Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Vieux loups cherchent habits neufs

· Inprecor n° 383, septembre 1994 · p. 26-28 · 3 303 mots

Italie Syndicalisme Femmes

Guido Caldiron est militant dans un centre de documentation antifasciste depuis 1990, il s'occupe, surtout, des questions de l'extrême droite et de l'exclusion sociale, essentiellement dans la banlieue. Il est par ailleurs, journaliste dans le quotidien communiste indépendant // Manifesto.

• INPRECOR : peux-tu nous présenter le centre de documentation antifasciste ?

Guido CALDIRON : Le centre de documentation où je travaille est à Rome, il a été mis en place par des militants qui viennent d'univers militants différents, tels que les collectifs de femmes qui travaillant sur la question des femmes immigrées, les redskins qui s'occupent surtout de productions artistiques notamment antifascistes, et de militants politiques traditionnels ayant eut des expériences organisationnelles différentes. Nous nous sommes associés pour combattre la résurgence de la xénophobie et du fascisme lié à la poussée de l'extrême droite en Italie.

• Comment expliques-tu la remontée de ce courant en Italie?

Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter un peu dans l'histoire. Incontestablement, la victoire électorale de l'extrême droite a été longuement préparée par un climat social qui remonte au début des années 80. A cette époque, la situation politique en Italie n'était pas déterminée par les forces de droite ou de l'extrême droite, mais par ce que nous appelions le «CAF», en référence aux initiales des trois figures politiques influentes au sein des socialistes et démocrates chrétiens - Craxi, Andreotti et Forlani. Les années 80 on été, sur le plan politique, les années de Bettino Craxi, qui a monopolisé le pouvoir au sein du Parti Socialiste italien (PSI) en imposant des méthodes autoritaires de prise de décision à l'intérieur du parti. Il a, par ailleurs, su changer complètement l'image du PSI, ce dernier est

ITALIE neufs devenu un parti beaucoup plus centriste et surtout un parti carrément anticommuniste basant sa politique sur le rejet de tout l'héritage syndical, et de toutes les conquêtes du mouvement ouvrier des années 70. Ces années «Craxi» ont eu des conséquences très graves sur le mouvement ouvrier, en terme de remise en cause de la traditionnelle solidarité de classe, bref, tout ce qui a été obtenu par le combat social pendant les années 70 à savoir, l'organisation du travail, tout le système de représentation syndicale et le pouvoir des ouvriers et des travailleurs sur les lieux de travail. Par ailleurs, Craxi a entrepris la rénovation de l'image de l'Italie comme une nouvelle puissance impérialiste, faisait son entrée dans le cercle des grands de la Terre. C'est durant cette période qu'il y eut des débats sur l'installation des missiles Cruises dans le cadre de l'intégration dans le dernier système de défense de l'OTAN, parallèlement à la rénovation de l'appareil militaire italien. L'organisation de la coupe du monde de football en Italie en 1990 a été l'occasion de développer une ambiance nationaliste et l'image d'une Italie qui s'impose au niveau international. Au niveau de la représentation sociale et économique, c'était la période faste du «made in Italy». C'est ce contexte qui a amené les succès électoraux de l'extrême droite et sa coalition avec diverses autres formations. Les différentes enquêtes de l'opération «mains propres» ont mis en cause l'ensemble la classe politique traditionnelle. Face à cette situation nouvelle, les réponses habituelles du mouvement ouvrier et des partis de gauche n'étaient plus adéquates car elles ne tenaient pas compte des changements survenues au cours des années 80. Le Parti communiste italien (PCI) censé être dans l'opposition, a

