Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Carrefour dangereux

· Inprecor n° 383, septembre 1994 · p. 20-22 · 2 893 mots

France

Voilà maintenant dix ans que Le Pen et son Front national marquent de leur empreinte la vie politique française. Dix ans qu'ils ne sont jamais redescendus sous la barre des 10 % de l'électorat, enregistrant même une pointe à 15 % lors de la présidentielle de 1988. Christian PICQUET

Yes raisons de cet enracinement sont multiples. Citons principalement la crise économique et la relégation de plusieurs millions d'hommes et de femmes dans le chômage, la précarité ou l'exclusion qui favorisent les tentations du repli national comme la recherche de boucs émissaires à tous les maux de la société. Ou encore l'impasse de la droite traditionnelle, qui n'en finit plus de chercher les axes de sa réorganisation et se déchire en permanence sur le choix de son représentant dans la course présidentielle. Ou enfin un mouvement ouvrier qui se trouve sous le double choc de la faillite de la social-démocratie au terme d'une décennie d'exercice du pouvoir et du déclin historique d'un Parti communiste incapable de s'émanciper de son passé stalinien et de se doter d'une stratégie crédible.

Dix ans d'enracinement

Ce contexte a permis l'incrustation d'une force fasciste de masse, en dépit des tentatives effectuées, par la droite parlementaire comme par le Parti socialiste, pour l'isoler au moyen d'éphémères «fronts républicains» ou de le marginaliser grâce à un mode de scrutin qui prive de représentation parlementaire les formations «trouble-fête». Scrutin après scrutin, le Front national recueille ainsi le soutien d'un électorat de droite radicalisé échappant à l'emprise des partis qui l'encadraient jusqu'alors, et d'un électorat de protestation sociale, lequel exprime de cette manière dévoyée son désarroi et ses angoisses. Le phénomène ne se limite désormais plus au seul terrain des urnes.

FRANCE

Ayant un temps épousé la mode ultra-libérale, le parti lepéniste a progressivement réorienté son discours en direction des catégories populaires qui subissent durement le chômage et les retombées dévastatrices du projet «maastrichtien» d'unification européenne. Dans une synthèse «national-populiste», il est maintenant passé maître dans l'art d'articuler ses diatribes racistes et nationalistes à la dénonciation de l'insécurité, des impôts, du chômage, de la politique agricole commune et du GATT, des menaces visant la Sécurité sociale — dont il appelle à réserver le concours aux seuls nationaux —, la pauvreté et les injustices. Face à l'Europe libérale, il se veut l'artisan d'un «nouveau protectionnisme». Et face à la droite, de retour aux affaires depuis mars 1993, il se présente comme l'«alternance nationale», stratégie résumée en ces termes par son secrétaire général, Carl Lang : «Les gouvernements changent, les problèmes s'aggravent : immigration, impôts, insécurité, chômage, éducation, Sécurité sociale, rien n'a changé depuis mars 1993. (...) Le vrai changement, c'est nous qui le mènerons et le Front national sera là quand les Français le voudront».

Résultat, le Front bénéficie, à présent, d'une implantation en profondeur dans plusieurs régions du pays (pourtour méditerranéen, ancienne «ceinture rouge» de la capitale, départements industriels du Nord et de l'Est...). Il dispose, de ce fait, d'un réseau non négligeable d'élus locaux (conseillers régionaux, conseillers municipaux). Quant à ses capacités militantes, quoique inégales selon les thèmes avancés par la direction du parti, elles lui permettent de commencer à disputer le terrain social à un mouvement ouvrier affaibli par

SUPER SPO Jean-Marie Le Pen une terrible hémorragie militante, voire de trouver des relais au sein des syndicats ouvriers. Symptôme d'une évolution préoccupante, voilà quelques mois, au Havre, la section lepéniste participa à une manifestation de défense de l'emploi dans l'entreprise Alsthom.

Le séisme des européennes

Les élections européennes du 18 juin dernier constituent un parfait révélateur des tendances lourdes de la situation française. Certes, les amis de Jean-Marie Le Pen y connurent leur première régression dans une consultation de ce type, n'obtenant que 10,51 % des suffrages contre 11,2 % en 1984 et 11,73 % en 1989. Ils s'effritèrent même légèrement dans leurs bastions de la région parisienne ou du Sud-Est. Mais ce recul, d'autant plus marquant que l'objectif revendiqué était de 15 %, fut principalement la conséquence de l'émergence, aux confins du Front national, d'un nouvel acteur politique, le regroupement opéré par Philippe de Villiers, avec le concours du milliardaire britannique Jimmy Goldsmith.

