L'euphorie de l'intronisation de Bill Clinton, en janvier, a fondu comme neige au soleil. De nombreux observateurs s'attendaient à ce que le premier train de mesures économiques soit mis en œuvre sans rencontrer de grande résistance de la part du Congrès. Mais Clinton, perçu comme affaibli, n'a pas pu s'imposer aux démocrates ni faire en sorte qu'ils coopèrent de façon disciplinée. Incapable de défendre son propre programme de relance, inadéquat à en pleurer, face aux adorateurs du veau d'or de la réduction du déficit budgétaire, Clinton a vu ses plans tomber en lambeaux. Dianne FEELEY*
Yes premiers succès de l'administration Clinton se sont résumés à la signature d'une loi sur le congé parental à laquelle Bush avait opposé son veto à deux reprises, à l'annulation d'ordonnances de l'exécutif visant à restreindre l'accès des femmes à l'avortement et à l'annonce de la signature par les EtatsUnis du traité international de bio-diversité pour protéger les espèces menacées.
Par rapport au catalogue de mesures nationales annoncées, il s'agit de victoires mineures. Ce qui est étonnant, c'est la rapidité avec laquelle l'euphorie de l'intronisation de janvier est retombée. Un récent sondage Gallup pour CNN et USA Today indiquait que sa côte de popularité chutait de dix points, à 45 % — un niveau très bas pour un président si récemment élu. Tentant de retrouver l'initiative politique, Clinton a fait une tournée de discours dans trois grandes villes à la mi-mai.
Lors d'une conférence de presse, le 14 mai, il a répété : « Je suis en train d'accomplir des choses difficiles, qui sont controversées... Lorsqu'on essaye de changer des choses, il y toujours des gens pour (...) souligner les aspects négatifs des changements, sans en indiquer les
Je pense que le peuple américain est conscient d'une chose — que je suis de son côté, que je me bats pour changer les choses, et il comprend que ce n'est pas si facile... » (1).
Le président Clinton est de toute évidence déjà sur la défensive. Il a connu sa plus cinglante défaite le 21 avril 1993, lorsque les républicains du Sénat des Etats-Unis ont réduit à la portion congrue son programme de relance, déjà velléitaire, avec force manœuvres d'obstruction.
Capitulation sans combat
Clinton n'a pas pu — ou n'a pas voulu - organiser les forces démocrates du Congrès pour une épreuve de force décisive ; il s'est contenté de faire un compromis. Les 16 milliards de dollars de son programme sont devenus une enveloppe de 4 milliards, augmentant les allocations chômage pour chômeurs de longue durée.
Avant la fin du mois d'avril, Clinton a subi une autre défaite : son plan de réduction des impôts pour les entreprises afin d'encourager les nouveaux investissements — un plan qui n'avait pas l'aval des milieux d'affaires — a été achevé par une commission du Congrès.
Pour réduire le déficit budgétaire, il proposait un impôt sur l'énergie, qui, une fois en place, représenterait la plus forte augmentation d'impôts de toute l'histoire des Etats-Unis. Pour passer l'épreuve du Congrès, il a déjà dû l'amender considérablement. Si cet impôt va probablement être retenu par le Congrès, il n'en sera pas de même au Sénat.
L'échec récent de la nomination de Lani Guinier aux postes de commande de la division des droits civiques du département de la Justice l'a encore plus éclaboussé. Il s'est avéré être l'otage du droit de veto de la droite, a été incapable de mener une bataille politique sur quoi que ce soit, alors même que l'establishment politique africain américain, les défenseurs des droits civiques et les libéraux étaient prêts à se mobiliser pour le soutenir.
Le "crime" de Guinier (à l'aune des critères de correction politique de la droite) est imputable à ses vélléités de rendre la législation sur le droit de vote actuellement en vigueur, plus représentative des minorités. La vitesse à laquelle Clinton a écarté le débat public sur la faillite du système électoral actuel, que les auditions pour la nomination de Lani Guinier auraient pu susciter, a offert aux forces droitières une victoire sans combat. En conséquence de quoi, le Groupe parlementaire noir du Congrès a menacé de se révolter.
