La Belgique a été secouée à l'automne par une puissante vague de luttes contre la politique d'austérité du gouvernement Jean-Luc Dehaene (coalition entre les sociaux-chrétiens et les sociaux-démocrates du nord et du sud du pays). Le mouvement n'a pas abouti: le Plan global pour l'emploi, la compétitivité et la sécurité sociale a reçu le feu vert du Parlement. Mais l'expérience révèle l'explosivité potentielle des situations sociales dans de nombreux pays européens. Alain TONDEUR
Be mouvement social a débuté le 29 octobre avec une manifestation nationale du syndicat socialiste (FGTB) pour laquelle plus de 60 000 personnes se sont mobilisées en deux jours. Ce succès (imprévu pour les organisateurs) a suscité l'espoir et stimulé la combativité de toute la classe ouvrière. Une vigoureuse pression en faveur de l'unité d'action s'est développée. Le syndicat chrétien (CSC) a été contraint de descendre dans la rue à son tour. Le "front commun syndical" a décrété, le 15 novembre, la grève nationale sélective (les chemins de fer et d'autres services ont été épargnés, mais l'industrie a été paralysée). Les 22 et 24 novembre ont eu lieu des grèves interprofessionnelles de 24 heures dans trois et six provinces respectivement. Cette semaine du 22 au 26 novembre a vu l'apogée des luttes, avec en point d'orgue une grève nationale à l'appel des deux centrales syndicales (FGTB et CSC), qui a paralysée l'activité le 26 novembre. Le mouvement s'est ensuite essoufflé, faute de perspectives. Il s'est achevé le 10 décembre, par une dernière manifestation du syndicat socialiste, moins nombreuse que celle du 29 novembre, au cours de laquelle l'amertume des militants était très perceptibles.
Le mouvement a mis en évidence des changements significatifs dans l'opinion publique ouvrière, dans la conscience des militants syndicaux, dans l'activité des dif-
BELGIQUE
BNON EG E
N PASTE ANTISOCIAL
férents secteurs de la classe ouvrière, dans leurs formes de luttes et dans leurs relations avec les appareils.
La Belgique est dans une situation un peu particulière en Europe du fait de sa dette publique (7 000 milliards de francs belges (1), 120 % du PNB) et du poids du service de cette dette. Depuis la fin des années 70, les gouvernements ont imposé une kyrielle de plans d'austérité. Le déficit annuel de l'Etat a été ramené plus près de la moyenne européenne (près de 6 % du PNB aujourd'hui contre plus de 11 % au début des années 80). Mais on est encore très loin des critères de Maastricht. Or la classe dominante tient absolument à respecter ceux-ci, pour sauver sa politique du franc fort lié au mark, mais aussi par crainte de déstabilisation institutionnelle (crise de l'Etat unitaire).
Le chemin qui reste à parcourir s'annonce d'autant plus ardu que le coût social est déjà extrêmement lourd : 500 000 chômeurs complets, 1,1 million de victimes du chômage, 21 % de ménages vivant dans un état de précarité matérielle objective. De larges couches de la population savent maintenant que les sacrifices servent seulement à «rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres». Le fait que le budget de l'Etat serait équilibré sans les 730 milliards de francs belges du service annuel de la dette intérieur est largement connu. «Prendre l'argent là où il est» est devenu, au fil des ans, une exigence quasi-unanime, traduite en revendications précises : impôt sur les grosses fortunes, augmentation de l'impôt sur les sociétés (plus de la moitié des
18 AAN BEN ! entreprises ne paient pas d'impôts), suppression des avantages fiscaux aux multinationales et aux compagnies d'électricité, imposition des plus-values boursières, voire annulation de la dette.
