Nous avons réalisé l'entretien ci-dessous avec nos confrères du nouvel hebdomadaire marocain Annahj
Democrati (La Voie démocratique). Elharif Abdallah est membre du comité de rédaction. Condamné à
20 ans de prison pour appartenance à l'Organisation marocaine Ila Al Amam, il en a fait 17 et a été libéré en janvier 1992. Chbari Abdelmoumene est directeur du journal, également ancien détenu politique condamné à 10 ans pour appartenance à la même organisation, il a passé 9 ans en prison et a été libéré en juillet 1994 dans le cadre de l'Amnistie générale.
Propors recueillis par Sonia Leith Octobre 1995
INPRECOR : Comment se présente aujourd'hui la situation sociale et politique générale au Maroc? Elharif Abdallah : Le Maroc connaît une détérioration de sa situation économique et sociale. Cette réalité renforce les contradictions de classes. Le peuple marocain a réussi, avec l'appui des forces démocratiques internationales, à arracher quelques acquis, surtout, en matière de libertés politiques et de droits de l'homme : parmi eux la libération d'un nombre important de prisonniers politiques, le retour de la majorité des exilés, quelques informations sur des personnes enlevées ainsi qu'une relative amélioration du statut des femmes et de l'Amazigh (la langue berbère). Ces acquis sont réels, même si le pouvoir tente de les fragiliser et de les récupérer dans le cadre d'institutions nouvellement créées, comme le Conseil des droits de l'homme, ou le Conseil du dialogue social. Face à cette situation les gens réagissent en s'engageant dans la lutte. Il est vrai que la période actuelle connaît un certain recul par rapport à la fin des années 80 et au début des années 90. Néanmoins, le peuple marocain possède encore des potentialités de résistance qui se traduisent, d'un côté, par une série de grèves très dures comme la grève des chemins de fer qui a duré plus d'un mois, et la grève des mines de Djebel Aouam qui a duré plus de deux ans et demi, de l'autre par des luttes pour les droits civils afin de préserver et d'élargir les acquis (notamment au niveau des quartiers et parmi les paysans). En ce qui concerne les forces politiques, il existe des forces parlementaires et extraparlementaires. Les premières sont traversées par deux courants, un globalement combatit, avec des limites, mais assez sensible aux luttes de notre peuple, l'autre plus proche du pouvoir, formé essentiellement par des technocrates qui tirent leurs privilèges des institutions
Maroc
parlementaires et étatiques locales. Force est de constater qu'il y a une lutte entre ces deux courants, et que le courant combatif a réalisé durant la dernière période une avancée au sein du parti de 1 Union socialiste des torces populaires (USFP) de l'Organisation du travail. Même l'ex-Parti communiste (Parti du progrès et du socialisme, PPS) qui apparaissait, jusqu'à son dernier congrès, comme un parti sans conflits n'échappe plus à ce phénomène. Ainsi donc, le malaise que connaissent ces forces est lié à l'approfondissement des contradictions au sein de la société. Quant à la gauche proche du mouvement marxiste-léniniste, elle a fait depuis le début des années 90 des tentatives d'unification dans un cadre politique légal. Ces tentatives ont vu des périodes d'avancée et de recul. Signalons par ailleurs, que cette gauche qui était dans ses débuts essentiellement liée à la jeunesse, en particulier lycéenne et estudiantine, bénéficie aujourd'hui d'une présence au sein des deux principales centrales syndicales : l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), et la Confédération démocratique du travail (CDT), ainsi qu'au sein d'associations diverses comme l'Association des chômeurs diplômés, l'Association des droits de l'homme, les associations féministes, etc. De par cette présence, ce courant forme un pôle influent dans la lutte syndicale et plus généralement sur la scène politique d'une façon générale. Cela s explique par sa combativité, durant 25 ans, et son rejet de toute forme de compromission avec le pouvoir sur le dos du peuple. La gauche a constamment refusé le consensus national réactionnaire visant à mettre fin aux luttes. Elle a toujours été contre la paix sociale qui n'est qu'une guerre de classe contre tous les travailleurs. Elle a également été partie prenante de toutes les luttes en payant cher cet engagement.
