Avant que les incendies de 1992 n'aient dramatiquement révélé le pourrissement de la situation, Los Angeles était considérée comme le modèle de la vie urbaine aux Etats-Unis. Evelyn SELL
In remplaçant Ellis Island à New York en tant que premier port d'immigration, la ville était devenue la plus multi-ethnique du pays, et donnait un aperçu des changements démographiques à l'échelle du pays.
Selon le recensement de 1990, la ville était peuplée à 40 % de Latinos, 37 % de Blancs anglophones, 13 % d'Afro-américains et 10 % d'Asiatiques. Elle renfermait la plus grosse concentration de Mexicains à l'extérieur de leurs frontières, la plus importante communauté salvadorienne après la ville de San Salvador et les plus importantes communautés de Chinois, Coréens, Philippins et Taïwanais des USA. Le système scolaire de la ville donne une idée de ce que sera la composition de la population de demain.
A peu près cent langues différentes sont parlées par les étudiants, dont 60% sont Latinos, 16 % Afro-américains, près de 15 % Blancs anglophones et 6 % Asiatiques. Sous l'impact de l'afflux d'argent et de nouveaux peuples à la fin des années 80, Los Angeles a été nommée la "capitale de la côte Pacifique".
Le Los Angeles Times, qui a vanté la mondialisation de Los Angeles, a malheureusement rendu compte des "premières émeutes multi-ethniques" de l'histoire des Etats-Unis, à la suite de l'explosion de colère du 29 avril 1992, qui a suivi l'acquittement des policiers accusés d'avoir battus Rodney King. Le seul aspect inhabituel de cette bastonnade policière réside dans le fait d'avoir été filmé par la vidéo d'un passant et rediffusé dans le monde entier. Si les événements de Los Angeles sont un indicateur de l'avenir, ce qui s'est passé durant l'année qui vient de s'écouler présage un destin bien sombre au pays. Rien de substantiel n'a été fait pour améliorer les conditions qui ont déclenché les événements de l'année dernière.
• la violence policière à l'encontre des Afro-américains, des Latinos, des Asiatiques, et des personnes de couleur en général, continue de plus belle. La police multiplie les démonstrations agressives, elle a procédé à des exercices d'entraînement anti-émeutes très médiatisés, et a acheté pour un montant d'un millions de dollars d'équipements d'intervention, y compris des bombes lacrymogènes. Un article nouveau, les balles de caoutchouc dites "briseuses de genoux" ont déjà été utilisées par la police contre des Afro-américains à South Central, le ghetto noir de Los Angeles le 14 décembre 1992. Un avertissement sous-estimé
Les policiers ont prétendu avoir dispersé une foule indisciplinée, mais en fait ils ont attaqué des Noirs qui distribuaient un tract en faveur d'un comité de défense, des commerçants et des habitants sur le
Après que des travailleurs du bâtiment aient été battus par la police, en juillet 1992, le dirigeant de l'Association des travailleurs immigrés en Californie a expliqué : « Dès que les travailleurs latinos s'organisent, dèsque les étudiants latinos manifestent, nous avons affaire aux discrimination, à la violence et aux arrestations arbitraires ». Le 11 mai 1991, la police municipale a brutalisé et arrêté des étudiants qui manifestaient pour un Département d'études chicanos à l'Université de Californie-Los Angeles (UCLA).
• Le taux de pauvreté et la courbe du chômage continuent d'être plus élevés que dans les autres Etats — un élément important puisqu'un Américain sur dix vit en Californie, et que l'Etat contribue au PNB à concurrence de 14 %. L'étude la plus récente montre que le taux de chômage en Californie et passé à 8,7% en mai 1993. Il est supérieur au taux national (6,9 %) et c'est le taux de chômage le plus élevé des 11 Etats les plus grands, étudiés dans un rapport gouvernemental. La ville de Los Angeles accuse un taux de 9,1 %, supérieur donc à celui du reste de l'Etat.