Par son programme, le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers n'a rien à envier à Le Pen. Il n'hésite pas à décrire les immigrés comme "des communautés juxtaposées en kystes de populations inassimilables". (1) Comme le caudillo du Front national, il fustige les «méfaits du libre-échangisme mondial», dénonce le droit à l'avortement comme un crime; assimile l'école publique à une «administration soviétiforme» (2). L'influence des histo-

1) Valeurs actuelles, 3 décembre 1990.

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riens «négationnistes» affleure dès lors qu'il attaque «un antiracisme dévoyé (...) qui fonctionne comme un antiracisme à rebours (...), un antifascisme dévoyé (...) qui a pour objet, en nous rejouant en permanence la Seconde Guerre mondiale, de changer l'échiquier de la vie politique» (3).

Seule différence avec le chef frontiste, Philippe de Villiers vient de la droite traditionnelle, en l'occurrence de l'UDF sous la bannière de laquelle il s'est fait élire député du département de Vendée. Ayant fait ses classes dans la mouvance monarchiste, héritier de la vieille tradition légitimiste, hyper-conservatrice et catholique traditionnaliste, il détache une nouvelle fraction de l'électorat réactionnaire de l'orbite gaulliste ou libérale. Sa base sociale est à l'image du socle de la droite française : catégories supérieures, plutôt âgées, non salariées. Sa percée s'opère en premier lieu dans les départements où subsiste la vieille haine pour la Révolution française et la République : Vendée, Poitou-Charente, Pays-de-Loire...

Ainsi, émerge un pôle de droite extrême qui, en totalisant les résultats des listes Le Pen et de Villiers, représente près du quart des suffrages exprimés. Un pôle d'autant plus menaçant qu'il réalise, pour la première fois, la conjonction de deux phénomènes jusqu'alors distincts. Celui du national-populisme frontiste, influent dans un électorat populaire désorienté et celui d'une tradition contre-révolutionnaire, qui recueille les dividendes de la crise des appareils bourgeois traditionnels. Lorsque le vicomte vendéen explose littéralement dans les zones cossues et bourgeoises (23 % des voix à Neuilly, près de 22 % à Versailles...), Le Pen continue à caracoler dans les cités déshéritées de la banlieue parisienne : 16,24 % à Aubervilliers, 17,72 % à Stains, 18,41 % à Bondy... Comme le souligne l'Appel des 250, mouvement lancé en 1990 par un appel d'intellectuels prestigieux et de personnalités antifascistes, au premier rang desquels Gilles Perrault : «Une France effrayée a donné un message clair : elle souhaite l'alliance entre l'extrême droite des beaux quartiers avec l'extrême droite plébéienne» (4).

Radicalisation réactionnaire

Pareil phénomène ne peut qu'engendrer une radicalisation réactionnaire de la vie politique hexagonale et, tout particulièrement, de la gestion d'un gouvernement dont l'unique horizon consiste, à présent, à gagner l'élection présidentielle de mai 1995. Déjà, depuis l'alternance de mars

1993, le programme de l'extrême droite et ses solutions tendaient à remodeler le champ politique et idéologique. Sous l'égide du ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, avaient ainsi été adoptées plusieurs lois (réforme des conditions d'accès à la nationalité française, durcissement des modalités d'entrée et de séjour des étrangers, révision de la Constitution afin de mettre à mal le droit d'asile) qui s'inspirent directement des cinquantes mesures anti-immigration avancées, en 1990, par le FN. En faisant de tout étranger un suspect a priori, en le soumettant au plus total arbitraire policier, ces dispositions ont sanctionné le retour, à droite, d'une approche ethnocentriste de la gestion des problèmes liés à l'immigration. En clair, revient aujourd'hui en force ce qui forma toujours, de l'Affaire Dreyfus au régime collaborationniste de Vichy, le fond de commerce du nationalisme français le plus réactionnaire. Celui qui, à l'opposé des principes de citoyenneté proclamés par la Grande Révolution, définit l'identité française par son européanité et sa christianité et fait primer l'ethnie sur le territoire, le droit du sang sur le droit du sol.

Dans le contexte présent, cette tendance risque fort de s'accentuer et de favoriser, dans l'opinion, l'essor d'un racisme déjà banalisé. En octobre 1993, 59 % des Français interrogés affirmaient estimer que "l'immigration est plutôt une menace pour l'économie française", , et il s'en trouvait 57 % pour considérer qu' «il y a trop de travailleurs étrangers en France» (5). Cette pression se doublera, à l'évidence, d'une offensive visant à la restauration d'un ordre moral. Deux journalistes s'en inquiétaient récemment à la «une» du quotidien Le Monde : «Il flotte, depuis un an, comme un parfum d'ordre moral dans les hémicycles du Palais-Bourbon et du Palais du Luxembourg (sièges de l'Assemblée nationale et du Sénat, NDLR). Discret, mais insistant, parfois grinçant, ce changement de ton imprègne les débats, nourrit des amendements, motive des propositions de loi et finit par s'imposer comme un nouvel air du temps. Avec des thèmes favoris : la défense de la famille et la réhabilitation du mariage, la lutte contre les déviances, la dénonciation de cette crise morale qui serait à la source de tant de dérèglements sociaux.»(6).