Frustrations sociales
Cette exigence se combine chez les militants syndicaux avec une conscience croissante de la nécessité de satisfaire les besoins sociaux pour endiguer la désarticulation de la société, qui favorise la montée de l'extrême-droite. La question du chômage occupe ici une place centrale. Beaucoup de syndicalistes voient que l'austérité, la course à la compétitivité, la flexibilité et la hausse de la productivité (domaines dans lesquels la Belgique occupe la première position en Europe, voire dans le monde) ne créent pas d'emplois mais en suppriment. Les demandes de réduction radicale du temps (35 ou 32 heures) sont de plus en plus souvent opposées à la stratégie patronale de développement du temps partiel. Les propositions du plan public de création d'emploi par la satisfaction des besoins sociaux rencontrent un intérêt certain.
Ce mouvement social a donc été porteur d'un contenu anticapitaliste, diffus certes, mais plus net que lors de la vague de luttes de 1977-1986. Plusieurs indices permettent de diagnostiquer un mécontentement qui touche à la logique du système, à la guerre de concurrence entre travailleurs des différents pays et entre actifs
1) 1 franc belge (BEF) équivaut à 0,16 francs français.
et exclus sur le marché du travail. Ces sentiments n'annulent pas les tendances lourdes à la montée de la xénophobie et au repli sur soi, mais cet automne chaud montre que les frustrations sociales à la base de ces phénomènes inquiétants peuvent aussi déboucher sur une grande lutte sociale, qui réintroduit en force les aspirations et les pratiques solidaires.
La grève du 26 novembre a clairement exprimé l'état d'esprit des masses. Elle est sans précédent dans l'histoire sociale pourtant agitée de notre pays. Il y a eu quelque chose de plus qu'un simple arrêt de travail généralisé : comme le signe que la classe ouvrière reste capable de jeter toutes ses forces dans une grève générale. L'auto-activité des travailleurs a été remarquable. Comme les grandes entreprises étaient en général paralysées, les piquets massifs se sont concentrés sur le blocage des petites et moyennes entreprises sans délégations syndicales. Les zones industrielles ont été coupées par des barrages routiers. Dans de nombreuses villes, les syndicats ont été en mesure à la fois de mettre les entreprises à l'arrêt et de rassembler des manifestations importantes : 15 000 personnes à Anvers le 22 novembre ; 4 000 à Liège ; 4 000 à La Louvrière le 24 ; 5 000 à Charleroi le 26 ; 3 000 à Leuven, etc. (Ces chiffres montrent aussi que la Wallonie n'est plus la locomotive sociale du pays).
Un certain nombre d'entreprises ont "fait le pont" entre les grèves du 24 et du 26, en combinant les revendications d'ensemble et leurs problèmes spécifiques. Notons aussi le rôle moteur des ouvriers d'industrie, le dynamisme d'une nouvelle génération de jeunes travailleurs, un début de jonction entre le mouvement des travailleurs et le mouvement des jeunes — le 24 novembre, 20 000 jeunes, surtout flamands, manifestaient contre le racisme à l'occasion du deuxième anniversaire de la percée électorale du Vlaams Blok.
La mobilisation sociale peut être citée en exemple des possibilités de tournants brusques dans le contexte actuel. Après la mort du roi Baudouin en été, la Belgique a été submergée par une vague émotionnelle très forte. L'exaltation des valeurs éthiques du disparu, de sa foi, de son engagement en faveur "des plus démunis" , de son mépris pour la médiocrité de la classe politique, a créé un climat étouffant d'unité nationale, teintée de populisme. Les médias ont complaisamment amplifié l'affaire. Le sommet de l'Etat a cru le moment propice à la conclusion d'un pacte social associant les organisations syndicales à l'austérité, sous couvert de promotion de l'emploi. L'idée a été promue par le roi Albert II dans son discours d'investiture au Parlement. Albert fit miroiter la perspective d'un pacte analogue à celui de 1944, qui avait créé la sécurité sociale à gestion paritaire, alors que l'objectif actuel est le démantélement de celleci. Dans la foulée, J.L. Dehaene a obtenu des partenaires sociaux une déclaration solennelle en faveur de la conclusion d'un pacte «comme souhaité par le roi». De la fin du mois d'août au 20 octobre, des négociations secrètes ont été menées au plus haut niveau. Un groupe d'experts présidé par le gouverneur de la Banque nationale (en violation du traité de Maastricht, qui stipule l'indépendance des banques centrales), a remis un ample rapport que le Premier ministre a immédiatement transformé en projet de pacte. Tout au long de ces semaines, la passivité sociale était générale, en dépit des informations inquiétantes sur le contenu de l'attaque qui se préparait.
