La réalité de l'islam en Yougoslavie est largement méconnue. Le terme de "musulman" appliqué au peuple bosniaque est souvent empreinte de confusion. Nous reproduisons ici de larges extraits d'une interview d'Alexandre Popovic, réalisée par la revue El Qantara n° 6, éditée par l'Institut du monde arabe à Paris (1). DOCUMENT
• El Qantara : Pouvez-vous dresser un bref panorama de l'islam balkanique ? Ses origines, ses principales tendances, les différentes composantes des populations dans cette région que l'on appelle les Balkans...
Alexandre POPOVIC : Disons que l'islam balkanique s'est constitué après la conquête ottomane des Balkans, donc dans un cadre non propice à une adhésion nombreuse et massive des populations. Il existait tout simplement d'autres Etats, d'autres religions sur place. Soyons clair : personne n'a invité les Ottomans à s'installer dans les Balkans et personne n'a non plus invité les musulmans à venir s'y implanter. Mais il y a une chose très simple, que personne ne prend en compte, c'est que très rapidement, il y a eu des gens nés sur place dans le giron de l'islam et de l'empire ottoman et qui s'en sentaient naturellement les représentants. De la même manière que pour les autres, il était naturel de représenter les religions autres que celles de l'Islam. Les aspirations nationalistes à venir existaient déjà en germe à l'époque. Il y avait déjà un Etat serbe, un Etat bulgare, un Etat grec, etc.
A grands traits, on pourrait dire qu'il y a trois sortes de musulmans dans les Balkans. Il y a bien sûr les Turcs et tous ceux qui, d'une certaine façon, s'assimilaient et se présentaient dans la mouvance turque. Bien sûr, cela ne voulait rien dire au 14ème siècle mais, disons, des gens dont la langue était le turc. Il y a eu aussi les populations que l'empire ottoman a ame-
EX-YOUGOSLAVIE nées dans sa mouvance jusqu'à certaines régions des Balkans et du sud-est européen. La Roumanie et la Hongrie, qui ne font pas partie des Balkans, appartiennent à cette même mouvance de l'Islam rouméliote. Et enfin, il y a les populations autochtones islamisées. Celles-ci sont évidemment les plus intéressantes, mais probablement les plus difficiles à suivre dans leur évolution. Pour ce qui est des populations amenées dans le sud-est européen à des périodes diverses, il y en a une par exemple dont on ne parle absolument jamais, parce qu'il n'y a pas de trace écrite : ce sont les groupes de gitans
• Si l'on tente de faire le point sur ces trois composantes de l'islam balkanique, qu'est-ce que cela représente à peu près aujourd'hui quant à l'importance de ces populations ?
C'est très difficile à dire. Tous ceux qui avancent des chiffres précis mentent, soit par ignorance, soit par désir de gonfler les chiffres ou de les minimiser. Disons qu'un chiffre de l'ordre de six à sept mille serait proche de la réalité. Mais il faut préciser qu'il y a énormément de musulmans dans les Balkans qui sont non-pratiquants.
• Lorsqu'on fait un bilan sur deux siècles, que doit-on retenir des relations entre les différentes communautés ? Ces relations furent-elles pacifiques, ou les tensions, voire les affrontements ont-ils été prédominants?
Je pense qu'il faut regarder les choses en face. Tout d'abord, observer qu'au moment crucial de la naissance des nationalismes, les musulmans des Balkans se trouvaient dans une situation inextricable. Pour la simple raison que, dans la région, les nationalismes grec, serbe, bulgare ou autre se sont faits avant même la proclamation du nationalisme turc. Les musulmans des Balkans ne pouvaient donc se réclamer que d'une chimère, qui est l'oumma ottomane, à laquelle ils appartenaient sans en faire vraiment partie.