M

cobter/ participé, dans plusieurs villes du Nord et même à Rome, à la gestion de mairies avec le PSI de Craxi. La direction syndicale a apporté son soutien au socialistes. Ainsi les conflits sociaux furent gelés, dans le but de contrecarrer les travailleurs et la mouvance radicale qui existait dans les usines, ce qui, en dernière analyse, a préparé la victoire électorale de l'extrême droite. L'enquête «main propre» a contribué au démantèlement de la démocratie chrétienne, qui en plus d'être un parti politique constituait un système de gestion du pouvoir, tout comme le PSI. L'enquête n'a pas épargné la gauche. Plusieurs députés du PCI au niveau des administrations locales dans les petites et grandes villes ont été impliqués dans les mêmes affaires que les maffieux de la démocratie chrétienne. Aucun grand parti sur la scène politique n'était propre. Voilà pourquoi l'extrême droite et le Mouvement social italien (MSI), qui n'ont jamais, ou presque, été mêlés au pouvoir, sont apparus comme étant les seuls à avoir une image politique propre. Et c'est ce qui a permis à la Ligue de se développer, essentiellement au nord de l'Italie, dans ce qu'on appelle le triangle industriel, là où la crise économique a frappé le plus fort. La remise en cause des acquis sociaux et l'affaiblissement du tissu industriel au cours des années 80, ont permis à la Ligue de se développer à partir de la deuxième moitié des années 80. C'est en ce sens que la Ligue constitue une représentation politique correspondant aux nouvelles situations sociales créées sur les ruines des anciennes villes industrielles du Nord de l'Italie. La troisième force à avoir remporté les élections est Forza Italia. Berlusconi n'est pas un novice de la politique. Dans les années 70, il était très proche des fas-

Page 27

cistes et il a financé Il secolo d'Italia le quotidien du parti fasciste MSI. Il a fait fortune en profitant de lois très particuliers votées par la mairie de Milan pour renforcer son empire de communication. La mairie, entre les mains des socialistes par ailleurs, a été impliquée dans des opérations de détournement de fonds en faveur de Berlusconi par le biais de l'expropriation de terres revendues par la suite à ce dernier à bon marché pour la construction de nouveaux immeubles. Ainsi, Berlusconi commença sa carrière avec la construction de nouvelles villes comme Milan Il et Milan III, qui sont des grands centres résidentiels dans la banlieue de Milan. Tout en se revendiquant de l'héritage politique de cette classe politique corrompue, il a su lui donner une nouvelle image, ce que la gauche a mis du temps à comprendre. Berlusconi représente le Golden boy gagnant des années 80, cette image fait vibrer l'imaginaire de nombreux Italiens.

• Est-ce-que le Mouvement

Social Italien est une formation fasciste?

Cette question suscite beaucoup de débat, y compris sur la nature de l'ensemble de l'alliance qui a remporté les élections. Si on veut donner une image d'ensemble sur la coalition au gouvernement on peut dire qu'elle est très clairement à l'extrême droite sur toutes les questions : les questions sociales, les questions de l'organisation de la société, jusqu'à la question de l'avortement. Toutes les composantes du gouvernement sont contre l'avortement et s'alignent en principe sur les positions de l'Eglise catholique, voire du Pape et de la hiérarchie vaticane. Le problème c'est qu'en Italie, et c'est qui fait de ce pays un laboratoire international à ce niveau, il est difficile de comparer ce phénomène avec d'autres pays car y coexiste trois visages de l'extrême droite. La Ligue du Nord a inventé une communauté qui n'existe pas, une prétendue communauté ethnique dans le Nord de l'Italie qui n'a pourtant pas de langue commune, et dont la seule raison d'être est socio-économique. C'est pourquoi la question ethnique sert surtout à cacher l'égoïsme social. Le Nord, traditionnellement bastion ouvrier où régna une forte solidarité de classe, a été gravement touché par la crise économique, progressivement c'est l'individualisme et même le régionalisme qui y ont pris place. C'est lié à l'histoire de l'Italie, où des travailleurs du Sud vont immigrés vers le Nord et faire la fortune d'Agnelli et d'autres grands patrons d'usines d'automobiles du Nord. Mais cela fait un peu partie du corps social, c'est là que naquit un racisme dans la base. Donc l'origine de la Ligue, c'est avant tout une extrême droite «ethniciste» qui s'est inventée une communauté idéale en fait inextistante. Il y a, par exemple, des immigrés, travaillant à Turin depuis 20 ans, votant pour les Ligues parce qu'ils se sentent turinois et qu'ils parlent le dialecte turinois, tout en conservant pourtant un très fort accent sicilien. L'intégration pour ces gens s'est réalisée fondamentalement à l'usine, une fois à l'extérieur il n'y a plus d'intégration. Ils prennent des attitudes qui ne sont les leurs que pour se défendre de ce qu'ils voient se passer autour d'eux, pensant ainsi en être protégés. Cette extrême droite a donc un visage un peu particu-

