Inprecor 1974–2004

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PALESTINE

Où va l'opposition palestinienne ?

· Inprecor n° 377, février 1994 · p. 12-14 · 3 021 mots

Palestine et Israël

Walid Salem est déjà connu de nos lecteurs et lectrices. Nous avions déjà publié, dans notre numéro de novembre 1993, une interview de ce militant palestinien de Cisjordanie occupée, plusieurs fois emprisonné pour son rôle dans la direction de l'Intifada et accusé d'appartenir au FPLP. Malheureusement, les conditions dans lesquelles l'entretien fut réalisé et retranscrit firent que les propos de Walid Salem se trouvèrent amputés et quelque peu déformés. Nous lui avons donc proposé de préciser son point de vue dans une nouvelle contribution. L'article que nous publions ci-dessous apporte de précieuses informations quant aux débats en cours au sein de l'opposition aux accords de Washington. Il expose également les vues de la gauche de l'OLP, que nous avons déjà eu l'occasion de critiquer, notamment au sujet du type d'alliance avec les intégristes et de la façon d'aborder les accords Rabin-Arafat (voir, entre autres, le dossier sur les Accords israélo-palestiniens dans Inprecor n° 376). Walid SALEM*

Be suivi des débats au sein des "dix" de l'opposition palestinienne (1) amène à conclure que ces organisations n'ont pas réussi, à ce jour, à se doter d'une forme supérieure à la simple coordination entre elles et ce, malgré tous les efforts déployés par la tendance démocratique pour passer à un stade supérieur.

Il est utile de passer en revue succinctement le déroulement des trois dernières réunions des "dix" (les 15 décembre, 30 décembre et 5 janvier derniers) qui ont été

PALESTINE déterminantes pour l'avenir de leur alliance, ainsi que les diverses tactiques : celle de la tendance démocratique, celle de la tendance nationaliste et celle de la tendance islamique, qui découpent le champ politique des "dix".

La réunion du 15 décembre 1993 a été consacrée à l'élaboration du programme politique des "dix", rendu public à l'issue de la réunion. En voici les points essentiels : la lutte pour faire échouer les accords de Gaza-Jéricho ; la reconstruction des institutions de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et la fidélité à sa Charte (2) ; le refus et le boycott des élections de l'autonomie administrative ; le boycott de toutes les institutions politiques et administratives de l'autogouvernement ; la réaffirmation de la lutte pour le retour, l'autodétermination et la pleine indépendance nationale.

Un front du refus

Rien ne fut clairement prévu quant à la constitution d'une nouvelle direction de l'Intifada dans les Territoires occupés en 1967, s'appuyant sur les "dix", ce qui constitue une lacune importante. Le programme définissait aussi des tâches aux niveaux arabe et international.

C'est sur la base de ce programme que 1'"Alliance des forces palestiniennes" émanant des "dix", fut proclamée en tant que telle.

La réunion du 30 décembre 1993, consacrée à la question organisationnelle, a donné lieu à trois approches différentes. La proposition faite par Hamas, s'est exprimée en deux temps. Lors de la réunion précédente, Hamas avait demandé une Direction centrale (DC) de quarante membres, constituée à 40 % de militants de Hamas, à 40 % des autres courants, et à 20 % d'indépendants. Un Comité exécutif (CE) comprendrait un membre de chacune des dix organisations et cinq indépendants désignés par la DC.

Dans un second temps, Hamas proposa une direction centrale composée pour moitié d'indépendants, dont Hamas se réservait le droit de sélectionner la moitié, et pour moitié de représentants des organisations à raison de deux pour chacune. Le CE serait composé d'un représentant par formation et de cinq indépendants désignés par consensus entre les "dix".

Le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) proposait, quant à lui : une DC de vingt membres (deux par organisation) et une direction quotidienne de dix membres (un par organisation), avec la préparation d'une conférence nationale générale qui préparerait la reconstitution des institutions de l'OLP sans Arafat, sur des bases démocratiques et électives. Le FPLP insistait sur la nécessité de doter l'Intifada d'une Direction nationale et islamique, mais il a été seul à soulever cette question.

La Saika fit une troisième proposition :

1) II s'agit du, Front populaire de libération de la Palestine (FPLP de Georges Habache),du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP de Nayef Hawatmeh), du Front palestinien de libération, du Front de lutte populaire, du Fatah-Intifada (une dissdence du Fatah dirigée par Abou Moussa), du Front populaire-commandement généra (de Ahmed Djibril), de la Saïka (baassiste pro-syrienne), Parti communiste révolutionnaire palestinien, Hamas (Mouvement de la résistanc islamiquee), et le Jihad islamique.

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une DC où siègeraient trois représentants de chaque organisation, un nombre d'indépendants à déterminer en commun, et un CE comprenant un représentant pour chaque organisation et autant d'indépendants.

