Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MOYEN-ORIENT

La signification réelle des accords de Camp David

· Inprecor n° 37, 2 novembre 1978 · p. 7-12 · 4 014 mots

Palestine et Israël États-Unis URSS et Russie Liban

Lorsque Américains et Israéliens parlent de « sécurité»; il s'agit

Men réalité des mesures qui peuvent le plus efficacement réprimer les masses arabes David FRANKEL

La politique de Washing- LA CONQUETE ton au Moyen-Orient vise, comme partout ailleurs dans le monde, à maintenir et étendre le pouvoir économique et politique américain. Bien sûr, ce n'est pas ce qu'a dit le Président Carter quand il a expliqué les accords de Camp David à la télévision. Au contraire, il a insisté sur le fait que le but de sa politique au Moyen-Orient était « d'utiliser notre influence et nos efforts pour faire avancer la cause de la paix ».

Les dirigeants des Partis démocrate et républicain, et pratiquement tous les secteurs des medias capitalistes, ont fait écho avec enthousiasme aux affirmations de Carter. Le journal onservateu US News and. Vorld Report a publié un édi torial intitulé « Fin d'une guerre de trente ans » dans son numéro du 9 octobre, alors que le journal libéral New Republic a déclaré sur sa première page, le 30 septembre : «Les historiens l'appelleront la guerre de trente ans... Elle s'est terminée par la signature d'un traité de paix entre Israël et l'Egypte en 1978.»

Quiconque veut avoir une idée de ce qui se passe effectivement aujourd'hui au Moyen-Orient ne devrait surtout pas s'arrêter à la rhétorique de Carter et aux applaudissement orchestrés par les mass-media. La signification réelle des accords de Camp David ne peut en effet être comprise qu'en partant des intérêts sous-jacents que Washington essaie de défendre./

IMPERIALISTE

En tant que carrefour stratégique entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe, le Moyen-Orient a toujours été un objectif très important de l'expansion impérialiste. L'importance militaire et commerciale de cette région s'est accrue avec l'achèvement du Canal de Suez en 1869. En 1882, les troupes britanniques ont débarqué en Egypte. Elles devraient y rester pendant 74 ans.

Avec la dépendance croissante des pays industrialisés par rapport au pétrole, un nouveau facteur est entré en ligne de compte. Dès juillet 1914, Winston Churchill, alors premier Lord de l'amirauté, déclarait au Parlement britannique «nous devons posséder, ou en tout cas contrôler, une partie au moins des sources d'approvisionnement en pétrole naturel dont nous avons besoin».

La Première Guerre mondiale donna aux Britanniques l'occasion qu'ils attendaient. L'Empire ottoman, qui couvrait la plus grande partie du Moyen-Orient, fit alliance avec l'Allemagne. En 1916, des négociations secrètes entre la GrandeBretagne et la France aboutirent à la signature du Traité Sykes-Picot et au partage du butin. La Palestine, l'Irak et la Jordanie devaient revenir aux Britanniques, la Syrie et le Liban aux Français.

Mais que pensaient les peuples de ces pays? Ils n'ont jamais été consultés.

Et quand les peuples arabes ont protesté, rappelant les promesses britanniques d'indépendance et le mot d'ordre brandi par les alliés de la « Guerre pour la démocratie», ce sont les armées française et anglaise qui leur ont répondus.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'impérialisme britannique a régné en maître sur le Moyen-Orient. En 1940, on estimait à 72% la part des réserves de pétrole contrôlée dans cette région par la Grande-Bretagne, alors que la part des Etats-Unis était de moins de 10%. Les termes mêmes de « Moyen-Orient» et d'«Extrême-Orient» font allusion à la position de ces zones par rapport à la Grande-BretaLE DECLIN DE LA GRANDE-BRETAGNE

Mais la Seconde Guerre mondiale annonça le déclin des vieux empires coloniaux. En 1944, Churchill télégraphiait plaintivement à Franklin Roosevelt : « Nous craignons ici que les Etats-Unis n'aient l'intention de nous priver de nos possessions pétrolières au Moyen-Orient...»

Et en effet, les réserves bri tanniques étaient estimées à 29,3% du pétrole moyen-oriental, alors que la part de réserves possédées par les USA s'élevaient à 58,6%.