Ils avaient une appartenance et une référence, mais de façon plus ou moins précise. Ce n'était pas la même chose que d'appartenir à l'empire ottoman et de savoir le turc, langue de la culture et de l'administration, que d'être musulman de l'empire ottoman en ne sachant pas le turc. En 1878, au moment où la Bosnie-Herzégovine est vendue à l'Autriche-Hongrie par le sultan, les Autrichiens font toutes sortes de recensements : 2 % de Bosniaques et d'Herzégoviniens savent l'arabe, moins de 10 % savent le turc. La situation va donc être très délicate pour ces populations à partir du moment où les nationalismes environnants triomphent et opposent à ces groupes qui se demandent ce qu'ils vont devenir, d'une part un nationalisme étatique — grec, bulgare, serbe — et d'autre part leur propre religion.
• Revenons sur les relations entre les différentes communautés. Il y a effectivement l'affirmation de ces nationalismes. Comment cela se passe- t-il pour les musulmans? Il y a, je pense, des situations différentes selon les pays. Dans votre livre, vous notez les très graves violences liées à ces nationalismes. (...) Finalement, est-ce que cette région n'a pas toujours été explosive?
Il faut bien avoir à l'esprit une chose simple. C'est qu'il y avait avant tout une
1) Alexandre Popovic est auteur de L'islam balkanique : les musulmans du sud-est européen pendant la période ottomane (Institut an der Freien Universitat Berlin).
impossibilité de relations. Dans l'Empire Ottoman, les citoyens chrétiens ne pouvaient espérer jouer un rôle quelconque dans l'Etat — c'est-à-dire dans l'administration, dans l'enseignement et le reste — qu'à la condition de devenir musulmans. J'ajouterai que même dans les villes comme Belgrade, à la fin de l'époque ottomane, un Serbe orthodoxe ne pouvait jouer aucun rôle. Même les marchands n'étaient pas serbes. Les Serbes étaient surtout paysans. D'après les seules statistiques sur cet état de choses, réalisées au début de la période austro-hongroise en Bosnie-Herzégovine, 90 % des gros propriétaires terriens de la Bosnie-Herzégovine sont musulmans et 92 % des paysans, qui sont quasiment des serfs, sont orthodoxes. Alors, quand on me parle des liens idylliques entre tel ou tel groupe, j'ai quelques doutes.
• Il y a donc des réalités économiques et sociologiques qui sont prégnantes.
Quand on parle d'un phénomène tout à fait important pour la compréhension des choses — c'est-à-dire l'islamisation de ces populations —, on avance toujours des notions idéologiques, religieuses. Tout cela me paraît très minime par rapport aux réalités économiques. Il faut bien survivre. On le voit bien au moment où l'empire ottoman atteint ses limites et commence à perdre du terrain. Que constate-t-on ? Un durcissement de la situation pour les populations non-musulmanes des régions un peu plus au sud, c'est-à-dire en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. Et une seconde phase d'islamisation, parce que les populations chrétiennes n'ont pas les moyens de s'opposer à ces "pieds noirs" qui reviennent de plus au nord, et n'ont d'autre choix pour survivre que de faire islamiser d'office un de leurs fils.
• Ceci concerne l'époque ottomane, mais pour l'époque post-ottomane, les rapports de force s'étant inversés, la situation n'est guère plus favorable alors pour les musulmans.
Absolument. Un exemple entre mille : l'intelligentsia turque de Macédoine qui quitte en peu de temps les régions libérées ou conquises, comme vous voulez, par les chrétiens de Macédoine. Résultat : la population musulmane de Macédoine va se trouver dans une situation mille fois pire que celle de la population musulmane de Bosnie-Herzégovine, où l'intelligentsia musulmane était avant tout de souche locale, parlant le serbo-croate, et accaparée administratives constituant l'Etat de Bosnie-Herzégovine ?
étaient dépourvus de tout armement. (...)
sions. * par les nouveaux occupants qui étaient les
Autrichiens.
• Revenons sur cet islam balkanique. Peut-on parler d'un
Islam européen, c'est-à-dire un islam sécularisé, personnalisé ?