*L'auteur est membre de l'organisation socialiste révolutionnaire Solidarity et sympathisante de la Quatrième internationale.
1) Detroit Free Press, 5 mars 1993.
Clinton semble aujourd'hui sur la défensive sur tous les fronts. Début juin, des officiels de son administration ont annoncé qu'il avait décidé de repousser jusqu'à l'année prochaine l'augmentation du salaire minimum (aujourd'hui à 4,25 dollars de l'heure), et qu'il proposerait une augmentation inférieure à un dollar de l'heure de celle promise en janvier. Et pourquoi cela ? Parce que ses conseillers se sont rendus compte que la mesure cristalliserait l'antagonisme des milieux d'affaires et des conservateurs du Congrès.
Un pas en avant...
Bien qu'il ait annulé l'ordonnance qui interdisait les lesbiennes et les gays dans l'armée, il a autorisé le Congrès et la hiérarchie militaire à organiser des auditions tendant majoritairement à réclamer la maintien de l'interdiction. A la mi-mai, le congressiste Barney Franck, l'un des quelques représentants qui assument leur homosexualité, a appelé à un compromis rapide sur cette question... avant que le Congrès ne légifère !
La seule action décisive qu'ait prise l'administration a été l'utilisation du terrorisme psychologique et d'une puissance de feu impressionnante qui a débouché sur le massacre d'une secte religieuse à Waco, dans l'Etat du Texas. Pourtant, à la différence de certains autres fanatiques religieux, les davidiens, à notre connaissance, ne lancent pas de cocktails molotov sur les centres médicaux qui prescrivent des avortements et n'attaquent pas ceux qui les pratiquent.
Sur toutes les questions, Clinton est inspiré par les lumières du "réalisme". Il mène en ce moment la politique de Bush consistant à circonscrire Haïti de façon à ce que les réfugiés ne puissent plus fuir le régime militaire répressif ; il a renoncé à faire payer des taxes supplémentaires aux enteprises utilisant les terrains publics ; et il a repoussé à juillet 1993 la réforme du système de santé.
Le problème dominant auquel est confrontée l'administration - comme l'administration Bush avant elle - est l'économie des Etats-Unis. Nous sommes au milieu d'une "reprise sans emploi". Lors de toutes les autres reprises, les usines et les entreprises recommençaient à embaucher. Au bout de pratiquement deux années de reprise, la courbe du chômage est toujours plate. Les licenciements dans les grosses entreprises continuent et il y a toujours 7,3 % de chômage. A la fin des années 80, les grandes industries licenciaient des travailleurs mais les petites entreprises embauchaient au rythme de 175 000 par mois. En février 1993, l'économie a gagné 375 000 actifs, mais ce chiffre inclut aussi ceux qui travaillent à temps partiel, ou les travailleurs saisonniers.
A l'heure actuelle, les petites entreprises devraient accroître leurs embauches de 400 % pour ramener le taux de chômage à 6 %. Mais, lorsqu'il a émis l'idée de réduire les impôts sur le chiffre d'affaires d'affaires ont fait la sourde oreille.
Aujourd'hui, la force de travail est faible, divisée et mal payée. Le taux de syndicalisation dans le privé était de 12 % en 1992, contre 31 % en 1970. Un travailleur à plein temps sur cinq touche un salaire de misère. Le pouvoir d'achat du salaire minimum a chuté de 23 % dans la dernière décennie. Chez les jeunes travailleurs (ceux qui ont entre 18 et 23 ans), 43 % sont bloqués dans des emplois rétribués au salaire minimum. La majorité des 37 millions de personnes qui ne bénéficient d'aucune forme d'assurance sociale sont des travailleurs. Le travail à temps partiel augmente en flèche, il représente actuellement 25 % de la population active, mais devrait atteindre 40 % d'ici à la fin de la décennie.