Ruptures au sommet
Le mouvement n'est donc pas né d'une pression directe des travailleurs à la base mais de ruptures au sommet de l'appareil de la FGTB. Les principales centrales industrielles du syndicat acceptaient de réduire le coût salarial (par une diminution des cotisations patronales de sécurité sociale). Elles étaient même disposées à renégocier les conventions salariales conclues pour 1994 (1,5 % en moyenne en plus de l'indexation automatique des salaires).
Mais elles ont "calé" sur le blocage linéaire de ces accords par le pouvoir politique. A leurs yeux cette mesure impliquait le risque d'une marginalisation du syndicat dans les entreprises, où la concertation sociale, pilier du système belge, est déjà mise à mal par le "management participatif", le chômage massif, la sous-traitance et le recours croissant aux tribunaux pour assurer le "droit au travail". Dans ces conditions, l'appareil interprofessionnel national du syndicat ne pouvait plus se permettre de poursuivre les négociations. Celles-ci ont été rompues dès la première séance officielle sur le projet de Pacte, le 21 octobre. Le voile d'unanimité qui recouvrait les contradictions de classes s'est alors déchiré d'un seul coup.
Le président de la FGTB, François Janssens, a tenté d'en rester là, en vain : la pression pour agir était trop forte. Le succès de la manifestation FGTB du 29 octobre a contraint le syndicat chrétien à passer à l'action également.
L'appareil CSC n'a pas apprécié de se voir ainsi forcer la main. Il n'excluait pas d'agir, mais pas de cette manière, et certainement pas sur les thèmes que la mobilisation de la FGTB mettait de facto à l'ordre du jour parmi les travailleurs. En effet, depuis le début 1993, la direction CSC préparait idéologiquement ses cadres à accompagner une nouvelle offensive d'austérité. Avant tout le monde, elle avait avancé l'idée d'un pacte social. Elle voulait troquer une vaste réduction du coût salarial contre des garanties de créations d'emplois et des sacrifices "équitablementt
. Une enquête interne avait demandé aux affiliés de choisir entre différentes formules de "partage du travail", étant entendu que la compétitivité des entreprises ne pouvait pas en pâtir. La perte salariale était présentée dans cette enquête comme une manifestation de la solidarité entre travailleurs. L'accélération de la privatisation des entreprises publiques était envisagée dans les couloirs comme une source de moyens financiers à consacrer à l'emploi. La direction de la CSC comptait sur ses relais au sein du Parti social chrétien flamand (Cristelijke Volkspartij CVP) pour obtenir un engagement des patrons dans ce sens. La mobilisation de la FGTB est venue troubler le jeu, et réaxait les préoccupations.
Ainsi, même quand les deux confédérations syndicales ont fixé ensemble un plan d'action et adopté ensemble cinq demandes d'aménagement du pacte social (devenu entre temps plan global du gouvernement), les priorités des appareils syndicaux étaient différentes ; ils avaient deux préoccupations en commun : ne pas faire tomber la coalition et, par conséquence, ne pas exhumer le mémorandum pour « prendre l'argent là où il est» et «donner un emploi à tous » qu'ils avaient remis au gouvernement en 1992.
Pour le reste, la priorité de l'appareil CSC était de cogérer un semblant de politique de l'emploi, tandis que celle de la FGTB était le maintien des conventions collectives. Cette différence renvoie aux spécificités des réformismes social-chrétien et social-démocrate, à la manière dont ils exercent leur hégémonie et dont celle-ci entre en crise, au fait que leur implantation sociale et nationale n'a pas le même centre de gravité (la CSC est majoritaire en Flandre, la FGTB en Wallonie) et qu'ils sont liés à des réseaux de clientélisme politique concurrents. La politique de division pratiquée par les sommets syndicaux résulte de ces considérations-là, et pas d'un jeu de rôle ou d'un complot, comme certains militants ont pu le penser.
