grossière des répercussions possibles du Plan.
les faits, nous n'avons pas pris au sérieux les dangers qu'impliquait cette caractérisation.
tion conservatrice, il aurait la capacité de faire baisser l'inflation pendant quelques mois.
que ses premiers effets surgissent.
à sous-estimer le poids de la question de l'inflation auprès de la population.
nent la stabilisation monétaire et la possibilité de crédits nominaux beaucoup plus bas.
réels même si c'est à court terme.
pauvres.
elle a fini par jouer un rôle secondaire dans notre compagne.
pour en finir avec l'inflation.*
Le nécessaire combat contre le plan «Real»
Les acquis les plus importants de la bataille électorale restent l'identification de la candidature de Lula avec les intérêts de la grande majorité de la population, la force de notre militantisme et nos liens avec les acteurs de la lutte sociale. Mais nous avons commis d'importantes erreurs qui nous rendent aujourd'hui cette tâche plus difficile. Dans un premier temps, la tendance a été de ne pas attaquer trop durement le plan «Real», dans l'illusion d'une possible alliance avec le Parti de la social-démocratie brésilienne : au moment où le plan a été lancé, le groupe de députés federaux du PT était occupé à obtenir une autorisation de la direction du parti pour empêcher une révision constitutionnelle et présenter des propositions pour le Fonds social d'urgence. Depuis, ce qui a dominé dans nos rangs, c'est une sous-estimation
Nous avons critiqué le plan «Real» en dénonçant l'effet «tape-à-l'oeil» électora, mais, dans
Il est vrai que plusieurs économistes du PT nous ont signalé le risque que comportait ce plan dans le déroulement de la campagne électorale : malgré ses faiblesses et son orienta-
Ils défendaient la nécessité que la candidature de Lula aille de l'avant, en présentant de façon réfléchie sa proposition de plan de stabilisation, combiné au développement économique et à la redistribution des richesses, et en faisant des critiques du plan «Real» avant
Deux types de difficultés nous ont empêchés de prendre l'initiative sur ce terrain, difficultés qui ont de fait réduit notre audience électorale à cause de l'impact de la nouvelle monnaie : les divergences entre les économistes, et la tendance, pour une grande partie de la gauche,
Ces divergences, au-delà du fait qu'elles rendent difficile une articulation plus achevée de nos propositions de combat contre l'inflation, ont contribué à renforcer la tendance à sousestimer la question. De nombreux économistes affirment que le plan «Real» était le fait d'incompétents et qu'il échouerait dès mars 1994 voire en juillet 1994, avec une inflation équivalente à celle qui existait avant la mise en place du real. La confusion et la difficulté de faire une évaluation plus précise du plan, ont persisté après le 1er juillet 1994. De nombreux économistes ont eu tendance à exagérer l'érosion des salaires (phénomène pourtant significatif pour les travailleurs dont les salaires ont été convertis en URV). De même, beaucoup d'économistes avaient prévu une grave récession à partir de juillet, sous-estimant ainsi la marge de manœuvre du gouvernement qui a mené une politique de baisse graduelle des taux d'intérêts. De même, ils ont sous-estimé les effets de la réduction radicale de la ponction inflationniste sur la relance de la demande, et l'accroissement des ventes à crédit qu'entraî-
Ces erreurs d'évaluation se sont accompagnées de l'idée selon laquelle la réaction favorable de la population face au plan«Real» était due à la propagande massive en sa faveur. La propagande a effectivement eu un poids important, mais elle s'est appuyée sur des faits
Ce qui a rendu notre positionnement sur cette question difficile c'est la forte tendance de la part de la gauche à sous-estimer l'inflation et à traiter cette question avec une certaine complaisance. Cela résulte de l'héritage des débats des années 50 et 60, lorsque les conservateurs insistaient sur la priorité du combat contre l'inflation alors que les progressistes défendaient la priorité au développement. Le contexte était alors très différent et l'inflation annuelle était de 20 à 30% et n'a jamais dépassé 100 %. Cette vision ne prend pas en considération le fait que l'inflation a un caractère de classe des plus pervers : bien supportée et même avantageuse pour les couches supérieures de la société, elle est très cruelle pour les plus
Notre programme a donné une place raisonnable à la question de l'inflation, de son impact sur la misère du peuple et à la nécessité de la combattre. Mais du fait des divergences entre différentes sensibilités, et combinée à la sous-estimation des conséquences du plan«Rreal»,
Cela a finalement permis au gouvernement et à Fernando Henrique de faire passer l'idée que Lula et le PT ne se préoccupaient pas de cette question et n'avaient pas de proposition
João MACHADO