Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FEMMES

Le mouvement des femmes en Inde

· Inprecor n° 40, 14 décembre 1978 · p. 26-30 · 3 402 mots

Femmes Inde et Asie du Sud

Les partis indiens de gauche ne veulent pas poser les questions cruciales posées aux femmes : double exploitation, chauvinisme mâle, position dans la famille et dans l'Etat. Mais l'urbanisation en cours, les discussions multipliées depuis 1975 - l'année de la femme -, l'organisation naissante des ouvrières,

Femmes permettent de voir Vithuti PATEL Jayatai SINGH

Pour comprendre le mouvement des femmes en Inde, il faut remonter à ce qu'on a appelé le « Mouvement de renaissance», qui a débuté à la fin du XIXe siècle. C'est alors que pour la première fois, des gens instruits ont impulsé un élan humanitaire contre la coutume atroce du Sati (qui oblige la femme à se jeter dans le bûcher où brûle le cadavre de son mari). En outre, le Brahma-Samaj au Bengale, l'Arya-Samaj au Pendjab et dans l'Uttar Pradesh, et d'autres mouvements de réformes sociales, ont aussi commencé à faire de la pagande active en faveur du remariage des veuves et de l'instruction pour les jeunes. Tous étaient vioopposés au mariage des enfants. Au début du XXe siècle, de nombreuses écoles pour filles ont été ouvertes. En raison de l'opposition énergique du secteur orthodoxe de la société, les réformistes sociaux ont connu beaucoup de difficultés dans leur vie personnelle. Mais ce mouvement était surtout actif dans la classe moyenne instruite des villes.

Au début des années trente, alors que le mouvement de libération anti-impérialiste était en plein essor, des milliers de femmes ont cessé de pratiquer le purdah (qui suppose que les femmes se couvrent le visage de leur sari ou d'un voile) et ont rejoint le mouvement contre la coopération et dans quelques régions le mouvement

Femmes femmes en Inde clairement les changements s'affirmer. alcoolique. Elles ont commencé à participer à des manifestations, sous la direction du Mahatma Gandhi. C'était une grande brèche dans le statut des femmes en Inde. Les femmes quittaient les quatre murs de leur maison pour s'intéresser aux problèmes sociaux. Au Bengale et dans l'Uttar Pradesh, des femmes ont aussi rejoint la lutte armée menée par des groupes isolés de patriotes dévoués. Des femmes instruites ont créé le Congrès des femmes de toute l'Inde (All India Women's Congress), mouvement composé de femmes des couches sociales supérieures. Cette organisation menait la lutte contre les tabous sociaux maintenant les femmes position arriérée faisait aussi campagne en faveur du vote des femmes. Sous la direction des partis de gauche, des femmes ont participé au mouvement de Tribhaga (le soulèvement des métayers dans la par1942 et 1946. Mais la lutte était surtout limitée aux problèmes économiques. Un grand nombre de femmes ont affronté la répression policière et se sont héroïquement organisées, mais aucune d'entre elles n'a remis en question la surexploitation, la double responsabilité de l'oppression sociale pesant sur les femmes à la maison et aux champs, ni la suprématie du mâle dans la famille. C'est pourquoi aucune femme mariée n'a pu être dirigeante du mouvement. La direction était surtout aux mains des veuves, qui étaient

Le mouvement des

relativement plus libres que leurs sœurs mariées.

Après 1942, quand le mouvement nationaliste a atteint son point culminant, des milliers de femmes ont peuplé les prisons et ont été blessées à la suite d'une charge brutale aux lathis (longs bâtons manipulés par la police) de la police britannique. C'est pourquoi même Gandhi a dû dire que « le rôle que les femmes indiennes ont joué sera écrit en lettres d'or».

Mais dès que l'Indépendance nationale contre l'impérialisme britannique a été obtenue, les femmes ont cessé de s'intéresser aux problèmes sociaux. En effet, le mouvement nationaliste n'a pas donné beaucoup d'importance aux problèmes spécifiques de l'oppression des femmes. C'est pourquoi la participation des femmes au mouvement n'était pas liée à leur sensibilité face au problème principal posé par leur position dans la société. Les dirigeants masculins du mouvement avaient une attitude partemaliste envers les femmes.