Les deux dernières propositions étaient très proches comme on peut le constater, tandis que le projet de Hamas fut rejeté par les neuf autres organisations qui lui demandèrent de le retirer. Hamas demanda alors un délai d'une semaine, et la réunion fut ajournée.

La réunion du 5 janvier fut consacrée à la recherche d'un accord sur une formule organisationnelle avec Hamas. Au début, le mouvement islamique conditionnait son accord sur le programme politique (y compris la Charte et l'OLP) à l'attribution de 40 % des sièges à son bénéfice. Si la formule retenue devait être une représentation paritaire, il n'y aurait plus accord sur un programme politique, mais seulement sur des tâches, ces dernières ne devant comporter aucune référence à la reconstrucion de l'OLP, ni à sa Charte nationale.

A l'issue d'une longue discussion, une résolution fut adoptée par cette réunion du 5 janvier. Elle comportait deux points : un mode d'organisation sur une base paritaire (DC de deux représentants par organisation et DE comprenant un représentant par organisation) ; le programme politique proposé le 15 décembre fut transformé en "tâches politiques" ; les questions de la Charte et de l'OLP furent maintenues, mais sans échéances ni précisions quant aux modalités de reconstruction de la centrale palestinienne.

Tel fut le résultat des réunions. La forme de coordination entre les "dix" était maintenue à peu près telle quelle, bien que rebaptisée "alliance des forces palestiniennes". C'était la conclusion logique du conflit entre les trois grandes tendances des "dix".

Positions des trois tendances

La tendance démocratique est constituée essentiellement par le FPLP et le FDLP, auxquels s'ajoutent deux petites organisations : le Front palestinien de libération (FPL) et le Front de lutte populaire (FLP). Leur approche peut être résumée ainsi.

• Il est nécessaire que les "dix" évoluent vers la constitution d'un Front national islamique, en tant que cadre provisoire qui s'attellerait à reconstruire l'OLP, sans Arafat et les partisans de l'accord Gaza-Jéricho. Les nouvelles institutions réuniraient tous les opposants à l'accord et chercheraient à attirer les opposants à Arafat au sein de sa propre organisation, le Fatah (membres de la base ou dirigeants), ainsi que des personnalités indépendantes du Conseil national palestinien (CNP) ou du Conseil central, et des membres du Comité exécutif de l'OLP, notamment ceux qui ont démissionné ou ont suspendu leur participation à l'instance.

• Partant, l'objectif organisationnel principal, tel que l'envisage cette tendance, n'est pas le Front national, démocratique et islamique en tant que tel. Celui-ci ne doit être qu'un instrument transitoire pour reconstruire les institutions de l'OLP, cette tâche devant être entreprise par l'ensemble des opposants à l'accord de Gaza-Jéricho, indépendamment des options idélogiques, marxiste, nationaliste ou islamique. L'appartenance à l'OLP, en cette étape de libération nationale, se fait sur la base de l'adhésion politique et pratique à un programme de lutte nationale, et non sur base de programmes idéologiques. Ceci dit, les forces démocratiques se doivent de conserver leur spécificité, dans ce cadre commun, en menant le combat démocratique pour la libération de la femme, en luttant pour que les forces démocratiques pèsent d'avantage dans la nouvelle OLP pour empêcher que ne s'établisse l'hégémonie d'Hamas, en s'opposant aux aspects réactionnaires de l'idéologie religieuse, et en défendant les droits de la classe ouvrière et des pauvres, pour accroître le poids et l'influence de la classe ouvrière dans la lutte nationale, etc

Nous tenons à préciser qu'il n'est pas question d'une alliance entre les marxistes et Hamas, qui consacrerait l'hégémonie de cette dernière, et lui offrirait une caution de gauche pour son expansion. Ce dont il s'agit, c'est de reconstruire une OLP, sans Arafat, comprenant toutes les forces restées attachées au programme national : la tendance démocratique, la tendance nationaliste et la tendance islamique. Cette dernière joue un rôle important dans la lutte nationale actuellement, et il n'est pas possible de l'exclure, sauf si elle devait changer de position et participer aux élections de l'autogouvernement administratif, comme il semble se dessiner. Une telle attitude constituerait une rupture de fait avec la perspective de la reconstruction de l'OLP, qui ne semble pas encore être pour demain, si l'on en juge par les divergences à son sujet parmi les "dix"

• La tendance démocratique a proposé des mécanismes démocratiques pour la formation du front transitoire et la reconstruction des institutions de l'OLP, en y associant les masses, au moyen d'assemblées populaires qui éliraient des délégués à une Conférence nationale générale, élisant à son tour le front, puis les instances de l'OLP. Cette procédure démocratique visait à empêcher que les nouvelles structures ne soient désignées d'en haut, sans les masses et sans influence sur elles.

