Le seul réconfort que peuvent
avoir les Conservateurs, chassés du pouvoir, est le fait que d'autres aussi ont reçu une sévère leçon lors des dernière élections fédérales. Le parti social-démocrate NDP a seulement recueilli 6,9 % des voix, au lieu de 20,4 % précédemment. Vers qui les électeurs se sont-ils donc tournés ? C'est ce que nous explique notre correspondant. Harold LAVENDER
Tors des élections fédérales du 25 octobre, les Canadiens se sont exprimés de façon composite et contradictoire. Ils ont mis à la porte un gouvernement de droite, dirigé par les Conservateurs dont les candidats n'ont obtenu que 2 sièges sur 295. De toute l'histoire du Canada, c'est la plus sévère défaite qu'ait subie un gouvernement sortant. Simultanément, le NPD (Nouveau parti démocratique), un parti social-démocrate qui a des liens avec les syndicats, a également subi la pire défaite de son histoire.
Les électeurs ont reporté leurs suffrages sur le Parti libéral (qui a obtenu la majorité gouvenementale avec 177 sièges), le Bloc québécois et le Parti réformateur. Les libéraux retournent au gouvernement avec 41 % des voix, après neuf années de gestion conservatrice. Ils ont emporté une victoire écrasante dans les provinces atlantiques ainsi que dans l'Ontario, où ils ont rafflé 98 sièges sur 99. Le bloc québecois, parti nationaliste bourgeois, se présentait seulement au Québec, où il a obtenu 54 des 75 sièges. 49,5 % des électeurs ont voté pour lui (65% parmi la majorité francophone). Dans le reste du Canada le climat politique a été marqué par une campagne de peur et de haine contre le Bloc.
Le Parti réformateur, une organisation populiste de la droite dure, qui tient un discours fortement raciste, quoique légèrement codé, a gagné 52 sièges, réalisant ainsi une percée dans sa base régionale de l'ouest, l'Alberta et la Colombie Britan-
CANADA nique. Il est passé du statut de parti marginal, qui n'obtenait que 2 % des voix, à celui de troisième parti du Parlement. Il a en effet reçu le soutien de 19 % des électeurs, ce nombre étant porté à 25 % si l'on ne tient pas compte du Québec,où il ne présentait pas de candidats. Les résultats des élections montrent une tendance à l'écroulement des partis "nationaux", due à la montée du nationalisme québecois ainsi qu'à des différences et à des animosités régionales.
Profonde insécurité Pourquoi les Conservateurs ont-ils subi telle déroute? La crise économique en cours a été un des principaux facteurs. Les Conservateurs n'ont pas réussi à convaincre les électeurs que la question du déficit public devait l'emporter sur toutes les autres. Le problème de l'emploi retient encore plus l'attention du public. Le taux de chômage officiel s'est maintenu au-dessus de 10%, tandis que le niveau de vie des couches populaires a stagné et que les pauvres se sont appauvris. Les Conservateurs ont été les architectes de l'Accord de Libre Echange entre le Canada et les USA. Mais les bénéfices promis ne se sont pas matérialisés. Des centaines de milliers d'emplois industriels (dans des secteurs souvent syndiqués) ont été perdu quand l'économie canadienne a été massivement restructurée. La crainte est largement répandue que cette tendance va continuer à l'emporter si l'ALENA (1) est appliqué.
Les statisticiens nous expliquent que le Canada est actuellement en train de remonter la pente après la récession du début des années 1990. Mais la reprise ne s'est pas traduite en création d'emplois. Un profond climat d'insécurité a touché la population laborieuse. 50% des travailleurs disent avoir peur de perdre leur emploi. Durant les neufs années de gouvernement conservateur, les impôts prélevés sur les individus ont substanciellement augmenté, le summum ayant été atteint avec une taxe à la consommation, dont l'impopularité est énorme. Pendant ce temps, la charge fiscale reposant sur les entreprises continuait sa spirale descendante. Alors que les taxes imposées aux travailleurs augmentaient, les programmes sociaux et les services publics subissaient de très graves attaques. Des premières mesures étaient prises préparant la suppression du revenu social minimum — pierre angulaire de l'Etat providence canadien Simultanément, le gouvernement a trouvé 5,8 milliards de dollars pour l'achat d'hélicoptères militaires EH-101.