C'est pourquoi, avant l'Indépendance, les femmes étaient l'objet de «l'humanitarisme», du mouvement réformiste et du mouvement pour l'indépendance nationale. Elles n'avaient rien à dire dans la détermination de leur destinée, et leur « élévation » était réalisée par leurs partenaires masculins - généreux et paternels.

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En Inde, l'économie capitaliste de marché a également eu un impact sur le statut des femmes. Le processus d'urbanisation et d'industrialisation, bien que très lentement, brise le système familial, et donne aux femmes relativement plus de liberté. Dans les zones urbanisées, les femmes de la classe moyenne participent à la production sociale. Dans les banques, le secteur public, les services, les professions d'institutrices et d'infirmières, la participation des femmes augmente. En même temps, dans le prolétariat industriel et agricole, la participation des femmes au travail diminue, en raison de l'accroissement général de l'armée de réserve du travail. Elle est passée de 33,7% lors du recensement de 1911 à 23,3% lors de celui de 1951. En 1961 elle était de ainsi qu'en 1971. Dans l'industrie textile, il y a eu un déclin terrible du nombre de femmes ouvrières, car les capitalistes, lorsqu'ils emploient des femmes, sont obligés de garantir le congé de maternité, des crèd'autres avantages. Quand les vieilles femmes partent à la retraite, on ne les remplace pas par de jeunes femmes, mais par des hommes. Il n'y a donc pas de retrait des femmes du travail au niveau formel, mais le résultat pratique est le

Les employeurs voient donc pas augmenter le vailleuses. Même si elles ne sont pas satisfaites, elles ne mènent aucun combat contre leur exploitation et leur oppression. En raison de la législation protectrice concernant les temmes, interdisant de les employer dans les équipes de nuit, les employeurs n'embauchent pas de femmes du tout. Dans la petite industrie, où les lois sur le travail ne sont pas respectées, un grand nombre de femmes trouvent du travail pour un salaire de 3 roupies par jour, ou de 5 à 6 roujour. Même avoir travaillé pendant cinq ou sept ans, elles restent une main-d'œuvre d'appoint, et peuvent facilement être renvoyées si elles élèvent la voix contre leur exploitation. Pour garder son travail, la prostitution est aussi un phénomène bien connu. Les rapports sur la situation des femmes rappellent la description donnée par Upton Sinclair des travailleuses de l'abattoir de Chicago dans « Jungle ».

A la campagne, la pénétration croissante du mode de production capitaliste a accru le pourcentage du prolétariat rural. De 1961 à 1971, le pourcentage des ouvriers agricoles par rapport à l'ensemble de la main-d'œuvre agricole est passé de 24,04% à 38,04%. Mais dans le même temps, les femmes ouvrières agricoles passaient de 45,04% à 38,40% de l'ensemble des ouvriers agricoles. Les femmes de ce secteur sont en grande majorité Dalit ou Adivasi (c'est-à-dire membres des tribus); il en est de même pour les travailleuses des plantations. Bien que les hommes et les femmes travaillent le même nombre d'heures, leurs salaires sont différents. Les femmes travaillant dans l'agriculture et dans les plantations gagnent en moyenne d'une roupie et demie à trois roupies par jour, pour douze heures de travail, et doivent en plus endurer les agressions sexuelles et l'humiliation.

Le taux de chômage est plus élevé chez les femmes. pourquoi cette année, la commission du Plan a dû exprimer le problème et suggérer des moyens pour les résoudre, comme il est dit dans le projet de Plan pour 1978-1983. En plus du chômage actuel des femmes, qui est de l'ordre de 8 à 14 millions de personnes, 9 millions de travailleuses risquent d'entrer dans le marché de l'emploi dans les prochaînes années. Dans la plupart des cas, en raison de leur retard social et culturel, les femmes ne cherchent pas de travail si elles n'y sont pas obligées économiquement.

Le taux d'alphabétisation des hommes est de 39,45 %. Celui des femmes est beaucoup plus bas : 18,72%. D'autre part, le taux de mortalité des femmes est très élevé par rapport à celui des hommes.

