Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ALLEMAGNE

Kohl est toujours au pouvoir

· Inprecor n° 386, décembre 1994 · p. 5-7 · 3 105 mots

Allemagne Europe de l'Est Syndicalisme

«Il faut se coucher tard et se lever tôt pour abattre le socialisme», proclamait en 1976 Helmut Kohl le leader des chrétiens conservateurs (CDU, principal parti de la bourgeoisie allemande), encore et toujours chancelier de la RFA depuis octobre 1982 «Le socialisme», c'était d'une part le soi-disant «socialisme réel» et l'existence de la RDA, et de l'autre la gauche politique, socialdémocrate ou autre. Manuel KELLNER

'opération «dormir peu»

L

semble avoir été une réussite. Depuis 1990, le «socialisme réel» des régimes bureaucratiques non-capitalistes a fait faillite, et la RDA n'existe plus. Les idées socialistes, modérées ou non, sont sur la défensive en Allemagne comme à l'échelle planétaire. Et tandis qu'en 1976, Kohl dirigeait l'opposition contre un gouvernement dominé par les sociaux-démocrates, aujourd'hui il se trouve réélu — de justesse, il est vrai — par une majorité parlementaire après avoir été chef de gouvernement pendant douze ans.

Dans les années suivant la deuxième Guerre mondiale, la conséquence politico-morale du nazisme était claire pour la majorité des Allemands : «fascisme, plus jamais, et donc le capitalisme, plus jamais», et aussi «militarisme, plus jamais» ! L'alliance de «l'industrie» — du grand capital —, de la haute finance et de la hiérarchie de l'armée avec les assassins nazis était encore présente dans les mémoires. Même le CDU nouvellement créé, dans ces premières années après 1945, proclamait la «socialisation des grands moyens de production» et la renonciation au réarmement (programme d'Ahlen). Mais la décision des alliés de l'ouest d'appuyer la construction d'un rempart anticommuniste, combiné au boom prolongé du capitalisme mondial, permettait le développement d'une période restauratrice à partir de 1948-1949, qui

ALLEMAGNE a duré jusqu'à la moitié des années 60.

La RFA sous le chancelier Adenauer (CDU) devenait l'avant-poste de la guerre froide, avec un mélange d'autoritarisme, d'anticommunisme comme doctrine d'Etat (le KPD fut interdit et dissout en 1956), et la présence d'anciens nazis à des postes élevés dans l'appareil d'Etat et dans les grands trusts d'hier qui restaient maîtres de l'économie, avec une classe ouvrière qui commencait à croire en un capitalisme sans crise.

La récession 1966-1967 sonnait la fin de cette période, avec quelques centaines de milliers de personnes en chômage, ce qui fut à l'époque un scandale incroyable.

En même temps qu'apparaissaient les premiers signes de la crise structurelle économique, se développait une nouvelle vague de luttes ouvrières, échappant en partie au contrôle des bureaucraties syndicales. Parallèlement la radicalisation de la jeunesse et le mouvement étudiant de protestation se dressaient contre l'autoritarisme, la guerre au Viêt-nam, et la «génération des pères» qui refusait de tirer un bilan complet, politique et moral satisfaisant des crimes du nazisme. Par ailleurs, une partie de ce mouvement de protestation commençait à se révolter contre le système capitaliste en tant que tel.

La conséquence ne fut pas une remise en cause réelle de ce système, qui était encore trop fort pour cela, d'autant plus que la caricature du «socialisme» en RDA, qui enfermait ses «sujets» derrière des murs et des barbelés, était trop proche. Toutefois la période ouverte par les années 60 a permis une libéralisation du climat politique et une consolidation des espoirs réformistes. L'intérêt du capital était de canaliser tout cela dans une direction «constructive» innovatrice du point de vue du système.

