Il existe une longue tradition de solidarité et de contacts internationaux entre syndicats, mais la création d'organisations syndicales internationales est assez récente. C'est en 1945, au sortir de la guerre, qu'a été créée la Fédération syndicale mondiale (FSM) qui a vécu pendant quatre ans une période d'unité fragile au sein d'une structure internationale unique, avant que les tensions politiques Est-Ouest ne se traduisent par une scission.
En 1949, sous la pression de la fédération étatsunienne du travail (AFL-CIO), les syndicats « non-communistes » ont quitté la FSM pour former la Confédération internationale des syndicats libres (CISL)1. À de nombreux égards, le mouvement syndical international a été le premier champ de bataille de la guerre froide.
Lorsque, en mai 1983, le Syndicat national des travailleurs des mines britannique (NUM) a quitté la Fédération internationale des mineurs de la CISL (MIF)2pour contribuer à la formation de l’Organisation internationale des mineurs (IMO), cela a été salué par ses partisans comme la première fracture dans le « syndicalisme » de la guerre froide. D’après le Financial Times de Londres, cela constituait, pour la première fois depuis 30 ans, une brèche « dans le rideau de fer qui séparait les fédérations syndicales des pays communistes et leurs alliés de l’ensemble de celles qui opéraient dans le cadre des économies de marché du reste du monde »3.
Alors que la CISL n’a jamais eu de raison réelle de se sentir menacée — l’IMO n’était après tout qu’une organisation sectorielle —, il est évident que sa direction a connu des moments de frayeur. En mars 1985, juste avant le premier congrès de l’IMO de septembre de la même année, le Syndicat des travailleurs des transports et généraux britannique (TGWU) a organisé une conférence des syndicats de Ford. La Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie de la CISL s’est âprement opposée à cette réunion sous le prétexte qu’elle impliquerait des syndicats d’affiliation « communiste » des usines européennes de Ford. Le dirigeant du NUM, Arthur Scargill, avait ouvertement fait des propositions concernant l’affiliation des branches de l’industrie électrique, du pétrole et de la chimie du TGWU à l’IMO.
Activement « non-alignés »
Si cela s’était produit, le retentissement des initiatives du NUM — concernant l’unification des forces syndicales « non-alignées » — aurait été bien supérieur. Il aurait peut-être suffi qu’un ou deux syndicats nationaux supplémentaires adhèrent à l’IMO pour qu’une dynamique réelle de changement soit enclenchée. Mais le NUM a quitté la MIF seul, et tandis que les syndicats de la FSM dissolvaient leur propre fédération de mineurs pour rejoindre l’IMO, cette nouvelle organisation n’a jamais dépassé les effectifs de son noyau initial.
Par contre, ce qui a pris une importance durable, c’est la centralité nouvelle de fédérations syndicales militantes dans le tiers monde : le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), la Centrale syndicale unique brésilienne (CUT), le Mouvement du premier mai philippin (KMU), le Congrès des syndicats coréens (KCTU) et l’Organisation de l’unité des syndicats africains (OATUU) au niveau continental. Nombre des syndicats constituants de ces fédérations, le NUM sud-africain par exemple, ont été perçus comme un ingrédient de premier ordre si l’IMO venait à se renforcer. Leur importance a également été reconnue par la CISL, même si c’est, bien sûr, pour des raisons différentes.
Pourtant, malgré le statut de non-alignement de l’IMO et, en raison de l’influence personnelle de Scargill, de son orientation générale plus radicale, ces syndicats ont maintenu leurs distances4.
Alors que ces « nouveaux » syndicats ont préféré, pour de bonnes raisons, rester neutres, ils ont développé des relations avec les secrétariats syndicaux spécifiques liés à la CISL5. La Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie a, par exemple, expliqué clairement que ses affiliés perdraient leur qualité de membres dès lors qu’ils adhéreraient à l’IMO. Les divisions du mouvement syndical international ne pourraient disparaître qu’aux conditions posées par la CISL, ce qui impliquerait évidemment une défaite de la FSM. Pour ce qui est de l’IMO, l’attitude de la CISL revenait à prêcher l’infanticide : il fallait l’étrangler à la naissance.
Après l’effondrement du stalinisme, la FSM a plongé dans une crise prévisible : l’organisation était à la recherche d’une orientation et d’un rôle nouveaux. La vieille confrontation idéologique avec l’impérialisme a été enterrée, et des voix se sont élevées en faveur d’une dépolitisation du syndicalisme.
Une crise prévisible
Lors de son douzième congrès, en novembre 1990, la FSM a invité la CISL (ainsi que la Confédération chrétienne mondiale du travail) à la réconciliation et au développement de la coopération et de l’« unité ». Le manque de coordination entre les organisations mondiales a été imputé aux « obstacles mis en place par les compagnies transnationales ».