Les Conservateurs espéraient faire oublier les temps difficiless associés au Premier ministre Brian Mulroney en élisant une nouvelle dirigeante, Kim Campbell, qui s'est avérée n'être qu'une étoile fillante. Elle demandait aux Canadiens de ne pas s'attendre à une croissance de l'emploi avant la fin du siècle (sic). A ses yeux, une campagne électorale de quaran-
1) L'accord de libre échange Nord-Américain est la nouvelle alliance commercialeentre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.
te sept jours n'était pas le moment opportun pour discuter des changement majeurs des programmes sociaux. Se servant désesperément de prédictions optimistes, les Conservateurs expliquaient qu'ils pouvaient éliminer le déficit vers 1998 sans démanteler les services sociaux. Beaucoup d'électeurs se sont tournés vers le Parti Libéral dans l'espoir vain qu'il sauverait l'Etat-providence. D'autres se sont tournés vers le Parti réformateur qui, pour éliminer le déficit public, proposait un plan dont la brutalité était plus manifeste.
Les deux dernières majorités conservatrices avaient reposé sur une espèce d'alliance de facto entre les électeurs de l'Ouest et des nationalistes québecois, favorables au libre-échange, et convaincus que les Conservateurs seraient plus ouverts à une réforme constitutionelle.Les Conservateurs ont subi une défaite retentissante lors du référendum de 1992 (2). Les suffrages qui, au Québec, allaient aux Conservateurs, se sont donc reportés dans leur grande majorité sur le Bloc québécois, tandis que, dans l'Ouest, le Parti réformateur emportait la mise.
La lame de fond de protestation populaire qui a éliminé les Conservateurs a également touché le NPD. Il n'a plus que neuf sièges, ce qui est insuffisant pour être reconnu officiellement comme parti au Parlement. La proportion d'électeurs votant pour lui est passée de 20,4 à 6,9 %. Depuis sa fondation en tant que parti travailliste en 1961, le NPD disposait, en dehors du Québec, d'une base assez stable au sein de la classe ouvrière. Lors des élections fédérales, ses suffrages oscillaient entre 13 et 20%. Mais à cause de ses prises de positions très marquées en faveur du fédéralisme et son hostilité envers les aspirations nationales des Québecois, il n'a jamais réussi à effectuer de percée durable au Québec. Cette année, le NPD est passé sous la barre des 2 % au Québec, après y avoir obtenu 14 % des voix.
Si plusieurs facteurs ont contribué à l'écroulement du NPD, le plus important aura peut-être été l'impopularité des gouvernements provinciaux qu'il dirigeait en Ontario et en Colombie britannique. L'hostilité des électeurs de droite n'avait pas de quoi de surprendre. Mais, en outre, le NPD a agi de telle manière que le cynisme et le désarroi se sont développés très vite au sein de sa propre base sociale.
Le gouvernement NPD de l'Ontario, capitulant devant l'hystérie de la classe dominante sur la question du déficit budgétaire, avait lancé une attaque frontale contre les travailleurs du service public. Il est passé outre les conventions collectives afin d'imposer un "contrat social" aux 950 000 travailleurs des services publics incluant des suppressions de certains services, des diminutions salariales, une détérioration des conditions de travail, pour une économie totale de 9 milliards de dollars environ. Malgré une opposition verbale, les syndicats n'ont pas organisé de riposte effective. En conséquence, beaucoup de travailleurs se sont senti trahis et délaissés.