Le nombre de femmes par rapport au nombre d'hommes diminue : en 1901, il y avait

972 femmes pour 1000 hommes, en 1951, 946, et en 1972, il n'y en avait plus que 930. On ne s'occupe pas aussi bien des petites filles que des petits garçons. Les chances pour une fille d'obtenir une éducation sont maigres, surtout dans les zones rurales.

Sur le papier, beaucoup de droits et d'avantages sont accordés aux femmes, mais en réalité ils ne sont pas appliqués en raison du taux élevé d'analphabétisme, du maintien de l'idéologie féodale et du manque de conscience sociale. Par exemple, on peut librement se procurer des contraceptifs et avoir la possibilité d'avorter, mais cela reste inutilisé par la majorité de la population. Il en est de même de la loi sur le divorce et de la loi pour la propriété des femmes. Les femmes n'ont jamais lutté pour obtenir ces droits. Le gouverement, afin de maintenir la conscience des femmes dans un état arriéré, a octroyé certaines lois de façon paternaliste, mais en réalité aucun de ces droits n'est véritablement appliqué.

Dans les zones rurales, le systeme familial et le systeme des castes règnent encore largement et maintiennent le statu quo et l'oppression des femmes. Par exemple, dans la plupart des émeutes entre castes, les agressions sexuelles contre les femmes, le viol, l'humiliation et les injures font partie de la terreur imposée masses. De plus, une femme qui n'a pas d'enfant après deux ou trois ans de mariage est persécutée par sa famille et rejetée par tout le monde. Il est aussi évident que des normes différentes existent pour les hommes et les femmes en ce qui concerne la vie sexuelle.

femmes indiennes se formes les plus extrêmes de l'oppression. La position subordonnée et dégradante des femmes est ressentie encore plus intensément en raison des normes traditionnelles et des tabous en vigueur dans une société comme celle de l'Inde. Certains de ces tabous sont des coutumes comme la

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sibilités de nourriture à bon devenu très populaire. Les femdot, le purdah, le mariage des enfants, etc. Jusqu'à maintenant, une partie des femmes militantes ont dit qu'il était nécessaire de se battre d'abord contre ces formes «féodales» de l'exploitation, afin de pouvoir ensuite demander un salaire égal pour un travail égal, de meilleures conditions de travail, c'est-à-dire revendiquer l'égalité. Considérer ces deux luttes comme différentes, c'est créer une séparation entre les revendications sociales et économiques. Nous devons donc être capables non seulement de lutter contre les attitudes traditionnelles envers les femmes, mais aussi de combattre pour la suppression de la discrimination économique et sociale sous toutes ses formes.

Dans les villes, des changements significatifs ont lieu au niveau des attitudes et des modèles culturels, particulièrement en ce qui concerne les habits, la mode, et l'attitude libérale envers les femmes. Il y a eu beaucoup d'organisations de femmes dans les couches sociales moyennes et supérieures. Elles sont très occupées par des concours de beauté, de mode, de cuisine, et parfois elles discutent des problèmes des maîtresses de maison de la classe moyenne, et de ceux des femmes qui travaillent. Il existe une pléthore de magazines féminins, mais ils ne discutent guère des problèmes des femmes ouvrières pauvres, des travailleuses agricoles, etc. Aucun d'entre eux ne remet en question l'ordre social actuel.

Les partis indiens de gauche ont traité la question des femmes d'une façon très superficielle. Ils ont toujours considéré les femmes comme une force auxiliaire à utiliser pour obtenir des voix aux élections, et dont il fallait éviter qu'elles ne deviennent des briseuses de grèves, dans le cas où elles travaillent. Ils ne veulent pas poser les questions de la double exploitation des femmes, du chauvinisme mâle, de leur position dans la famille et dans l'Etat. Ils pensent que ces problèmes se résoudront automatiquement avec l'établissement du socialisme. Dans les syndicats, aucun effort n'est fait pour politiser les travailleurs, et encore moins les travailleuses. Tout ce qui les c'est de réunir des adhésions. Les luttes militantes des femmes ne s'expriment pas dans les partis de gauche, ce qui fait que ces partis ne considèles revendications femmes qu'en tant que revendications de classe, c'est-à-dire ne prennent en compte que le économique. Ils ne s'occupent jamais des problèmes spécifiques des femmes comme la division sexuelle du travail dans les usines, les champs et à la maison, la question des crèches, les posmarché, le problème des femmes battues, celui de la prostitution des travailleuses garder leur emploi, ete., qui sont considérés par leuses comme des problèmes personnels.

