Succès de la manifestation pour les droits des femmes C'est un succès immense qu'a rencontré la manifestation en défense des droits des femmes samedi 25 novembre 1995 à Paris.
Au moins 40 000 manifestant (e)s ont défilé dans les rues de Paris et cette initiative a rassemblé des femmes de toutes les générations. Les jeunes en particulier n'ont pas manqué à l'appel. Il s'agissait de défendre le droit de choisir, le droit à l'emploi des femmes et l'égalité femmes/hommes contre la remonté de l'ordre moral. Cette manifestation organisée depuis plusieurs mois à l'initiative de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contra ception (CADAC), qui se bat depuis 1990 pour défendre le droit de choisir, a permis qu'un cadre très large et très unitaire se mette en place. C'est bien la première fois que 140 associations, partis et syndicats se retrouvent au coude à coude, avec les structures féministes, pour défendre les droits des femmes. Il est vrai que la dégradation de la situation des femmes en France rendait urgente une riposte à la hauteur des attaques. Le chômage, la précarité et la flexibilité des emplois les touchent en pre mier lieu et de plus, elles subissent toujours en écart de salaire d'environ 30 % en leur défaveur. Par ailleurs, les droits à l'avortement et à la contraception, acquis des luttes féministes menées dans les années 70, sont aujourd'hui menacés. La remontée de l'ordre moral liée à la progression de l'extrême droite en France, l'activisme des intégristes catholiques constituent une pression permanente pour revenir en arrière. Depuis 1990, quatre-vingt actions commandos anti-IVG ont été répertoriés par la CADAC. Lors des procès, leurs auteurs écopent des peines assez dérisoires même si il a été possible d'obtenir, en janvier 1993, une nouvelle loi pour délit d'entrave à l'IVG. En plus de cette offensive idéologique, la politique de maîtrise des dépenses de santé a conduit, depuis plusieurs années, à des difficultés croissantes dans l'accueil des femmes qui décident d'avorter. Ce phénomène lié aux limites de la loi dite « Veil » (délai, autorisation parentale pour les mineures, clause de conscience pour les médecins, restriction pour les femmes de nationa lité étrangère, etc.) conduit à ce que, aujourd'hui, en France des femmes ne trouvent pas de solutions. 5 000 d'entre elles doivent donc aller avorter en Grande Bretagne ou aux Pays-Bas. La réussite totale de cette manifestation est un camouflet pour tous ceux qui à droite et dans l'église refusent aux femmes de prendre toute leur place dans toutes les sphères de la société.
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