La «filière» fasciste, celle du MSI, est l'héritière directe de la dernière période du régime mussolinien : la République sociale italienne qui s'était établie autour du Lac de Garde dans le Nord de l'Italie sous la protection de l'armée allemande. Ce fut le moment le plus dur du régime fasciste, un fascisme incarnant le même visage que le Nazisme Allemand. Après la guerre, des vétérans de la République sociale italienne comme Almirante — un fusilleur de partisans qui était responsable de la propagande de ce régime — ont fondé ce parti qui prétendait, par le symbole du Flambeau, prendre la relève de ceux qui furent tués pour défendre l'idéal de la République sociale, et de maintenir l'idéal fasciste. Ce parti est resté dans l'histoire italienne. Il y eut un long débat sur la mise hors la loi de ce parti. Nous firent tous des discours sur le fait que ce parti est anticonstitutionnelle car qu'il rejette la constitution. Mais il ne fut jamais dissout et fut utilisé à plusieurs reprises par la démocratie chrétienne pour soutenir le gouvernement de l'extérieur. Il fut surtout utilisé dans certaines villes pour garantir les jeux maffieux de la démocratie chrétienne. Certains dirigeants du mouvement social ont été dans les années 50 récupérés par la démocratie chrétienne et sont devenus des dirigeants de la démocratie chrétienne. A l'intérieur du mouvement social, il y a des députés de différents courants. Par exemple, ces dernières années, le jeune secrétaire Gianfranco Fini, qui était un peu comme le petit fils d'Almirante, fut quelqu'un qui fit carrière comme dirigeant de la jeunesse néofasciste et qui chercha à donner au parti une nouvelle image. Il chercha à renouveler cette image en regard de ce qui se passait ailleurs en Europe, vers Le Pen notamment, vers la fin des années 80. Fini mis en avant l'orientation raciste/xénophobe, mais son choix ne porta ses fruits pour le MSI que suite à l'écroulement maffieux de la démocratie chrétienne. Dans certaines villes, c'est surtout le MSI qui s'est avéré capable de reprendre l'héritage de la Démocratie chrétienne aux élections de novembre 1993, en recrutant entre autres plusieurs anciens «grands électeurs» qui dans les quartiers, collectaient les votes pour cette dernière. C'est ce qu'on appelle la mafia, qui a permis à Fini d'être deuxième aux élections à Rome où au second tour il a obtenu près de la moitié des voix — dévenant le parti de la majorité relative. A Naples aussi, il a fait un très bon score avec Alessandra Mussolini, de même que dans d'autres villes où le mouvement de Berlusconi n'était pas encore implanté. A l'intérieur du MSI, cohabitent plusieurs courants dont celui de Pino Rauti, ancien dirigeant de la formation d'extrême droite radicale Ordre Nouveau, qui a conforté sa position dans l'opposition interne grâce à son succès personnel aux élections européennes - il était déjà eurodéputé depuis 1984. Il fait des choix plus radicaux qui vont transparaître maintenant qu'il y a des ministres du MSI. Rauti prétend représenter l'âme social du parti et défendre les intérêts des couches sociales populaires qui seront frappées par les mesures «libé rales» du gouvernement, contre le secteur publique notamment. D'ailleurs, les prétentions sociales du MSI devraient, dans les prochains mois, provoquer des crises à l'intérieur d'un gouvernement qui s'oriente vers un libéralisme débridé

• Que représente exactement

Berlusconi?

