Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ALGERIE

[La Conférence nationale]

Inprecor n° 377, février 1994 · p. 36 · 358 mots

Ce texte n'a pas de titre dans la revue ; le titre entre crochets est le nôtre.

A quelques heures de son ouverture, mardi 25 janvier, la Conférence nationale qui doit légitimer un nouvel avatar du HCE, donne l'impression d'aller vers l'échec.

L'annonce de dernière minute du retrait du Front de libération nationale (FLN) est suivie de celle du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et les islamistes de Hamas et d'Ennahda, se préparent à toute éventualité en posant de nouvelles conditions.

Quelques jours auparavant, le ministre de la défense, dans un discours de chef d'Etat avait affirmé que l'armée ne souhaitait pas gouverner directement et énergiquement tancé la classe politique qui, elle, avait quand même bruyamment applaudi.

La commission du dialogue a préféré retirer le préambule de plate forme et complaire aux islamistes dont la présence permet de simuler un dialogue pouvoir-front islamique du salut (FIS). Le FLN, lui, refusait la modification de la constitution. Et les annonces de libération de détenus et de levées d'assignations à résidence n'ont pas modifié la décision de boycott du FFS. Des tractations pourraient obtenir la présence du FLN et du RCD, mais il semble bien que l'opération soit peu ternie.

Cela dit, une trentaine de partis, le patronat, l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et des dizaines d'associations, le spectacle de la conférence avec prés d'un millier de participants aura lieu et jouera, bien ou mal. son rôle de caution aux nouvelles institutions mises en avant par les militaires. Le HCE, il y a deux ans n'en avait pas eu autant.

Avec ou sans les partis, le bureau constitué par la commission dialogue et les participants choisis par elle entérineront les choix du pouvoir. Avec ou sans les partis qui viennent de se retirer, ces institutions sont anti-démocratiques et passé un éventuel état de grâce de quelques mois, leur isolement dans la société redeviendra clair pour tous.

Lorsque l'accord avec le FMI sera annoncé, que la dévaluation transformera les avantages factices de la loi des finances en baisse du pouvoir d'achat, lorsque les feux de la rampe seront éteintes et qu'on retournera aux meurtres absurdes et à la répression. Les travailleurs reprendront le combat pour un vrai changement. Alger, 24 janvier 1994. M

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