Le gouvernement provincial de la Colombie britannique ne s'est pas affronté aux syndicats, même si des enseignants grévistes ont été ramené au travail par des moyens législatifs, cependant il a augmenté les impôts tout en pratiquant des coupes claires dans le budget de la santé et de
Peut-être que la capitulation la plus scandaleuse fut faite par rapport aux multinationales des forêts. Le NPD a mis de côté sa propre planification d'implantation de forêts afin de permettre l'abattage d'arbres a Clayoquot Sound, une des plus anciennes et plus grandes forêts survivantes dans le monde, et malgré le fait que des populations aborigénes y avaient un droit de possession. Le résultat net de ceci fut l'arrestation durant cet été de 800 personnes qui tentaient de bloquer les routes menant aux zones d'abattage et qui font actuellement face à des peines de prison, pour refus de comparaître. Ce conflit a provoqué la dislocation d'une partie de la base sociale du NPD, réduisant de beaucoup le soutien provincial et fédéral au parti social-démocrate.
La direction fédérale du NPD n'a pas cherché à éviter le désastre qui menaçait en condamnant les politiques droitières des gouvernements provinciaux du NPD. Dans une réponse très timorée à la législation de "contrat social" de l'Ontario, il réaffirma simplement son soutien aux politiques de négociations sociales et de conventions collectives. Le député de l'Ontario au parlement fédéral, Steve Langdon qui s'est exprimé ouvertement à l'encontre du Premier Ministre provincial, Bob Rae, récolta plus de voix que les autres candidats du NPD en Ontario, tout en perdant néanmoins son siège. Par contre, en Colombie Britannique, Svend Robinson, un gay qui a défendu avec vigueur la justice sociale, et qui était présent sur les barrages lors des blocages de la forêt Clayoquot, fut réélu en recevant plus de voix que n'importe quel autre élu
Ce n'est donc pas d'un profil trop gauche que souffre le NPD fédéral mais plutôt de n'avoir pas donné aux gens de raison de mettre dehors les Conservateurs par un vote tactique en sa faveur. Le leader libéral Jean Chrétien a mené une campagne très intelligente avec comme objectif de reprendre les voix de classe au NPD. Le message libéral «d'espoir, d'emploi et de redressement économique» fut largement diffusé tandis que ses propositions de réduction du déficit ne le furent point. En se prononçant contre l'achat d'hélicoptères ils furent perçus comme progressistes et en demandant une renégociation de l'ALENA, ils déviaient les critiques de cet accord tout en évitant d'effrayer les milieux financiers.
En félicitant Chrétien de sa victoire, le président américain Bill Clinton soulignait les «remarquables similitudes» entre la campagne victorieuse de Chrétien et la sienne.
La dernière tranchée Le nouveau gouvernement libéral a très vite consolidé son soutien en arrêtant immédiatement l'achat des hélicoptères, malgré la bataille d'arrière-garde menée par le lobby de la défense. Les préparatifs des conservateurs concernant la prise en charge de l'immigration par un "Département de la Sécurité Publique" fut également interrompu. De plus, le nouveau gouvernement a déclaré qu'il ne signerait pas l'ALENA, déjà ratifié par les Conservateurs, tant qu'il ne serait pas renégocié. Néanmoins, le journal des milieux financiers, Globe & Mail, a accueilli favorablement le gouvernement Libéral et Chrétien qui a donné les portefeuilles ministériels économiques les plus importants à des libéraux droitiers. Un ardent partisan du libre marché se chargera des futures négociations portant sur le commerce. Les milieux financiers espèrent trouver des interlocuteurs réceptifs à leurs desiderata concernant la réduction du déficit, le refus de nouveaux impôts ainsi que les économies dans les programmes sociaux. En effet, le ministre des Services intergouvernementaux, Marcel Masse, soulignait d'ores et déjà la volonté des libéraux de restreindre l'emploi dans les services publics.