La grande coalition

Ainsi en 1969, sur la base du consensus de la «grande coalition», la coalition social-libérale (SPD/FDP) est venue au pouvoir sous Willy Brandt. Les mots d'ordre principaux étaient : «Oser plus de démocratie ! Des réformes sociales ! Une politique de paix vis-à-vis de l'Est !» Brandt devenait en effet l'architecte des Ostverträge (initiatives en direction de l'Est), par le biais des traités avec la Pologne et l'URSS, et la concertation pacifique avec le gouvernement de la RDA. Ce fut une époque où les réformes sociales étaient très limitées, et où les fameux «Berufsverbote» c'est-à-dire les interdictions professionnelles contre les «extrémistes de gauche» ont été adoptées.

A partir de 1974, sous le chancelier Helmut Schmidt, le management pro-capitaliste a pris la place de la rhétorique «réformiste», ainsi que l'appui à la course au surarmement et l'hystérie «antiterroriste» comme prétexte pour grignoter davantage les acquis démocratiques.

Schimdt, c'est aussi le slogan du «modèle allemand», le modèle de l'arrogance des pays riches, combiné à la propagande pour un modèle de concertation sociale susceptible d'éviter des «luttes de

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classe» échappant au contrôle des appareils. Dans un certain sens, le gouvernement Schmidt a «préparé» le terrain pour le gouvernement Kohl. Pendant la crise (1981-1982), le gouvernement SPD/FDP sous Schmidt a commencé une politique de «contre-réforme» sociale. Ce qui a engendré une vague de protestations. Pour la première fois, en 1982, les directions officielles (social-démocrates !) des syndicats ont organisé des manifestations contre la politique d'un gouvernement majoritairement social-démocrate.

Kohl chancelier

Mais en octobre 1982, le partenaire libéral, le FDP, a changé de camp — ce qui a permis à Helmut Kohl de devenir chancelier sans élection, par un «vote de défiance constructif» au Bundestag, et de proclamer ainsi le «tournant politique et moral».

L'objectif de ce tournant était de mettre fin à tous les acquis de la période ouverte par 1968-1969 en imposant l'autoritarisme à tous les niveaux, l'anticommunisme primaire, la confrontation avec l'Est, le rejet de l'aspiration des femmes à s'émanciper, des enfants d'ouvriers à accéder à l'enseignement supérieur ; en rétablissant l'Allemagne comme grande puissance sans restriction et en effaçant les crimes nazis de la mémoire collective des Allemands. Sur le plan économique, le programme de Kohl visait la sortie de la crise par la promotion de la compétitivité du capital allemand, la lutte contre «l'Etat social exagéré» et l'approfondissement des clivages au sein du salariat.

Les mesures adoptées avant les élections au Bundestag de mars 1983 avaient d'ores et déjà donné le ton de cette nouvelle politique : le budget pour 1983 prévoyait 5,65 milliards de marks de moins en dépenses sociales. Les premiers scandales qui ont éclaté ont révélé l'implication grossière du personnel de ce nouveau gouvernement dans les intérêts des capitalistes privés (affaire Schwarz-Schilling, ministre de la Poste, profitant directement en tant qu'entrepreneur des commandes de son ministère).

La fin de la crise conjoncturelle de 1981-1982, qui n'était pas la conséquence de la politique gouvernementale, a néanmoins aidé Kohl et la coalition chrétienne-libérale à gagner les élections en mai 1983. Le nouveau gouvernement a mené une politique d'austérité et de remise en cause de la solidarité. C'est pourquoi, malgré la reprise, le nombre de chômeurs est passé, officiellement, de 1,8 à 2,2 millions au cours des deux premières années du «tournant politique et moral». Dans un bilan global, les principales associations caritatives ont publié vers la fin de 1989 des chiffres qui montrent que, sous le gouvernement Kohl, le nombre de «pauvres» (d'après les critères officiels) a atteint 6,2 millions soit 10 % de la population dans l'un des pays les plus riches du monde. Entre 1982 et 1988, les profits ont augmenté de 74 %, tandis que les salaires, hauts et bas confondus, n'ont connu qu'un augmentation de 18,2 %.

Privatisations, flexibilité, démantèlement des droits protégeant les jeunes dans l'industrie et des droits des femmes, restrictions sévères au droit de grève, traitement de plus en plus dur des demandeurs d'asile et des immigrés, discours officiel de plus en plus nationaliste, relativisation croissante des crimes nazis, tels sont les principales caractéristiques de la politique du gouvernement Kohl et du climat social qu'il a créé.

