• Par «classe ouvrière» nous entendons la partie de la population dont la subsistance dépend surtout d'un salaire ou d'un tratement et qui ne détient pas de poste de direction. Cette catégorie inclut l'«intelligentsia laborieuse» (c'est-a-dire les gens qui occupent des postes qui tout en n'étant pas de direction requièrent un haut niveau de qualification), bien que nous traitions ce groupe comme séparé dans tout cet article. La structure sociale de la population russe connait des variations rapides, mais la classe ouvrière et ceux qui en dépendent (avec ou sans l«intelligentsia laborieuse») constitue toujours l'immense majorité de la population.
• Donner une définition de la «gauche» est plus problématique. A strictement parler cette catégorie regroupe les «socialistes démocratiques» (le mot «démocratique» étant, il faut le reconnaitre, redondant), c'est-à-dire les groupes politiques anticapitalistes luttant pour l'extension maximale de la démocratie (au sens litté ral de pouvoir populaire), non seulement dans la sphère politique mais aussi - et tout particulièrement — dans la vie écono mique et sociale. La gauche démocratique conséquente reflète les intérêts de la classe ouvriere
• Dans cet article nous utilisons aussi une définition plus large du mot «gauche» qui inclut les éléments anticapitalistes se considérant comme «socialistes» ou «communistes», mais dont la pratique et les programmes réels n'ont parfois pas grand chose à voir avec l'extension de la démocratie. En Russie, iol s'agit principalement des multiples avatars du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS) dissout par Eltsine après août 1991. Nous désignerons ces groupes, faute d'appellation plus adaptée, comme la «gauche nostalgique» - bien que pour ce qui est des programmes socio-économiques la plupart tend vers la social-démocratie ; les partis qui se disent «social-démocrates» tendraient plutôt pour leur part vers le libéralisme économique. *