Malgré une impopularité énorme, le gouvernement conservateur fut en état d'imposer son programme. Les libéraux n'ont aucunement l'intention de renverser l'orientation des politiques mises en œuvre. Les profits des entreprises ont commencé a grimper tandis que les revendications salariales restent absentes. Dans un climat d'insécurité économique, les syndicalistes sont réticents à organiser des grèves. Le gouvernement estime que les
2) Le résultat général du référundum de 1992 était le suivant: 54,4% contre les modifications constitutionnelles proposées et 44,6 %en faveur de celles-ci. Pour une examen plus détaillé de ces résultats, particuliérement au Quebec. voir R. Krishnan, Le referendum-boomerang", inprecor n° 362 du 6 novembre 1992.
journées perdues pour cause de grèves seront au niveau le plus bas depuis 50 ans. Le projet du gouvernement de Mulroney consistant a retirer la question nationale du Québec de l'ordre du jour par le biais de changements constitutionnels s'est évaporé quand les électeurs du Québec et du reste du Canada votèrent massivement "non" lors du référendum constitutionnel, La majorité francophone du Québec a rejeté massivement l'accord qui lui aurait attribué un statut symbolique en tant que «société distincte». Le reste du Canada s'exprimait également en négatif pour différentes raisons, dont certaines étaient progressistes, mais dont beaucoup étaient réactionnaires vu que la perception dominante de cet accord était celle d'une braderie du Québec.
Deux options ? La montée simultanée du Bloc québécois et du Parti réformateur confirmait qu'il n'y avait aucune possibilité d'un fédéralisme renouvelé qui pourrait convenir le Québec. Il existe deux options politiques : celle du vieux fédéralisme des libéraux tel que Trudeau (Chrétien faisait partie du gouvernement Trudeau qui a fortement centralisé le pouvoir à Ottawa), ou celle d'une rupture avec l'ordre fédéral existant et la création de nouveaux rapports entre le Québec et le Canada marquées par certaines formes de souveraine-
Les forces radicales, y compris les fédérations syndicales du Québec, sont en faveur d'une pleine indépendance, tandis que les forces nationalistes bourgeoises dominantes sont en faveur de ce qui est appelé «souveraineté-association», c'est-à-dire un arrangement qui ressemble de près à l'Union Européenne. Le Bloc québécois et son leader, Lucien Bouchard, a souligné les avantages d'une monnaie commune et d'une union douanière.
Cela n'a pas empêche une présentation particulièrement fausse du Bloc comme étant séparatiste dur. En effet, un journal de l'Ouest faisant autorité identifiant Lucien Bouchard comme étant «l'homme qui peut faire éclater le Canada».
Pourtant, le large mouvement nationaliste québécois se prononce en faveur d'une approche en trois étapes. D'abord, représenter les intérêts du Québec en envoyant des membres de ce Bloc au parlement fédéral à Ottawa en attendant que le Québec se prononce démocratiquement pour la souveraineté. Ensuite, voter pour le Parti québécois lors de l'élection provinciale québécoise de l'année prochaine. Enfin, soutenir le parti québécois durant le référendum qu'il organisera dans l'année de son arrivée au pouvoir provincial. Au Québec, l'idée que la souveraineté est à portée de la main est une illusion largement répandue.
Mais il y a certaines contradictions de plus en plus voyantes. Que va faire le Bloc à Ottawa étant donné qu'il est actuellement l'opposition officielle au parlement fédéral ? Lucien Bouchard promet d'agir de façon très responsable et de collaborer de façon constructive concernant des dossiers tels que l'emploi. Son approche nonconflictuelle a pour objectif de faire reculer dans le reste du Canada (et peut-être d'abord à Washington) les peurs vis-à-vis du Bloc Québécois. Une telle aproche sous-estime le fait que chaque pas vers une souveraineté se fera immanquablement à travers une confrontation. Les résultats des élections montrent que le reste du Canada n'est pas en état de répondre favorablement au aspirations du
Les partisans de l'auto-détérmination pour le Québec et pour les peuples aborigénes font face à une tâche décourageante. Sur le papier, la situation n'apparaît pas mauvaise vu le nombre d'organisations et de mouvements qui y sont favorables. Le Congres du Travail canadien ainsi que le NPD et les Conservateurs soutiennent le droit à l'auto-détérmination du Québec.