...deux pas en arrière
Au tout début de son mandat, Clinton parlait de la nécessité de rebâtir l'infrastructure des Etats-Unis. Il évoquait une subvention pour les transports en commun, les autoroutes, la formation profesetc. Durant l'ère Reagan/Bush, les villes avaient été affamées, les aides gouvernementales réduites de 81 %, l'infrastructure de toutes les villes du pays était tombée en ruines. Pourtant, Clinton a déjà abandonné la bataille pour l'enveloppe de 16 milliards — si nous comparions aux sommes que les autres pays industrialisés dépensent pour leur infrastructure, nous réaliserions à quel point les ambitions abandonnées étaient dérisoires. Pour dépenser autant qu'en Grande Bretagne, il faudrait 100 milliards de dollars par an, pour soutenir la comparaison avec l'Allemagne il faudrait 200 milliards et avec le Japon 300 milliards.
Pendant 12 années consécutives, la droite a eu un ami à la Maison blanche. L'ère Reagan/Bush a permi aux riches de le devenir encore davantage, et ceux qui étaient chargés de faire respecter les droits civiques ont utilisé leur pouvoir pour les subvertir. Mais un tel profil n'est pas intrinsèquement nécessaire pour le nouvel ordre économique néo-libéraliste. Le néolibéralisme peut être appliqué, aussi bien par l'austérité des républicains les plus conservateurs que par les "sacrifices partagés" des démocrates avenants. Bill a mené campagne avec succès en dissociant les deux démarches ; mais maintenir une coalition gouvernementale sur la même ligne est un peu plus difficile.
Le fanatisme contre la rentabilité
Ainsi, les pires politiques anti-syndicales, anti-avortement et homophobes sont sur le point d'être infléchies par l'administration. Certaines de ces politiques étaient contre-productives du point de vue du capital. Après tout, il n'est pas rentable de dépenser des millions de dollars par an pour faire la chasse aux lesbiennes et gays dans l'armée ou pour limiter les possibilités d'avorter, et de contraindre ainsi les femmes à avoir des enfants non-désirés. C'est du gaspillage que de s'opposer aux aiguilleurs du ciel qui se sont battus pendant la décennie écoulée pour dénoncer leurs conditions de travail particulièrement stressantes ou de contraindre des travailleuses productives à quitter leur travail pour aller remplir leurs obligations familiales.
Ceci ne signifie nullement que l'administration souhaite ramener la situation à ce qu'elle était au début de l'ère Carter. Transformer une ordonnance sur l'avortement en son contraire ne recrée pas la situation qui prévalait en 1976. D'une part, la législation sur le consentement "parental" qui empêche les jeunes adolescentes d'exercer leur droit démocratique de contrôler leur propre corps, est toujours en vigueur. D'autre part, les femmes pauvres n'ont toujours pas la possibilité d'avorter. Au total, ce sont 20 % des femmes souhaitant avorter qui ne peuvent le faire.
Il y a quinze ans, lorsque quelqu'un travailleur était licencié, il était couvert par une assurance chômage (pendant six mois). Aujourd'hui, un tiers des travailleurs seulement a droit à cette couverture. Cette dégradation a eu lieu sous Reagan — c'est le fruit d'une politique gouvernementale délibérée et pas d'un accident de la nature.
Le monde a dramatiquement changé depuis le début de la précédente administration démocrate. La crise de surproduction n'est pas près de s'achever. Avec l'aggravation de la crise, les politiques économiques néo-libérales visant continuellement à restructurer le procès de production seront centrales. En débridant les forces de la compétition, le néo-libéralisme espère que la dévaluation de ce qui est faible va restaurer la rentabilité du plus fort.
L'opposition à l'Etat providence est l'élément par excellence de la continuité entre administrations républicaines et démocrates. Or 1 % du budget fédéral et seulement 2 à 3 % du budget de l'Etat couvrent approximativement 4,5 millions de familles qui reçoivent des allocations parentales. Et encore, Clinton a-t-il appelé à mettre un terme à « l'Etat providence tel que nous le connaissons ». La réalité est qu'au cours des deux dernières décennies, il y a eu une baisse de 27 % des allocations sociales réelles.
