Inprecor 1974–2004

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DOSSIER BRÉSIL

Programme économique et socialisme

· Inprecor n° 375, décembre 1993 · p. 18-20 · 3 182 mots

Brésil France

Une des questions fondamentales pour l'élaboration d'un programme économique de gauche est, naturellement, son articulation avec le socialisme. Et ce, pas seulement parce que nous nous définissons comme des socialistes, ce qui signifie que c'est le socialisme qui doit orienter notre action, mais aussi parce que nous ne croyons pas qu'il soit possible de réaliser une gestion "démocratique et populaire" de la crise capitaliste, ni de trouver une forme de "capitalisme populaire" pour le Brésil — ce qui reviendrait, d'une façon ou d'une autre, à adopter une ligne socialdémocrate. João Machado

S i, dans le passé, des gouver-

nements sociaux-démocrates dans les pays impérialistes ont pu réaliser des réformes dans le cadre du capitalisme et faciliter des conquêtes non négligeables des travailleurs, le contexte est aujourd'hui complètement différent : même dans des pays capitalistes de premier rang, les gouvernements sociaux-démocrates ont appliqué, ces dernières années, beaucoup de politiques néo-libéralistes et aucune politique social-démocrate.

Les partis sociaux-démocrates eux-mêmes se sont illustrés dans le démantèlement des conquêtes d'autrefois, invoquant la nécessité d'augmenter la productivité. La politique du Parti socialiste français de 1983 à sa débâcle électorale honteuse de mars 1993 et celle du gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol - qui, c'est bien connu, ne prend au sérieux dans son nom que l'adjectif espagnol, qui dans le contexte de l'Etat espagnol se traduit par une politique de négation des droits des nationalités opprimées —, ont été des exemples criants de cette "désocial-démocratisation de la social-démocratie". Il est peu probable qu'une politique social-démocratisante bénéficie de plus d'espace dans un pays comme le Brésil ; de plus, ceux qui se baptisent sociaux-démocrates ici, comme le Parti social-démocrate brésilien (PSDB), font chaque jour d'avantage preuve de leur nature politique néo-libéraliste.

Nous n'en sommes pas moins confrontés à une grande difficulté pour placer notre programme de gouvernement dans une perspective socialiste. C'est une des conséquences de la crise des "pays de l'Est" et du cours qu'elle a pris. Nous nous heurtons à une "crise de crédibilité" généralisée du socialisme — la majorité des gens pensant aujourd'hui que la socialisme ne pourra pas exister, ou que cela ne sera possible que dans un avenir diffus et lointain.

Repenser la transition

En outre, les formes dans lesquelles a été pensée jusqu'à aujourd'hui, la transition du capitalisme au socialisme sont très mal en point. Tant la vision révolutionnaire que celle des réformistes accordait une grande importance à l'étatisation d'un secteur primordial de l'économie. Par exemple, une des axes de la stratégie révolutionnaire, dans la tradition de la troisième internationale et qui a été développé par ses continuateurs (dont la Quatrième internationale) consistait à lutter pour un "gouvernement ouvrier et paysan" ou un "gouvernement des travailleurs" . Et un des critères pour reconnaître un gouvernement de ce type était le taux des nationalisations — c'était considéré comme un moyen de mesurer le niveau d'affrontement avec la bourgeoisie et de rupture avec la logique capitaliste.

La stratégie réformiste de transition au socialisme — celle qui a, par exemple, sous-tendu la politique de l"Unité populaire" chilienne, ou de l'Union de la gauche française (ceci jusqu'en 1983, lorsque l'idée d'une transition au socialisme par le biais de réformes a été de facto abandonnée par la PS) — avait comme colonne vertébrale la constitution d'une "aire de propriété sociale" (d'Etat), incluant les secteurs stratégiques de l'économie, qui était fondamentale pour altérer la logique économique capitaliste. Une des discussions entre le Parti communiste et le PS français portait justement sur la quantité de nationalisations nécessaires pour atteindre cet objectif. Dans la stratégie révolutionnaire comme dans la réformiste, le socialisme n'était pas assimilé aux nationalisations, mais les nationalisations étaient perçues comme un pas vers la socialisation.