Après l'embargo sur le pétrole de 1973, les régimes arabes ont pris le contrôle formel d'une grande partie de ces réserves. Mais en pratique, peu de choses ont changé. Les compagnies pétrolières contrôlées par les impérialistes continuent de diriger la production du pétrole, sont payées pour cela, prennent pour elles-mêmes une part garantie de cette production, et achètent la plus grande partie de ce qui reste à un prix fixé. La production, le raffinage, le transport et la vente du pétrole restent entre les mêmes mains.

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zone cruciale dans la concurren- danie pour stabiliser le régime

Harold Haines, président de la Standard Oil of California, déclara que le principal résultat du rachat par l'Arabie Saoudite de 60% de l'Aramco était que «les investissements en capitaux seront réalisés par les Saoudiens. Nous sommes relevés de cette responsabilité.» (voir le Time Magazine, du 11 septembre).

Cinq des huit plus grandes entreprises industrielles aux Etats-Unis sont des compagnies pétrolières - Exxon, Mobil, Teхасо, Standard Oil of California et Gulf Oil. Ensemble, ces compagnies ont un avoir de 117 milliards de dollars. L'an dernier, les 38 milliards de dollars d'avoirs d'Exxon étaient à peu près équivalents au budget national italien.

En 1977, comme chaque année depuis 12 ans, le magazine Fortune a constaté que les entreprises minières et celles qui produisaient du pétrole brut étaient, sur sa liste des 500 plus grandes compagnies industrielles, celles dont les ventes rapportaient le plus gros revenu.

Pour Washington, la question centrale du Moyen-Orient est de savoir comment maintenir son empire sur le pétrole de la région, qui représente 38% des importations pétrolières US et 57% de celles du Japon et de l'Europe de l'Ouest.

En même temps, le monde arabe est devenu un marché d'importance les pays impérialistes, et une ce militaire entre Washington et Moscou. DES PROCESSUS DANGEREUX

Lors d'une interview accordée au Bulletin of American Professors for Peace in the Midla préoccupation principale de Washington : «Il y a certains processus dangereux en cours dans la région, (...) en particulier, un processus latent de radicalisation des masses arabes.»

La domination coloniale directe des régions productrices de prétrole a dû cesser précisément à cause de la lutte des masses arabes, que Brzezinski cherche à mettre sous contrôle d'une façon ou d'une autre. En conséquence, une deuxième mé thode de domination impérialiste vit le jour : le soutien aux régimes néo-coloniaux dont la politique répressive vise à prévenir tout mouvement politique parmi les masses.

Washington poursuit aujourd'hui cette politique en Arabie saoudite et dans les divers Etats du Golfe. Mais toute l'histoire conde Guene regimes sont tra du Moyen-Orient depuis la Segiles.

La monarchie égyptienne a été renversée en 1952. Quand la monarchie irakienne a été renversée en 1958, les paras britanniques ont dû débarquer en Jordu roi Hussein, et les marines US ont été envoyés au Liban. Nous venons d'avoir la démonstration de la grande faiblesse du pouvoir du Shah dans ce pays-clé qu'est l'Iran. Y-a-t-il une raison de croire que la monarchie saoudite ne devra pas faire face un jour à de semblables oppositions de masse ?

Même les régimes arabes les plus flexibles sont coincés entre la pression de l'impérialisme et les revendications de leur propre peuple. Même le plus stable d'entre eux doit combattre la radicalisation des masses et la menace d'une insurrection populaire. C'est ce qui explique le lien entre Washington et Israël. UNE BASE CONTREREVOLUTIONNAIRE

Aucun fonctionnaire Département d'Etat, aucun officier d'Etat-major du Pentagone ne peut dire quel type de régime sera au pouvoir en Egypte ou en Arabie saoudite d'ici cinq ans. Mais il y a une chose au Moyen-Orient dont ils peuvent être certains : aussi longtemps que l'Etat d'Israel existera, 11 se ra toujours du côté de l'impérialisme américain contre la menace d'une révolution sociale dans le monde arabe.

Israël doit maintenir sa supériorité militaire dans la ré gion, car cet Etat fut constitué aux dépens des masses arabes malgré leur opposition. Mais les pays arabes ont beaucoup plus de population et de ressources qu'Israël. C'est pourquoi le régime sioniste ne peut que concontinuer à dépendre de l'aide de ses alliés impérialistes et du maintien des Etats arabes dans une situation de faiblesse et

Toute révolution qui mobiliserait et unifierait les masses arabes, qui ouvrirait la voie à la modernisation et au développement économique des pays arabes, menacerait automatiquement l'Etat d'Israël.