Berlusconi incarne le troisième visage de l'extrême droite, il allie des traits du populisme latino-américain avec un contrôle des médias, dans un style plutôt nord-américain. Il a accru son prestige avec son équipe de football dont il a importé le langage en politique. Et il avait d'ailleurs comme candidat sur ses listes des joueurs de foot, la veuve de l'un d'entre eux, des journalistes de la télé, etc. Berlusconi est clairement situé à l'extrême droite avec, certe, des positions plus présentables. Il y a, dans son cabinet, des gens qui ont travaillé depuis le début de Forza Italia et qui sont des anciens du MSI. Par exemple, le ministre des Affaires étrangères vient de la section de Rome du MSI et affiche la même culture anticommuniste que Fini.

Les différenciations au sein de l'extrême droite se sont exprimées lors des élections européenne. La Ligue a compris qu'une partie de son électorat provient de déçus de la gauche et de l'ancienne Démocratie chrétienne. Forza Italia a eu, dès sa naissance une une image fortement «nordiste», même si sa victoire s'est faite à

Page 28

l'échelle de toute l'Italie. Berlusconi, qui joue sur son image de propriétaire du Milan AC, est surtout lié à la bourgeoisie milanaise. On dit aujourd'hui que le vrai centre de l'Italie n'est plus Rome mais Milan. Ce «recentrage» flatte l'électorat régionaliste et raciste de la Ligue. Celle-ci a perdu presque 2 millions de voix principalement au profit de Forza Italia. Certains ont évoqués une trop grande proximité de la Ligue avec le Parti démocratique de la gauche (PDS, ex-PCI) pour expliquer ce basculement des voix vers Forza Italia. Je ne pense pas que ce soit vraiment la raison, à ses débuts Berlusconi était très marqué par l'ancien système et donc les anciens électeurs de la Démocratie chrétienne se disait que la Ligue revenait au même mais en plus propre et plus moderne que Berlusconi. C'est pourquoi ils lui ont préféré la Ligue. Il y a eu, par la suite, une grande campagne médiatique, orchestrée par la presse et les chaînes de télé de Berlusconi, contre la Ligue qui affirmait que Berlusconi était plutôt un commerçant qu'un politicien, et que ce derniers ne pouvaient pas incarner le changement souhaité par les Italiens. Cette campagne médiatique — qui n'a reculé devant aucune méthode — a renversé l'opinion en faveur de Berlusconi. Par exemple, dans une émission télé où l'on interviewvait des jeunes dans la rue, ils étaient tous, comme par hasard, très favorables à Berlusconi. Et tous les soirs, il y avait un partisan de la Ligue qui s'était rallié à Berlusconi à cause de l'alliance de Bossi avec le MSI. On a beaucoup parlé de l'image d'une droite et d'un système de droite très dur du gouvernement Berlusconi, pourtant les premières images qu'on en a donné reprennait la même imagerie que la Démocratie chrétienne. Ils ont repris directement d'une main ce qu'il avait promis de l'autre : ils promettaient fermer tout ce qui est public et en réalité, ils ont ouvert des possibilités de travail pour 4 000 jeunes dans les administrations locales. Il s'agissait donc d'un régime qui cherche à renforcer ses positions et avant de se risquer à faire de nets changements. Tout cela a valu à Berlusconi beaucoup de voix au détriment du MSI qui a perdu 1,5 million de voix. Malgré cela, le MSI garde la majorité relative à Rome et dans la majeure partie de la région du Sud de l'Italie. Il est déjà un des premier parti de la communauté italienne à Bolzano où se pose la question de la communauté tyrolienne. Il est très fort à Trieste où existent des tendances nationalistes exacerbées — du fait de la présence dans la région de minorités slovène et croates.

