Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Succès de la manifestation pour les droits des femmes

Inprecor n° 397, décembre 1995 · p. 26 · 428 mots

Femmes France

Succès de la manifestation pour les droits des femmes C'est un succès immense qu'a rencontré la manifestation en défense des droits des femmes samedi 25 novembre 1995 à Paris.

Au moins 40 000 manifestant (e)s ont défilé dans les rues de Paris et cette initiative a rassemblé des femmes de toutes les générations. Les jeunes en particulier n'ont pas manqué à l'appel. Il s'agissait de défendre le droit de choisir, le droit à l'emploi des femmes et l'égalité femmes/hommes contre la remonté de l'ordre moral. Cette manifestation organisée depuis plusieurs mois à l'initiative de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contra ception (CADAC), qui se bat depuis 1990 pour défendre le droit de choisir, a permis qu'un cadre très large et très unitaire se mette en place. C'est bien la première fois que 140 associations, partis et syndicats se retrouvent au coude à coude, avec les structures féministes, pour défendre les droits des femmes. Il est vrai que la dégradation de la situation des femmes en France rendait urgente une riposte à la hauteur des attaques. Le chômage, la précarité et la flexibilité des emplois les touchent en pre mier lieu et de plus, elles subissent toujours en écart de salaire d'environ 30 % en leur défaveur. Par ailleurs, les droits à l'avortement et à la contraception, acquis des luttes féministes menées dans les années 70, sont aujourd'hui menacés. La remontée de l'ordre moral liée à la progression de l'extrême droite en France, l'activisme des intégristes catholiques constituent une pression permanente pour revenir en arrière. Depuis 1990, quatre-vingt actions commandos anti-IVG ont été répertoriés par la CADAC. Lors des procès, leurs auteurs écopent des peines assez dérisoires même si il a été possible d'obtenir, en janvier 1993, une nouvelle loi pour délit d'entrave à l'IVG. En plus de cette offensive idéologique, la politique de maîtrise des dépenses de santé a conduit, depuis plusieurs années, à des difficultés croissantes dans l'accueil des femmes qui décident d'avorter. Ce phénomène lié aux limites de la loi dite « Veil » (délai, autorisation parentale pour les mineures, clause de conscience pour les médecins, restriction pour les femmes de nationa lité étrangère, etc.) conduit à ce que, aujourd'hui, en France des femmes ne trouvent pas de solutions. 5 000 d'entre elles doivent donc aller avorter en Grande Bretagne ou aux Pays-Bas. La réussite totale de cette manifestation est un camouflet pour tous ceux qui à droite et dans l'église refusent aux femmes de prendre toute leur place dans toutes les sphères de la société.

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