Ceux qui décident de la politique américaine peuvent donc compter sur une armée contrerévolutionnaire de 400000

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hommes de troupe au cœur du monde arabe. Quand il apparut, par exemple, que le roi Hussein risquait d'être renversé lors de la guerre civile en septembre 1971 en Jordanie, Tel Aviv et Washington se sont mis d'accord sur un plan d'invasion commun.

De plus, Israël a pu jouer un rôle bien au-delà des frontières du Moyen-Orient. Il a exporté pour 102 millions de dollars en armes en 1976 (alors qu'en 1967, ce chiffre atteignait 2 millions), et est maintenant le cinquième plus grand exportateur d'armes du monde capitaliste. Au lendemain de la récente guerre civile au Nicaragua, la correspondante du Washinton Post, Karen De Young, rapporte que : «le gros réarmement (du régime de Somoza) vient d'Israël, qui a expédié au moins 500 mitraillettes Uzi, 500 fusils d'assaut Galil, et cinq bateau de patrouille armés, ainsi que des munitions.» UN NOUVEAU PACTE DE BAGDAD

Du point de vue de Washington, le soutien qu'il porte aux régimes arabes réactionnaires et son alliance avec Israël ne sont que les deux faces d'une même politique, dont le but est d'empêcher les masses arabes de prendre en mains leur propre destinée.

En même temps, l'agression israélienne est l'un des facteurs qui mine continuellement la stabilité des régimes arabes pro-impérialistes. L'Etat sioniste -comme le système impérialiste lui-même - engendrent constamment colère et opposition chez les peuples qui en sont victimes.

Pendant les cinq dernières années - depuis la guerre d'octobre 1973 et l'embargo arabe sur le pétrole - les dirigeants américains ont cherché à intégrer de façon plus effective les deux piliers de la politique de Washington au Moyen-Orient. Les accords de Camp David, qui prévoient un traité formel entre l'Egypte et Israël, représentent un important succès pour l'impérialisme dans cette voie.

En fait, il semble que Washington essaie de redonner vie à l'idée d'un OTAN du Moyen-Orient. Pendant la guerre froide, une telle alliance connue sous le nom du Pacte de Bagdad, avait été effectivement mise sur pied. Mais le seul gouvernement arabe à s'y joindre avait été l'Irak, qui s'en était retiré après le renversement de la monarchie dans ce pays. Les tentatives d'inclure les régimes libanais et jordanien dans le Pacte de Bagdad ont avorté du fait de l'opposition de masse qui s'est manifestée dans ces pays.

Si Washington pouvait amener la Jordanie et l'Arabie saoudite à accepter le cadre général constitué par les accords de Camp David, on verrait naître la plus puissante alliance contrerévolutionnaire jamais vue aupa-

Moyen-Orient. Les gouvernements concernés ont certainement commencé à discuter des possibilités ainsi

Après le sommet de Camp correspondant du Washington Post, Jim Hoagland, notait dans un article du 27 septembre que : « les détails qu'une série d'autopsies approfondies des discussions secrètes (préparant les négociations de Camp David) ont permis de mettre à jour montrent qu'une évaluation commune à Carter, Sadate et Beguin du croissant danger soviétique et cubain en Afrique et dans le région de la Mer Rouge a aidé à créer le mouvement nécessaire à la signature d'un traité de paix...» «UN CADRE POUR LA PAIX » ?

Peu après que la guerre entre l'Ethiopie et la Somalie ait centré l'attention sur les développements de la Corne de l'Afrique, le New York Time du 26 mars, des « sources alliées qualifiées», révélait que l'aviation US avait utilisé la base israélienne d'Etzion, dans le Sinaï, pour « des vols de surveillance à longue portée sur la Mer Rouge, le Golfe d'Aden, le Golfe persique et les zones de l'Ouest de l'Océan indien.»

Le Times notait que Washington avait l'intention de continuer de tels vols, que la base reste sous contrôle israélien ou qu'elle soit rendue à l'Egypte.

