Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Les partis politiques polonais

Inprecor n° 398, janvier 1996 · p. 22 · 564 mots

Pologne

Le champ politique polonais reste instable six ans après la chute de l'ancien régime. Deux grands partis en sont issus, ils forment ensemble le gouvernement depuis 1993. Il s'agit de :

• la Social-démocratie de la République de Pologne (SDRP), fondée sur les décombres du POUP (le parti au pouvoir entre 1944 et 1989), de tendance néolibérale, qui a obtenu récemment un statut d'observateur au sein de l'Internationale socialiste. Le SDRP s'est présenté aux élections dans le cadre de l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) avec la centrale syndicale OPZZ et plusieurs petites formations. Ses candidats ont obtenu 20,4 % des voix aux législatives de 1993 et A. Kwasniewski a obtenu 35,1 % au premier tour de l'élection présidentielle et 51,7 % au second ;

• le Parti paysan polonais (PSL) est issu de la fusion entre quelques dirigeants paysans de « Solidarité » (rapidement mis à l'écart) et l'appareil de la formation paysanne satellite du POUP. Agrarien, très clientéliste, n'hésitant pas à chercher une alliance avec la hiérarchie catholique, il n'est pas un appui solide pour la politique néolibérale et n'hésite pas à fronder au parlement contre son allié gouvernemental. Aux législatives de 1993 ses candidats ont obtenu 15,4 % des suffrages exprimés, son candidat à la présidence n'a obtenu que 4,3 % des voix.

Plusieurs partis se réclament de la tradition de l'opposition anti-communiste. Il s'agit de :

• L'Union de la liberté (UW), issue de la fusion entre l'Union démocratique (UD) et le petit Congrès libéral-démocratique (KLD), de tendance néolibérale qui regroupe la majorité des dissidents historiques. En 1993 lors des législatives ses deux composantes (KLD et UD) ont obtenu ensemble 14,6 % des suffrages exprimés. Son candidat à la présidence, Jacek Kuron, a obtenu 9,2 % ;

• L'Union du travail (UP) a été fondée par des dirigeants historiques de la gauche de « Solidarité » et quelques « opposants de l'intérieur » du POUP. Ce parti cherche à apparaître comme ayant dépassé la fracture historique. Il se prononce pour une « économie sociale de marché » et ne dispose pas de soutiens syndicaux structurés. En 1993 il a effectué une percée en obtenant 7,3 % des suffrages exprimés, mais le candidat qu'il soutenait à la présidentielle, l'ombudsman Tadeusz Zielinski, n'a réussi à obtenir que 3,5 %. L'un des fondateurs de l'UP et son président d'honneur, le dissident célèbre Karol Modzelewski, a quitté ce parti au printemps

• Le Mouvement de reconstruction de la Pologne (ROP) regroupe la droite populiste en faveur d'une « décommunisation » du pays. En 1993 ce courant n'a obtenu que 3 % des suffrages exprimés, ce qui l'a empêché d'entrer à la Diète. Lors de la présidentielle son candidat, l'ancien premier ministre Jan Olszewski a obtenu 6,9 % des voix. Ses partisans disposent d'une influence dans « Solidarité » ;

• Le Bloc des sans parti en faveur des réformes (BBWR) a été fondé à l'appel de Lech Walesa en 1993, et a alors obtenu 5,4 % des voix, entrant de justesse au Parlement. Pour l'élection présidentielle, Lech Walesa, soutenu par « Solidarité » et de nombreuses autres formations de la droite, a obtenu 33,1 % des suffrages exprimés au premier tour et 48,3 % au second. Ce parti sera sans doute appelé à se fondre dans la nouvelle formation qui rassemblerait la droite traditionaliste et populiste autour de Lech Walesa.

Une erreur sur cette page ?