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Chbari Abdelmoumene : La situation politique au Maroc peut exploser car elle est porteuse de contradictions insolubles à court terme. Le pouvoir est incapable de résoudre e qui est aus arants par le mouvement démocratique au début des années 60, en particulier la gratuité de l'enseignement. La détérioration de la situation sociale reflète une détérioration de la situation économique. En effet, le pouvoir marocain s'ingénie à poursuivre l'application des diktats du Fonds monétaire international (FMI). Il a même adopté une série de mesures parfaitement compatibles avec les exigences des institutions impérialistes. C'est dans ce cadre que s'inscrit la signature des accords du GATT. Le bouleversement de la situation mondiale, en particulier la chute de l'Europe de l'Est et les transformations au niveau régional, contraint à la recherche de nouvelles solutions. Le pouvoir a toujours combiné la répression et la manœuvre politique pour garantir sa stabilité et sa propre continuité. C'est ainsi qu'après les années 80, suite à l'ensemble des transformations mondiales et régionales, il a tenté de former autour de lui une sorte de consensus à travers l'installation d'une série de conseils prenant en charge tous les dossiers brûlants dans le pays : - le Conseil consultatif des droits de l'homme en réponse à la détérioration de l'image du pouvoir en matière de droits de l'homme ; - le Conseil des femmes, comme réponse au développement du mouvement féministe et à la montée de la revendication d'amendement de la Moudawina (code du statut personnel), ce conseil réunit les différentes sensibilités féministes qui tentent d'apporter des améliorations à l'ombre du pouvoir; - un Conseil pour le dialogue social suite aux luttes sociales menées par les syndicats, en particulier la CDT qui a proclamé plus d'une fois des grèves générales Force est de constater que la manœuvre politique est relativement etticace dans la mesure où elle permet de freiner la radicalisation dans le pays. Mais le dilemme c'est que le gouvernement a été contraint de faire des concessions en matière de libertés publiques, comme l'amnistie générale de 1994 (cela ne veut pas dire que les prisons sont aujourd'hui vides, bien au contraire, environ 50 prisonniers politiques sont toujours détenus dans les différentes prisons du pays) les amendements sur la garde à vue, l'amendement de la Moudawina qui porte sur le divorce. Ces concessions n'ont pas été accompagnées par la satisfaction des revendications matérielles et sociales de l'ensemble des travailleurs. Cela n'a pas empêché les partis politiques de faire beaucoup de bruit autour de ces acquis tout en fermant les yeux sur les besoins vitaux de la population. Cette situation complexe fait que les partis politiques n'échappent pas à la contradiction entre leur direction, ou une partie de leur direction compromise, et leur base combative. C'est d'ailleurs, dans ce cadre que se situent les récentes transformations au sein des partis. Les forces combatives ont réussi à prendre le contrôle de l'USFP. De même, lors de son dernier congrès qui s'est déroulé au mois de juillet 1995, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a vu l'apparition en son sein d'un courant combatif. C'est le cas également de l'Organisation d'action démocratique et populaire (OADP), où le courant combatif est parvenu à être hégémonique, ce qui explique sa décision de boycotter le référendum sur l'amendement d'un article de la constitution, organisé le 15 septembre 1995. Le Parti d'avant-garde démocratique et socialiste est le seul parti qui continue à avoir des positions correctes, néanmoins il est incapable de tisser des alliances avec les différents courants qui partagent ses opinions. La gauche, qui a connu la longue et douloureuse expérience de la prison et de l'exil, est aujourd'hui traversée par un débat dont l'objectif est de se doter d'un nouveau cadre politique, sur la base de son riche patrimoine, tout en adoptant de nouvelles formes organisationnelles et politiques, sans escamoter les différenciations.