• La tendance démocratique a souligné, enfin, que la lutte contre l'accord Gaza-Jéricho ne peut être menée uniquement sur la base de mots d'ordre stratégiques, mais que ces derniers doivent se traduire par des actions et un programme politique concrets posant la question du retour, de l'autodétermination et de la création de l'Etat palestinien indépendant, et s'appuyant sur la légitimité internationale.

La tendance nationaliste, quant à elle, est essentiellement représentée par le Fatah-Intifada (dissidence du Fatah, dirigée par Abou Moussa), le Front populaire-Commandement général (FP-CG), la Saika et le Parti communiste révolutionnaire palestinien. Les deux premières organisations ont développé les positions qui suivent :

• Il n'est pas nécessaire de former un Front national, démocratique et islamique Il faudrait plutôt convoquer immédiatement la réunion d'un CNP qui élirait les nouvelles instances de l'OLP. Cette proposition, selon la tendance démocratique, ne permet pas, de par son caractère hatif et précipité, de discuter avec les indépendant et les opposants au sein du Fatah et des instances actuelles de l'OLP pour les convaincre de participer à leur reconstruction. Elle aboutirait à la perte de ces derniers et à former la nouvelle OLP avec uniquement les "dix" et leurs périphéries.

• La tendance nationaliste n'est pas très chaude pour associer les masses à la reconstruction et aux élections, et préfère que les "dix" désignent elles-mêmes les membres de la Conférence nationale générale, chaque organisation désignant ses représentants en fonction du quota qui

• Cette tendance revendique des objectifs stratégiques, mais refuse de se plier à la légitimité internationale en ce qui concerne la Palestine, ainsi que le mot d'ordre transitoire d'Etat palestinien indépendant. Elle propose une solution intermédiaire, mentionnant l'indépendance nationale totale dans le programme des "dix" en lieu et place de l'Etat indépendant. Cette formule élastique peut être interprétée par la tendance démocratique comme équivalente de l'Etat indépendant, tandis que la tendance nationaliste l'interpréterait comme signifiant la libération de toute la Palestine.

La tendance islamique est composée de Hamas et du Jihad islamique.

• Elle converge sur le plan politique avec la tendance nationaliste et refuse tout

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mot d'ordre transitoire et la notion de légitimité internationale.

• Au commencement, cette tendance approuvait la formule de Front national islamique — et non celle de Front national, démocratique et islamique, de façon à le vider de tout contenu démocratique. Elle approuvait également la proposition de former une direction nationale islamique de l'Intifada. Les deux organisations ont cependant tergiversé (Hamas surtout), trahissant ainsi leur désir d'agir seules, avec P'illusion que la majorité des masses opposées aux accords les suivent et qu'elles peuvent se passer des autres organisations.

• Hamas a hésité au début en ce qui concerne la reconstruction de l'OLP et l'approbation de sa Charte. A partir de la réunion du 15 octobre, les deux organisations sont tombées d'accord pour agir dans l'OLP et reconstruire ses institutions, non pas par conviction, comme elles le précisèrent, mais en partant du fait que l'OLP jouit d'une reconnaissance arabe et internationale qu'il est nécessaire de prendre en compte.

Elles exprimèrent aussi leur accord pour reconnaître la Charte, à condition de l'amender en y incluant le projet d'un Etat islamique en Palestine à l'avenir. Nous avons déjà décrit plus haut leur marche arrière sur ces deux questions par la suite, suivie de l'accord à contrecœur sur la mention de l'OLP et de sa Charte en fin de réunion, le 5 janvier. Cela s'explique par le fait que l'OLP n'est pas leur objectif stratégique : elles ont toujours voulu, et veulent encore, construire une organisation de rechange, et le disent franchement.

Elles sont d'accord pour la Conférence générale et les assemblées populaires, mais à condition qu'il s'agisse de démarches propagandistes sans rôle démocratique, c'est-à-dire sans participation des masses à l'élection des instances.

Une tendance minoritaire de Hamas exprime aujourd'hui son accord pour participer aux élections de l'autogouvernement, s'il s'agit d'élections législatives. Cette position floue montre qu'ils n'ont pas saisi le caractère liquidateur global des accords de Gaza-Jéricho en ce qui concerne la cause palestinienne en général. Le renforcement de ce courant pourrait rendre possible un virage du Hamas (et non du Jihad), et sa participation à la liquidation.

