débattue lors du plenum national du FA du 26 décembre 1992. D'entrée de jeu, le bloc réformiste qui hégémonise la coalition à l'occasion de la crise et la rupture du Parti communiste — le PS, la Tendance artiguiste, le Courant populaire, le Mouvement populaire du FA, et quelques uns des principaux dirigeants de ce dernier, comme Seregni, Vasquez et Astori — a tout fait pour empêcher la polarisation sociale et institutionnelle. La politique du FA devrait se limiter dans cette optique, à soulever les dossiers économiques les plus brûlants et à débattre de la réforme de l'Etat et de la Constitution. Garantir la gouvernabilité était le noyau de la stratégie réformiste. Puisque le résultat du referendum, outre le fait qu'il confirme

, augure d'un scénario permettant l'entrée dans le gouvernement en 1994. Cette politique consiste à préparer le terrain à un "grand accord national" et à adapter le programme aux nouvelles réalités. Un "gouvernement de majorité" apparaît plus envisageable que jamais. Ce qui implique de réviser à la baisse le profil du Front et de lorgner vers les voix du centre.

Mais la conclusion du plénum n'a pas exaucé les vœux des réformistes. S'ils ont pu empêcher que la déclaration ne comporte la question des élections anticipées (par 57 voix contre 54), elle stipule qu'aucune négociation n'est possible sans une réorientation préalable de politique économique, l'arrêt immédiat des privatisations et la révision de la question du paiement de la dette. On peut parler d'une victoire du courant radical et le rapport de forces à l'intérieur du Front rend possible la lutte contre le projet réformiste et nécessaires une stratégie de rupture et un Programme alternatif, de solutions immédiates au plan économique et social.

La résolution du plénum du FA, dans la perspective d'une opposition active misant sur la mobilisation populaire, permet à la gauche révolutionnaire d'élargir son champ d'action politique et sociale et de se présenter comme une alternative réelle. *

Montevideo, 27 décembre 1992

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