S'agit-il d'un islam sociolo-
La réalité pire que les prévisions
Le plan Vance-Owen a laissé dans l'ombre le véritable statut des "provinces" de Bosnie-Herzégovine comme celles de Mostar et de Travnik. Croates et Musulmans peuvent ainsi les revendiquer pour leur propre compte. Si la nature de ces découpages — provinces croates ou entités de l'Etat bosniaque ? - reste floue, la grande guerre entre Croates et Musulmans paraît alors inévitable. Les "provinces" sont-elles des semi-Etats nationaux ou bien des unités
La réponse à cette question n'a été apportée ni par ce plan, ni par la conférence internationale sur l'ex-Yougoslavie qui, jusqu'à présent, a traité ses "patients" en respectant leurs différences de sensibilité. La tâche de ses coprésidents était d'élaborer un texte qui laisse un espoir à la fois aux séparatistes et aux intégristes. C'est pourquoi le plan fourmille de définitions approximatives. d'un point de vue théorique, puisqu'il s'agit de documents pour la paix, cette approximation pourrait être considérée comme une qualité. Mais en pratique, les affrontements entre Musulmans et Croates, dans les provinces de Travnik et de Mostar, montrent où peut mener un tel manque de précision. Manifestement, les Croates estiment que ces deux provinces leur appartiennent, et la signature de Mate Boban le confirme. Les Musulmans, quant à eux, les considèrent comme des unités administratives de l'Etat de Bosnie-Herzégovine, et l'acceptation du plan par Alija Izetbegovic, notamment en ce qui concerne ces deux provinces, n'a pas d'autre signification. Si les "provinces" y sont conçues comme des unités administratives de l'Etat, alors celles de Mostar et de Travnik, ainsi que celle de Sarajevo, semblent les plus "bosniaques" de toutes. D'abord, elles n'étaient pas "ethniquement pures" avant la guerre, et, au cours du conflit lui-même, elles n'ont pas connu d'importants mouvements de populations. Ensuite, les Croates y sont légèrement majoritaires, mais le pourcentage et la répartition des Musulmans, qui forment la majorité des habitants de toutes les grandes villes, sont tels que toute faveur accordée aux Croates devrait être exclue.
Enfin, ce sont les régions qui ont été les moins touchées par la guerre, au moins jusqu'à présent, et leur réintégration dans le tissu économique de l'Etat devrait être relativement indolore. Or ces deux provinces ne peuvent pas être considérées indépendamment de l'ensemble du territoire : elles ne seront des unités administratives que si les autres le sont également, et si d'aventure quelques-unes d'entre elles deviennent des unités nationales, la même tendance se manifestera partout. Si le plan implique des divisions définitives, les provinces de Mostar et de Travnik ne sont pas viables. Les Musulmans ne peuvent pas renoncer aux villes où ils sont plus nombreux que les Croates, et qui symbolisent les moments les plus importants de leur histoire. Par ailleurs, si ces villes ne leur sont pas attribuées, les Croates n'auront pour eux que le désert rocheux herzégovin. Dès lors, si le plan Vance-Owen implique ces divisions, la grande guerre entre Musulmans et Croates est inévitable. Il faut savoir que certains milieux croates ont considéré la création de ces provinces comme "le plus grand succès de la politique croate du vingtième siècle". De toute évidence, on a voulu y voir la réalisation du rêve du président Franjo Tudjman d'agrandir la Croatie, comme c'était prévu en 1939. Mais, comme c'est souvent le cas avec Tudjman, cette estimation est mal fondée. Ce qu'a fait Milosevic peut lui servir d'avertissement : le monde ne reconnaîtra jamais ses conquêtes, et les Musulmans ne se rendront jamais. A la différence de 1939, les Musulmans sont un facteur incontournable, en dépit de leur infériorité matérielle et militaire par rapport aux Serbes et aux Croates. De plus, Tudjman se trouve dans une position plus délicate que celle des Serbes, car quand ceux-ci ont attaqué les Musulmans, ces derniers, surpris par l'attaque,