De fait, pas moins de sept propositions de loi, émanant de députés de la nouvelle majorité, ont été récemment déposées. Elles visent à inciter le maintien des valeur de l'argent» chez les jeunes, à rétablir la peine de mort ou à revenir sur le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale. Au début de l'année, une attaque sans précédent contre l'école publique, déclenchée par le gouvernement sous l'impulsion du lobby cléricalo-réactionnaire, n'avait été mise en échec que grâce à la démonstration de six cent mille partisans de la laïcité, le 16 janvir 1994, dans les rues de Paris.

Inévitablement, tout cela appelle un durcissement autoritaire. En octobre prochain, l'Assemblée nationale se penchera sur un projet de loi de Charles Pasqua relatif à la «sécurité». Ce texte prévoit notamment une réforme des structures de la police nationale, sur le modèle de ce qui prévalait sous le régime de Vichy (7), légalisera les systèmes de vidéo-surveillance comme le recours aux polices privées et autres officines de gardiennage (où pullulent les recyclés de l'extrême droite), restreindra considérablement le droit de manifester (en autorisant, par exemple, la fouille de véhicules dans un périmètre de dix kilomètres autour du parcours d'une manifestation).

Transition vers l'incertain

Il n'est, à ce stade, pas abusif de risquer une comparaison entre la conjoncture française et ce qui se passe, présentement, de l'autre côté des Alpes. Au moins sur un point que deux chercheurs mettaient en évidence, au lendemain des élections européennes : «La pérénnité même des systèmes de partis mis en place au lendemain de la guerre est désormais en question. L'Italie en a fourni récemment l'exemple le plus frappant, mais la France est également touchée par ce phénomène» (8).

Nombre de facteurs attestent de la pertinence de ce jugement. La crise sociale transforme en profondeur la structure de travail, institutionnalisant une société à plusieurs vitesses. L'Etat-nation se voit directement mis en cause par le mouvement d'internationalisation du capital. Sur fond de gangrène maffieuse des élites politiques et économiques (9), l'effondrement des modes traditionnels de représentation met en péril tout l'édifice politique et institutionnel du pays. Face à un mouvement

2) Citations extraites de l'«Heure de vérité», sur Antenne 2, mai 1992.

3) Le Figaro, 25 mai 1990.

4) Ras-l'Front, juillet-août 1994.

5) Sondage IFOP ralié pour le mensuel Passages.

6) Le Monde, 24 juin 1994.

7) Le projet renforce en particulier le contrôle du pouvoir politique sur les différents corps de police par l'entremise des préfets.

8) Le Monde, 7 juillet 1994.

9) Comme en Italie et en Belgique, les inculpations de politiciens et d'hommes d'affaires se multiplient pour trafics d'influence, corruption ou détournement de fonds publics.

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ouvrier paralysé, impuissant à trouver le chemin de sa contre-offensive et qui ne voit pas émerger en son sein d'alternative à ses directions faillies, toutes les aventures deviennent envisageables. Surtout lorsque, simultanément, la droite se révèle en proie à une crise de ses références propres, toujours à la recherche d'une politique de rechange à un libéralisme dont l'échec éclate au grand jour, en France comme sur le reste du Vieux Continent.

Les conditions s'avèrent, en premier lieu, réunies pour que s'imbriquent fragmentations sociales, phénomènes de ghettoïsation ethnique, nouvelles lignes de partage du pays en zones riches et régions abandonnées à leur sort. Tout cela ne peut qu'alimenter, dans une partie de l'opinion, le retour en force des thèmes de la «préférence» (nationale, sociale, culturelle) et de la «différence» (des moeurs, des coutumes, des destins). Dans le contexte de tensions sociales aiguës qui en résulteront inévitablement, sur toile de fond d'ébranlement des institutions et de discrédit des partis de gouvernement, en l'absence de pôle anticapitaliste crédible, on ne saurait désormais plus exclure que l'extrême droite, ou du moins une fraction de celle-ci, puisse devenir partie intégrante d'une solution bourgeoise de sortie de la crise.