En ce qui concerne l'Arabie le correspondant de lUS News and World Report, Dennis Mulling, indiquait le 2 octobre : « Elle est devenue un porte-avions américain, une aviation de guerre et d'autres équipements militaires dé jà en place, approvisionnés, entretenus, et manipulés par des Américains. Ces avions pourraient être utilisés par les Américains si le besoin s'en faisait sentir. Il suffirait d'y envoyer quelques pilotes américains pour obtenir, en fait, une base

«L'engagement américain à un niveau militaire dans cette région assurerait la protection des approvisionnements en pétrole et garantirait la sécurité d'Israël et de l'Egypte.»

Tel est le véritable «cadre général pour la paix au Moyen-Orient» de Carter.

Quand le Premier ministre israélien Menahem Beguin passé à la télévision avec Carter et le Président égyptien Anouar el Sadate pour annoncer les accords de Camp David, il a été jusqu'à comparer le sommet au Congrès de Vienne de 1815. C'est à ce congrès que la « sainte alliance» contre-révolutionnaire de la Russie, de la Prusse et de l'Autriche a été mise en place - une alliance dressée contre la révolution démocratique en Europe pendant plus de trente ans.

Rien de ce que Carter pourra mettre sur pied au Moyen-Orient ne survivra trente ans. Mais dans la mesure où son but est de s'opposer aux luttes des masses arabes et africaines pour la libération nationale et le progrès social, la comparaison de Beguin était vraiment appropriée. PAS DE CONCESSIONS ISRAELIENNES

Les régimes saoudien et jordanien désirent participer à ce type d'alliance contre-révolu-

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tionnaire. Mais, ils avaient espéré que l'accord d'Israel pour se retirer des territoires arabes occupés lors de la guerre de 1967 au Moyen-Orient, ferait partie du marché.

Cependant, les accords de Camp David ont renforcé les positions de Beguin à ce sujet. l'administration Carter a montré plus clairement que jamais qu'elle préférait à toute autre solution la poursuite de l'occupation israélienne sur la rive Ouest du Jourdain et sur Gaza.

Le correspondant du Washington Post, Don Oberdorfer, dans un article du 23 septembre, rapporte les propos d un haut fonctionnaire US dont il laisse clairement entendre qu'il s'agit du secrétaire d'Etat Cyrus Vance. « Quand on lui demannote Oberdorfer, s'il était vrai que les USA à Camp David avaient été d'accord pour soutenir les exigences israéliennes concernant le maintien de leurs troupes dans les garnisons de la rive Ouest, après la période de 'transition' de cinq ans, haut fonctionnaire répondit:

paraissait nécessaire, la réponse est oui, nous le fe-

«Un autre fonctionnaire US qui a participé aux réunions, déclara que les EtatsUnis comme l'Egypte était d'accord, que c'était 'à bon droit' qu'Israel faisait stationner indéfiniment ses troupes sur la rive Ouest, pour des raisons de sécurité.»

Lorsque les officiels US et israéliens parlent de « sécurité», ce dont ils parlent réellement, c'est des mesures qui peuvent le plus efficacement réprimer les masses arabes.

MOSCOU EVINCE

Il n'est pas surprenant que Moscou ait réagi avec colère à son éviction des négociations du Moyen-Orient et à la perspective d'une nouvelle alliance antisoviétique dans la région, sous la direction de Washington. Immédiatement après que les accords de Camp David aient été rendus publics, l'Agence de presse soviétique, Tass, les a condamnés comme «un complot contre les Arabes» et a dénoncé « la trahison de la cause du peuple arabe de Palestine» par Sadate.

Mais la vérité est que c'est précisément la politique de détente du Kremlin avec l'impérialisme américain qui a ouvert la voie au triomphe diplomatique de Carter.

La première rencontre au sommet Nixon-Brejnev a eu lieu en mai 1972. David Hirst a rapporté dans le Washington Post du 29 juin 1972 que peu avant cette rencontre, « des fonctionnaires soviétiques de haut rang» avaient expliqué à une délégation de communistes syriens que «l'Union soviétique n'apporterait pas son soutien aux Arabes pour des actions qui pourraient mener à une confrontation entre l'URSS et les Etats-Unis.»