L'histoire des Croates et des Musulmans de Bosnie centrale, par-delà son cadre politique restreint, connaît aussi une dimension humaine plus vaste. En réalité, la guerre est entrée dans une phase qui dépasse tout ce qu'on a vu jusqu'à présent. Le déchaînement des tueries est quotidien. L'arrestation de civils, l'enlèvement de prétres, la destruction des lieux ce culte, les viols, les massacres, tout ceci est perçu comme habituel. (...) Contrairement à ce qu'on pourrait croire, tout ceci obéit à une loi : la réalité est toujours pire que la plus noire des prévi-
Tihomir LOZA, Oslobodenje, Sarajevo gique, d'un islam culturel ou bien d'un islam religieux, qui serait irréductible aux autres religions ? Quelle est la réalité de cet islam balkanique ? Il va sans dire qu'il y a de tout. Tout dépend de ce que l'on veut voir ou ne pas voir. Xavier Bougarel, qui est certainement celui qui au monde, en sait le plus
sur la question actuellement, est frappé par deux phénomènes, dont la presse occidentale ou orientale ne parle jamais. Le premier, c'est que dans tous les sondages concernant la religiosité des populations, les musulmans de Bosnie-Herzégovine viennent en dernier.
• L'islam est une référence lointaine, alors ?
Non, l'Islam est très présent dans la vie en tant que culture. Il était beaucoup moins présent en tant que sujet de combat, de revendication immédiate, bien que cela ait aussi existé. Le problème, rencontré à longueur d'année dans la presse musulmane officielle est à peu près celui-ci : elle se plaignait de ses mauvais musulmans. D'abord, ils buvaient beaucoup de raki, et puis ils ne venaient pas suffisamment à la mosquée, etc. Mais, parallèlement à cela, il y avait bien entendu les noyaux d'un radicalisme musulman religieux, d'une part, et d'autre part, d'un radicalisme musulman laïc. Le premier, sur lequel on ne savait pas grand-chose, existait à petite ou grande échelle, à droite et à gauche. Le second, en Bosnie-Herzégovine, a été créé par le Parti
Au moment où il fallait prendre le pouvoir dans les instances tiers-mondistes, les communistes yougoslaves ont joué à fond la carte des musulmans locaux. Et puis, comme toujours après l'écroulement d'un régime qui a duré pendant des décennies, il y a eu une amnésie générale en Yougoslavie sur toutes les combines du passé. Alors que chacun des différents groupes de population en Yougoslavie a affirmé qu'il était totalement opprimé par le pouvoir communiste et qu'il était anticommuniste en bloc. C'est faux. Les musulmans yougoslaves ont participé à la curée communiste comme tous les autres, au prorata de leur nombre.
• Vous parliez de deux éléments qui ont frappé Xavier
Bougarel. Le premier étant la faible religiosité, quel est le deuxième ?
Le deuxième, c'est comment cette faible religiosité a pu être, non seulement montée en épingle, mais comment elle est arrivée à souder les populations musulmanes. A cela, deux raisons : la première, c'est cette très forte influence des noyaux durs, qu'on pourrait appeler islamistes fondamentalistes, radicalistes, etc. La seconde, phénomène bien connu, c'est simplement une réaction à l'adversité des populations non-musulmanes du pays.
C'est valable un peu partout. On retrouve cela de façon identique, mais à une beaucoup plus faible échelle pour l'instant, en Bulgarie, avec les Pomaks, les Turcs locaux et les populations bulgares. On doit le retrouver d'une certaine façon en Grèce, en Thrace occidentale, dans les relations entre les populations locales. Mais, grâce au ciel, tout cela n'est absolument pas comparable avec ce qui se passe en Yougoslavie, et qui se passe avant tout pour une raison profonde que tous nos journalistes voudront toujours ignorer.