Dans le feu de l'action, la politique de division a été mise en lumière comme jamais auparavant. Après la grève du 15 novembre, le patronat a conseillé au gouvernement d'abandonner le blocage des conventions 1994 pour ne pas allumer une guerre sociale dans les entreprises. En
échange, et au nom de l'équilibre de son plan, Dehaene y a inscrit une manipulation de l'indice des prix, qui, sous prétexte de protéger l'environnement et de décourager la consommation de tabac et d'alcool, revient à reporter de huit mois l'adaptation des salaires à la hausse du coût de la vie. Le Premier ministre a aussi concrétisé quelque peu l'effort minime demandé aux "riches", essentiellement par des mesures contre l'épargne populaire. Le bureau de la FGTB a considéré cela comme "positif" et a annoncé la suspension des actions. Au même moment, la CSC disait le plan inacceptable et mettait le turbo pour la mobilisation. Changement de décor quinze jours plus tard : la CSC suspendait l'action tout en jugeant le plan insatisfaisant, tandis que la FGTB organisait le baroud d'honneur
Des dizaines de milliers de syndicalistes se sont mobilisés contre la politique de division des appareils. Le fait que les surenchères n'ont guère eu de prise à la base est aussi un élément neuf par rapport au passé. Une première bataille a été livrée pour forcer le sommet de la CSC à quitter la négociation. Mais l'affrontement le plus spectaculaire a eu lieu au sein de la FGTB Sitôt connue la décision du Bureau dont il est question ci-dessus, une véritable révolte a éclaté dans le syndicat. A Anvers, l'appareil local a immédiatement cédé face à des menaces de grève dans la chimie. A Liège, où il a tenté de maintenir le cap, des grèves ont éclaté dans la métallurgie et la sidérurgie. Le Bureau national a été obligé de battre en retraite précipitamment avant le congrès statutaire prévu — un heureux
— deux jours après la décision contestée et deux jours avant la première action suspendue, soit le 18 novembre. Devant cette assemblée, F. Janssens a tenté une nouvelle manœuvre en lançant le mot d'ordre d'une grève supplémentaire le vendredi 26 novembre, un "vendredi rouge" de la seule FGTB. Mais la CSC s'est ralliée à la proposition, et c'est ainsi que le 26 novembre est devenu le succès
Pourtant, ceux que le journal La Gauche a appelé les "vrais syndicalistes" n'ont pas été capables d'aller plus loin dans leur bataille pour l'unité. Cela tient essentiellement au caractère fort peu politique de la gauche syndicale. Celle-ci se radicalise dans l'action, les questions de stratégie et de programme ne sont pas son fort. Pour battre la division, il aurait fallu imposer une ligne de retrait pur et simple du plan, et poser comme alternative les revendications du mémorandum du front commun syndical.
Dans ce scénario, la chute du gouvernement était inévitable. Il fallait donc présenter une issue politique, une troisième voie entre le maintien de la coalition et le retour au pouvoir du thatchérien Verhofstadt (leader du parti libéral flamand, VLD). Le Parti ouvrier socialiste (POS, section belge de la Quatrième internationale) a avancé l'idée que le mouvement social, par la lutte, pouvait fracturer les appareils politiques et forcer une vaste recomposition politique à gauche, dans la perspective d'un "gouvernement social". Cette proposition a rencontré un intérêt certain, mais l'éveil politique de la gauche syndicale restait insuffisant pour la défendre à jusqu'au bout face à l'appareil.