Clinton a proposé que les allocations soient limitées à deux ans, et que les stages de formation destinés aux allocataires soient multipliés par quatre. Alors que le problème vient du manque d'emplois et des bas salaires, ses propositions n'essayent même pas d'y répondre. Comme Reagan et Bush, il préfère diffuser l'image de la mère paresseuse et assistée par l'Etat providence plutôt que de se concentrer sur la création d'emplois.
Face à ce gouvernement, la question posée par les médias : « Est-ce-qu'ils nous ressemblent ? », est sans intérêt, on devrait plutôt se demander : « Ont-ils des solutions pour les travailleurs qui construisent ce pays ? ». Si les médias ont souligné que la nomination de plusieurs libéraux et millionnaires est dûe à une "schizophrénie contrôlée", il s'agit en fait d'un cabinet de centre-droit où la présence de quelques africains américains, chicanos et femmes n'enlève rien au fait fait que plus des trois quarts de ces membres sont millionnaires, plus que dans les cabinets de Bush et de Reagan (71 et 62% respectivement).
Clinton et son cabinet dissertent pour savoir comment les Etats-Unis vont recouvrer une pré-éminence, avec une force de travail qualifiée et productive, qui n'est pas du tout nécessaire sur le marché du travail d'aujourd'hui. Le Mexique a produit une force de travail qualifiée et productive à un moindre coût. Les schémas de cogestion avec la direction vont monter les travailleurs d'une usine contre ceux d'une autre (au sein du même syndicat), pour le plus grand bénéfice de l'entreprise.
Dans un marché mondial où la production décroît, les prises de décisions vont passer des Etats nationaux — cela vaut aussi pour les Etats-Unis — aux institutions multilatérales, telles que l'Accord général sur les tarifs et les échanges (GATT), la commission de règlement des conflits de l'Accord de libre échange de l'Amérique du Nord (NAFTA), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. L'accord de libre échange américano-canadien est révélateur : au Canada, la loi stipule que deux ans après la sortie d'un nouveau femme à celui d'incubateur.
sentants de groupes tels que "Opération sauvetage", les années 70 — mais le terrorisme n'a pas rencontré de résistance.
de ceux qui intimident les femmes et le personnel des cliniques.
cratiques pour défendre les cliniques et ceux qui y travaillent.
profit qui profite à une minorité. * médicament, les compagnies pharmaceutiques peuvent en copier le principe. En d'autres termes, les compagnies pharmaceutiques ne pouvaient pas prendre la population en otage, permettant aux Canadiens d'économiser environ 500 millions de dollars par an. Or, le nouvel accord développe un concept de "copyright intellectuel" qui transgresse la loi canadienne.
En dépit des protestations canadiennes, le gouvernement est incapable de barrer la route à l'accord. Ainsi, le système de santé canadien à remboursement unique, est menacé par de ces attaques.