Pourtant, une des conséquence de la "crise de l'Est" est justement qu'il y a aujourd'hui une méfiance énorme — et justifiée — à l'égard de l'idée de nationalisation, d'un modèle qui pourrait aboutir (comme cela s'est produit en Union soviétique) par l'identification du socialisme et de l'étatisme bureaucratique. Ceci nous oblige à penser la transition au socialisme de façon différente et novatrice ; et jusqu'à maintenant, nous avons peu progressé dans cette voie.

Cela nous rend plus difficile l'élaboration d'un programme (surtout sur le plan économique) pour le gouvernement Lula. Naturellement, le programme de gouvernement ne sera pas un programme socialiste. Ca ne sera pas d'avantage "en faveur le socialisme" que Frer les gens voteront pour Lula , mais parce que lui et le PT, sont considérés comme POPI les seuls qui puissent représenter un changement réel pour le pays — un changement souhaité par la population sans être pour autant associé à un projet précis. Mais notre rôle est justement de proposer un programme qui parte des besoins les plus fondamentaux et les plus pressants de la population, et qui avance vers le socialisme ; et de nous battre pour qu'il soit toujours clair que les changements réels voulus par tous, exigeront que nous nous dirigions dans cette direction. Voici le sens que possède à nos yeux l'alternative "démocratique et populaire", depuis sa première formulation lors de la cinquième rencontre nationale du parti, en 1987. La difficulté à penser la transition au socialisme, et plus généralement, la "crise de crédibilité" du socialisme, contribuent à l'explication du paradoxe énoncé par César Benjamin : « la rationalité bourgeoise s'est avérée incapable d'organiser le nation » — et, au contraire, elle la désorganise — « mais elle

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définit encore le cadre du débat sur la nation : c'est dans ses limites que même la gauche a opéré » (dans une grande mesure) (1). César souligne, avec raison, que la bourgeoisie a su articuler ses idées-force (ce qui favorise quand même la confrontation de ces idées avec la réalité), et que nous devons formuler les nôtres. Pour que nous dépassions la "rationalité bourgeoise" (aujourd'hui néo-libérale) et que nous réussissions à être hégémoniques, nous devons expliciter notre propre rationalité. Cette article tente de traiter la question sous un autre angle que celui adopté par César (et qui n'est pas contradictoire). Sur le terrain économique, le défis qui nous est posé consiste à dire que nous rejetons les idées disséminées par la bourgeoisie, par le biais de ses médias, et autour de quelles idées alternatives nous articulons notre proposition.

Le marché, la solution ?

La première idée-force de la bourgeoisie néo-libérale consiste à faire du marché le seul régulateur de l'économie, le garant de l'efficacité maximale et de l'allocation optimale des ressources.

Il s'agit là d'une vieille idée - celle de la "main invisible" d'Adam Smith : « si chacun poursuit ses objectifs propres, égoïstes, le marché garantira la réalisation du bien rasir général, comme une main invisible qui guiderait tout un cha-