• Quelles sont les répercussions de la situation algérienne sur le Maroc, surtout depuis le coup d'Etat de janvier 1992 ? Elharif Abdallah : Ce qui se passe en Algérie a, incontestablement, des répercussions sur le Maroc du fait même des relations historiques entre nos deux peuples. Cependant, je pense que la politique du pouvoir marocain vis-à-vis du courant islamiste est très différente de celle qui a été adoptée par Chadli à l'égard du FIS. Au Maroc, et contrairement à l'Algérie, l'opposition, y compris radicale, a toujours exis té. En Algérie, l'opposition a rallié le pouvoir du FLN, lais sant le terrain vide à la contestation islamiste. Au Maroc l'opposition, essentiellement radicale, a eu une influence majeure sur la jeunesse et a toujours bénéficié aux yeux du peuple d'une crédibilité réelle parce qu'elle n'a jamais été récupérée par les institutions officielles. Par
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ailleurs, je pense que l'absence de cohésion à l'intérieur du FLN et les querelles intestines ont donné la possibilité au courant islamiste de se développer sur une longue période. Certaines fractions du FLN se sont même appuyées sur les islamistes dans leurs batailles internes. L'opposition radicale en Algérie, et je pense même dans une certaine mesure en Tunisie, a fini ou par se rallier au pouvoir ou par se dissoudre. Cela ne veut pas dire que la bataille contre les islamistes soit déjà gagnée au Maroc, ces derniers bénéficient de moyens matériels très importants et la montée de l'islamisme en Algérie les encourage. Le discrédit subi par le socialisme depuis la chute de l'URSS — même si nous avons jamais été pro-soviétiques ou pro-chinois, car nous sommes avant tout Marocains — crée un cadre général dans lequel l'influence du bloc socialiste n'existe plus, ce qui facilite l'implantation des islamistes. Combattre l'islamisme, c'est lutter pour la démocratie, une démocratie indivisible avec un contenu social, économique et culturel. C'est là où résident les dangers qui guettent l'opposition et le mouvement démocratique dans nos pays. En ce sens que les pouvoirs en place essayent de les limiter à des revendications de réformes politiques et constitutionnelles partielles sans remise en cause du régime économique et par conséquent des relations sociales pour permettre au peuple de sortir de la misère, d'avoir des logements dignes, etc. Notre lutte doit impérativement faire ce lien entre le politique et le socio-économique parce que l'élargissement des libertés démocratiques doit être exploité pour organiser les masses afin qu'elles puissent arracher des acquis socio-économiques, qui viendront renforcer le mouvement social. Chbari Abdelmoumene : Je pense que l'histoire, la langue et la situation géopolitique font qu'on partage beaucoup de choses avec l'Algérie. De toute évidence, la situation dans ce pays a des répercussions contradictoires. Le régime marocain d'une part tire profit des événements en cours mais de l'autre il a peur. Il en tire profit, parce que l'Algérie préoccupée par sa situation interne très complexe n'est plus en mesure d'apporter le même intérêt à la question du Sahara occidental. Toutefois, l'aspect négatif provient du fait que la guerre menée par les forces islamistes en Algérie, qui bénéficient souvent d'un soutien logistique via le Maroc - certains indices prouvent que le Maroc ne sait pas ce qui se passe sur son territoire —, renforce leurs homologues marocains et popularise l'héroïsme islamiste. Même si les conditions d'apparition des deux courants sont différentes : en Algérie, les islamistes sont apparus dans un contexte d'étouffement des libertés politiques, de règne du parti unique, etc., au Maroc le mouvement islamiste est né sous l'œil bienveillant du pouvoir. Par conséquent c'était un mouvement officiel, agissant dans la légalité et dont la fonction était de combattre l'athéisme, en particulier les mouvements marxiste-léniniste et progressiste en général. C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre l'assassinat d'Omar Ben Jalloun et la guerre menée contre les militants dans le milieu estudiantin. Le courant islamiste au Maroc est faible comparativement à ses homologues algérien, tunisien et égyptien. S'y ajoute le fait que la majorité de ce courant ne remet pas en cause le cadre actuel et se contente de demander quelques modifications de la législation marocaine, de sorte qu'elle soit conforme à la législation islamique. Néan-
MAROC * moins il existe un courant fascisant qui est le Mouvement de la justice et de la bienfaisance (Harakat al Adl wal Ihsen) de Yassin : il s'agit d'un courant qui constitue un danger pour la démocratie dans le pays.