Maastricht en question

Tout dépendra, de ce point de vue, de l'issue du débat ouvert au sein de la classe dominante sur les choix internationaux à opérer. Devant les difficultés que connaît le projet «maastrichtien» et en relation avec l'exacerbation des concurrences entre bourgeoisies européennes, une partie de la droite et du capital industriel (incarnée, entre autres, par Philippe Séguin, le président RPR de l'Assemblée nationale ou Jacques Calvet, le PDG de PSA), se prononce en faveur de mesures protectionnistes, d'une politique budgétaire de relance et d'une baisse des taux d'intérêt. De ces controverses pourrait surgir, à terme, une implosion du bloc réactionnaire. Le poids politique du Front national, son enracinement populaire comme la prégnance de ses idées pourraient alors faciliter sa réinsertion dans le jeu politique. De ce point de vue, l'entrée de ministres du Mouvement social italien (MSI) dans le gouvernement de la Péninsule lève un tabou sur tout le continent : celui qui était induit par la défaite des fascismes européens en 1945 et qui interdisait que l'on inclue l'extrême droite dans des coalitions parlementaires ou gouvernementales.

Remarquons que le registre sécuritaire et xénophobe choisi par Charles Pasqua (favorable, comme Philippe Séguin, au vote «non» lors du référendum de ratification des accords de Maastricht, en septembre 1992) pour se construire une image, ou encore la sympahie affichée du RPR envers le MSI illustrent les tentations qui tenaillent une partie de la droite parlementaire, celle qui se veut, en particulier, l'héritière de la tradition bonapartiste et autoritaire du gaullisme. Il ne s'agit encore que d'une éventualité dont la réalisation supposerait une accélération de la crise politique, économique et sociale.

Force est, toutefois, de constater qu'alors que la succession de Le Pen est ouverte, une aile du FN l'intègre à ses calculs. Bruno Mégret, numéro deux du mouvement, ne le dissimule pas : «Cette division interne (...) ne peut qu'aller à terme dans le sens d'une recomposition politique que souhaite le Front national, et qui lui sera profitable, puisqu'il est la seule force politique structurée, organisée, en dehors des partis politiques traditionnels. (...) Nos idées ont connu une formidable progression puisque le programme de M. de Villiers reprend principalement les idées du FN. (...) C'est donc une victoire idéologique, et chacun sait que les victoires politiques sont toujours précédées par des victoires idéologiques» (10). En conséquence de quoi, on peut raisonnablement penser que la ligne du Front restera identique : s'affirmer comme la véritable alternative, tracer la perspective d'une alliance avec de

Villiers sans pour autant atténuer la tonalité populiste et sociale de son discours, à laisser quelque marge de quitte manoeuvres à ses secteurs les plus radicaux, concentrés notamment au sein de l'organisation de jeunesse.

Du national-populisme à l'affairo-populisme

Un phénomène vient cependant troubler quelque peu la stratégie de l'extrême droite : le succès de Bernard Tapie. Ce patron affairiste et fort-en-gueule, spécialiste en rachats et restructurations d'entreprises en faillite

(Wonder, la Vie claire, Teraillon,

Adidas, Toshiba France), cumulant un nombre invraisemblable de poursuites judiciaires est, en effet, l'une des révélations du scrutin du

18 juin.

Son électorat se veut nettement à gauche, 22% de ses supporters ayant voté socialiste en 1993, 10% communiste et 13% écologiste. Il obtient, en outre, ses meilleurs résultats chez les jeunes et les chômeurs, ses zones d'influence se situant, significativement, dans les zones d'ancienne tradition ouvrière, longtemps dominées par le

Parti communiste mais où la population se trouve aujourd'hui en proie à la plus totale désorientation, privée de toute référence politique à gauche. Par défaut — avec l'aide il est vrai de François Mitterrand et d'une fraction socialiste

(11) -, Bernard Tapie occupe donc l'espace laissé vacant par le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF).

Mais, à son tour, il recourt aux grosses ficelles du populisme. Ce qui lui permet, à la différence des appareils dominants de la gauche, de n'apparaître pas responsable des désastres du passé, quoiqu'il ait appartenu au dernier des gouvernements socialistes. Alors qu'une moitié de ses électeurs n'a pas voté «oui» au référendum de 1992, on ne se soucie pas davantage de ses professions de foi enflammées en faveur d'une Europe fédérale. Certes,

Tapie s'affirme résolument antilepéniste et en tire même un surcroît de popularité

10) Le Figaro, 25-26 juin 1994.

11) Les européennes ont été le prétexte d'un féroce règlement de comptes entre fractions socialistes, les amis du chef de l'Etat, François Mitterrand, soutenant en sous- main Tapie, afin d'empêcher Michel Rocard, pourtant tête de la liste du PS, de prendre part à la future compétition présidentielle. Avec succès puisque, ayant obtenu moins de 15 % des voix, Rocard dut abandonner ses fonctions de premier secrétaire du parti, le 19 juin.

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