Clinton pouvait délayer son programme tant et si bien que le Congrès aurait pu en adopter des éléments formels destinés à sauver les apparences, ou bien engager un combat basé sur un discours
Déclaration de Solidarity sur la défense du droit de choisir
Pour ceux qui ont protégé des cliniques des "opérations sauvetage", le meurtre du docteur David Gunn par Michael Griffin, devant le Service de santé des femmes de Pensacola, n'est pas très surprenant. Mais, les responsabilités de la mort du docteur Gunn ne se réduisent pas à celui
Nous tenons pour responsable la droite, qui a tenté de rendre l'avortement illégal. Ses partisans cherchent à dénier aux femmes le droit de prendre les décisions qui concernent leur propre corps — décisions qui ont des conséquences pour toute la vie. Ce faisant, la droite refuse aux femmes le statut d'être raisonnable et sexué. Elle élève le fotus au rang de personne née et relègue la
La rhétorique de la droite attise les passions lorsqu'elle qualifie l'avortement de "meurtre". Le journaliste de droite, Joseph Sobran, a pu écrire dans les colonnes du New York Times à propos de la mort du docteur Gunn que « le score est maintenant de 30 millions contre un ». Des repré-
"Sauver l'Amérique" et "Missionnaires pour ceux qui ne sont pas encore nés" ont alterné condamnations hypocrites et appels au soutien finan-
Mais (...) au-delà des tentatives pour grignoter le droit a l'avortement dans la loi, les anti-avortement ont engagé la guerre, bloquant l'accès aux cliniques, harcelant les équipes médicales et administratives. A la fin de l'été 1992, "Opération sauvetage" a distribué une affiche en forme d'avis de recherche représentant le docteur Gunn, donnant ses emploi du temps et numéros de téléphone. Rien qu'en 1992 on dénombre plus de 1 100 actes de violence graves contre des cliniques. Ce mode d'intimidation et cette terreur ouverte existent depuis ouverture de la première clinique, dans
Nous tenons les pouvoirs locaux, d'Etats et fédéraux responsables de la mort du docteur Gunn. Se dissimulant derrière les arguments de la droite, ils ont adopté une législation qui restreint l'accès des femmes à l'avortement : sous forme de réduction massive de la subvention fédérale allouée aux avortements (mais pas celles pour la stérilisation ou la natalité), puis de suppression des financement des Etats à l'exception d'une douzaine et à Washington. Aujourd'hui la législation sur le prétendu consentement parental figure dans la loi de 35 Etats sur 50, une période d'attente de 24 heures déjà en vigueur en Pennsylvanie et dans le Mississippi, a été approuvée par la Cour suprê me des Etats-Unis. C'est peut-être la Cour suprême qui a donné le feu vert à Michael Griffin en janvier 1993, en décidant que les tribunaux ne pouvaient pas invoquer la loi sur les droits civiques pour empêcher le blocus de cliniques d'avortements. Cette décision conforte la tactique terroriste
Nous devons défendre les cliniques et leur personnel contre toutes les formes d'intimidation et de violence. Nous exigeons l'adoption de la loi sur le libre accès aux cliniques soumise en 1993 à la Chambre des représentants (projet de loi n° 796), le renforcement de celle qui interdit le harcèlement du personnel et, dans les villes où "Opération sauvetage" prévoit d'inaugurer ses nouvelles méthodes d'intimidation et de traque cet été, nous appelons à la constitution de larges fronts démo-
Nous exigeons que les gouvernements locaux, d'Etat et fédéraux stoppent leurs tentatives de restreindre l'accès des femmes à l'avortement par l'adoption de lois contraignantes, qu'ils renforcent la législation en faveur de l'avortement et que soit rétablie la subvention fédérale qui permet aux femmes de mettre en pratique leurs décisions dans le domaine de la reproduction. Nous appelons à une réforme complète du système de santé, sur le modèle d'un système à payeur unique, comme au Canada, qui garantisse l'accès universel. Dans un tel cadre, nous exigeons que tous les besoins médicaux des femmes soient assurés, y compris par l'éducation sexuelle, l'accès à l'avortement, les soins prénataux et l'existence d'une médecine préventive. A cette fin, nous devons trouver des alliés chez tous ceux qui placent les besoins humains au-dessus d'un système du toutpopuliste. Mais comme il redoute de voir les gens se battre pour leur intérêts, il a logiquement choisi la capitulation tout en sauvant la face. Prise à son propre piège — notamment celui de la logique de réduction du déficit dans une période de récession prolongée —, l'administration Clinton est peut-être entrée dans sa phase de désintégration. S'il est trop tôt pour présager de son irréversibilité, il est d'ores et déjà évident qu'elle n'est pas une amie du mouvement, qu'elle n'appliquera pas de programme courageux de reconstruction économique. Plus tôt le mouvement ouvrier, les minorités et le mouvement des femmes le comprendront, le mieux ce sera. * Detroit, le mai 1993
----- photo credits and running heads -----
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