Victoire des patrons
La ligne du sommet syndical a permis au gouvernement de faire passer la quasitotalité de son plan. C'est une victoire importante pour les patrons : ils obtiennent le maximum possible dans le rapport de
Un blocage des salaires est imposé jusqu'en 1996. L'indexation des salaires et des allocations sociales est manipulée. Les patrons peuvent embaucher des jeunes travailleurs à 90 % du salaire en vigueur, même en dessous du salaire minimum, sans payer de cotisations patronales de sécurité pendant un an. Pour tout "emploi nouveau" les patrons reçoivent un abattement forfaitaire de 100 000 BEF par an sur leurs cotisations patronales. L'emploi nouveau" est défini comme tout emploi égal à 50 % au moins d'un temps plein, de sorte que les entreprises disposent d'un cadre légal idéal pour généraliser la flexibilité et accroître encore le travail à temps partiel. Toute réduction du temps de travail avec maintien des salaires est exclue par le blocage de ceux-ci.
Par ailleurs, le gouvernement a pris une mesure scandaleuse pour contraindre certaines catégories de chômeurs à accepter les "petits boulots" que des particuliers proposeront, via des agences locales pour l'emploi moyennant une indemnité mensuelle de 150 BEF de l'heure. Le plan implique aussi une déstabilisation structurelle de la sécurité sociale par la baisse de ses recettes. Comme cette baisse sera surtout compensée par une hausse des impôts indirects, les travailleurs seront deux fois la dupe de l'opération. Les patrons, eux, peuvent profiter trois fois : de la baisse des coûts, du développement des assurances privées de pension et de maladie, et des privatisations que l'essor de ces assurances facilitera en dégageant des capitaux supplémentaires.
Outre le maintien des accords salariaux pour 1994, le gouvernement n'a fait qu'une seule véritable concession : le mouvement syndical pourra vérifier l'utilisation des fruits de la modération salariale par les patrons. Le but est de négocier des plans d'entreprise pour le partage de l'emploi. Mais cette concession est en même temps un piège redoutable ; il sera très difficile aux délégations syndicales de ne pas se faire les complices de la réorganisation capitaliste de la production. Quant aux patrons, ils sont satisfaits de cette procédure qui, en "dépolitisant" le plan, ramène les relations sociales sur le terrain de l'entreprise — où ils sont puissants — et rétablit la paix sociale indispensable au bon fonctionnement de la production à
Le vote du plan signifie aussi une victoire politique pour le CVP-PSC, principal parti bourgeois du pays. Le CVP s'est apperçu qu'une austérité draconienne peut être imposée avec la social-démocratie au gouvernement, contre le mouvement syndical mais en minimisant les risques d'explosion sociale qu'un gouvernement bourgeois homogène ferait courir au pays. Du même coup, il prouve que la réforme de l'Etat réalisée précédemment par Dehaene (2) constitue un cadre institutionnel adéquat pour défendre les intérêts de la classe dominante, en évitant les risques d'éclatement du pays, qui découleraient des propositions de régionalisation de la dette et de fédéralisation partielle de la sécurité sociale avancées par le leader du VLD Verhofstadt et une partie des patrons flamands. Le CVP entrevoit ainsi la possibilité de se refaire une santé face à son concurrent le Parti des libéraux flamands (Vlaamse Liberale Demokraten VLD), qui caracole en tête des sondages et mène une dure politique d'opposition au nord du
Rien oublié
Toutefois, l'ampleur du mouvement laissera aussi des traces politiques. Le gouvernement n'a en effet réussi à passer le cap qu'au prix d'une très vive tension avec sa base sociale. Dans la CSC flamande, des voix sont de plus en plus nombreuses à exiger une rupture réelle avec le CVP, comme cela a déjà été voté par le congrès du syndicat chrétien des employés.
Le traumatisme est au moins aussi grand du côté socialiste. Le syndicat socialiste FGTB a été fondé par le parti dont il était à l'origine la commission syndicale. Jamais dans l'histoire une grève généralisée comme celle du 26 novembre n'a été organisée sous un gouvernement à participation socialiste. Le fait que tous les parlementaires du Parti socialiste et du SP ont
2) Voir notre article dans Inprecor, n° 371 de juillet 1994.