Le tournant

Au début de l'année 1989, ce gouvernement, est devenu très impopulaire, et semblait à bout de souffle. Certains milieux d'extrême gauche craignaient surtout qu'une euphorie «rose-verte», conduisant à un gouvernement SPD-Grünen, crée de nouvelles illusions réformistes. C'est en fait l'effondrement de la RDA et du régime du Parti de l'unité socialiste d'Allemagne (SED) qui a donné un second souffle à Kohl et Cie.

Quand les manifestants en RDA scandaient : «Nous sommes le peuple !» et que les millions d'Allemands à l'Est aspiraient encore à une alternative solidaire et démocratique non seulement au régime bureaucratique mais aussi au capitalisme de l'Ouest, personne n'aurait cru que les conservateurs pourraient profiter d'une telle situation. Mais l'alternative socialiste-démocratique était trop faible, trop vague. La classe ouvrière n'était pas prête à gérer et réformer elle-même l'industrie.

Quand les manifestants commençaient à scander : «Nous sommes un peuple !», la situation n'était déjà plus la même. Plus tard les slogans comme «le deutschmark viendra à nous, ou alors nous irons au deutschmark», et «Allemagne, patrie unie», exprimaient la volonté de remplacer les anciens maîtres par de nouveaux. La réunification allemande a finalement pris la forme d'une conquête, et dans l'intérêt presque exclusif de la bourgeoisie. Aujourd'hui, le bilan est lourd. Bien que les biens de consommations, les automobiles et le matériel électronique livrés par le capital ouest-allemand aient permis à ce dernier d'échapper à la crise conjoncturelle du monde capitaliste en 1990, le prix social et politico-moral de la réunification a été durement ressenti.

Dès 1992, la production industrielle en ex-RDA a chuté à un tiers du niveau de 1989. Aujourd'hui le nombre de chômeurs en Allemage de l'Est est estimé à 1,2 millions de chômeurs, qui viennent s'ajouter aux 2,5 millions à l'Ouest (les chiffres réels étant largment plus importants). Certes, la «colonisation» de l'ex-RDA a également généré des gagnants, mais l'impression de la plupart des gens est d'être devenus des citoyennes et citoyens de deuxième classe, déshérités et soumis, au motif d'avoir «collaboré» avec l'ancien régime — ou au moins de ne pas s'être

Dans la période allant jusqu'aux élections en octobre 1994, la politique de démantèlement des droits sociaux, des privatisations, de la flexibilité a, bien entendu, été poursuivie. Ces années ont, de plus, fait renaître tous les fantômes du passé nazi, du 3ème Reich : essor des groupes d'extrême droite, explosion des attentats racistes. Il est clair que c'est la politique officielle qui a encouragé ce développement tragique. Comment se fait-il que les protagonistes d'une telle politique ont réussi à gagner de nouveau les élections ?

Bien entendu, ils sont quand même sortis affaiblis de cette épreuve. En effet, les conservateurs chrétiens et leur partenaire libéral le FDP n'ont plus qu'une faible majorité au Bundestag (le FDP a recueilli 6,9 % des voix, mais il est éliminé de sept parlements régionaux et du parlement européen avec moins de 5 % des voix).

Lors des dernières élections, tous les partis d'opposition ont progressé. Le SPD a obtenu 36,5 % des voix contre 33,5 % en 1990. Ceci ne veut pas encore dire grand chose, car ce parti a opté pour une politique de coalition de facto avec les partis au gouvernement, en soutenant le démantèlement du droit d'asile, aboli de la Constitution, l'intervention de la Bundeswehr hors des frontières, la privatisation de la poste, des chemins de fer, etc. Même sa propagande électorale était caractérisée par la difficulté de se démarquer politiquement. Quant aux Verts, ils sont passés de 5 % en 1990 à 7,3 % en octobre 1994. Ce résultat est d'autant plus intéressant qu'il se sont affaiblis à l'Est, où leur profil est nettement moins à gauche qu'à l'Ouest (et en outre anticommuniste, avec la chasse à la Stasi). Les Verts sont certainement devenus une force intégrée à la démocratie parlementaire et au système capitaliste. Néanmoins, ils représentent encore une force d'opposition politique réelle défendant toute une série de revendications progressistes. Le PDS entre au Bundestag avec 4,4 % des voix. En 1990 il n'obtenait