Soutien volatile Mais ce soutien au droit à l'autodétermination s'évapore rapidement. La réaction du premier ministre NPD de l'Ontario, Bob Rae, vis-à-vis de la montée du Bloc Québécois indique l'ampleur du problème. Le 29 octobre, Bob Rae disait: « Si sa vision se réalise, il nous faira mal. Il va faire mal au Canada tout entier... A mes yeux, il reçoit un chèque en blanc. Il s'agit d'un type qui veut faire exploser le pays. Cela va coûter au Québec des dizaines de milliers d'emplois. Les gens vont perdre de l'argent et une part de leur revenu.»
La direction du Bloc et du Parti québécois espère obtenir à froid une certaine forme de souveraineté et de réassociation à travers une méthode «gestionnaire». Mais elle ignore l'histoire des Libéraux au gouvernement. En octobre 1970, Pierre Trudeau a utilisé les enlèvements politiques du Front de Libération du Québec comme prétexte afin d'imposer les mesures d'état de guerre. Les troupes canadiennes furent envoyées dans les rues de Montréal et des nationalistes radicaux québécois furent arrêtés.
Est-ce que la classe dirigeante de Canada acceptera délibérément de perdre un quart de sa population et de ses ressources ainsi qu'une part intégrale de son territoire ? Les tentatives de réaliser un Québec souverain sera certainement contré par le chantage économique, les mences, l'intimidation et le refus de négocier. L'avenir du NPD est actuellement en suspens. Certains croient, peut-être avec un optimisme naïf, que la situation peut redevenir normale. Ils pensent que les électeurs tradidionnels du NPD lui reviendront dès que les libéraux montreront qu'ils ne sont pas différents des conservateurs et qu'il suffira que les élus du NPD se lèvent au parlement et soient les seuls à faire entendre une voix en faveur de la justice sociale. Mais d'autres pensent que si le NPD ne change pas d'orientation, il disparaîtra.
L'avenir du NPD en suspens Une réorientation peut prendre diffé rentes directions. L'aile droite du parti ressent la nécessité de relâcher les liens avec les syndicats. D'autres voix en appellent à l'éviction de la direction droitière. Steve Langdon a publiquement appelé Bob Rae à démissionner. D'autres parlent encore de revenir vers la base et de reconstruire le NPD en tant que parti populiste engagé dans l'action extra-parlementaire.
Reconstruire le NPD en tant que parti travailliste nécessitera en tous les cas un engagement actif de la part de ses membres et de la part des direction syndicales. Mais quand on voit que le président du Congres Canadien du Travail, Bob White, salue la victoire des Libéraux comme une victoire du mouvement ouvrier, on se pose des questions sur la fidélité de la bureaucratie syndicale envers le NPD. Est-ce qu'elle vise à préparer une paix avec les Libéraux ?
Les militants du mouvement ouvrierdivergent à ce sujet. Certains sont convaincus qu'il est toujours important de tenter de réformer le NPD, d'autres, notamment dans l'Ontario, pensent qu'il faut construire un nouveau parti travailliste. D'autres encore sont convaincus que le mouvement ouvrier doit se concentrer sur sa propre reconstruction en faisant des alliances avec d'autres forces progressistes, et que la politique électorale ne doit pas être prioritaire. Mais rien de bon ne sortira de cette situation sans une riposte de masse, une riposte des syndicats au niveau économique, une riposte à l'austérité et au démantèlement des services publics ainsi qu'une résistance à la montée du racisme et du chauvinisme. *
Vancouver, novembre 1993