Lorsque Brejnev a de nourencontré Nixon en juin 1973, le Moyen-Orient a été cité juste après le Vietnam par le dirigeant soviétique, comme un des « dangereux foyers de tension dans le monde». Les dirigeants du Kremlin se sont déclarés d'accord pour exercer des pressions sur les régimes arabes, afin qu'ils reconnaissent Israël comme faisant partie des peuplements du Moyen-Orient.

Spartak Beglov, un commentateur soviétique, a expliqué avec arrogance dans le New York Time du 29 juin 1973 que «les deux pays les plus puis sants ont clairement montré au monde qu'ils attendent des autres pays, grands et petits, qu'ils suivent leur exemple en adhérant à certaines règles de conduite...»

Mais Brejnev pensait que ces «règles de conduite» impliquait le maintien en l'état des sphères d'influence soviétique et américaine. Sur cette base, il était heureux de sacrifier les droits du peuple palestinien et les intérêts des masses arabes dans leur ensemble sur l'autel de la «coexistence pacifique» avec l'impérialisme.

Néanmoins, les choses ne sont pas passées comme Brejnev l'avait prévu. Comme l'auteur l'a expliqué dans un article du Militant du 3 mai 1974 :« en fait, au grand dépit des bureaucrates soviétiques, les coups portés au mouvement de libération palestinien et aux forces anti-imperialistes les plus mulltantes du monde arabe ont eu pour résultat un déplacement vers la droite de la politique au Moyen-Orient qui a commencé à menacer la position soviétique dans l'ensemble de la région. Il y a eu un renforcement dramatique des courants pro-impérialistes et une diminution du pouvoir de négociation sovietique. »

La politique du Kremlin, qui a aidé Sadate à se tourner vers Washington, a aussi contribué à la défaite des forces palestiniennes et de gauche dans la guerre civile libanaise. Moscou a refusé de mettre en question ses relations diplomatiques amicales avec le régime syrien, même quand l'armée syrienne est intervenue du côté des forces de droite au Liban.

Alors que le Kremlin se tenait à l'écart et cherchait à jouer les forces en présence l'une contre l'autre pour renforcer ses positions propres, la défaite des Palestiniens au Liban a contribué à créer l'atmosphère politique

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qui a permis à Sadate de se rendre à Jérusalem. LA CRISE DU LIBAN

Il n'y a pas de doute que l'impérialisme américain a acquis des avantages subtanciels au Moyen-Orient dans les cinq dernières années - des avantages qui ont été formalisés par les accords de Camp David.

D'un autre côté, il est déjà clair que les accords de Camp David paix. Ils ne permettront même pas de stabiliser la domination impérialiste, ce que Washington considère comme la «paix».

La crise du Liban en est l'exemple le plus frappant. Elle menace de mettre en pièces les accords au sommet avant même que Sadate et Beguin aient signé un traité. Et si un traité israélo-égyptien était signé, cela faciliterait l'engagement du régime sioniste dans des aventures au Liban ou contre la Syrie - des aventures qui pourraient ment provoquer une guerre gé-

La crise libanaise ne va pas non plus se résoudre. Les effets des tentatives israéliennes visant à briser dans ce pays les luttes de la population palestinienne, du combat engagé par la minorité maronite pour maintenir sa position privilégiée, et le poids des autres aspects de la lutte de classe au Liban, continueront de déchirer le Liban.

Sur la question palestinienne, les accords de Camp David ont fidèlement reflété les positions de Washinton. Il y aura toujours beaucoup de promesses vagues et de rhétorique, mais sur les questions centrales, Washington continuera d'appuyer le régime israélien jusqu'au bout.

Les USA doivent agir ainsi, car l'Etat sioniste reste le rempart le plus puissant et le plus digne de confiance de l'impérialisme contre la révolution arabe. Or, il est vital pour la stabilité d'Israël que la population palestinienne reste dispersée et qu'un Etat palestinien ne voit pas le jour.

L'incapacité de Washington à offrir même les concessions lion de Palestiniens vivant sous la loi israélienne et aux presque 2 millions de réfugiés palestiniens qui ont été chassés de leur terre et de leurs foyers par l'Etat sioniste montre que le conflit arabo-israélien continuera sans rien perdre de sa violen-

Les Palestiniens continueront à lutter contre l'oppression dont il sont l'objet; Israël continuera d'attaquer la population palestinienne dans les pays environnants, provoquant colère et indignation dans le monde arabe; les régimes arabes continueront à être coincés entre les menaces israéliennes et les exigences des masses réclamant qu'une action soit engagée contre l'agression sioniste. LES PERSPECTIVES DE L'EGYPTE

Que se passe-t-il en Egypte ? La signature d'un pacte entre Sadate et Beguin conduira-t-elle au moins à la paix et à la stabilité sur ce front ?