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que 2,4 %. En chiffres absolu, il est passé de 1 129 000 à 2 067 000. En 1990, les voix en ex-RDA étaient encore comptabilisées séparément, et le PDS avait obtenu des sièges au Bundestag grâce à sa force à l'Est. Lors des élections d'octobre il a réussi à contourner la barrière des 5 % en raison d'une particularité de la loi électorale allemande qui consiste à ne prendre en considération la limite des 5 % qu'à partir de moins de trois mandats directs. Le PDS a obtenu quatre mandats directs à Berlin ce qui a garanti son retour au Bundestag

Le PDS un parti des anciens maîtres ?

Une telle hypothése n'expliquerait ni sa progression à l'Est, ni son début d'implantation à l'Ouest. Le profil du PDS est, incontestablement, dans une certaine mesure celui d'un parti défendant les intérêts et la dignité des victimes de l'unification à l'Est. C'est aussi le profil d'une force politique se réclamant d'un socialisme démocratique, défendant les intérêts de celles et ceux d'en-bas contre ceux d'en-haut, aspirant à une société solidaire avec moins d'inégalité. Le PDS est aussi «l'ennemi public n°l» des forces établies.

Formellement, le PDS est la «continuation» du SED. 90 % de ses 130 000 membres étaient membres du SED. Mais le SED en avait 2,7 millions. La grande majorité a soit rejoint les partis bourgeois ou le SPD. soit fait une carrière de manager capitaliste, soit déserté le champ de la lutte politique. Ceux qui sont restés membres, dans une large mesure, sont justement les non-bureaucrates, les non-carriéristes, les «idéalistes» — car les membres du PDS, aujourd'hui, n'ont plus d'avantages en tant que membres du PDS, mais plutôt des désavantages : ils sont les premiers à perdre leurs emplois dans les secteurs privés, à être frappés par des interdictions professionelles dans le secteur

Si on regarde les résultats électoraux du PDS en détail, le premier grand fait est certainement encore et toujours le grand clivage Est-Ouest. En ex-RDA, le PDS, en octobre 1994, a obtenu 18 fois plus de voix que dans les anciens Länder de l'ouest. Toutefois en ex-RDA il n'a obtenu «que» 60 % de son score de 1990. Dans les Länder de l'Ouest, si les chiffres restent modestes, il totalise 3,4 fois ses suffrages antérieurs : 109 294 voix en 1990, 369 038 en octobre 1994 (et 163 000 voix aux

A l'Est, le PDS a obtenu entre 16,5 % (Thüringen) et 24 % (Mecklenburgvopommern) des voix. A Berlin-Est, où se trouve l'intelligentsia oppositionnelle et réformiste de l'ex-RDA, le PDS reste le parti le plus fort avec 34 %. Le mandat direct avec le plus grand pourcentage a été obtenu par Gregor Gysi à Berlin Hellersdorf-Marzahn avec 48,5 % de la «première voix» pour le candidat (la deuxième voix étant celle pour une des listes présentées par les partis). Le pourcentage du PDS dans les Länder de l'Ouest se situe aux alentours de 1 %, entre 0,6 % (Bavière) et 2,7 % (Brème), le meilleur score dans un district de l'Ouest étant 7,5 % à Kreuzberg (Berlin-Ouest). A l'Ouest, le PDS n'a que 1 500 membres. Sa force organisationnelle et son implantation sont donc celles d'un groupuscule. Son audience électorale, sensiblement plus importante, s'appuie essentiellement sur sa force à l'Est. Le VSP, issu en 1986 de la fusion de la section de la Quatrième internationale avec une organisation ex-maoiste, est une petite organisation de la gauche radicale. Son projet visait à catalyser l'unification de la gauche socialiste-révolutionnaire éparpillée. Ce projet n'a pas abouti, mais le VSP a continué sa lutte contre vents et marées — et contre le doute qui avait, entre-temps, touché l'ensemble de la gauche, et qui n'a pas épargné ses rangs, ni celle des membres de la Quatrième internationale en son sein.En automne 1993, le VSP a décidé de soutenir d'une façon critique le PDS dans les élections au Bundestag, et de permettre à ses membres de présenter leur candidature sur les lites ouvertes du PDS. L'ouverture du PDS aux représentants de courants socialistes-révolutionnaires semble d'autant plus importante qu'il subit aujourd'hui la forte pression des forces dominantes, qui lui demandent de se défaire de tout ce qui peut semantisystème. Deux camarades femmes du VSP ont été élues comme candidates sur des listes du PDS, Lilo Lottermoser à Hambourg, et Anna Schlte en Rhénanie-Westphalie.