La pénurie d'emplois est à la source de conflits entre communautés ethniques et raciales, comme en témoignent les tensions causées occasionnées par la question de savoir à quelles firmes reviendraient les contrats et quels travailleurs seraient engagés pour démolir les immeubles ravagés
Des manifestations menées par des organisations d'afro-américains ont valu plus de contrats aux compagnies possédées par des Noirs et quelques emplois aux Afro-américains. Mais les reportages des médias ont fait état des commentaires de Coréens et de Latinos qui se plaignaient d'avoir perdu leurs emplois, alors qu'eux aussi sont des habitants pauvres des quartiers défavorisés du centre-ville.
• C'est la crise budgétaire la plus sévère que la Californie ait connue depuis la grande dépression de 1930, en raison des coupes claires dans les services publics vitaux comme les programmes sanitaires et sociaux, le système scolaire et universitaire, les hôpitaux psychiatriques, les installations de loisirs et les services destinés aux personnes âgées, aux handicapés et
La clinique de santé communautaire de Los Angeles, au service des plus pauvres de la région, a dû réduire ses horaires d'ouverture après que l'Etat ait diminué de 10 millions de dollars les fonds destinés aux soins des nouveaux immigrants. Le centre médical, Martin Luther King Jr, construit après la révolte de Watts de 1965, qui est le seul legs positif de la révolte noire, a subi des réductions drastiques et il est menacé de fermeture.
• Les quartiers aux forts taux de chômage et aux grandes concentrations de populations de couleur et de communautés
non-anglophones connaissent les pires conditions de logement, des écoles surchargées, une voirie défectueuse, moins d'espaces récréatifs, une grande détérioration des services publics et la multiplication d' accidents écologiques. Les pratiques discriminatoires ont pour résultat des taux d'assurances plus élevé pour les propriétaires de voitures et les petits commerçants.
Une étude sur l'alimentation dans le centre des villes, réalisée par l'UCLA a trouvé les coûts de la nourriture les plus élevés et l'accès à l'approvisionnement le plus difficile dans une communauté de South Central qui s'étend sur 2 miles carrés (1). Des familles y ont un revenu inférieur de moitié à celui du revenu moyen de l'agglomération. En comparaison avec les banlieues étudiées, ces familles les plus pauvres paient 300 dollars de plus par an pour acheter la nourriture de première nécessité recommandée par le gouvernement fédéral. Un tiers des foyers n'ont pas de voitures et beaucoup d'habitants doivent prendre deux bus pour aller dans une grande surface. Ces difficultés d'accès obligent les habitants à se rabattre sur de petits magasins dont les produits sont de moindre qualité, d'où la recrudescence de maladies dûes à une mauvaise alimentation. L'étude portant sur toute l'année montre que 27 % des habitants n'ont pas assez d'argent pour couvrir leur frais de nourriture et que leurs familles souffrent de la faim cinq jours par mois.
Les éléments de crise croissante — combinés avec d'implacables injustices dans le système légal, du travail, et dans tous les aspects de la vie quotidienne — étaient bien connues, et bien avant la dernière explosion de frustration et de protestation de l'été : « Après avoir négligé pendant des années la misère cachée des villes de l'intérieur, le pays a sursauté à l'appel du réveil sanglant. Des éléments raciaux et de classes se sont mêlés pour flamber avec un terrible caractère explosif» (2). La faillite du gouvernement
Les politiciens ont aussitôt promis qu'une aide serait débloquée, mais jusqu'à présent très peu s'est matérialisé. Bush, en campagne pour sa réélection a déclaré Los Angeles, zone sinistrée, lors de sa visite dans la ville, une semaine après l'extinction des incendies et de la fin de l'état d'urgence. C'est la première fois qu'on donne à un trouble de l'ordre public un nom d'ordinaire réservé aux inondations, cyclones, tremblements de terre et autres catastrophes naturelles. Devant officiellement recevoir une aide de la Agence fédérale pour les urgences (FEMA), les habitants de Los Angeles et les officiels de la ville se sont aperçus que les actions de la FEMA ont plus gêné les efforts de reconstruction qu'elles n'y ont contribué. Par exemple, les autorités fédérales ont restreint les programmes de réparations aux seuls dégâts des incendies, elles se sont dérobées devant le remboursement à l'Etat de Californie de plus d'un million de dollars dépensés dans la mise sur pied de 10 centres d'accueil des sinistrés, dans l'édification de palissades de protection des zones à démolir. Les autorités fédérales manquaient de personnel bilingue, et n'ont pas su déployer une campagne de relations publique appropriée.