Mais à la fin des années 60, une agitation paysanne croissante a obligé le CPI (Communist Party of India - Parti communiste indien), le CPM (Communist Party Marxist - Parti communiste marxiste) (1) et les Naxalites, à organiser aussi les femmes. Avant cela les partis staliniens faisaient du travail réformiste parmi les femmes. Mais les luttes militantes spontanées des femmes de la campagne et des ouvrières agricoles les ont obligées à reprendre les revendications spécifiques des femmes de ces zones. Elles ont leur base en Andhra Pradesh, au Kerala, au Maharashtra, au Bengale occidental et dans beaucoup de zones tribales. En 1974, l'Organisation progressiste des femmes (POW) a été créée à la suite du mouvement des étudiants, et des étudiantes la dirigeaient. Cette organisation militait contre l'exploitation spécifique et loppression sociale. Sa campagne la plus populaire a été menée contre la pratique de la dot. De plus, dans les campagnes du Maharashtra, les femmes ont fait preuve d'un esprit militant inhabituel. Leurs principales revendications sont le «droit au travail» et « à travail égal, salaire égal ».

En 1974, dans les villes comme Bombay, Baroda, et certaines villes du Madhya Pradesh, l'Organisation des femmes contre l'inflation a vu le jour et des milliers de femmes ont manifesté avec des assiettes en métal et des rouleaux à pâtisserie. Elle se développe principalement dans les couches moyennes et chez les femmes travailleuses. C'est surtout les problèmes des consommatrices qui sont posés. Les femmes luttent aussi contre l'expulsion de leurs taudis.

Dans quelques zones rurales du Maharashtra, le Mouvement anti-alcoolique est également mes ouvrières agricoles ont cassé toutes les bouteilles et « boycotté » les ivrognes. Le problème de l'alcoolisme doit être ici envisagé dans le contexte des femmes battues.

En 1975, lors de l'Année de la femme, la question des femmes a été posée dans un grand nombre de centres urbains, à la fois par des groupes de femmes bourgeoises et par la gauche. Beaucoup de séminaires et de groupes de discussion se sont tenus. Des efforts ont aussi été faits pour organiser les femmes de la classe ouvrière. 4000 femmes musulmanes ont également tenu une conférence. Une procession contre la vente des prostituées du temple (qui sont considérées comme la propriété conférences sur la libération des femmes

Alexandro Kollontai

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Indira Gandhi de tous les hommes et ne pourront jamais se marier parce qu'elles sont supposées être les servantes de Dieu) a aussi été organisée par de jeunes groupes révolutionnaires. La même année, le CPM a organisé l'Atelier des femmes de toute l'Inde au Kerala, où beaucoup de femmes militantes et des universitaires étaient invitées. Plusieurs sont venues de l'étranger, dont Joan Robinson, une économiste connue, mais la plupart des participantes ont été révoltées par le dogmatisme et le sectarisme des organisateurs, et par leur chauvinisme mâle. Les dirigeants du CPM ont essayé d'exercer la direction du stage et de le concentrer principalement sur l'exploitation économique des femmes, alors que les militantes du mouvement des femmes voulaient mettre l'accent problèmes sociaux comme les femmes battues, la division du travail, les valeurs féodales opprimant les femmes, la double journée de travail, la dot, etc.

De cela nous pouvons déduire que les fondations du mouvement des femmes en Inde ont été posées pendant cette période. Parmi les groupes de gauche, les femmes se sont ensuite consacrées sérieusement à ces problèmes. Dans l'Uttar Pradesh, un groupe a tenté d'organiser les femmes sans emploi de

150 villages. Au Maharashtra, des femmes de gauche ont tenté de faire sortir un bi-mensuel en langue mahrahi. Pendant l'Etat d'urgence, toutes les activités des femmes soit ont été interdites, soit ont vu diminuer leur force d'expression publique. La campagne contre la stérilisation forcée a également été prise en charge par un grand nombre de groupes de femmes.