LAR cun. ». L'école éco-

nomique néo-classique a consacré l'essentiel de ses efforts à prouver cette hypothèse. Pourtant, malgré son succès actuel auprès du public, elle est chaque fois plus absurde. Le "marché" signifie que les capitalistes font leurs choix d'investissement sur la base de la maximisation de leur profit ; la prétendue efficacité est avant tout une efficacité dans la recherche du profit — et il faudrait qu'il soit une main non seulement invisible mais aussi de prestidigitateur pour transformer en bien commun le profit maximum. De plus, comme le rappelle la résolution de la 8e rencontre nationale du parti : « Le marché mondial réellement existant, qu'organise la dynamique de l'économie internationale, est contrôlé par moins de 700 corporations dont les 200 plus grosses détiennent 30 % du Produit intérieur brut mondial (PIB). Au Brésil, le marché réel est tel qu'un petit nombre d'entreprises déterminent les prix dans chaque branche de la production, ces entreprises spéculent avec de l'argent dérobé à l'Etat et manipulent l'imaginaire de la population à travers les moyens de communication de masse et de la publicité. Quelques centaines de grandes banques, industries, commerçants et industries agro-alimentaires nationales et étrangères représentent - au côté de quelques entreprises appartenant aux états —, 70 % de l'économie du pays, et contrôle directement le marché interne et les exportations. » (2) Jamais dans l'histoire de l'humanité la faim n'a été si répandue : c'est une conséquence directe de la logique du "marché réellement existant". Défendre la "main invisible" dans un monde déchiré par les inégalités d'aujourd'hui relève d'une forme particulièrement cruelle d'ignorance ou de cynis-

Nous ne pourrons pas nous débarrasser du marché dans un futur prévisible, y compris parce que, à moyen terme, nous ne prétendons pas éliminer la petite propriété commerciale, des services, agricole, artisanale ou même industrielle. Par contre nous pouvons et nous devons établir un contrôle et des limites au « libre jeu du marché ».

Mieux sans Etat ?

Un second postulat du néo-libéralisme, étroitement associé au premier, consiste en la réduction de l'Etat, ou en l'Etat minimal.

Cette idée a été renforcée pars la "crise de l'Est", et après la décomposition d'Etat comme celui du Brésil : privatisé, dilapidé et rongé par la hargne corrompue des élites qui le contrôlent. Nous ne pouvons évidemment pas combattre la propagande néo-libérale sur l'Etat minimal en défendant l'Etat tel qu'il est aujourd'hui.

Mais dans un futur prévisible, nous aurons besoin que l'Etat — un Etat différent - remplisse toute une série de fonctions. Qu'il contrôle le marché, en structurant et en induisant un modèle de développement ; qu'il favorise la réduction des inégalités sociales et régionales ; qu'il satisfasse un ensemble de besoins fondamentaux dont la logique veut qu'ils soient des services publics : la santé, l'éducation, le logement, les transports et l'infrastructure de base en général ; qu'il ordonne le développement urbain et qu'il assainisse celui des sciences ; qu'il garantisse le respect de l'environnement. Il n'est pas superflu de rappeler une des fonctions classique de l'Etat, qui est très mal assurée aujourd'hui : c'est à lui de garantir la monnaie nationale!

Sur aucune de ces questions, il n'y a d'exemples de gestion privée, par le marché qui soit efficace. Voilà pourquoi le PT a raison de continuer à défendre la présence de l'Etat dans les secteurs stratégiques de l'économie.

Le changement de l'Etat indispensable va justement dans le sens opposé à ce que préconisent les néo-libéralistes. Au lieu de le réduire au maximum, de la privatiser d'avantage, ce qu'il faut c'est le déprivatiser afin qu'il remplisse sa fonction publique. C'est pour cela soit possible, il faudra le décentraliser au maximum et développer des formes de contrôle social sur l'Etat. L'Etat peut y compris croître si en même temps se construit le contrôle populaire sur son appareil.

Entrée dans le monde ?

Un autre ensemble d'idées-force néolibérales s'articule autour des propositions de modernisation, de compétitivité, d'ouverture de l'économie, d'intégration au monde (y compris dans le système financier international). Il s'agit de nous faire accepter comme valeur absolue la modernisation comprise comme l'"intégration au monde" à la Collor. Il est pourtant évident que tout projet de modèle économique différent de celui qui domine au niveau international devra obligatoirement comporter un "degré de protectionnisme" important, et que la logique d'« exposition croissante à la concurrence internationale » et de « compétitivité » témoigne d'une recherche de la réduction des coûts qui se traduit, entre autre, par la diminution des salaires, des droits sociaux et des contributions sociales des entreprises, par une "rationalisation" génératrice de chômage et au remplacement des dépenses sociales de l'Etat par des programmes d'encouragement à la "productivité". C'est ce à quoi on assiste aujourd'hui en Europe : devant l'intégration croissante de leurs économies, sans que se construise parallèlement un Etat commun qui unifie leurs politiques, les pays européens (et surtout les plus pauvres) sont conduits à faire la course à qui adoptera la politique comportant le plus d'"austérité", c'est-à-dire d'attaque contre les travailleurs.