Les règlements gouvernementaux ont empêché beaucoup de gens d'avoir accès aux programmes d'aide déjà en place. Par exemple, les règles de distribution de tickets de rationnement excluaient beaucoup d'habitants âgés ou handicapés. Des militants associatifs ont fait remarquer que beaucoup de travailleurs et de pauvres ne recevaient pas d'aide parce que les campagnes d'information initiales étaient plutôt destinées aux propriétaires de fonds de
Les ouvriers qui travaillaient à réparer les dégâts ont expliqué que beaucoup de gens n'ont pas demandé d'aide par crainte d'être dénoncés aux services de l'immigration. Sage précaution : pendant les événements du 29 avril au 2 mai, le département de police de Los Angeles a collaboré avec les services de l'Immigration et des naturalisations, en effectuant des perquisitions à domicile (la plupart chez des originaires d'Amérique centrale) et en installant dans des centres de détention dans les quartiers généraux de la police locale. En novembre 1992, 1 100 personnes ont été expulsées.
Le secrétaire au Logement et au Développement urbain a visité Los Angeles en juin 1992 et déclaré que la ville recevrait 137 millions de dollars provenant des fonds fédéraux. Lorsque les élus municipaux ont effectué les calculs, ils se sont aperçus que cet argent avait été affecté à des projets de logements. Ce n'était pas une aide nouvelle ou supplémentaire.
Ce type de supercherie n'a cessé d'être utilisé. Des subventions et des prêts fédéraux, pour un montant de 195,2 millions de dollars, ont ainsi été convertis en fonds préalablement livrés ou bien étaient affectés uniquement aux urgences. Aucune des sommes promises ne l'avait été pour aider à un redressement économique à long terme, alors que le manque d'emplois est dramatique, qu'il faut améliorer les conditions de logement et d'enseignement, pourvoir la ville en transports publics et en centres de protection infantile, et réparer les infrastructures en général.
La ville, l'Etat et les autorités du comté de Los Angeles n'ont pas su apporter l'aide nécessaire. Le 2 mai 1992, un prétendu organisme à but non-lucratif, nommé "Reconstruire Los Angeles" (RLA), a été lancé. Son mandat impératif était de diriger la reconstruction de la ville. Pour mener à bien cette campagne ambitieuse, Peter Ueberroth, un homme d'affaires connu, a été désigné par le maire. La direction était censée représenter la diversité raciale et ethnique de la population aussi bien que ses différentes communautés. Mais le conseil d'administration étaient plutôt rempli de membres de l'appareil de l'Etat et de la municipalité, et des industriels les plus en vue. Il y avait bien quelques afro-américains, des latinos et des asiatiques américains, mais la repré• sentation ouvrière y était quasi-inexistante. "Reconstruire Los Angeles"
L'objectif de RLA était « de rassembler les compétences et les ressources des associations, du gouvernement et du secteur privé pour réaliser le changement en créant de nouveaux emplois, des possibilités économiques et la fierté dans les zones trop longtemps négligées de notre grande Los Angeles ».
Les premiers apports de fonds sont venus d'une société publique et d'une grande banque. IBM a offert les ordinateurs et le matériel de bureau. Le département du Commerce des Etats-Unis a fourni 3 millions de dollars pour les dépenses initiales. RLA était assurée de pouvoir fonctionner pendant cinq ans mais la couverture du projet en lui-même n'a pa eu autant de chance. Des sommes importantes ont été annoncées mais il s'avère que les promesses ne se sont pas traduites par des programmes d'assistance réels.
