Un article publié le 9 mars 1994 dans le quotidien sud-africain, The Argus, soulignait les «conditions de vie déplorables» de l'écrasante majorité de la population. Des millions de sud-africains vivent dans un logement sans toilettes et sans eau courante, sans accès à des services de santé et avec la menace de la violence omniprésente.
L'article s'inspirait d'une étude menée en février 1994 par l'Agence communautaire d'étude sociale, un institut indépendant et non-gouvernemental, à la demande du Réseau national progressiste de premiers soins. Elle a donné lieu à 800 entretiens individuels
Des conclusions de l'enquête, il ressort que:
• 61 % des Africains sondés disposés à travailler sont au chômage;
• Deux-tiers des Blancs interrogés se sont dits préoccupés par le coûts des soins de santé, et 83 % ont une couverture sociale contre seulement 11 % des Africains. Ainsi, 28 millions d'Africains n'ont aucune couverture sociale;
• 12 % des Africains sondés ont affirmé qu'un membre de leur famille avait été tué ou blessé dans les violences ;
• 86 % des personnes interrogées pensent que le système de santé devrait être une question importante lors des prochaines élections, et cela n'est pas très étonnant : alors qu'une petite minorité bénéficie d'un système de santé «derniercri», la majorité doit vivre sans système de santé du tout. *