INDE
Manifeste électoral
La Communist League (CL : Ligue communiste, section indienne de la IVème Internationale) présentait un candidat, Thakor Shah, à Baroda dans l'Etat du Gujarat. Nous publions des extraits du programme de la CL précédés d'une contreprésentation. Les trotskistes de la Communist League se sont toujours opposés, depuis leur dernière conférence nationale de mai 1976, à l'état d'urgence et à ses conséquences. Contre la suppression des primes et celle des allocations de vie chère (Dearness Allowances), etc., la CL s'est battue pour une politique de classe indépendante. Malgré les contraintes de l'état d'urgence, elle a travaillé durant toute cette période à renforcer son influence dans des comités d'usine. Elle parvint même à organiser des meetings publics contre les implications anti-démocratiques et anti-ouvrières de l'état d'urgence. Quand le 42ème amendement à la Constitution fut proposé par le gouvernement, la CL mit en avant une série de propositions appelant la convocation d'une Assemblée constituante. Les élections ont fourni une occasion aux trotskistes indiens de dénoncer la nature de classe de la démocratie indienne et ses limites. La CL considérait ces élections comme une bataille que se livraient deux partis bourgeois pour détourner la conscience et le mouvement de la classe ouvrière indienne et mettait l'accent sur le fait que les élections ne constituaient qu'un des terrains de la lutte des classes. En centrant sa propagande sur la nécessité de la démocratie socialiste, la CL assignait comme tâche immédiate à la classe ouvrière d'Inde la révolution socialiste sous direction du prolétariat. Politique 1 - Levée de l'état d'urgence. 2 - Libération de tous les prisonniers politiques, y compris les Naxalites. 3 - Levée de l'interdiction sur tous les partis politiques et organisations, y compris l'extrême-gauche naxalite et l'extrême-droite du RSS (Union nationale de défense, groupe para-militaire, liée au Jan Sangh). Les questions posées par l'existence de ces organisations doivent être traitées politiquement. 4 - Aucune constitution n'est automatiquement socialiste, simplement parce que le mot "socialisme" figure dans son préambule. La constitution indienne est une constitution bourgeoise forgée par la bourgeoisie et la classe féodale au moyen du suffrage censitaire. Une constitution socialiste ne peut être élaborée que par les représentants des masses travailleuses indiennes, urbaines et rurales, alliées aux étudiants, aux intellectuels et à diverses couches moyennes opprimées. C'est pourquoi nous exigeons la convocation d'une Assemblée constituante de représentants élus au suffrage universel, sur la base des professions - salariés du textile, ouvriers mécaniciens, employés de banque, ouvriers agricoles, soldats et policiers, professeurs d'écoles, de lycée et d'université, etc. Nous soulignons néanmoins qu'une telle Constitution socialiste n'est possible qu'après l'accomplissement de la révolution socialiste dirigée par la majorité de la classe ouvrière et des masses exploitées, alliées aux étudiants, intellectuels et couches moyennes opprimées. En attendant, nous exigeons : a - la révocation de toutes les mesures totalitaires comme le MISA, le DIR, le Décret de censure sur la presse, etc. b - la révocation du 42ème amendement. c - la révocation des mesures d'état d'urgence. d- l'abolition de la propriété privée non seulement comme droit fondamental inscrit dans la Constitution mais aussi comme droit légal au niveau de la production, de la distribution et de l'échange. e - la reconnaissance du droit au travail et à l'éducation comme droit fondamental. f - le droit de révocation de tous les représentants élus, depuis le conseil de village (panchayat) jusqu'au Parlement. g - la reconnaissance du droit de grève comme droit fondamental des masses laborieuses. Des produits de base Nous sommes fermement convaincus que la fixation du prix des produits de base ne doit pas être laissée au caprice des profiteurs privés. Nous exigeons donc : 1 - Que les produits de base indispensables tels que les aliments, l'huile, le lait, les vêtements soient distribués par des centres de distribution publics placés sous le contrôle des consommateurs. 2 - Que les prix soient fixés et contrôlés nationalement. 3 - Que toutes les familles vivant à la ville ou à la campa-
gne puissent disposer des mêmes produits, en quantité et à des prix égaux. 4 - Que les prix des produits de consommation essentiels ne puissent varier pour les dix prochaines années. 5 - Que les produits de base soient facilement accessibles aux consommateurs dans de nombreux magasins de distribution. Chômage Le chômage ne peut disparaître que si les moyens de production, de distribution et d'échange deviennent propriété sociale sous contrôle des ouvriers, des techniciens, des employés et des consommateurs. L'objectif de la production et de la distribution doit être de répondre aux besoins des masses et non du profit. Les investissements doivent être planifiés de telle sorte qu'ils fournissent le plein emploi. Droits ouvriers et syndicaux 1 - Mise en œuvre d'une législation efficace contre les licenciements, le lock-out et les fermetures d'entreprise. PASKISTAN
Un sombre avenir
2 - Réouverture des entreprises en faillite sous contrôle ouvrier et financées par l'Etat. 3 - Ouverture des livres de compte; levée du secret commercial. 4 - Droit pour les travailleurs d'élire des représentants de l leur choix, au suffrage universel et secret, dans les syndicats, les conseils d'usine et les divers comités d'entreprise. 5 - Abolition des commissions gouvernementales de contrôle sur les syndicats et du système actuel de représentation syndicale discriminatoire dans les négociations. 6 - Restauration de la prime minimale de 8,33% comme "salaire différé" 7 - Abrogation du blocage des salaires et de l'épargne forcée. 8 - Nationalisation de tous les moyens de production, de transport et de communication, sans indemnité et sous contrôle ouvrier. 9 - Salaire minimum garanti, sans préjudice des avantages acquis, pour les travailleurs agricoles et paysans sans terre au travers de leurs propres comités élus. 10 - Application rapide de la réforme agraire sous le contrôle des comités élus démocratiquement par les paysans pauvres.