La CISL n’était pas intéressée ; son secrétaire général d’alors, John Vanderveken, a répondu que « [le] plus grand mérite [de la CISL] en Europe de l’Est était de n’avoir jamais collaboré en aucune façon avec ceux qui étaient du côté des oppresseurs ». L’allusion était claire. La FSM n’avait plus qu’à s’effondrer.
La CISL peut-elle se targuer pour autant d’avoir remporté une victoire idéologique ? Une victoire peut-être pas, mais alors que la social-démocratie semble actuellement paralysée et impuissante, la CISL a, dans une large mesure, évité de s’embourber dans la même crise. Et ceci malgré l’impact de cette crise sur beaucoup des fédérations la constituant, en particulier dans les pays où il semblait y avoir une culture ou un consensus sociaux-démocrates stables. Pourquoi la CISL a-t-elle donc échappé à ces pressions ?
La raison essentielle réside en fait dans le caractère organisationnel et dans le cadre idéologique de la CISL — la collaboration de classes par excellence. La CISL n’a jamais été un mouvement syndical militant, c’est une organisation de directions syndicales — basées en Occident et dominées par lui. Et ce n’est pas seulement un point de sémantique car cela nous renseigne énormément sur la raison d’être de la CISL.
Malgré ses 113 millions d’adhérents, la confédération ne reçoit que 1 % des recettes des fédérations membres, ce qui revient à 70 millions de francs par an. Cela ne soutient pas la comparaison avec Greenpeace qui, par exemple, avec 4,3 millions de membres actifs, reçoit plus d’un milliard de francs par an6. Mais l’axe de travail de la CISL n’a jamais été l’organisation de campagnes internationales bien coordonnées ; au contraire, sa direction a toujours préféré les pressions discrètes sur les gouvernements et les institutions financières internationales, tout particulièrement en matière de projets de développement du tiers monde, surtout s’il y a de l’argent facile à gagner à la clef. Dans le passé, la CISL dépendait de ce type de financements à hauteur de 40 % de son revenu total7.
« Développement » signifie bien entendu développement du capitalisme, une profession de foi a même été élaborée.
— L’État-nation possède les moyens de développer et de protéger les économies nationales — une idée évidemment ridicule aujourd’hui, avec l’émergence de blocs de libre-échange commercial, comme l’Accord de libre-échange nord-américain, en plus de ceux qui sont déjà en place. — L’État devrait faciliter l’accès des syndicats aux institutions telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. — Ces institutions devraient se préoccuper davantage des besoins des travailleurs.
Empreinte social-démocrate
Ce cadre de travail idéologique doit beaucoup au consensus social-démocrate et libéral-keynésien qui prévalait dans l’après-guerre. Bien que ce consensus commence à se fissurer, la CISL continue de soutenir les prétentions susmentionnées.
Des années 60 aux années 70, alors que la production industrielle de presque tous les pays du tiers monde augmentait rapidement, la CISL a été hypnotisée. Sa direction a joué le jeu du « développement », s’érigeant en conseiller, réglementant et concevant le profil idéologique des mouvements syndicaux « indigènes » pour les adapter aux nécessités des régimes en place qui, quels que soient les griefs de leurs opposants, étaient censés mener leur nation au bonheur et à la prospérité.
Les résultats de telles pratiques sont devenus presque légendaires chez les internationalistes et les militants syndicaux. Il est aujourd’hui de renommée publique que ce soutien financier, même lorsqu’il s’adressait à des syndicats soutenus par les gouvernements, aboutissait dans les poches de dictateurs comme Mobutu au Zaïre, Marcos aux Philippines et « Papa Doc » Duvalier en Haïti.
Des changements ont commencé à se produire, au moins au niveau de la façade, à partir du début des années 80 au moins. La CISL se rendait compte que les « nouvelles » fédérations étaient non seulement militantes mais également en pleine croissance numérique ; et que cette croissance se faisait contre des fédérations syndicales, souvent soutenues par les États, qui étaient affiliées à la CISL ou qui en recevaient l’aide. La possibilité d’écraser ces syndicats « nouveaux » était improbable ; la CISL n’avait pas d’autre choix que d’essayer de les apprivoiser et de les capturer, mais, compte tenu du passé de ces organisations, c’était plus facile à dire qu’à faire.
N’étant pas prête à faire le saut périlleux consistant à soutenir publiquement les méthodes et pratiques politiques des « nouveaux » syndicats, la direction de la CISL a commencé à corriger, et à reconnaître ses pratiques passées, mettant en particulier l’accent sur la lutte contre les dictatures et le principe d’indépendance vis-à-vis de l’État, sur l’extrême importance des droits démocratiques dans les pays « en voie de développement », mais sans rejeter les fondements de son cadre idéologique8.