L'attitude politique et organisationnelle de Hamas, au cours des réunions du 15 décembre et du 5 janvier, a débouché sur le choix de l'Alliance au détriment du Front, c'est-à-dire une plate-forme plus réduite, et sur l'adoption de "tâches politiques" et non d'un programme. Par contre, aucune échéance n'a été fixée en ce qui concerne la reconstruction de l'OLP, ce qui en laisse la légitimité aux mains d'Arafat. Le flou demeure en ce qui concerne la mise sur pied d'une direction nationale islamique de l'Intifada. Cette direction risque de ne pas voir le jour et l'action des "dix" dans les Territoires occupés en 1967 restera dispersée avec, d'un côté Hamas, de l'autre, l'action commune du FPLP et du FDLP, et encore, l'activité isolée du Jihad islamique. Hormis ces quatre organisations, aucune des six autres n'a d'existence digne d'être signalée à l'intérieur des Territoires.

Il faut souligner que le Jihad islamique n'a pas approuvé plusieurs des positions du Hamas, notamment sur le plan organisationnel. Il a également une position bien tranchée contre les élections de l'autogouvernement.

Loin de tout pessimisme

Le bilan des réunions de l'opposition ne nous fait pas, pour autant, sombrer dans le pessimisme ou le désespoir, et ce pour deux raisons : d'une part, nous considérons d'abord les résultats concrets, c'est-àdire l'alliance autour de tâches politiques, ce qui en soi est déjà un acquis positif, indépendamment de son niveau, qui se traduit déjà quotidiennement. D'autre part, nous entendons poursuivre la lutte, en particulier sur les deux questions qui restent à compléter :

— la reconstruction des institutions de l'OLP, afin de les ôter à Arafat et de lui ôter ainsi la prétention d'être le détenteur de la légitimité palestinienne, et de pouvoir ainsi la conférer aux accords de Gaza-Jérila mise en place d'une direction nationale et islamique de l'Intifada constituée des quatre organisations présentes dans les Territoires de 1967. Cette direction clandestine serait doublée d'une direction publique composée d'organisations et de personnalités élues démocratiquement avec la participation la plus large possible des masses.

Pourquoi la tendance démocratique tient-elle tant à l'OLP, et pourquoi insistet-elle pour associer Hamas à sa reconstruction ? C'est que, pour elle, l'OLP repose sur cinq fondements : la Charte nationale palestinienne ; le programme national (programme transitoire adopté en 1974) ; l'expression de l'identité politique et morale du peuple palestinien ; ses institutions ; les personnes qui agissent dans le cadre de ces institutions.

« Arafat, en signant les accords de Gaza-Jéricho, a abandonné ce qui fait l'essence de l'OLP : la Charte, le programme et l'identité politique et morale. Il n'a gardé de l'OLP que la forme (les institutions et les individus). Il ne s'agit plus essentiellement de l'OLP, mais d'un cadre différent qui continue de s'appeler OLP. Pour que le contenu corresponde à la forme, il faut que les courants restés fidèles à la Charte, au programme et à l'identité politique et morale, reconstruisent les institutions de l'OLP avec de nouvelles personnes, afin d'arracher les apparences de légitimité formelle dont se couvre encore Arafat. »

La tendance démocratique voit dans l'OLP le projet national de libération palestinien, qui est la propriété du peuple palestinien tout entier, de toutes ses composantes nationales, et non celle d'Arafat qui croit pouvoir en disposer à sa guise. La tendance démocratique a contribué à construire l'OLP et à en faire le symbole de l'identité politique et morale de notre peuple. C'est pourquoi elle défend jalousement la continuité de l'OLP, débarrassée de tous ceux qui, à l'instar d'Arafat, en ont abandonné le programme et la Charte.

La tendance nationaliste partage avec la tendance démocratique cette conception de l'OLP, mais diverge sur la question du programme transitoire. Ainsi, huit organisations sur les "dix" se prononcent pour le maintien de l'OLP et la reconstruction de ses institutions, ce qui a pour résultat d'isoler Hamas et le Jihad et d'augmenter les possibilités de faire pression sur elles pour qu'elles se rallient à cette position.

Quant à la participation de Hamas à la reconstruction de l'OLP, elle est extrêmement importante pour les raisons suivantes : le fait que Hamas reste au sein des "dix" affaiblit et isole la tendance en son sein qui désire participer aux élections de l'auto-gouvernement ; le blocage, le plus longtemps possible, du projet du Hamas de se constituer en alternative à l'OLP, sinon son annulation, ne peut mieux être atteint que par la participation du Hamas au projet de la reconstruction de l'OLP

Voilà à quoi ont abouti les "dix", et leur projet de lutte contre les accords liquidateurs de Gaza-Jéricho. La discussion reste ouverte au sujet des tactiques préconisées par chacune des trois tendances de l'opposition. L'important demeure que nous œuvrions pour notre projet révolutionnaire. Laissons la vie et l'action concrète trancher, nous juger sur nos erreurs et nos succès. L'essentiel est d'agir sans relâche, ni découragement. *

Jérusalem-Est, 15 janvier 1994

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