Yes femmes disent non. Le rétablissement d'une grande Allemagne se fait aux frais des réfugiés, aux frais des "autres" ', des faibles, des pauvres, et aux frais des femmes.Nous appelons à une grève des femmes. Par cette grève, nous voulons protester contre la suppression graduelle des droits fondamentaux, contre la réduction des pressions sociales, contre la pauvreté croissante des femmes, contre l'annulation de leurs acquis, contre la destruction de l'environnement et contre les préparatifs de l'Allemagne pour la participation à la guerre.
En 1975 les femmes d'Islande ont fait la grève générale.En 1991 ce fut le tour des femmes suisses. Maintenant c'est nous qui allons faire grève
La grève des femmes aura lieu la deuxième semaine de mars 1994 (journée internationale des femmes du 8 mars).
Les femmes arrêteront le travail domestique, feront grève sur leur lieu de travail ou pratiqueront la grève du zéle, elles feront la grève de la consommation, ne feront pas leurs courses, ne souriront plus poliment, elles ne seront pas gentilles, elles ne feront pas le café et confieront leurs enfants à leur mari qui devra les emmener à son travail. Notre action collective et solidaire sera spectaculaire et insolente.
Nous n'acceptons plus que les salaires des femmes soient toujours inférieurs de 30 % à ceux des hommes, nous lutterons contre les "cordées" des hommes qui font échouer la montée des femmes vers des postes bien rémunérés.
Le mot d'ordre, camouflé "les hommes d'abord" a fait que dans les nouveaux "länder" de l'Est de l'Allemagne, ce sont majoritairement les femmes qui ont perdu leur emploi. Il est à craindre que les femmes devront, de plus, payer le prix du marché commun européen. Rien qu'en Allemagne, plusieurs centaines de milliers d'emplois de femmes seront supprimés l'année prochaine.
Il faut en finir avec la violence, il faut en finir avec l'humiliation. Dans la guerre le viol est utilisé comme arme. Dans le couple, le viol conjugal n'est toujours pas répréhensible en Allemagne. Les femmes subissent quotidiennement la lutte des hommes pour le maintien de leur domination par les violences et le harcèlement
Nous en avons assez
Nous voulons participer à toutes les décisions dans la société proportionnellement à notre nombre dans la population. Nous voulons la répartition égalitaire du travail payé et non payé entre femmes et hommes et des moyens d'existence autonomes suffisants pour chaque adulte. Nous demandons l'égalité des droits pour toutes quelque soit leur mode de vie : en communauté, hétérosexuelles, lesbiennes ou seules. En outre, chaque femme doit décider elle-même si elle veut mener à terme
Nous voulons que les immigré-es, les réfugiées, les Allemand-es non blancs, les Sinti et les Roms, les juives et les juifs puissent vivre ici sans crainte, en toute sécurité et avec des droits égaux aux autres citoyen-nes. Nous refusons les projets du gouvernement fédéral allemand de faire participer les troupes allemandes à des guerres et nous aiderons les hommes de notre entourage à refuser le service militaire ou à déserter.Nous rompons le consensus patriarcal et commencons par une grève d'avertissement.
Nous appelons toutes les femmes à participer à la grève avec leur propres idées d'action et de discussions. Le pluralisme féministe et la créativité sont à l'ordre du jour. Créez partout des comités et des groupes de grève, inventez de nouvelles formes de grèves, faites connaître publiquement vos revendications (1).
La reproduction ou l'imitation de cet appel et de l'action qu'il propose est expressément souhaitée par leurs initiatrices.
Cet appel a été lancé à l'initiative des groupes-femmes du Mouvement autonome des Femmes de Bonn et de Cologne. De nombreuses signatures de personnalités, de groupes, d'associations de femmes et de syndicats ont déjà été recueillies. Il a été conçu comme un premier appel permettant les rédaction et diffusion d'autres textes avec des idées et des propositions supplémentaires, afin de rallier le plus grand nombre de femmes à cette action que l'on souhaite délocalisée, multiple et originale.*
1) Actuellement, existent deux adresses de contact et de coordination : le comité de grève Streikkomitee Köln-Bonn, Tel : (0) 288 16 76 09 (Bonn) et le bureau berlinois de l'UFV (fédération indépendante de l'Est au moment de l'unification).
Tél : (0) 30 299 17 53.