Données et arguments n°2, Editions Syllepse, 1995 Ce second ouvrage du mouvement Agir ensemble contre le chômage est paru il y a quelques mois mais demeure une référence utile dans le débat social. Il développe d'entrée la nécessité d'une alternative radicale au chômage. Les politiques visant à subventionner les emplois, menées depuis plusieurs années, conduisent en effet à un bilan négatif (Anne-Lise Aucouturier). Quant aux accords de réduction du temps de travail signés ici ou là, il ne s'agit que de cache-misère provisoires (AC !). C'est donc la réduction massive de la durée du travail qui constitue l'axe central d'une offensive globale contre le chômage (Gérard Gourguechon). Faute d'une telle politique, c'est une dégradation générale de la condition de salarié qui accompagne la montée du chômage : développement des formes d'emplois précaires (Christophe ‹amaux), recours à la flexibilité et à la sous-traitance (Louis-Maric Barnier), recul du droit du travail (Françoise Guyot), évanescence du « nouveau modèle de travail » (Danièle Linhart). Les femmes sont particulièrement visées par ce processus, partout en Europe (Rachel Silvera) : elles se voient purement et simplement exclues du monde du travail, contraintes au travail à temps partiel (Margaret Maruani) ou fortement « incitées » à un retour au foyer (Annick Coupé). La formation et l'insertion des jeunes constituent une variable-clé de la lutte contre le chômage (Yves Baunay, Emmanuelle Paradis), mais certainement pas sous la forme d'un statut diminué, tel le SMIC-jeunes (Florence Lefresne). L'idée d'un revenu minimum garanti est de plus en plus discutée, en relation avec la crise du travail. Le débat est ici ouvert par les contributions du sociologue André Gorz et du philosophe Tony Andréani. L'histoire du mouvement ouvrier et de la manière dont il a abordé la question du chômage est enfin présentée par Catherine Lebrun.
M.D.*