Le MSI, avec ses débats internes et sa nouvelle étiquette d'Alliance nationale, sera gagnant à terme car c'est le seul parti du gouvernement à avoir une implantation sociale, avec des sections locales. Son travail de terrain, son profil de solidarité sociale, pourrait demain lui permettre de supplanter les syndicats là où ils ne sont

Je ne crois donc pas que les dissentions en son sein vont mettre fin aux victoires électorales de l'extrême droite. Il y aura seulement des recompositions à l'intérieur de la droite. Les italiens sont habitués à choisir la sûreté, Berlusconi leur a donné cette image et pour quelques élections encore, il continuera de gagner pour

• L'ascension de l'extrême droite était-elle inévitable ?

Avant les succès électoraux de l'extrême droite, nous avions cru — notament avec les affrontements de la journée du 2 octobre 1992 à Rome entre les syndicats et la police — que quelque chose de nouveau allait se mettre en place en Italie. Nous pensions que les tendances radicales à l'intérieur du mouvement ouvrier — avec une riche expérience d'auto-organisation syndicale, également au niveau social dans les quartiers, les centres sociaux, les mouvements de jeunes, les universités — allaient renverser progressivement la direction révisionniste du PCI et l'ensemble des syndicats.

Le 2 octobre 1992 les syndicats sont descendus dans la rue, ce fut une date très importante car il n'y avait pas eu d'affrontements de rue avec la police depuis 1977. La situation était marquée par une très forte radicalité. Nous savions que le moment de la révolution n'était pas encore venu, mais n'avions pas prévu qu'une année plus tard il y aurait une telle percée électorale de l'extrême droite. Je pense qu'à gauche, nous n'avons pas été capables de prendre en charge les expériences des militants de terrain ou l'ensemble des situations de détressse sociale vécues dans les villes et les centres urbains. Je pense que si aujourd'hui nous avons la capacité de fournir des réponses radicales, de faire des choix déterminés dans cette direction, nous pouvons empêcher que l'extrême droite ne devienne le porte-parole des exclus et que, d'ici quelques années, elle ne se pose en défenseur unique des acquis sociaux, qui sont le capable de mettre ensemble toutes les expériences d'autogestion, toutes les expériences d'auto-organisation. Nous avons déjà commencé il y a 10 jours à Rome, nous avons organisé une assemblée nationale où étaient présents les Comités de base syndicale (Cobas), un syndicat très fort au niveau des pompiers salariés du secteur public, le Comité unitaire de base (CUB) qui est une coordination d'autoorganisation syndicale et d'autres regroupements plus petits tels que les syndicalistes anarchistes, des militants de centres sociaux, de radios alternatives associatives nationales, les étudiants de plusieurs collectifs universitaires, des collectifs de femmes, entre autres expériences. Une manifestation est en projet pour septembre avec pour thèmes le droit au travail, la question de la réduction de la journée de travail sans perte de salaire, le travail socialement utile dans les villes, etc. Dans cette assemblée, il y avait également des organisations politiques, et notamment le Parti de la refondation communiste, tous ont signé l'appel à cette initiative.

En plus de la question sociale, Il faut prendre en charge la question de l'antifascisme. Au moment où on cherche à réorganiser non seulement le mouvement social mais l'ensemble de la société, à dépasser toutes les divisions de villes, de communautés, il faut être présent sur le terrain de l'antifascisme. Sur cette question, se poseront en Italie, les mêmes débats qui se sont posés en France : la question de la citoyenneté — pas seulement par rapport à l'immigration qui n'est pas pas très importante en Italie, mais aussi la citoyenneté dans les quartiers et les villes —, de l'association des gens aux prises de décision. Rendre la citoyenneté participative est quelque chose d'important parce qu'aujourd'hui l'extrême droite propose un identité mais aussi des moyens de participer d'une certaine manière à la

Nous devons occuper le terrain, c'est l'une des première chose à faire pour stopper l'évolution de l'extrême droite. Je pense que nous devons commencer par unifier toute la gauche autour de ce projet pour disputer l'initiative à l'extrême droite. Sinon la gauche même va disparaître car les voix qui, jusqu'ici se sont portées sur certaines forces de gauche ne leur appartiennent pas en propre, et rien ne garantit qu'elles ne basculeront pas à droite.*

Propos recueillis par Sonia Leith, juillet 1994

Une erreur sur cette page ?