Inprecor 1974–2004

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ALLEMAGNE

4e congrès du PDS

· Inprecor n° 400, mars 1996 · p. 26 · 831 mots

Allemagne

4 congrès du PDS

Angela Klein, membre de l'organisation Association pour une politique socialiste (VSP), rédactrice en chet de son organe SoZ (journal socialiste) et militante de longue date de la Quatrième internationale, était déléguée au congrès du Parti du socialisme démocratique (PDS) pour le groupe

Kreuzberg du PDS (Berlin Ouest). Manuel Kellner l'a interviewée pour Inprecor.

Inprecor : Quel est le bilan général que tu tires du quatrième congrès du PDS tenu les 3 et 4 février à

Magdeburg? Angela Klein : Les 3 et 4 février s'est tenu, en fait, la deuxième partie du congrès du PDS, la première avait eu lieu en février 1995. Contrairement à la première partie, la deuxième partie du congrès a connu un renforcement du contrôle de la direction sur le déroulement de ses travaux et de ses débats. En février 1995, la direction sortante a présenté les « 10 thèses » et à la dernière minute les « 5 points de vue » pour se démarquer une fois de plus du stalinisme. En choisissant alors de s'attaquer en priorité à un des courants oppositionnels, la « Plate-formé communiste », accusée de stalinisme, la direction avait tenté de faire d'une pierre deux coups : gagner sa respectabilité démocratique et écarter tout anticapitalisme radical. Cette fois-ci, la direction avait préparé lé congrès en présentant un document « sur les fâches » proposant des campagnes concrètes contre le chômage de masse, pour la défense des acquis sociaux, pour la défense des communes (leur budget et leur démocratisation) et contre l'intervention de l'armée allemande (la Bundeswehr) au niveau international. Ce document, au ton habilement radical, fut présenté avant le congrès et explicitement ouvert au débat et aux amendements. Toutefois, la discussion du dernier congrès a été plus floue que celle de tévrier 1995 ce qui a limité les possibilités d'apparition d'une opposition radicale. D'ailleurs, ait nouveau et peu positif : pour la première fois, le 10mbre de iournalistes au congrès du PDS a dépassé celu des délégués. Ce qui a poussé dans une certaine mesure ces derniers à s'adresser dans leur intervention en priorité aux médias.

• Si le document « sur les tâches » adopté lors du dernier congrès correspond dans une certaine mesure aux exigences de la situation actuelle, en quoi consisterait l'enjeu d'une « opposition radicale » ? S'agit-il d'une bataille stratégique ? La question stratégique, réforme ou révolution, ne se pose pas en terme de débat abstrait ou théorique. Le danger d'adaptation du PDS au svstème capitaliste est lié à sa pra-

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débat n'a pas été au centre des préoccupations du dernier congrès parce que la direction a su esquiver le problème. A titre d'exemple, à Sachsen-Anhalt, le PDS « tolère » le Parti son loyale de la se caputent Rinain polis e de est

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du PDS à Sachsen-Anhalt est allé jusqu'à déclarer, juste avant le congrès, qu'il faut envisager dés maintenant une coalition gouvernementale avec le SPD. Il est indispensable aujourd'hu le tirer le bilan de la politique de soutien au gouvernement ainsi que le bilan de la politique « adaptationniste » du PDS dans un certains nombre de communes.

• La Plate-forme communiste n'articule-t-elle pas une critique systématique de cette tendance adaptationniste? Non. La Plate-forme communiste se contente de présenter une critique, certes, correcte, mais abstraite contre la perspective de coalitions gouvernementales avec le SPD, sans soulever le pro blème de la logique d'adaptation dans les communes et la «tolérance » du SPD à Sachsen-Anhalt. Ce courant oppositionnel a de fait une démarche réformiste conforme à la logique du « programme minimum » et du « programme maximum ». En revanche, c'est le Groupe de travail (AG, regroupement de jeunes ouverts aux sympathisants) des « jeunes camarades » qui cristallise aujourd'hui le malaise face à la logique d'adaptation aux « contraintes objectives ». Lors du dernier congrès, ce courant n'a réussi qu'à imposer des amendements vagues, qui laissent la porte ouverte à l'interprétation droitière des « praticiens » du parti.

• Quels étaient les principaux amendements présentés au document « Sur les tâches » ? Deux amendements importants ont été adoptés. Le premier prononce contre toute intervention de armée allemande à l'étranger, y compris dans le cadre de l'ONU. Ceci va faciliter la bataille contre l'assouplissement de la position du PDS sur cette question notamment à l'égard du groupe parlementaire. Le deuxième complète la revendicatior de la réduction du temps de travail en précisant que celle-c doit se faire avec compensation salariale intégrale. Nos amendements portant sur la lutte contre l'Europe de Maastricht, sur la politique de construction du PDS à l'Ouest et sur l'articulation entre les tâches immédiates et la perspective socialiste ont été rejetés. Néanmoins, celui qui refuse la politique de construction du PDS à l'Ouest comme simple prolongement du PDS à l'Est a suscité un grand intérêt de la part l'un grand nombre de délégués. Ce qui va nous permettre de poursuivre le débat sur cette question.

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