Les conquêtes ouvrières, qui avaient nécessité des décennies de lutte, sont en train d'être grignotées. Le chômage massif, qui touche même la Suisse, est utilisé

1) César Benjamin est, avec João Machado et Marco Aurelio Garcia, un des trois coordinateurs de la rédaction du programme de gouvernement du PT. Il est membre du regroupement Option de gauche, majoritaire depuis la 8ème rencontre. Voir "Decifra-me ou te devoro, Em Tempo n° 267.

2) Voir "Brésil, urgence l', dans ce numéro, page 23.

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comme une arme contre les travailleurs — avec la menace que si la compétitivité n'augmente pas, d'autres licenciements seront inévitables. Dans un pays comme le Brésil, cette logique serait encore plus perverse, ou encore le pays serait engagé dans un processus de désindustrialisation, comme cela s'est produit en Argentine ou au Chili.

Cette forme d'intégration au monde ne profite qu'aux couches supérieures de la classe moyenne et de la bourgeoisie, qui pourraient augmenter leur consommation de luxe : voitures importées qui coûte plus de mille fois le salaire minimum, pour ne citer qu'un exemple.

Intégration solidaire

Il ne s'agit pas d'opposer à cela l'isolement du pays et l'autarcie économique. Mais nous avons besoin d'un projet d'ouverture de notre économie sélective et calculée, qui se combine avec des accords et des plans d'intégration avec des pays qui ont le même intérêt que le Brésil à construire un ordre international moins inégal. Avec les inégalités qui existent entre les pays, il est absurde de vouloir une intégration selon des règles égales pour tous (ou avec l'élimination pure et simple des barrières douanières — qui n'est malheureusement pas pratiquée par les pays les plus riches) : un plan d'intégration cohérent exige justement qu'on parte des inégalités et qu'on s'accorde sur les intérêts communs ou complémentaires — ce qui n'est pas la logique du marché. Dans ce sens. le Marché commun du Cône Sud (MERCOSUR) peut avoir une importance fondamentale pour le Brésil — et pour ses voisins - mais il doit être entièrement redéfini. La recherche d'alliés au niveau international → pas seulement au niveau des gouvernements : passer des alliances avec des syndicats, des partis de gauche, des organisations non-gouvernementales et des mouvements progressistes en général-est particulièrement important pour nous — sera également primordiale pour trouver la force de mettre en place notre politique de cessation de payement de la dette.

Notre objectif n'est pas de rompre avec la "communauté financière internationale" ; nous aimerions recevoir des capitaux, à l'inverse de ce qui s'est passé au cours des dernières années. Nous ne pouvons transiger sur la souveraineté : nous ne pouvons pas subordonner notre politique économique au Fond monétaire international — et payer une dette illégitime par la misère imposée au peuple. Sur le plan technologique il est évident que nous avons des progrès à faire. Cela se fera en inventant un modèle technologique cohérent avec nos moyens et nos objectifs économiques et sociaux et pas en important à tout prix une technologie développée pour augmenter la productivité des pays riches. C'est en fonction de notre modèle de développement que nous devons définir ce qui est le plus efficace.

En résumé. nous devons défendre une meilleure intégration au monde. Mais, au lieu d'accroître l'intégration de nos élites à "leur" monde, nous devons participer à un effort solidaire de construction d'un autre ordre international.

Après avoir rejeté les idées néo-libérales, nous devons dire ce que nous mettons à la place? Si nous refusons le marché comme régulateur fondamental et le contrôle (bureaucratique) par l'Etat, comment voulons-nous diriger l'économie ?