• Dans quel cadre s'inscrit votre projet La Voie démocratique ? Elharif Abdallah : La Voie démocratique est le produit de cette situation contradictoire de détérioration socio-économique qui offre en revanche une certaine marge de liberté d'expression, de publication et de constitution d'associations. Il fallait qu'on tire profit des nouvelles conditions pour élargir notre action qui passait auparavant essentiellement par l'intervention au sein des organisations de masse et des syndicats. Il fallait se donner une orientation commune à notre action. Le journal sera le moyen de transformer les acquis démocratiques en acquis pour tout le peuple. Surtout sur le plan économique et social. Ce projet offre la possibilité d'un cadre plus large pour rassembler tous les militants qui se sont liés d'une façon ou d'une autre à l'expérience marxiste-léniniste marocaine. La Voie démocratique œuvrera également pour que les forces militantes intègres se rassemblent autour d'initiatives communes, elle sera une tribune, y compris pour les forces combatives afin qu'elles expriment leurs opinions et leurs positions. Nous pensons que les conditions existent aujourd'hui pour que ces forces au sein des partis parlementaires ou extraparlementaires s'engagent autour d'axes de lutte commune et éventuellement envisagent dans l'avenir d'autres formes plus développées d'intervention. Chbari Abdelmoumene : Le projet de La voie démocratique ne peut être compris que dans le cadre du développement de la gauche au Maroc. Comme on le sait, la gauche est apparue dans les années 70, dans un contexte national et international bien précis, cette gauche était formée essentiellement par l'organisation Ila Al Amam, l'organisation 23-Mars et l'organisation maoïste « Li nakhdum Al Chaab ». Ces trois forces ont formé le mouvement marxiste-léniniste, c'est-à-dire la nouvelle gauche. Toutefois, la répression qui s'est abattue sur elle, depuis son apparition jusqu'aux années 90, a entravé son intervention et empêché la continuité de ces organisations ainsi que leur centralisation. Tout en préservant leur présence au sein des organisations de masse (ce qui leur a permit de se renforcer), elles se sont développées dans les limites imposées par le contexte politique en ce qui concerne les mots d'ordre et les formes de lutte. Par conséquent, en l'absence d'une centralisation organisationnelle, les prolongements de la gauche au sein des organisations de masse ont bénéficié d'une indépendance relative dans la gestion de leur intervention et l'élaboration de leur ligne, sur la base des textes de cette gauche. Les années 80 ont donné à la gauche marocaine la possibilité de suivre une nouvelle voie, en essayant de profiter de l'ouverture politique qui n'a jamais été un cadeau mais le fruit d'une longue et douloureuse lutte. Notre souci aujourd'hui est comment rassembler cette gauche et l'encadrer dans un projet politique ? Notre objectif est de faire un journal qui soit l'expression politique et idéologique de ce
courant, de participer à l'organisation d'une lutte publique autour des questions qui préoccupent l'ensemble de cette gauche, de rassembler la mouvance et d'exprimer toutes les positions qui la traversent.
Le journal sera géré démocratiquement, notre démarche sera dynamique afin de favoriser les débats, tout en excluant toute forme de centralisation. La Voie démocratique sera une tribune en vue de définir des références idéologiques et un programme politique. Nous pensons que le socialisme est toujours à l'ordre du jour. Le marxisme ouvert, tel qu'il a été développé par d'autres courants
(maoisme, trotskysme, etc), est notre référence. Notre journal prendra en charge la diversité culturelle (y compris le problème berbère) et géographique du Maroc.
Notre projet n'est pas arrêté, il s'agit d'un cadre ouvert au débat.
