La dernière décision du ministère de la Santé égyptien de consacrer une journée par semaine à l'excision des jeunes filles dans les hôpitaux publics en Egypte relance le débat autour de cette pratique barbare. «Cette décision (...) sera accompagnée d'une campagne de sensibilisation avant la promulgation d'une loi interdisant cette pratique», s'est défendu le ministre de la Santé, lors d'une rencontre avec des organisations non-gouvernementales.
Pour les associations qui luttent contre la mutilation génitale féminine, «la décision du ministre n'est pas seulement mauvaise, elle est illégale». Une quinzaine de militantes féministes et de représentantes d'ONG ont d'ailleurs entamé une action en justice contre le ministre pour avoir négligé un décret de 1959 interdisant cette pratique dans les hôpitaux. Pour l'Organisation Egyptienne des droits de l'homme (OEDH) «l'excision, qui est une mutilation et une déformation des organes génitaux des femmes, est un crime qui affecte le corps humain et sa santé. Elle constitue une violation de la première clause du traité prohibant la torture signé par l'Egypte». Cette mutilation touche 73 % des filles de moins de 16 ans au Caire et jusqu'à 95 % dans les campagne, selon l'OEDH, 45 % de ces victimes seraient devenues frigides à la suite de cette opération et près du tiers souffrent de troubles physiques (infections stérilité) et psychologiques (peur du mariage et de l'accouchement). Les familles pratiquant cette mutilation la justifient au nom de la religion et de la nécessité de limiter le désir féminin pour préserver la chasteté des filles jusqu'à leur mariage.
En attendant que les opposants de la mutilation génitale réussissent à obtenir l'annulation de cette mesure, des milliers de fillettes sont tous les jours victimes de cette pratique barbare du patriarcat.*