Pendant les dix-huit derniers mois, dans presque toutes les grandes villes de l'Inde, les femmes de gauche, en dehors des partis de gauche traditionnels, ont activement discuté sur les perspectives du mouvement de libération des femmes en Inde. Il en sort beaucoup de textes écrits. Des joumaux de femmes offrant une perspective indépendante de la classe vrière obtiennent une popularité croissante. Certains de ces essaient de prendre avec des femmes du prolétariat urbain et rural. Des problèmes comme le viol, ou les agressions sexuelles sont également posés, et les possibilités de combattre de tels fléaux sont examinées.

Récemment, la manifestation organisée par le POW contre la vente des femmes aux musulmans s'est heurtée à la répolicière.

l'Etat d'urgence, toutes les dirigeantes de cette organisation ont été mises en prison et torturées brutalement par la police. De plus, nous pensons aussi mettre sur pied une campagne contre le viol. La fréquence des viols augmente à un taux scandaleux. La connivence de la police avec les violeurs est un phénomène courant: récemment, une femme musulmane a été violée par des policiers, et cela a créé beaucoup d'agitation parmi les masses dans l'Andhra Pradesh.

Des milliers d'étudiants, hommes et femmes, ont lancé des pierres sur le commissariat de police. Ils ont sequestré le commissaire et d'énormes manifestations ont eu lieu contre de tels crimes.

La plupart des problèmes des femmes ne sont pas popularisés. C'est pourquoi on n'a pas de tableau général du mouve ment des femmes en Inde. Mais actuellement des lettres ouvertes sont publiées et des centres d'information commencent à se créer à Bombay. La propagation des informations sur la lutte des femmes en sera donc facilitée. LA SPECIFICITE DES PROBLEMES DES FEMMES INDIENNES

Les femmes dans leur ensemble sont opprimées en tant que sexe. Néanmoins, les temmes de la classe ouvrière ont à lutter plus intensément contre leur oppression que les femmes bourgeoises. Ici, la pauvreté des masses et les questions fondamentales de la survie sont si graves que l'accent doit être mis sur les problèmes de la couche la plus pauvre, c'est-à-dire des femmes de la classe ouvrière. Les limites de classe des femmes bourgeoises les empêchent de fai-

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re de leur lutte spécifique un combat général, c'est-à-dire une lutte à caractère de classe dirigée contre leur société. Seules les femmes de la classe ouvrière pourront généraliser leurs luttes a partir de l'oppression spécifique à laquelle elles se heurtent. Nous ne pouvons diriger notre activité ou notre mobilisation vers toutes les femmes, mais plutôt, alors que nous mettons en avant les problèmes spécifiques des femmes, nous attendre à ce que les bourgeoises participent au mouvement en tant qu'individus et non en tant que classe.

En Inde, nous avons déjà vu l'essor récent des groupes de femmes. Bien qu'ils soient principalement dominés par des petites-bourgeoises, ils reflètent la période du mouvement elle-même. En effet, quand il y a des luttes générales, les femmes jouent le rôle: c'est à travers ces luttes que les femmes ont commencé à poser leurs problèmes spécifiques. Il est devenu absolument essentiel que des groupes autonomes de femmes se forment. Il est important que les femmes puissent progresser en force et en conscience. présent les partis de gauche ont considéré la question des femmes comme faisant partie d'une lutte générale. C'est pourquoi le problème de l'oppression spécifique des femmes est laissé à l'arrière-plan. Ceci à son tour se reflète dans l'attitude de nombreux camarades du parti envers les femmes. Le combat pour la prise du pouvoir d'Etat par le prolétariat n'est pas une vague revendication abstraite; on doit lutter pour cela au jour le jour. C'est seulement par une lutte qu'on pourra poser les fondations d'une société principal, et humaine et socialiste. C'est donc le rôle des groupes de femmes d'être capables de lutter contre toutes les formes d'oppresion et d'inégalité auxquelles elles se heurtent en tant que femmes, d'être capables de lutter contre toutes les relations inégales entre les hommes et les femmes dans la société.

Néanmoins, il est aussi essentiel que les femmes soient capables de dépasser leur oppression spécifique et de lutter contre toutes les formes d'oppression dans la société. Cela signifie qu'elles devront se joindre à la classe ouvrière dans son ensemble. NOTE 1) Voir l'article sur les deux PC indiens dans «Inprecor» numéro 30, du 8 juin 1978.

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