L'extrême gauche s'est divisée sur la question de savoir s'il fallait participer aux élections municipales ou au contraire, s'il fallait prôner le boycott, en solidarité avec le mouvement national kurde. Une série de groupes (dont la plupart n'avait d'ailleurs pas les moyens de participer aux élections), ont lancé un appe au boycott, accusant même ceux qui y participent d'être des «laquais de l'Etat turc» et des «collaborateurs de la sale guerre conte le peuple kurde», D'autres ont présenté des candidats indépendants dans certaines régions. Deux partis ont présenté des listes à l'échelle nationale : le Parti ouvrier (IP, mao-stalinien), et le Parti socialiste de l'unité (SRP), obtenant chacun près de 80 000 voix soit 0,3 % des voix.
La liste du SRP était une liste unitaire, celle de l'Alternative socialiste unifiée (BSA), à laquelle participaient quatre courants : le SBP (les anciens du Parti communiste), Kurtulus, Emek qui s'est retiré des élections, mais maintient sa présence au BSA et Yeni Yol (section turque de la Quatrième internationale). L'un des principaux axes de la campagne du BSA était la solidarité avec le peuple kurde et la dénonciation de la sale guerre et de la répression contre les élus kurdes. Les candidats du BSA ont défendu cette ligne dans toutes les réunions publiques et lors des tranches de propagande à la télévision. Cette démarche unitaire, pourtant très récente, a rencontre un succes réel (à sa modeste échelle) et très prometteur, qui aura une prolongation au dela des elections L'obiectif est en effet de construire ensemble un parti unitaire, non pas sur le terrain d'un débat idéologique et d'une fusion programmatique totale, mais d'une unité d'action sur une plate-forme de revendications communes et d'un fonctionnement interne démocratique respectant l'identité de chacun. L'important travail commun réalisé pendant les élections permet d'envisager avec optimisme l'avenir de ce travail unitaire auquel d'autres ont déjà décidé de se