Il se peut que Sadate réussisse pendant un certain temps à séparer l'Egypte du reste des régimes arabes échapper à la confrontation avec Israël. Mais cela ne résoudra pas pour autant les problèmes de l'Egypte. Dans un discours à l'Assemblée du peuple égyptien, le 2 octobre, Sadate a déclaré que : «Nous sommes sur le chemin de la paix et sur le chemin de la prospérité». Mais les défenseurs impérialistes de Sadate savent très bien que l'Egypte n'est pas sur le chemin de la prospérité, et ils ont peur que ces promesses ne créent un effet boomerang.

Le jour du discours de Sadate, dans un article du Washington Post, Thomas Lippman, faisait le portrait d'un ouvrier égyptien contemplant le système de transport cahotique et arriéré du Caire. Les ouvriers qui ont la chance de ne pas faire partie du million de chômeurs d'Egypte passent des heures dans les transports chaque jour, pour aller à leur travail et en re-

«Quand il y aura la paix, cela ne sera plus comme cela », déles plus modestes aux 1,5 mil clarait l'ouvrier. « Tout ira bien».

Lippman poursuivait son récit en ces termes : « On pourrait multiplier ce type d'anecdotes, en provenance de toute l'Egypte, avec des variations sur le thème de la paix qui apportera la prospérité». Les 40 millions d'habitants de ce pays épuisé et réduit à la famine espèrent en la paix et pensent qu'elle leur apportera rapidement une vie. meilleure.

«Il y a des chances qu'ils soient déçus. »

« Les économistes, les banquiers, les hommes d'affaires et les dirigeants politiques sont d'accord pour dire que la paix avec Israël n'amènera pas de mieux immédiat aux masses égyptiennes.»

L'Egypte a une dette étrangère de plus de 13 milliards de dollars. L'équivalent aux USA serait une dette de près de 2000 milliards de dollars.

On a sans aucun doute promis à Sadate une aide américaine considérable lors des négociations qui ont conduit aux accords de Camp David. Mais il n'a pas le moyen d'obtenir l'aide qui serait nécessaire pour rembourser les dettes de l'économie égyptienne. FAMINE ET ACCROISSEMENT DE L'EXPLOITATION DES MASSES

Les mesures d'austérité imposées à Sadate par le Fonds monétaire international ont provoqué les émeutes massives de janvier 1977. L'ouvrier égyptien moyen gagne moins de deux dollars par jour, et dépend fortement des subventions du gouvernement qui bloque l'augmentation des prix de la nourriture, de lhuile de cuisine, et d'autres produits de première nécessité.

«Mais les bailleurs de fonds, y compris les Etats-Unis », note Lippman, « réclament de nouvelles réductions du déficit budgétaire, estimé à 1,3 milliards de dollars cette annee, et du déficit de la balance commerciale, qui serait de 2 müllions de dollars..»

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Famine et accroissement de l'exploitation des masses, telles sont les perspectives offertes au peuple égyptien par l'impérialisme. Ce n'est pas une recette de stabilité sociale.

De ce point de vue, il faut se demander ce que serait la réaction de Washington et de

Rapport Fausto AMADOR

Tel-Aviv si Sadate était menacé par une révolution en Egypte.

les impérialistes

Apres tout, etaient prets a envahir la Jordanie dans une situation similaire.

Or, plus Washington s'engage profondément

Moyen

Orient, plus ses investissements

- économiques et politiques -

Nicaragua

L'agonie d politique adopté par le Comité national de l'OST (Costa-Rica) le 24 septembre 1978

La montée des masses précipite la décomposition du régime et fait éclater en morceaux les délais, les rythmes et les marges de manœuvre dont ont besoin la bourgeoisie et l'impérialisme gagnent en complexité et en envergure, plus grand est le danger d'une intervention militaire US, et, avec elle, d'une troisième guerre mondiale.

Telle a été la signification réelle des accords de Camp Dau somozisme et le cours actuel de la révolution au Nicaragua indigène

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