Nous adopterons une démarche unitaire dans la lutte, y compris, vis-à-vis des forces d'opposition animées par une réelle volonté de changement.
• Comment comptez- vous prendre en charge la question Amazigh et la question des femmes?
Elharif Abdallah : La Voie démocratique s'inscrit dans la continuité et le développement du mouvement marxiste-léniniste.
Ce mouvement, et en particulier l'organisation Il Al Amam, a toujours défendu une position claire quant à la question Amazigh. Ce fut la seule organisation qui a essayé de poser la question culturelle et ethnico-identitaire du Maroc, pour y apporter des réponses.
Il existe sur la question des écrits de Il AI
Amam qui analysent la réalité contrastée du Maroc (le Rif qui est une région berbérophone, le Souss, l'Atlas, etc.) La Voie démocratique a adopté ces analyses, ainsi que les revendications linguistiques et culturelles qui en découlent, tout en situant cette question dans le cadre plus général de la marginalisation sociale, économique et culturelle de régions entières au Maroc. Il incombe, aujourd'hui, au mouvement démocratique et au mouvement révolutionnaire d'apporter des réponses spécifiques, y compris, sur les relations qui devraient régir les différentes régions au sein d'un Maroc unifié. La Voie démocratique ne possède pas encore de réponses sur cette question, mais nous en sommes conscients et je pense que ces réponses ne pourront être formulées qu'à travers des luttes communes au peuple marocain et aux habitants de ces régions. La Voie démocratique défend la question Amazigh sans tomber dans le chauvinisme.
En ce qui concerne la question des femmes, nous nous en sommes préoccupés depuis longtemps car nous sommes convaincus qu'il ne peut guère y avoir de changement si la moitié de la société demeure opprimée. La Voie démocratique consaci a une page à cette question.
milité pour les droits des femmes.
Chbari Abdelmoumene : Au sujet de la question Amazigh, il faut dire qu'on n'en n'a jamais possédé une vision complète. Toutefois nous sommes conscients que l'identité
Amazigh est une partie indivisible de l'identité marocaine multidimensionnelle (les dimensions arabe, la dimension
Amazigh et islamique). La dimension Amazigh a été étouffée et ce n'st qu'à partir des années 70 que la gauche en a pris conscience même si cela est resté à un niveau principiel.
C'est dans ce cadre que plusieurs mouvements et associations Amazigh ont vu le jour. En 1993 plusieurs militants de gauche ont té arrêtés parce qu'ils avaient avancé des slogans en faveur de l'Amazigh lors des festivités du 1er mai.
Face à cette nouvelle forme de prise de conscience, le pouvoir a manœuvré pour couper l'herbe sous le pied du mouvement berbère et du mouvement démocratique, en envisageant l'autorisation de l'enseignement de la langue berbère.
Quant à la question des femmes, sans aucun doute c'est le mouvement marxiste qui a été le premier à la prendre en charge à partir des années 70. Il a poussé, dans le cadre de son intervention ainsi qu'au sein des associations, pour la formation de commissions femmes, pour des campagnes d'alphabétisation parmi les femmes dans les quartiers populaires, etc. Certaines camarades arrêtées avec moi ont été condamnées à six ans de prisons pour ce type d'activité. Progressivement, cette question a été prise en charge par les diftérentes forces politiques. Le secteur femmes de l'OADPOP a joué un rôle-clé.
La mobilisation a conduit à la création d'un cadre unitaire, regroupant toutes les associations et les sensibilités démocratiques, pour proposer des amendements au code du statut personnel. La réponse du pouvoir fut la création d'un conseil sous sa houlette et l'adoption de quelques amendements qui ne remettent pas en cause les fondements de la Moudawina. La Voie démocratique est animée par des militantes qui ont lutté au sein de ce cadre unitaire et ont
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Annahj Democrati
B.P. 15927- Poste Centrale- 20001 Casablanca- Maroc. Tel/Fax :
212 2 44 85 22