Des perspectives à gauche

Mais seul Winfried Wolf, membre dirigeant du VSP, rédacteur responsable de SOZ (journal du VSP), économiste et critique connu de la «société automobile», était élu en tête de liste au Baden-Württemberg. Avec les mandats directs, les voix à l'Ouest étaient prises en compte, et Winfried Wolf a été élu au Bundestag avec 0,8 % des suffrages (42 976 voix).

Le VSP et ses candidats n'ont pas «disparu dans la mêlée», comme d'autres composantes de la gauche radicale soutenant le PDS. Le VSP a publié un matériel propre important pour défendre sa propre voix. Ainsi, dès 1993, il a publié une brochure contenant une critique détaillée du programme officiel du PDS, qu'il caractérise comme intéressant, mais réformiste et insuffisant dans sa rupture avec le post-stalinisme et dans sa vision d'une société nouvelle. Pendant la campagne électorale, le journal SOZ a publié quatre pages où le VSP tire le bilan du gouvernement Kohl, de la réunification et de la politique des partis d'opposition, tout en présentants ses propres propositions. La pratique du PDS, parfois à droite de son programme, le danger d'intégration dans les rouages de la démocratie bourgeoise, etc. sont analysés dans ce matériel. Par ailleurs, le VSP a publié des textes de débat visant à refonder l'identité socialiste-révolutionnaire ainsi que la gauche en recomposition, en essayant de réfléchir sur les nouvelles interrogations sans perdre le cap

Notre camarade Winfried Wolf a mené une campagne très active, parfois en conflit avec la direction régionale du PDS Winfried et le VSP sortent de la campagne avec un bon nombre de nouveaux contacts, souvent de jeunes membres du PDS-Ouest en construction.

La perspective qui commence à se dessiner aujourd'hui, c'est de travailler, de s'affirmer comme courant et de chercher le dialogue et la coopération «au sein et à l'extérieur du PDS», une formule d'ailleurs empruntée à l'Assemblée générale des jeunes camarades du PDS. Cette perspective fera encore l'objet de discussions au sein du VSP. De toute façon, après la campagne et avec le député Winfried Wolf, nous nous retrouvons dans de meilleures conditions de travail qu'avant. D'autant plus qu'au sein de l'appareil et des militants actifs des syndicats les discussions se multiplient. De plus en plus, les gens ressentent le besoin de sortir de la défensive, et ils relancent essentiellement le débat sur trois thèmes :

• La nécessité de redéfinir un projet de société alternative.

• la nécessite de s'attaquer aux grosses fortunes, et non seulement aux profits industriels actuels.

• La nécessite d'internationaliser la stratégie revendicative

L'idéal serait la conjugaison d'un nouveau courant combatif à l'intérieur des syndicats, de nouveaux mouvements sociaux progressistes avec une relance vigoureuse de la recomposition à gauche, dont la composante la plus importante doit, évidemment, aujourd'hui être le PDS

Certes, le système semble être très fort, mais de plus en plus de gens, de jeunes notamment, savent qu'il mène à la perte.*

21 novembre 1994.

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