Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DETTE DU TIERS-MONDE

Solidarité entre les peuples

· Inprecor n° 377, février 1994 · p. 25 · 593 mots

Introduction

L'endettement du Tiers Monde ne fait plus la une des médias. Les banques des pays impérialistes ont réduit très sensiblement le poids des créances qu'elles détiennent dans les pays du Sud, et sont hors de danger (voir contribution de Susan George). Les diktats du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, du club de Londres etc. à l'égard des pays endettés ont permis d'assurer le versement régulier du service de la dette. Un nouveau mécanisme de transfert de la valeur, des peuples du Sud vers les classes dominantes des pays impérialistes, s'est mis en place, un de plus. Dans le même temps, la dette du Tiers Monde (et des pays d'Europe de l'Est) continue d'augmenter passant de 1350 milliards de dollars en 1991 à 1600 en 1993. Quelles sont les effets des plans d'ajustement structurel ? Au-delà du FMI et de la BM, qui décide ? Quels changements apporter dans les « relations Nord/Sud » ? Telles étaient quelques unes des questions posées aux oratrices (teurs) d'un des débats qui se sont déroulés le 4 décembre 1993 à Bruxelles dans le cadre d'un rassemblement organisé par le Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM). Le mouvement pour l'annulation de la dette du Tiers Monde a reculé, tant au Sud qu'au Nord pourtant le paiement du service de la dette représente toujours un fardeau insupportable pour les peuples du Tiers Monde. En outre, toute expérience de gauche dans un pays du Sud, toute volonté de mener une politique gouvernementale visant à satisfaire les besoins des masses se heurte à l'obstacle du paiement de la dette. Par exemple, peut-on imaginer qu'un gouvernement du Parti des travailleurs issu d'une victoire de Lula aux élections brésiliennes de fin 1994, pourrait éviter l'obstacle de la dette tout en mettant en œuvre une politique de progrès social ? Le contre-sommet de Rio organisé par des organisations non-gouvernementales venues du monde entier en juin 1992 avait remis à l'ordre du jour l'exigence de l'annulation de la dette. Le rassemblement international de Bruxelles indique que de nouvelles initiatives peuvent rencontrer un écho. Il ne devrait pas rester sans lendemain.

Eric Toussaint

DETTE

Nous remercions le Comité belge pour l'annulation de la dette du

Tiers-monde (CADTM) de nous avoir permis de reproduire des contributions d'un des principaux forums de la réunion de Bruxelles du 4 décembre 1994. La rédaction d'Inprecor a assuré le choix et la retranscription des contributions.

Caroll Thompson, une chercheuse américaine travaillant au Zimbabwé et

"Vassu" Nanayakare, dirigeant central Nava Sama Samaja

Party (Section sri-lankaise de la Quatrième internationale)

et député sri-lankais sont également intervenus. Nous regrettons de n'avoir pu retranscrire leurs interventions

Dette

du

Tiers

Monde

Nécessaire solidarité

entre les peuples

samedi 4 décembre 1993

à la V.U.B. (Vrije Universiteit van Brussel) de 13h00 à minuit

privées, etc. Ce ne sont pas elles qui perdent leur situation et leur travail. Et quand il y a des dévaluations, les élites détenant leur argent surtout à l'extérieur en devises, elles deviennent au contraire plus riches

Donc, il n'y a pas de « crise » pour les banquiers, il n'y a pas de « crise » pour les élites du Sud, et c'est la raison pour laquelle nous entendons maintenant parler très peu de la dette du Tiers Monde.

Depuis dix ans: 250 000 dollars par minute Je salue cette initiative du CADTM, parce qu'il faut vraiment un effort militant aujourd'hui pour garder le problème de la dette à l'esprit des gens. Maintenant, cela fait un peu plus d'une décennie que la

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