Pourtant, beaucoup de ces syndicats ont été formés et ont grandi en opposition à cette idéologie. Le tournant de la CISL sur ces questions était bienvenu, mais était perçu avec raison comme essentiellement cosmétique : le scepticisme, voire l’hostilité à l’égard de la CISL, demeurait.
Néanmoins, des liens étaient tissés, pour la plupart de façon directe et bilatérale, principalement avec les fédérations nationales suédoise, danoise, norvégienne et des Pays-Bas, qui constituent l’« aile progressiste » de la CISL. Ces « progressistes » ont toujours affirmé que les « nouveaux » syndicats devaient les rejoindre pour changer la CISL de l’intérieur. Pour les « nouvelles » fédérations, il était essentiel que la solidarité et les liens soient basés sur le respect mutuel et l’intégrité. Cela a permis de dégager le temps et l’espace pour la construction de fédérations fortes et stables par les militants eux-mêmes plutôt que par des conseillers professionnels occidentaux.
De plus, cela permettait aux « nouvelles » fédérations de construire des liens entre elles, ce qui a conduit à la mise sur pied officieuse d’un courant « non-aligné » au sein du mouvement syndical international.
Il faut dire que la CISL a su tirer profit de ces activités progressistes indépendantes. Toutes les formes d’aide et d’assistance mutuelle étaient signalées à la CISL par le biais de ses structures de coordination régionales, par exemple son Comité de coordination pour l’Afrique australe. Cette combinaison de solidarité bilatérale entre progressistes et de coordination à travers les structures de la CISL par les « conservateurs » a permis de contenir les pressions centrifuges s’exerçant dans les deux ailes de la bureaucratie, étant donné que chacune pouvait revendiquer le crédit de la solidarité.
Mais c’est surtout pour l’aile conservatrice que l’opération était avantageuse, puisque cette dernière pouvait utiliser le travail des « progressistes » comme preuve de changement réel et de sa propre pluralité. Par ailleurs, les marges de manœuvre limitées des « progressistes » au sein de la CISL, du fait de conditions spécifiques, ont été singulièrement réduites.
Alors qu’ils disposaient auparavant de ressources considérables, provenant d’une longue période de consensus social-démocrate dans leurs pays, ce n’est désormais plus le cas — si l’on ne tient pas compte de la victoire électorale récente du Parti travailliste norvégien. L’essentiel pour la CISL est que les progressistes ont instauré le dialogue, que des accords jetant les bases d’un travail en commun ont été conclus et qu’une ouverture a été réalisée dans laquelle la semence idéologique de la CISL pourrait être plantée.
Cela ne veut pas dire que l’affiliation soit synonyme de capitulation devant la CISL ou qu’elle était inévitable. La CUT brésilienne, qui a adhéré à la CISL en 1992, était jusqu’à son congrès de 1991 opposée à son affiliation. Les délégués estimaient que, ce faisant, ils s’associeraient à des syndicats « bureaucratiques » occidentaux, et pire, aux syndicats « affairistes » des États-Unis et ont proposé que la CUT demeure « activement non-alignée ».
La CUT a cédé par usure devant la cour tenace de la CISL et il serait ridicule de supposer que cela va signifier l’abandon immédiat et sans combat de ses conceptions, activités et campagnes — une pratique politique qui est allée jusqu’à une opposition nette au paiement de la dette extérieure, aux programmes d’austérité et politiques d’ajustement structurel. La CUT reste une fédération syndicale fermement opposée au cadre idéologique de la CISL.
Pourtant, l’adhésion de la CUT n’en représente pas moins une défaite. Son affiliation représente une nouvelle fracture, mais cette fois dans les rangs du mouvement syndical « activement non-aligné ». Il faut cependant noter que la CUT était désavantagée par rapport au COSATU, par exemple à au moins deux égards.
D’abord, tout au long des années 80, l’Afrique du Sud a bénéficié d’une activité de solidarité constante dans les pays occidentaux. Cela a beaucoup aidé le COSATU à construire un profil indépendant très respecté.
Ensuite, non sans difficultés, l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OATUU) s’est affirmée comme une fédération forte, de stature continentale, indépendante de la CISL (bien que certains de ses membres soient affiliés à cette dernière), et comme un outil puissant de la solidarité avec l’Afrique du Sud, disputant l’hégémonie des fédérations occidentales sur l’activité syndicale. Rien de comparable à l’OATUU n’existe en Amérique latine.