Les premiers engagements s'élèvent à 400 000 dollars venant d'industriels étrangers. En octobre 1992, Ueberroth a annoncé des investissements de plus d'un milliard de dollars en provenance de 500 compagnies américaines, européennes et japonaises (Honda, Ford, Dow Chemical, Coca-Cola ou British Airways). Une enquête du Los Angeles Times de novembre 1992 a révélé que beaucoup de sociétés citées en tant que donataires ne l'étaient pas réellement. Même si les engagements avaient été tenus, cela n'aurait pas été suffisant. Des estimations fournies lors de la première réunion de direction de RLA en juillet 1992 ont fait état des
1) Los Angeles Times, 11 juin 1993.
2) Newsweek, 11 mai 1993.
besoins en termes de redémarrage économique des zones sinistrées ou laissées pour compte de la ville : ils s'élevaient à 6 billions et supposaient la création de 75 000 à 94 000 emplois. L'objectif initial d'Ueberroth portant sur la création de 57 000 emplois était de loin dérisoire.
Un rapport interne de RLA, présenté lors d'une réunion de son comité directeur en avril 1993, a abouti à la conclusion que la reconstruction avait été mal faite et que la ville avait utilisé RLA pour « rationaliser son inaction » et pouvoir répondre aux enquêteurs éventuels « Nous pensions que RLA s'en chargeait ». Accusations et contre-accusations furent échangées lors de la réunion du Conseil municipal du 11 mai 1993. Des élus ont reproché à RLA de ne pas coopérer avec les politiciens locaux qui faisaient tout pour inciter les industriels à investir dans le centre-ville, d'ignorer la commission municipale ad hoc de reconstruction, et d'avoir engagé des crédits sans garanties d'ouverture effective de commerces.
Les membres de la direction de RLA ont rétorqué qu'ils avaient assuré pour un montant de 500 millions d'investissements dans le centre-ville, assertion qui n'a jamais pu être explicitée ou justifiée dans le détail. Environ une semaine plus tard, Peter Ueberroth démissionnait de la direction de RLA, tout en restant membre de son comité directeur. A l'occasion d'une conférence de presse, le 21 mai 1993, il a expliqué qu'il était devenu la cible de critiques incessantes qui ont détourné l'attention de RLA et de ses activités.
Qu'a vraiment réalisé RLA ? En avril dernier, l'agence a annoncé le lancement de deux projets : une société de financement pour subventionner les petites entreprises des zones sinistrées au cours des événements de 1992 (RLA Community Lending Corporation), et la mise sur pied d'un "téléphone rouge" pour permettre aux milliers de volontaires d'être reliés aux groupes associatifs de quartiers.
Contributions non-gouvernementales
RLA a également lancé 14 programmes de formation pour les travailleurs, et a reçu dernièrement des crédits lorsqu'une importante chaîne de supermarchés a fait part de son intention de construire quatre nouveaux magasins et de créer 500 emplois dans les quartiers pauvres de Los Angeles et des communautés environnantes.
L'aide immédiate, telle que la collecte et la distribution de vivres, a été organisée par des associations de quartier, caritatives, étudiantes ou religieuses. Quoique limitée par une absence d'instance de coordination centrale, ces efforts ont constitué une réaction saine à des problèmes urgents et ont posé les jalons de relations de coopération sur des bases multi-ethniques. Des projets à long terme ont été lancés par des individus et des associations récentes. Un couple d'afroaméricain, a créé un projet qui a donné des emplois à 500 adolescents et jeunes.