Ernest Mandel affirme qu'il y a une troisième voie : celui du choix des alternatives par la population elle-même (3).Et un gouvernement démocratique et populaire serait un point de départ pour réaliser cela. Il faut encourager au maximum la participation et le contrôle populaires, à tous les niveaux, de façon à ce qu'ils puissent avoir une influence réelle sur l'appareil d'Etat et les décision des entreprises.

Participation populaire

Pour ce qui est du contrôle sur l'Etat, des expérience réalisées dans des mairies dirigées par le PT peuvent être élargies, en particulier celle de la participation populaire à l'élaboration du budget. En plus d'être démocratique, c'est une garantie contre la corruption — un aspect non négligeable par les temps qui courent. C'est pour cette dernière raison que le sénateur Pedro Simon, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), a défendu cette pratique, en prenant comme exemple ce qui a été fait dans la mairie de Porto Alegre (4). Naturellement cela sera plus difficile à réaliser au niveau fédéral, mais c'est tout-à-fait possible, avec les moyens de communications qui existent aujourd'hui. Quel difficulté cela poserait-il de téléviser les débats de la Commission du budget par exemple?

Par ailleurs, pour améliorer de participation et de contrôle populaire, il faut avancer vers plus de décentralisation, de façon à ce qu'une fraction substantielle des dépenses publiques soit gérée de façon communautaire.

L'élargissement de pratiques comme le "budget participatif" peut permettre que la population contrôle l'utilisation des ressources publiques ; cela rendrait possible un débat national sur les priorité économiques. Peut-être n'y aura-t-il pas, dans un premier temps, de grandes mobilisations pour participer à ces discussions. mais dans la mesure où il devient clair que cela sert à quelque chose, la participation ira sûrement en s'acroissant.

Réorienter l'économie

Ceci ne suffit pourtant pas : il faut un contrôle sur les revenus privés, en particulier ceux du grand capital. A ce sujet, il y a aussi des expérience intéressantes, comme celle de la Chambre sectorielle dans l'industrie automobile, instance de négociation entre syndicats, patronat et gouvernement - même si la façon dont elle est organisée reste limitée et n'est pas exempte de contradictions. Un des problèmes essentiels est qu'une négociation à l'intérieur d'une seule branche de la production tend à prendre une dynamique corporatiste. Et les intérêts de l'industrie automobile ne sont pas nécessairement ceux de l'ensemble de l'économie et de la population : au niveau global, il pourrait être plus intéressant de prioriser les transports en commun et de diminuer la production de voiture.

Ce qui nous intéresse le plus dans les négociations dans une Chambre sectorielle c'est qu'en négociant sur les prix, les salaires et les emplois, les travailleurs peuvent formuler une proposition pour l'organisation de la production, pour évaluer ses coûts, les priorités d'investissement, etc Combiné avec une discussion sur les priorités économiques globales pour la population, sous l'égide du gouvernement démocratique et populaire, ce processus acquiert le caractère d'une pression et d'un contrôle sur les capitalistes — y compris en posant la question clef du financement des investissements et des dépenses sociaux nécessaires. Cela créerait probablement les conditions pour que soit réalisée qu'une réforme fiscale fortement progressive (qui fasse que les riches payent beaucoup plus d'impôts) bénéficie du soutien nécessaire — c'est une condition clef pour la réduction des inégalités.

De façon générale, nous tenterons de créer une force politique et sociale (à partir des travailleurs et des secteurs populaires les plus organisés) qui lutte pour réorienter la logique économique.

Voila quel serait la voie pour combattre la logique du marché capitaliste, du profit privé, sans tomber dans l'étatisme bureaucratisant ; il faudrait articuler cela avec un processus de construction d'un

3) Voir Em Tempo n° 268.

4) Sur l'expérience de la municipalité de Porto Alegre voir, "Radical, pas sectaire" dans Inprecor n° 367 de mars 1993, ainsi que Beti Burigo et Raul Pont, "Budget et participation populaire", dans ce numéro, p. 30

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