Les priorités de recrutement de la CISL vont probablement changer au profit des syndicats de l’Europe de l’Est, où Solidarité pour la Pologne et la ČSKOS tchèque ont déjà adhéré. Ceci explique la précipitation mise au raffermissement de liens parfois très lâches avec les « nouvelles » fédérations. La KCTU sud-coréenne a demandé son adhésion malgré l’opposition de la fédération officielle sud-coréenne, membre de la CISL. Le COSATU est bien sûr une cible évidente et, à la fin de 1992, la CISL a dépêché sa plus grosse délégation en Afrique du Sud.
Mais le COSATU est également la cible d’autres syndicats et fédérations « non-alignés », surtout en Asie, qui demandent au COSATU de ne rejoindre la CISL que si certaines conditions sont remplies.
Dans une déclaration publiée dans le South African Labour Bulletin de mai-juin 1993, les dirigeants ouvriers de nombre de syndicats d’Asie et du Pacifique ont souligné l’échec de la CISL à traduire en pratique sa nouvelle foi en des syndicats indépendants et démocratiques. À titre d’exemple, ils soulignaient le fait que le Comité exécutif international de la CISL accepte de considérer la demande d’adhésion de la SPSI indonésienne, qui bénéficie du soutien total de l’Organisation régionale pour l’Asie et le Pacifique de la CISL. La SPSI est une organisation soutenue par le régime militaire et a été formée à la suite du coup d’État de 1965 et après la suppression des syndicats indépendants. Que la direction de la CISL accepte ne serait-ce que d’envisager l’affiliation d’une telle organisation en dit long sur l’absence de changement réel dans son orientation et dans sa nature.
Cette déclaration faisait écho aux préoccupations spécifiques des militants syndicaux asiatiques et de leurs organisations. Celles-ci se rendent compte de la tournure que prennent les événements — l’unification de facto du mouvement syndical international. La partie non écrite de ce message était pourtant claire : le débauchage des « non-alignés actifs » doit cesser et l’intégration du mouvement dans la CISL ne doit pas, à ce stade, aller plus loin. Dans le cas contraire, l’unification se réaliserait dans les termes de la direction de la CISL, ce qui constituerait une défaite pour tout ce que représentent les « nouvelles » fédérations et l’essentiel de ce pour quoi elles se sont battues.
Avant l’adhésion de la CUT brésilienne, les plus importants des syndicats « activement non-alignés » — principalement la CUT, le COSATU, l’OATUU, le KMU philippin et la KCTU sud-coréenne — étaient potentiellement en position de force pour d’éventuelles négociations. Le débouché naturel au « non-alignement actif » était un internationalisme sous contrôle des travailleurs, impliquant une campagne pour la mise sur pied d’une seule organisation internationale unifiée, démocratique et comptable devant ses membres.
Mais la possibilité d’une telle initiative a toujours été limitée. Alors que les liens entre « nouvelles » fédérations devenaient plus forts, en particulier entre la CUT et le COSATU, il y a toujours eu un problème sur la quantité de ressources et de temps qui serait allouée au travail international. Il est peu probable que ce problème disparaisse. La CUT et le COSATU sont tous deux préoccupés par ce que le futur immédiat réserve à leur pays après les élections de 1994.
Même au regard de ces problèmes, avec la retraite forcée des progressistes — les alliés les plus probables des « nouvelles » fédérations, au moins pour ce qui est de la démocratisation des structures de la CISL —, il semble tristement inadéquat de se contenter de dire que le mieux qu’on puisse faire, face au rouleau compresseur triomphant de la CISL, c’est d’attendre pour adhérer qu’un changement réel ait été arraché à la bureaucratie de la CISL.
Le syndicalisme de masse, militant et indépendant restera un élément central dans les pays du tiers monde, mais à moins qu’il ne devienne une préoccupation centrale des mouvements ouvriers des pays du nord et occidentaux, le danger existe que ce syndicalisme demeure isolé au niveau international et soit neutralisé par la CISL.
Le 20 septembre 1993
1Nous n’évoquerons pas ici la Confédération chrétienne mondiale du travail, plus petite.
2La MIF est un Secrétariat syndical international lié à la CISL. De tels secrétariats rassemblent des organisations nationales qui couvrent les mêmes branches industrielles.
3Cité dans International Labour Reports, n° 13, janvier-février 1986.
4Des syndicats de pays du tiers monde qui, comme les syndicats cubain, vietnamiens et nicaraguayens, étaient affiliés à la fédération des mineurs de la FSM, n’ont pas rejoint l’IMO.
5Il n’est pas automatique qu’un membre d’un tel secrétariat soit effectivement membre de la CISL.
6Cité par P. Waterman dans South African Labour Bulletin, vol. 17, n° 3, mai-juin 1993.
7Ibid.
8La CISL a affirmé que telle avait toujours été sa conception des choses, alors qu’elle admettait dans le même temps que ce n’était pas le cas en pratique. La direction pensait également que les syndicats devraient être indépendants des partis.
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