Un pasteur coréen de l'Eglise méthodiste unifiée a ouvert un organisme de distribution de nourriture et d'hébergement (Korean American Food & Shelters Services) au profit de toutes les personnes nécessiteuses, sans considération de race ou de nationalité. Hands Across Watts, un regroupement de plusieurs bandes de jeunes (principalement issus des logements sociaux) a proposé des activités de loisir aux jeunes (..) L'année dernière, 26 millions ont été réunis ou promis par des organismes religieux. « Des choses nouvelles se sont produites en ce qui concerne le logement des foyers à bas-revenu et les centres d'accueil des jeunes. Les églises ont appuyé financièrement des programmes d'aide des syndicats ou des entreprises, qui proposent aux habitants du centre-ville, talonnés par les problèmes d'argent, des facilités de crédit et des conseils de gestion Il y a eu des distributions de nourriture et des veillées de prière, des conseils de crise et des échanges de prédicateurs. La coopération entre chrétiens, juifs et musulmans a été exemplaire, ont affirmé des membres du clergé » (3).
Les chefs religieux, entre autres, disent que les raisons profondes du soulèvement sont toujours là. Un groupe multi-racial de militants associatifs communautaires a publié un rapport le 27 avril 1993 réclamant une augmentation des subventions gouvernementales aux programmes sociaux, à la création d'industries non-polluantes, aux programmes de logement et des dispositions pour « Reconstruire Los Angeles de bas en haut».
Lorsqu'on leur a demandé comment ces projets seraient financés, ces militants ont répondu qu'ils devraient l'être par des augmentations d'impôts sur les entreprises et les riches, qui ont bénéficié d'une multitude de réductions d'impôts dans les années 80.
Le porte-paroles d'une association a expliqué que beaucoup de gens ont poussé « un soupir de soulagement collectif » quand le calme est revenu après le procès des officiers de police accusés d'avoir violé les droits civiques de Rodney King mais que « peu de progrès ont été réalisés contre l'exacerbation de la polarisation raciale ou de la compétition économique ».
Les dirigeants des communautés de Los Angeles ont applaudi à l'élection de Clinton, en espérant que la nouvelle administration reconstruirait les centres urbains dévastés, mais la politique et les mesures engagées par Clinton ont révélé que son intention était de soutenir les intérêts des industriels au détriment de ceux des travailleurs et des plus démunis. Le 10 juin 1993, deux jours après son élection à la municipalité de Los Angeles, Richard Riordan a conduit une délégation au siège du gouvernement de l'Etat. Le gouverneur Wilson et les législateurs de l'Etat ont été pressé d'épargner Los Angeles des réductions budgétaires.
De tristes perspectives
La délégation a reçu des témoignages de sympathie, mais pas la moindre aide. Le gouvernorat a invoqué le déficit budgétaire. Le 11 juin 1993, les responsables de Los Angeles ont décidé de réductions budgétaire d'un montant de 1,6 milliard de dollars dans les services hospitaliers, les institutions psychiatriques, la protection contre les incendies, les organismes pour les enfants, les bibliothèques, les espaces verts, les instances chargées du respect des lois, entres autres services. En tant que plus gros employeur de Basse Californie, le district a annoncé des licenciements qui vont mettre au chômage des milliers de personnes supplémentaires.
Il n'y a aujourd'hui, à Los Angeles, aucune force organisée qui ait l'autorité, la capacité et la détermination de mobiliser pour les batailles nécessaires. Pourtant des luttes ont été entreprises par les travailleurs immigrés qui ont gagné une reconnaissance syndicale et de meilleurs contrats de travail, par les Afro-américains dans leur résistance aux violences policières, par les étudiants contre les augmentations des droits d'inscription dans les universités et les réductions budgétaires dans l'enseignement, par les militants associatifs latinos qui ont imposé un centre des études chicanos dans l'UCLA et par les fonctionnaires qui protestaient contre la réduction des subventions aux quartiers et ont fait grèves pour leurs conditions de travail.
Ces efforts montrent que la combativité et la conscience existent au sein de la classe ouvrière, des "personnes de couleur" et des groupes opprimés. Il faudrait unifier les luttes pour rassembler les forces nécessaires à la réalisation des objectifs communs des groupes engagés dans plusieurs batailles de résistance.
Los Angeles, 12 juin 1993
3) Los Angeles times, 9 juin 1993