A savoir que pendant quarante-cinq ans, on a fabriqué une armée superpuissante dans ce pays-là, qui avait des conditions de vie supérieures au restant de la population, et qui était tout aussi bien serbe, que croate, que macédonienne, que slovène, que bosniaque. Et le jour où cette armée s'est trouvée sans emploi, elle a commencé à tirer sur les populations supposées adverses, entraînant derrière elle, pour des raisons nationalistes et religieuses, des pans entiers de la population.
• En 1986, vous observiez dans votre livre que c'est « l'appartenance ethnique qui l'emporte toujours » (...) Pourriez-vous toujours faire ce constat aujourd'hui alors que la guerre fait rage dans l'ex-
Yougoslavie?
Evidemment, au moment où un tel désastre a lieu, on ne peut plus le dire. Cela dit, le musulman de Bosnie comprend un Serbo-Croate de Bosnie. Il ne comprend pas un Albanais, qui est d'abord Albanais, et ensuite, éventuellement, musulman. Le musulman bosniaque n'a qu'une façon de se déterminer : il est musulman. Si les Serbes ou les Croates de Bosnie ont derrière eux un Etat, donc un ultime quelque chose, le musulman de Bosnie n'a pas cette base. Il a beau dire qu'il est sur son sol et sur son bien, on S'aperçoit qu'il peut être chassé de ce qu'il considère comme son bien. Pas par sa faute, mais en raison du cataclysme qui
• Quels sont les liens entre ces musulmans balkaniques et la
Turquie post-ottomane, ainsi qu'avec le monde arabe ?
C'est quelque chose de très délicat. Quoique vous en disiez, on vous donnera un exemple contradictoire. je vous citerai quelques exemples à travers les écrits des musulmans locaux. Les écrits des musulmans de Bosnie-Herzégovine, à partir de 1878, sont ceux de gens désemparés. Ils ne veulent pas croire que le sultan les a lâchés. Par la suite, petit à petit, on vous prouvera que les musulmans bosniaques étaient autonomes à l'intérieur de l'Etat ottoman. Un deuxième exemple est absolument frappant : celui des récits de pélerinage des musulmans des Balkans à La Mecque, qui sont un cri du cœur.
Au moment où ils sont en train de monter dans les autocars pour aller effectuer le pélerinage proprement dit, à la Kaaba, et quand ils voient la cohue, le laisser-aller qui peut s'installer dans ces carslà comme n'importe où au monde, la phrase qui revient, c'est : « Nous nous apercevons que nous sommes des Européens ! » Ce monde est le même sur le plan religieux mais il diffère sur le plan des habi-
• Donc il est légitime de parler d'un islam européen à propos de l'islam balkanique ?
Je ne sais pas. Ce sont plutôt des groupes de gens se disant musulmans qui se sentent plus européens que les autres, et pour cause, mais parler d'un islam balkanique différent de l'islam tout court, c'est autre chose. Cela voudrait dire que la façon dont l'islam est vécu est différente. Je ne le crois pas. Les musulmans bosniaques sont représentatifs de l'islam en général.
• Après cinquante ans de communisme, il y a selon vous une très forte destructuration des mentalités, qui explique une large part de la situation contemporaine.
Oui, et dont les acteurs d'hier continuent à bénéficier. C'est cette masse-là qui a été entraînée par eux. Ils se sont scindés en plusieurs groupes et chacun a enfourché le cheval du nationalisme et de la religion. Alors qu'hier, tous ces personnages étaient assis autour de la même table à manger la même soupe servie par le grand chef. Pour parler d'une autre région yougoslave, jamais un seul Occidental n'a dit une chose que tout le monde sait : c'est que le président de la république de Slovénie a été membre du comité central du PCY jusqu'à la dernière journée de l'existence de ce parti. C'est absolument la même chose dans toutes les républiques, sauf chez les musulmans, qui ont à leur tête la seule personne qui n'a jamais fait partie de l'etablishment communiste et qui est même allé en prison pendant un certain nombre d'années, M. Alija Izetbegovic.*
El Qantara, janvier-février-mars 1993